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Full text of "Nouvelle cuisinière canadienne [microforme] : contenant tout ce qu' ii [i.e. il] est nécessaire de savoir dans un ménage, tel que l'achat des diverses sortes de denrées; les recettes les plus nouvelles et les plus simples pour préparer les potages, les rôtis de toutes espè ces, la pâ tisserie, les gelées, glaces, sirops, confitures, fruits, sauces, puddings, crêmes et charlottes; poisson, volaille, gibier, oeufs, légumes, salades, marinades; différentes recettes pour faire diverses sortes de breuvages, liqueurs, etc"

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NOUVELLE 


| CUISINIÈRE 


CANADIENNE 


CONTENANT 


Tout ce qu’il est nécessaire de savoir dans un ménage, tel que l’achés 
es diverses sortes de denrées; les recettes les plus nouvelles. 


| et Jes plus simples pour prérarer les potages, les rôtis de 
À toutes espèces, la pâtisserie, les gelées, glaces, sirops, 
LA confitures, fruits, sauces, puddings, crêmes et char- 

LE lottes; poisson, volaille, gibier, œufs, légumes, 


à salades, marinades: différentes recettes pour 
: faire diverses sortes :  breuvages, 
liqueurs, etc., etc. 


CINQUIÈME ÉDITION 
Revue, corrigéà ét cor:sidézcblenjent ecgmentée. 


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4 C. O. Bsaucremix & F1L8, LIBRAIRES-IMPRIMEURR 
1 256 et 258, rue Saint-Paul] 


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SALLE GAGNON 


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Enregistré conformément à l'acte du Parlement du 
Canada, en l’année mil huit cent soixante-dix-neuf, 
par Braucaemin & Vazois, Libraires, au bureau du 
Ministre de l’Agriculture. 


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INTRODUCTION. 


I1 n’est peut-être pas inutile de faire ici une 1nen- 
ton des devoirs d’une bonne cuisinière. D’abord elle 
doit apporter tous ses soins pour tenir dans une grande 
propreté ses uStensiles de cuisine ; ne jamais employer 
que des choses qui soient convenables, telles que de 
la bonne farine, du bon beurre et des œufs frais ; faire 
les fricassées avec de la crême douce, autrement elles 
co gâteront; porter une constante attention au man- 
ger qui se trouve sur le feu ; ne pas se servir d’un 
couteau qui aura tranché de l’oignon ou de l'ail, pour 
couper le pain ou le beurre ; goûter les mets avec 
délicatesse, ayant soin de ne pas y remettre la cuil- 
ler ou la fourchette sans l’essuyer, ce qui peut se 
faire facilement en tenant de l’eau chaude à proxi- 
mité pour laver sur-le-chaap ce dont elle s’est servi. 
Avoir toujours près de soi un linge net pour essuyer 
le tour des plats que l’on doit servir ; savonner la la- 
vette lorsqu'on lave la vaisselle, et non pas piquer 
une fourchette dans un gros morceaûü de savon, ce 
qui est un gaspillage et ne lave pas mieux pour cela. 
_ Îl est même arrivé que des personnes se sont trou- 
vées indisposées d’avoir pris leur thé dans des tasses 
où il était resté du savon : enfin la cuisinière devra 
bien laver les herbages, le riz, les pois, les fèves, et 
généralement tout ce qu’elle apprétera, 


INTRODUCTION. 


amssltrès-urgent, pour une cuisinière, lore- 
e travaille la pâtisserie, de ne jamais laisser 
LA sur son pétrin ; elle doit aussi choisir 
plus froid de la maison pour pétrir n’im- 
| te quelle pâte; son pétrin devrait être de pierre 
Où de marbre poli, la pâte #’y attachant moins. Ses 
mains doivent toujours étre bien nettes et asséchées 
de farine, car moins elles touchent à la pâte, plus 
elle est légère, —pour cela, il ne faut pas qu’elle sait 
trop roulée. Il est bon qu’elle fasse tremper le beurre 
. salé pour n'importe quelle pâtisserie, 

Elle doit aussi faire cette différence, que les conf- 
tures sont ordinairement trop sèches pour supporter 
la cuisson de la pâte d’une tarte, —il est mieux, en ce 
cas, le fasse cuire sa pâte avant 


” 
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VOCABULAIRE 
DES TERMES DE CUISINE 
QUI SE TROUVENT DANS CET OUVRAGR 


A BAISSE. Pâte préparée pour faire de la pâtisserit,, 
se dit plus souvent en parlant d’un fond de tourte 
ou de pâte. 

ASSIETTE. On dit une assiette de telle ou telle sub- 
stance, en parlant des mets dont la quantité n’ex- 
cède pas ce que contient une assiette ordinaire, 
On sert ainsi :es petites entrées et hors-d’œuvre, 
les fruits secs ou nouveaux, les biscuits et les 
fromages. 

BAIN-MARIE. Cest mettre dans de l’eau bouillante 
lo vase qui contient ce que l’on veut faire cuire: 
ce moyen s'emploie pour les crêmes, etc. 

BARDER. C’est entourer une pièce avec des tranches 
de lard très-minces. 

BLANCHIR. En cuisine, se dit des légumes ou 
viandes que l’on fait passer, pendant quelques mi- 
nutes, à l’eau bouillante. 

BOUQUET. Petit paquet composé de persil, ciboules, 
que l’on met dans le bouillon ou dans les sarces ; 
le bouquet garni est le même auquel on ajoute 
clous de girofle, thym, laurier et sarriette. 

BRAISER, Faire cuire dans une braisière. On dit: 
un gigot braisé en parlant de celui que l’on a fait 
cuire Fer ce moyen. 

BRAISIÈRE. Vaisseau de forme allongée ayant un 
couvercle garni d’un rebord, propre à contenir du 
feu ou de la cendre chaude. 

BRIDER. Entourer d’une ficelle la pièce de gibier, 
volaille ou viande que l’on veut faire cuire, afin 
he conserver la forme ou d’en retenir les mem- 

res. 


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VI VOCABULAIRE. 


BUISSON. Se dit des mets que l’on dresse en forme 

de pos: on ne dit pas: un plat d’écrevisse : 

mais: un buisson d’écrevisse ; on dit aussi: un 
buisson de meringues. 

CARAMEL. C’est la dernière cuisson du sucre: faites 
du caramel pour colorer les viandes et les sauces, 

CHAUSSE. Pièce de laine en forme de bonnet de 

ierrot qui sert à clarifier les liquides. 

CISELER. Se dit en parlant des entailles que l’on 
fait aux poissons avant de les faire frire, aux bou- 
dins, et à toutes les pièces qui pourraient se déchirer 
à la cuisson. 

CLARIFIER. Rendre les liquides purs par des 1n0- 
yens divers. On clarifie le sucre pour l'office. (Voyez 
Chap. 13. Notes à l’article Confitures). 

NCASSER. Piler grossièrement. 

DEGORGER. Mettre dans l’eau fraîche les viandes 
que l’on veut conserver blanches et auxquelles on 
veut faire rendre leur sang. 

DORMANT. Ornement que l’on place au milieu des 
tables et qui reste pendant tout le temps du repas. 

ÉCHAUDER. Mettre dans l’eau bouillante le poisson, 
le gibier que l’on veut préparer ensuite ; ainsi le 
cochon de lait a besoin d’être échaudé pour que 
l’on puisse en enlever les soies. 

EMINCER. Couper les tranches le plus minces qu’il 
est possible, 

CALOPES, Tranches de viande rondes et minces. 
AMINE. Morceau d’étoffe servant à passer les 
coulis, les sauces et toutes sortes de liquides. 

ÊTOUFFER, Faire cuire des substances dans un vase 
bien formé. 

EXPRIMER. Pressor un fruit pour en faire sortir le 


us. 
FLAMBER. Passer sur une flamme la volaille, après 
l'avoir plumée, pour en brûler le duvet, 


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. VOCABULAIRE. VI1 


FONCER. Mettre au fond d’une casserolle des bardes 
de lard ou des tranches de jambon. 

GLACER. Etendre sur les viandes les sauces que l’on 
cas employer ; cela se fait avec un pinceau ou une 

ume. 

our l'office, on glace la pâtisserie ou les fruits, en 
les couvrant de sucre liquide qui 8e cristallise im- 
médiatement. 

HABILLER. Veut dire en général la préparation que 
l’on fait subir à une bête avant de la faire cuire. 
Habiller une volaille, c’est la plumer, la vider et la 
flamber ; habiller un lièvre, c’est l’écorcher et le 


vider. 

HATELETS. Brochettes qui servent à assujettir les 
grosses pièces à la broche. On désigne encore par 
ce mot une aiguirle d'argent qui soutient ensemble 
sur le plat plusieurs pièces semblables, comme 
alouettes, petits poissons, etc. ; on sert des hâtelets 
d’ortolans, etc. 

LARDONS. Morceaux de lard coupés carrément et 
très-longs. 

LARDER. C'est faire traverser la pièce de viande 
par des lardons, 

LARDOIR. Instrument qui sert à larder. 

LIMONER. Oter au poisson le limon; pour cela on 
le trempe dans l’eau près de bouillir, et on le ratisse 
avec un couteau, en allant de la tête à la queue, 
ayant soin de ménager la peau. 

LIT. Faire un lit, diviser par couches des substances 
entre lesquelles on veut mettre un assaisonnement 
ou une substance différente. 

MARINER. Mettre des viandes ou des poissons dans 
une préparation pour leur donner du goût ou pour 
les conserver. 

MENU. Composition d’un repas ou liste des mets qui 
doivent y figurer; on dit: ordonner un menu, 

4 run menu. 


VIII VOCABULAIRE. 


MIJOTER. Cuire à petit feu, 

MITONNER. Faire tremper, perdant le temps né- 
cessaire, du pain dans du bouillon très-chaud. 

MONDER. Enlever la pellicule. On dit: de l'orge 
mondé, en parlant de l’orge auquel on a levé la peau 
jaunâtre qui le couvre. On dit: monder des aman- 
des, etc. C’est en ôter la peau. 

MOUILLER. Mettre un liquide dans un ragoût 

ndant sa cuisson. 

: MOULE. Vaisseau destiné à donner une forme à la 
substance qu’il contient. 

-PANER. Entourer de mie de pain les viandes que 
l'on veut faire cuire le plus souvent sur le gril. 

PARER. On dit: parer un morceau de mé : c’est 
ôter la gr isse et les peaux qui nuiraïent à l'effet. 

PASSOIRE. Instrument qui sert à passer les purées 
ou à faire égoutter les légumes cuits à l’eau et que 
l’on doit assaisonner ensuite. 

PIQUER. Voyez Larder. 

POISSONNIÈRE. Espèce de casserole allongée, pour 
faire cuire les grands poissons, dans le fond de la- 

uelle il y a une feuille de cuivre étamée et percée 

de trous; cette fouille s’enlève au moyen des deux 
anses, et l’on peut ainsi faire égoutter le poisson et 
le dresser sans risquer de le rompre. La turbotière 
est un instrument disposé de même, mais d’une 
forme ronde. 

QUENELLES. Viandes hachées et pilées ; ou des 
quenelles de veau, de gibier, etc. 


RAFRAICHIR. Se dit des fruits que l’on met dans 


l’eau fraîche après les avoir blanchis. 
REFAIRE.,. C’est retourner dans la casserole, jusqu’à 
ce ques renfle, une pièce de volaille ou autre. 
REVENIR. Ou faire revenir. C’est passer dans du 
beurre très-chaud la pièce de viande ou de volaille 
que l’on assaisonnera ensuite. 


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À 
À 


VOCABULAIRE. IX 


SAUTER. Agiter dans la casserole sur un grand feu 
les ragoûts que l’on veut faire cuire. 
SASSER. Remuer vivement avec la cuiller dans la 
casserole. 
TORREFIER. Se dit du café que l’on fait brûler. 
TOURNER. Arrondir des navets, des carottes, des 
culs d’artichauts; tourner des olives, c’est en ôter 
le A * tourner des citrons, c’est en ôter l'écorce. 
TROUSSER. ‘On dit trousser une volaille, la préparer 
mou la mettre à la broche. 
DELLE. Instrument rond et creux qui sert à vi- 
der les fruits, c’ost-à-dire, les percer de part en part 
ur en ôter les pepins : il est indispensable pour 
aire des beignets. | 
ZESTES. Superficie d:: fruits à odeur, tels que ci- 
trons, oranges, etc. Les “estes s’em loient peu en 
cuisine ; cependant ou on fait quelquefois usage 
dans les sauces à la poulette et à la maître-d’hôtel ; 
dans la pâtisserie fine, ils sont d’une nécessité ab- 
solue. Comme fruits confits, les zestes d’oranges et 
et de citrons sont un dessert très-fin et on ne peut 
plus distingué, | 


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NOUVELLE 


CUISINIÈRE CANADIENNE. 


OP PRE 


APHORISMES 
SUR LA SCIENCE DU BIEN-VIVRE. 


D G—— 


Le coup d'œil bienveillant, l’aimable sourire de la 
maîtresse de la maison et de sa fille sont l’heureux 
pronostic d’une cordiale et douce hospitalité. 

Savoir faire les honneurs de chez soi, c’est savoir 
oublier qu’on en est le maître, 

Regardez à deux fois avant d'inviter un convive: 
mais n'oubliez pas que dès que vous l’avez reçu, il est 
plus que votre hôte, il est votre ami. 

L'administration domestique est la pierre angulaire 
de la prospérité de la famille, 

En cuisine, qui veut la fin veut les moyens: la 
grentis règle de la durée du bien-vivre consiste “ans 
e maintien de l'équilibre entre le revenu et la dépense. 

C’est à une prudente économie qu’il faut demander 
les moyens d’orner la table d’une parure inusitée, 
aux occasions où le cœur doit trouver, dans la libre 
allure du festin, le plaisir d’une douce expansion 


} CUISINIÈRE 


Nos mœurs progressent : vn ne demande plus à 
boire, on demande à rire. ., 

“ Peu et bon,” dit le sobre, “ Beaucoup et bien, ” 
dit le gastronome. 

Offrir deux ou trois fois la même chose, ce n’est 
pas savoir faire les honneurs de chez soi, c’est devenir 
importun. Jeune fille, si un convive indiscret s’écarte 
des préceptes du savoir-vivre et franchit les limites 
des convenances, parlez-lui de votre mère, de votre 

re: le nom de la famille est la sauvegarde de la 

écence et de la pudeur. 

La table n’est pas le champ clos de l’intempérance; 
elle est une lice aimable ouverte à l'appétit. 

À table, l’œil de la maîtresse de maison doit avoir 
la vivacité de celui de l'aigle et la douceur de la co- 
lombe. 

Acceptez le partage d’un fruits mais ne l’offrez 
jamais. 

Les cris et les gros rires sont aussi déplacés à table 
que ceux qui demandent qu’on leur fasse passer du 
bouilli et de la volaille. 

Le grand art de la maîtresse de maison consiste à 
traiter ses convives de manière à faire disparaître en 
eux l'inégalité des rangs. 

Quoiqu’on parle à voix basse à table, il ne faut ja- 
mais que ce qui y est dit soit de nature à ne pas être 
entendu par l’ouïe la plus délicate. 

Acceptez le moins possible à dîner chez ceux qui 
réservent quelques-uns des plats entiers et ne les font 
pas tous découper. | 

Défiez-vous ds ceux qui parlent de leurs dîners, qui 
vantent leurs vins: c’est l’orgueil da Diogène qui per- 
ce à travers lés trous de son manteau. 

L'esprit de la maîtresse de maison consiste surtout 
à faire briller celui des autres, 

A table, gardez-vous du blâme; mais soyez circons- 
pect. S'extasier mal à propos c’est faire souvent un 
sot compliment, + 


ER TR RE PNR AD PRE à ND € AU ARS 
vmmmhiritéhitélhesinnitans ste CES 


jeune homme une heureuse leçon. 


CANADIENNE. 8 


Savoir placer ses convives à table, c’est faire preuve 
degoûtet d’esprit. Le voisinage d’un aimable vieillard 
n’est point à dédaigner pour la jeune fille ; celui d’une 
femme qu'a mûrie l'expérience, est souvent pour le 


DU CHOIX DES VIANDES. 


Du Bœur.— Si le bœuf est jeune, sa viande sera 
d’un beau rouge, et très-tendre au toucher. Le gras 
devra être plutôt blanc que jaune: quand il se trouve 
d’une couleur terne, c’est bien rare qu’il soit bon. La 
chair du bœuf est toujours molle, quand ce dernier a 
été nourri de pain de lin. 

Du Larp.— Si la couenne est dure et épaisse, l’on 
reconnaît par là que le cochon est vieux. La couenne 
mince est toujours préférable. L’on peut voir que le 
lard est frais quand la chair est douce et luisante: 
si sn contraire elle est gluante, il n’est pas loin d’être 

âté. 
. Du Mourox.— Voyez si la chair est d’un beau grain 
et d’une bonne couleur, et que le gras soit bien blanc. 

Da L’AcNpgau.— Si sa chair est d’une couleur verte 
ou jaune, il est vieux tué et près de se gâter. | 

Du Vau.— Celui qui a la chair blanche est toujours 
préférable et en même temps le plus sain. 

LarD 8Ec.— Si la couenne est mince et que le gras 
soit rouge et ferme, que le maigre qui se trouve près 
de oe soit de bonne couleur, il est jeune et de bonne 

ualité. 
. Du JaAmBow.— Enfoncez un couteau bien affilé le 
long de l'os du jambon, et si en le retirant votre cou- 
teau est net et sent bon, il est de bonne qualité. Si 
au contraire votre couteau en sort gluant et sent 
mauvais, gardez-vous de l’acheter. 


CUISINIERE 


DU CHOIX DES VOLAILLES, 


Dinpe.—Si elle est jeune, ses pattes seront aoires et 
souples, et ses yeux seront brillants. Si au contraire 
elle est vieille, ses yeux seront abattus et ses pattes 
dures et sèches. 

Ors.— Si elle est jeune, son bec sera jaune et ses 
pus très-souples. Si au contraire elle est vieille, son 

ec et ses pattes seront rouges, 

Pouze.—$Si sa crête et ses pattes sont rudes et 
dures, elle est vieille » si, au contraire, elles sont douces 
et souples, elle est jeune. 

CANARDS SAUVAGES ET APPRIVOISÉS, — Fils sont 
jeunes, leurs pattes seront douces et souples, si au 
contraire ils sont vieux, ils ont la À ae basse du corps 

‘très-dure. Un canard sauvage a les pattes rouges et 
plus petites que celui qui est apprivoisé. 

Perprix.— Si elles sont jeunes, elles:ont le bec noir 
et les pattes jaunes; si elles sont vieilles, leur bec est 
blanc et leurs pattes bleues. L'on peut reconnaître, 

r la dureté et la rudesse de leurs pattes, toutes vo- 
ailles apprivoisées ou sauvages, 

Lapins pr Lièvres. — S'ils sont jeunes, ils seront 
blancs et leur chair sera ferme ; leurs oreilles se dé- 
chireront comme du papier gris. S'ils sont vieux, 
leur chair sera noire et molle. Un lapin, s’ilest vieux, 
sera noir, sa chair sera molle, et ses oreilles raides, 
S'il est jeune, il sera blanc et sa chair ferme. 


2 
DU CHOIX DES POISSONS, 


Morue. — Les ouïes doivent étre bien rouges ; 
qu'elle soit bien épaisse près du cou, la chair blanche 
et ferme, et les yeux frais. Si elle estgluante et molle, 
elle n’est point bonne. 


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CANADIENNE. 5 


SauMox.— fil est frais, la chair est d’un beau rouge, 
les ouïes particulièrement, les écales brillantes et le 
tout ensemble très-ferme. 

ALose.— Si elle est bonne, elle est épaisse et blan- 
che; les ouïes rouges et les yeux briliants: le corps 
doit être ferme. La saison de ce poisson est dans les 
mois de mai et juin. 

Maquergau.— Sa saison est dans les mois de mai 
juin et juillet; comme ce poisson est très-tendre, i 
est impossible de le conserver aussi longtemps que 
les autres sans le saler. 

Truire.— Ce poisson, pour qu’il soit bon, doit être : 
cuit aussitôt qu’il a été pêché. Quand vous les ache- 
tez, faites attention à ce que les ouïes soient rouges 
et difficiles à ouvrir; les yeux brillants et le corps 
ferme. Sa saison est dans les mois de juillet, août et 
septembre. 

OMARDS.— Fil n’y a pas longtemps qu'ils ont été 
pris, les serres auront une forte motion, si vous met- 
tez votre doigt sur les yeux. Le plus pesant est le 
meilleur. Le mâle est généralement le plus petit, 
mais sa chaire est plus ferme et le rouge plus foncé. 
L'on peut reconnaître la femelle en ce qu'elle a la 
queue plus courte et plus étroite que le mâle. 

Ecrsvissrs.— Celles qui sont de grosseur moyenne 
sont considérées comme les meilleures. Elles sont 
bonnes tant que leur corps a bonne odeur, ei que 
leurs pattes sont raides. Lane yeux sont sans bril- 
lant quand elles sont vieilles, 

Le plus grand soin possible doit être apporté dans 
la cuisson du poisson, car rien n’est plus mauvais 
quand il est mal nettoyé et mal cuit, 


6 CUISINIÈRE 


CHAITRE PREMIER. 


DES BOUILLONS, CONSOMMÉS, PANADES, POTAGES, 
PURÉES, RAGOUTS, ROUX, SALMIS ET SOUPES. 
Ÿ 


BOUILLON. — Le bouillon, base de tous 


les potages, ne doit se faire qu'avec la viande 


la plus fraîche et la plus saine. Les morceaux 
qu'il faut préférer sont le gite à la noix, la 
culotte, la tranche, les charbonnées, le mi- 
lieu du trumeau et le bas de l’aloyau. 

Suspendez à la crémaillère une marmite 
dans laquelle vous aurez mis, avec suffisante 
quantité d’eau, une pièce de bœuf et les dé- 
bris de vos viandes de boucherie, volaille et 
gibier. Rafraîchissez le bouillon chaque fois 
que vous l’écumez ; salez-le, ajoutez-y des 
racines, de l'ail, de l’oignon brûlé et du girofle : 

lacez-le ensuite devant un feu doux, et l’y 
aissez jusqu’à parfaite cuisson des viandes ; 
dégraissez et passez le bouillon. 

Bouillon de poulet. — Mettez dans une mar- 
mite, avec deux pintes et demie d’eau, un 
poulet maigre auquel vous aurez ôté la peau 
et que vous aurez lié après l’avoir vidé et lui 
avoir flambé les pattes. Ajoutez une once des 


quatre semences froides, concassées, que vous 


 enfermerez dans un linge et laisserez cuire à 
petit feu jusqu’à réduction à deux pintes. 


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CANADIENNE. à 7 


Ce bouillon ne se sert ordinairement qu'aux 
malades. j 

CONSOMME.—Mettez jarret de veau, tran- 
che de bœuf, vieille volaille et vieux gibier 
dans une marmite, avec du bouillon ; remuez, 
et ajoutez de ce même bouillon @nesure que 
la glace se formera; écumez; ajôütez racines, 
ail et girofle. Faites réduire à feu doux pen- 
dant cinq heures; dégraissez, et passez votre 
consommé. 

Curt-bouillon gras.—Coupez des oignons et 
des carottes en tranches minces, mettez-les' 
dans une casserole avec un morceau de beurre, 
thym, laurier basilic, ail, girofle, gingembre, 
et faites-leur prendre couleur sur un feu vif. 
Lorsqu'ils se seront un peu attachés au fond 
de la casserole, vous les mouïllerez avec quel- 
ques bouteilles de vin et ajouterez de bons 
fonds de graisse. Faites-le bouillir avant de 
l’'employer. 

Court-bouillon maigre — Faiïtes-le de tous 
points comme le précédent, avec cette seule 
différence que vous n’y mettrez point de fonds 
de graisse. 

Croûte au pot.—Faites mitonner, dans un 
plat creux, des tranches de pain mouillées de 
bouillon ; couvrez le feu, et laissez gratiner ce 

ain ; faites sécher des croûtes sur le gril à un 
eu doux; retirez-les, arrosez-les de bouillon 
pris sur le derrière de la.marmite ; saupou- 
drez-les de sel fin, et dressez-les sur le gratin: 


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De 3 à 24 


8 CUISINIÈRE 


vous continuerez de les arroser à plusieurs re. 
prises ; dégraissez ensuite, et servez. Ces 
croûtes doivent être accompagnées d’une jatte 
de bouillon ou de consommé. 

PANADE —Prenez de la mie de pain tendre 
de préférent6, et, s’il se peut, mollet ; mettez- 
la dans une casserole avec suffisante quantité 


d’eau, sel, poivre et beurre frais, placez la cas- 


serole sur un fourneau un peu ardent, et re- 
muez pour que le pain ne s'attache pas au 
fond ; lorsque votre panade sera réduite 
comme une sauce, vous la retirerez du feu et 
Ja lierez avec des jaunes d'œufs. Ayez soin 
qu’elle ait cessé de bouillir quand vous met- 
trez la liaison. 

POTAGES.— Au pain.—Versez du bouillon 
sur des croûtes taillées dans une soupière, et 
seulement ce qu'il en faut pour qu’elles trem- 
pent. Au moment de servir, remplissez la 
soupière de bouillon bien chaud, et couvrez 
votre potage de légumes. Observez qu’il ne 
faut jamais faire bouillir de pain dans votre 
bouillon : cette mauvaise pratique lui enlève 
son goût. 

Potage aux choux.—Faites blanchir un chou 


ou seulement la moitié, avec un morceau de 


petit lard coupé en tranches tenant à la 
couenne, ficelez le tout, chaque chose à part; 

faites cuire dans une marmite avec du bouil- 
lon, et salez peu, à cause du lard. Quand il 


est cuit, faites mitonner des croûtes de pain 


CANADIENNE. 9 


dans une partie de bouillon. Servez les choux 
autour du potage, ou simplement par-dessus. 

Potage aux carottes nouvelles.—Coupez ces ca- 
rottes en petits bâtons, faites-les blanchir, 
mettez-les dans du bouïllon; quand elles se- 
ront cuites, versez-les dans la soupière, où 
vous aurez mis tremper votre pain, et servez 
de suite. 

Potage aux navets.—Saucez dans le beurre et 
faites égoutter des navets préparés comme les 
carottes pour le précédent potage; mettez-les 
de même dans la soupière sur le pain trempé. 

Potage à la citrouille, au lait.—Prenez un 
morceau de citrouille dont vous ôtez la peau 
et les pepins; coupez-le par petits morceaux, 
et mettez-les dans une marmite avec de l’eau; . 
lorsque votre citrouille sera réduite en mar- 
welade et qu’il ne restera plus d’eau, mettez- 
y un petit morceau de beurre, un peu de sel: 
faites-lui faire encore quelques bouillons. 
Faites bouillir du lait, sucrez-le convenable- 
ment; versez le lait sur, la citrouille; arrangez 
des tranches de pain sur un plat, mouillez-le 
avec votre bouillon de citrouille; couvrez le 
plat et mettez-le sur la cendre chaude pendant 
un quart d'heure, en faisant attention qu’il ne 
bouille pas; versez-y le restant de votre bouil- 
lon bien chaud, au moment de servir. 

Potage à la julienne.—Prenez des racines de 
toute espèce en égale quantité, de l’oseille et 
de la laitue; coupez le tout en filets d’une de- 


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10 ._ CUISINIÈRE 


mi-ligne environ, excepté les oignons qu'il 
faut tailler en tranches. Passez les racines au 
beurre pour les faire revenir, mettez-y ensuite 
la laitue, les herbes et du cerfeuil, que vous 
faites également revenir ; mouillez avec du 
bouillon, faites bouillir à petit feu jusqu’à ce 
que le tout soit bien cuit ; ensuite versez votre 
julienne sur des tranches de pain minces. 

Potage à la julienne maigre.—Préparez les 
mêmes légumes et de la même manière que 
peur une julienne au gras, faites-les roussir 

égèrement dans du beurre, et mouillez-les, 
soit avec du bouillon maigre, soit avec l’eau 
dans laquelle vous aurez fait cuire des légu- 
mes secs, tels que lentilles, haricots. etc. 
faites mitonner votre potage avant de le servir. 

Potage printanier.—T1 se prépare comme la 
julienne, maïs on y ajoute des petits pois, des 
pointes d’asperges, des petits oignons blan- 
chis auparavant, même des petits radis tour- 
nés. On a coutume d'ôter l’âcreté de tous 
ces légumes en sucrant un peu le potage: ils 
servent à le parer en de dressant. 

Potage aux poireaux.—Coupez quelques poi- 
reaux par petits morceaux, faites-les roussir 
dans le beurre; ajoutez ensuite de l’eau, sel, 
poivre, des pommes de terre jaunes coupées 
en dés, et faites bien cuire. 

On peut supprimer les pommes de terre, et 
verser le potage sur du pain. 

Potage à la jardinière.—Coupez des carottes 


CANADIENNE. 11 


et des navets en petits bâtons, ayez deux lai- 
tues, de l’oseille, du cerfeuil émincé. Faites 
revenir le tout dans du beurre, et mouillez 
avec du bouillon ; ajoutez une poignée de pe- 
tits pois et de pointes d’asperges. Ces légu- 
mes étant bien cuits, dégraissez-les bien, et 
versez-les sur des croûtes. 

Potage aux herbes.—Passez au beurre avec un 
peu de sel, une poignée d’oseille, de cerfeuil, 
et quelques feuilles de laïitue. Mouillez avec 
de l’eau, ajoutez du beurre frais: faites bouil- 
lir, et retirez du feu. -Assaisonnez, liez avec 
quatre jaunes d’œufs,.et versez sur du pain 
émincé. 

On peut remplacer le pain par une purée 
de pois, de haricots blancs ou de pommes de 
terre jaunes ; mais elle doit toujours être 
ciaire. | 

Potage aux petits pois.—Faïites bouillir dans 
du bon bouillon des petits pois qui auront été 
bien blanchis auparavant; quand ils seront 
cuits, vous les verserez sur un potage gras au 

ain. | F9 

Potage à la féculz Ge nomines. de terre.—-Dé- 
layez dans du bouillok froid de la féchig de 
pommes de, ferre (environ deüx cuillerées par 
personne); vorsez ensuitô dans du bouillon 
vrûlant; ayant soin de remuer touiours, et 
laissez Cuire cing,minutos.: ,, : :. | 

Potage au mécaxont & uu°fromage.-Jètez 
votre macaroni dans du bouillon qui bouille 


12 CUISINIÈRE 


bien; remuez et écüûmez-le;: au bout d’un 
quart d’heure vous le retirerez et le laisserez 
mijoter encore quelque temps. Avant de le 
servir, vous y mettrez du fromage râpé, moi- 
tié parmesan, moitié gruyère. Le potage doit 
être un Le épais. Il y a des personnes qui 


servent le fromage séparément. Cette manière 
est même préférable. 

Potage aux pâtes d’Italie.—Faites bouillir du 
bouillon ou dé consommé, jetez dedans telle 
espèce de pâtes d'Italie que ce soit, remuez 
attentivement, et traitez-les comme le maca- 
roni, au fromage près. 


Potage à la semoule.-—Ce potage se fait comme 


le précédent. Observez toutefois qu’étant 
plus sujet à former des grumeaux, il faut le 
remuer avec plus de continuité ;au bout d’une 
demi-heure, il est cuit. Si vous le trouvez 
trop pâle, il faut lui donner de la couleur. 

a manière de faire la semoule au lait est 
uniquement de substituer le lait au bouillon. 

Potage au sagou.—Jetez le sagou dans du 
bouillon bien boui'ant: retirez-le du feu au 
bout de quelques minutes ; salez, écumez, et 
: Rene “ijoter jusqu’à ce quil forme gelée. 
On y joint ordinairement dé‘la purée de Da- 
"vets. 

Potage à ue: Mate: dans une démité 
un quartier de fhou, quatfé rapines, deux pa- 
nais, six oighons, un biéd: dè’ céleri, une pe- 
tite racine de persil, quatre navets ; faites un 


CANADIENKNE. 15 


paquet d’oseille, de poirée, de cerfauil, que 
vous firellerez; enfermez une demi-pinte üe 
pois dans un linge blanc, faites bouillir tout 
cela dans de l’eau pendant trois heures; pas- 
sez ce bouillon, et mitonnez votre potage après 
avoir salé le bouillon; garnissez le potage 
avec des légumes. 

Potage à la française.—Faites frire des croû- 
tons dans le beurre jusqu’à ce qu'ils soient 
blonds ; faites une purée de pois nouveaux; 
mouillez-la avec du bouillon, jusqu’à ce 
qu’elle soit claire; faites-y fondre un morceau 
de beurre au moment de la servir ; ajoutezun 
peu de sucre, et versez le tout sur vos croû- 
tons; que votre purée soit d’un bon sel. 

Potage à la purée de carottes—Mettez dans 
une casserole, avec suffisante quantité de 
beurre. dix ou quinze carottes coupées en 
lames, mouillez-les de bon bouillon lors- 
qu’elles seront bien reveñues, et faites-les 
cuire. Après cela passez-les, réduisez-les en 
purée, faites recuire cette purée pendant qua- 
tre heures, et dressez-la sur toutes sortes de 
potages. 

Potage à la purée de navets. —Excepté que les 
navets ne se font point roussir et qu’on les 
tient aussi blancs que possible, cette purée se 
prépare comme la précédente; elle exige une 
moins grande cuisson. 

Potage à la purée de lentilles, au gras.—Faites 
vuire une pinte de lentilles à la reine avec du 


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14 CUISINIÈRE 
bouillon, une demi-livre de petit lard, deux 
carottes, deux oignons émincés et roussis 
avec du beurre, deux clous de girofle. Lors- 
qu’elles sont cuites, passez-les dans une éta: 
mine, éclaircissez votre purée avec du bouil- 
lon; faites-la bouillir dans une casserole pour 
la dégraisser, versez-la sur des croûtons de 
mie de pain roussis dans le beurre, ou sur des 
croûtes. 

Potage à la purée de lentilles, au maigre.— 
Mettez des lentilles dans une marmite avec 
du bouillon maigre, ou à défaut de celui-ci 
avec de l’eau; si c’est de l’eau que vous em: 
ployez, ajoutez-y un morceau de beurre, sel, 
légumes et girofle. Lorsque les lentilles seront 
cuites vous retirerez les légumes, et ferez votre 
purée que vous mettrez ensuite mijoter pen- 
dant quatre ou cinq heures, en ne mandqant 
pas. de la remuer souvent; vous le servirez 
indistinctement sur du riz, lu vermicelle, ou 
des croûtons au beurre. 

On fait aussi des potages maigres aux pois 
et aux haricots secs en traitant ces pois comme 
nous venons de l'indiquer pour les lentilles, 
hors qu’il faut les mettre tremper dans l’eau 
un jour d’avance. 

Potage à la purée de pois nouveaux.—$Sautez 
des pois nouveaux dans du beurre avec persi! 
en branches et ciboules ; mouillez-les de bouil- 
lon gras ou maigre, à volonté; égouttez-les 
quand ils sont cuits, et pelez-les pour les ré- 


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sautez 
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es ré- 


CANADIENNE. 15 


duire en purée. Cette purée se conduira et 
sera employée comme celle de lentilles ci- 
dessus, en observant de la dégraisser avant 
de s’en servir, si elle n’est point au bouillon 
maigre. , 

Potage à la purée de marrons.—Mettez dans 
une marmite, avec du bouillon ou du con- 
somméë, de bons marrons cuits à l’eau, et dé- 
barrassés de leur épiderme; faites-les bouil- 
lir, égouttez-les ensuite et les pilez au mortier; 
passez la purée en l’arrosant avec son propre 
bouillon, faites-la recuire quelques heures 
dans la casserole avec du bouillon gras ou du 
consommé; dégraissez-la. On la sert sur un 
mitonnage, ou avec des croûtons au beurre; 
il convient de la sucrer légèrement. 

Potage à la Condé, au gras et au maigre.— 
Faites cuire des haricots rouges dans del’eau 
ou mieux du bouillon, avec racines, giroñe, 
un morceau de petit lard si c’est au gras, ou 
un morceau de beurre si c’est au maigre: 
égouttez-les et réduisez-les en purée en les 
arrosant de leur bouillon; faites recuire cette 
purée comme celle de pois, et servez-la sous 
des croûtons de pain frits au beurre. 

PURÉE d’oseille. — Faites fondre du beurre 
dans une casserole ; jetez-y de l’oseille hachée ; 
quand elle sera cuite, passez-la en appuyant 
dessus; faites-la recuire pendant à peu près 
trois quarts d’heure avec de l’espagnol; salez 
et dégraissez-la pour vous en servir. 


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16. CUISINIÈRE 


Purée de pommes de terre.—Faites cuire à 
l’eau quelques pommes deterre, que vous pè- 
lerez, puis pilerez dans dans un vase, délayant 
avec du lait (du bouillon si c'est au gras) ; 
mettez-les ensuite dans une casserole avec du 
beurre, remuez continuellement pendant une 
petite demi-heure, pour faire prendre à votre 
purée la consistance d’une bouillie un peu 
épaisse. 

Purées maigres de légumes.—1Il n’y a point d’au- 
tres instructions à donner pour ces purées que 


“pour les grasses ; elles se font avec les mêmes 


légumes ou racines, de la même manière, en 

observant seulement de n'employer, pour les 

mouiller, que du bouillon ou des sauces maï- 
res. 

RAGOUT de bœuf.—Coupez les morceaux de 
la grosseur des patates ; mettez de l’eau bouil- 
lante pour couvrir le bœuf, et ajoutez-y un 
peu de farine rôtie, deux oignons, de la ciboule, 
un peu de têtes de clous, avec poivre st sel, 
persil et sarriette ; deux heures sur le feu. 

Ragoût de pattes de cochon.—Prenez deux pat- 
tes que vous ferez scier en quatre, ôtez les ar- 
gots, mettez dans le chaudron trois pintes 
d’eau, trois oignons, persil, poivre, sel, cinq 
cuillerées de farine rôtie ; laissez bouillir pen- 
dant quatre heures, en brassant de temps à 
autre. 

Ragoût de crêtes de cogs.—Lavez bien vos 
crêtes, rognez-en ies vetites vointes. mettez- 


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bttez- 


CANADIENNE, 17 


les dégorger dans de l’eau tiède, et remuez-les 
souvent ; tirez-les au bout d’environ trois 
quarts d’heure, mettez-les dans un torchon 
avec un peu de sel, plongez et replongez-les 
dans de l’eau bouillante jusqu’à ce que l’épi- 
derme s’enlève en les frottant avec la main ; 
enlevez cet épiderme avec les doigts, et jetez 
à mesure les crêtes dans l’eau fraîche ; cela 
fait, vous les mettrez cuire dans un blanc. 

Ragoût de foies gras.—Otez l’amer de vos 
foies sans les couper ; faites-les blanchir tout 
entiers à l’eau bouillante, égouttez-les bien, et 
jetez-les dans une casserole avec deux cuille- 
rées de coulis, un demi-verre de vin blanc, 
autant de bouillon, persil, ciboules, demi- 
gousse d'ail, sel, gros poivre ; faites-les bouil- 
lir environ une demi-heure; dégraissez-les et 
servez-les avec telle viande due vous jugerez 
convenable. On peut aussi les er seuls 
comme entremets. 

Ragoût de farce au gras.—Mettez dans une 
casserole, avec un bon morceau de beurre, de 
l’oseille, quelques laïitues, du cerfeuil, de la ci- 
boule, le tout lavé, haché, et pressé ; passez-les 
sur un bonfeu. Quand il n’y aura plus d’eau, 
vous y mettrez une bonne pincée de farine ; 
mouillez avec du jus et du coulis; assaisonnez 
de sel, gros poivre; faites cuire ; observezque 
la sauce soit réduite à point. 

ROUX.—Faites fondre du beurre dans une 
casserole, mettez-y de la farine selon l’épais- 


18 CUISINIÈRE 


seur que vous voulez donner à votre roux et 
faites roussir à petit feu, en remuant toujours. 

SALMIS.—Mettez dans une casserole une 
tranche de jambon, que vous ferez revenir ; 
mouillez d’un bon verre de vin blanc, coulis, 
bouquet, girofle ; faites bouillir une heure, 
et passez cette sauce au tamis. Dépecez la 
pièce de gibier rôti que vous destinerez à ce 
ragoût ; mettez le tout dans la casserole et 
faites chauffer ensemble sans laisser bouillir : 
pre ensuite sur un plat garni de croûtons 

rits. 

Ces-salmis se font seulement avec le gibier; 
teux de perdreaux ou bécasses sont les plus 
recherchés. 

: SOUPE au chou grasse.—Prenez un gallon 
d’eau par trois livres de viande ; faites bouillir 
votre eau avant d’y jeter la viande; coupez 
un oignon en quatre, et mettez dans la mar- 
mite un moyen chou que vous aurez haché; 
salez le tout à votre goût et faites bouillir 
pendant quatre heures. On pourrait y ajou- 
ter de la sarriette, du persil, des navets et des 
carottes. 

Soupe au chou maigre.—Coupez le chou bien 
fin, et faites-le bouillir ; tranchez quatre 
oignons que vous ferez frire avec du beurre 
dans la poêle; taillez ensuite une grande as- 


 siettée de pain que vous ferez aussi frire dans 


le beurre; mettez le tout avec le chou ainsi 
que poivre et sel; une heure pour bouillir le 


)Jux et 
1joUrs. 
le une 
venir ; 
coulis, 
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uillir 
ajou- 
et des 


bien 
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e as- 
dans 
ainsi 


le 


CANADIENNE. 19 
tout ensemble. On peut y mettre une carotte 
hachée fine, et du persil. 

Soupe à l’oignon.—Epluchez des oignons, ôtez- 
en la tête et la queue, coupez-les en lames ; 
faites fondre un morceau de beurre dans une 
casserole ; jetez-y votre oignon, et faites-le 
frire jusqu’à ce qu’il soit blond; mettez l’eau 
suffisante pour votre potage ; salez, poivrez ; 
laissez-le bouillir environ un quart d’heure. 
Versez le bouillon sur le pain, et servez. 

Soupe à l'oignon et au lait.—Préparez et faites 
revenir vos oignons comme pour le potage ci- 
dessus ; quand ils seront d’un beau blond, 
mettez votre lait, un peu de sel, et faites bouil- 
lir : au bout d’un quart d'heure environ, 
versez sur vos tranches de pain. 

Soupe aux petits oignons blancs.—Faïtes blan- 
chir vos oignons, ôtez-leur la première peau ; 
faites-les cuire dans une marmite; quand ils 
scront cuits, faites-en un cordon au bord du 
plat, sur des filets de pain trempés dans du 
blanc d'œuf, et que vous y aurez placé à cet 
effet; mettez le plat sur un fourneau pour que 
le pain s'attache: vous vous servez également 
de ces filets pour faire tenir les garnitures du 
potage. 

Soupe à l’orge pelée (barley).—Même procédé 
que pour le riz, seulement qu'E faut que le 
barley bouille durant deux heures. On y peut 
mêler un peu de chou, carottes, persil, navet. 

Soupe au lait.—Faites bouillir, saiez ou su- 


CUISINIÈRE 


crez votre lait; versez-le sur des tranches de 
pain et servez. 

Soupe au lait lié.—Préparez votre lait com- 
me ci-dessus, ajoutez-y une liaison de quatre 
œufs par pinte, remuez-le avec une cuiller 
de bois, et dès qu’ilcommence à prendre après 
la cuiller, c’est-à-dire avant qu'il bouille 
versez-le sur des croûtes tailiées ie plus 
minces possible. 

Soupe au riz.—Par trois livres de viande, 
un gallon d’eau que vous ferez bien bouillir 
avant, mettez-y deux cives, des carottes et 
poireaux, que vous couperez ; ensuite jetez 
une tasse de riz bien lrvé dans le bouiilün, 
une heure avant de la tirer. 

L'on peut attacher le riz, dans un petit sac, 
pour qu’il puisse renfler. | 

Soupe à la tortue.—Une tête de veau sciée 
en deux ; enlevez les yeux et la cervelle ; 
faites bouillir la tête avec les pieds dans deux 
gallons d’eau ; lorsqu'ils seront presque cuits, 
hachez la viande par petits morceaux ; jetez 
la cervelle dans le jus coulé de la tête et des 
pieds, ce qui l’épaissira; ajoutez de l'oignon 
frit dans du saindoux, avec un peu de farine 
et sucre rôti, pour colorer ; jetez deux verres 
de bon vin dedans, avec tête de clous, sel, 
poivre, marjolaine, sarriette, persil, thym, à 
votre goût. On peut aussi y faire entrer quatre 
œufs cuits durs et coupés. Faites ensuite 
bouillir le tout, pendant une demi-heure. 


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lait com- 
de quatre 
ne cuiller 
ndre après 
11 bouille. 
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le viande, 
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y bouillon, 


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le l'oignon 
1 de farine 
eux Verres 
clous, sel, 
1, thym, à 
rer quatre 
es ensuite 
emi-heure. 


CANADIENNE. 


On met aussi un morceau de jarret de bœuf 
dans le bouillon pour donner plus de sub- 
stance à ce dernier. Lx 

Soupe au vermicelle grasse (PRÉPARATION DU 
VERMICELLE). — Battez le jaune et le blame 
d’un œuf avec de la farine pour en faire une 
pâte dure; roulez le tout bien mince ; laissez 
sécher un quart d'heure; pliez et coupez 
la pâte bien fine, et procédez comme pour le 
riz, mais le vermicelle devra bouillir une de- 
mi-heure avant de tirer la soupe. Il est 
préférable de faire usage, pour cette soupe, de 
volaille que d’autres viandes. 

Soupe au vermicelle maigre.—Voyez la prés 
paration du vermicelle telle qu’indiquée. 
comme ci-haut. Faites bouillir deux pintes 
d’eau, frire dans du beurre un oignon coupé 
bien fin : jetez-le dans l’eau qui bouille avec 
poivre, sel et un peu de persil ; ajoute-y 
votre vermicelle par petite poignée en bras. 
sant le tout, que vous laisserez sur le feu 


l’espace d’une demi-heure. 


oupe aux fèves.—Mettez une pinte de fèves 
daus un ga)lon d’eau froide ; laïissez-les jeter 
un bouillon et ôtez la première eau ; remettez 
même quantité d’eau tiède, et faites bouillit 
jusqu’à ce qu’elles s’écrasent; faites frire dans 
du beurre de l’oignon que vous hachez bien 
fin, ajoutez-y poivre et sel, mêlez le tout et 
au moment de tirer votre soupe bien cuite, 
jetez dedans en brassant un demiard de lait. 
ou de crême. 


L TE 
+ 


ajoutez une demi-tasse de riz, du 


2 !  CMISINIÈRE 


Soupe au poisson.—Faites consommer une 
carpe, ou autre poisson, dans un demi-gallon 
d’eau ; et lorsqu'il sera bien cuit, tordez le 
poisson dans un linge ; mettez dans le jus un 
oignon tranché bien fin et frit dans le beurre; 
oivre, du 
sel et du persil. Cuisez le tout une heure. 

Soupe à la purée aux pois.—Une pinte de 

ois dans un gallon d’eau froide. Faites bien 
bouillir le tout, que vous jetterez ensuite dans 
la passoire, écrasant les pois avec une cuiller, 
our les réduire en purée ; remettez cette 
ernière dans la marmite, y ajoutant de l’oi- 
non fin et frit dans le beurre, des herbes sa- 
ées hachées bien fines, et une pincée de sar- 
riette. Faites bouillir le tout encore une demi- 
heure. On la mange avec des tranches de 
pain grillé, que l’on coupe par morceaux. 

Soupe aux lentilles.—Faites-les bouillir dans 
l’eau, quand elles seront cuites, mettez-y de 
l'oignon que vous aurez fait frire dans le beur- 
re, et laissez encore bouillir en y ajoutant 
une chopine de lait, avec poivre et sel. 

Soupe aux huîtres.—Jetez vos huîtres avec 
leur jus coulé dans un poëlon ; y mettant un 
morceau de beurre, du poivre et du pain 


émietté fin, cu si vous le préférez, du pain rôti 


ou des crackers. Faïteés-la bouillir une demi: 
heure. | 


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gallon 
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jus un 
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CANADIENNE. 


CHAPITRE II. 


% 


DU BŒUF EN GÉNÉRAL : BOUILLI, BIFTECK, 
FILETS, LANGUES, BŒUF A LA MODE, RÔTI, 
MANIÈRE DE SALER LE BŒUF, ETC., ETC. 


ALOYAU à la broche.—Arrosez d’huile d’o- 
live un-aloyau dont vous aurez enlevé l’arête ; 
saupoudrez-le de sel fin, et mettez dessus quel- 
ques feuillesde laurier et des tranchesd’oignon. 
Lorsqu'il se sera mortifié pendant un, deux ou 
trois jours, selon la saison, embrochez-le par 
le gros filet sans que le fer perce le filet mignon, 
enveloppez-le de gros papier beurré, et mettez- 
le cuire à grand feu. L'usage est de servir à 
part une sauce aux échalottes. 

BŒUF bouilli—Prenez de préférence une 
culotte de bœuf, ou seulement une partie de 
la culotte ; désossez et ficelez-la, mettez-la dans 
une marmite avec les carcasses, pattes et cous 
de volaille et gibier dont vous avez levé les 
chairs pour vos entrées ; faites-la écumer à 
grand feu ; après qu’elle aura un peu bouilli, 
vous y mettrez du sel et toutes sortes de racines, 
ai] et girofle à volonté; conduisez votre mar- 
mite comme il est indiqué à l’article bouillon, 
Après avoir tiré votre pièce de la marmite, 
vous la servirez soit entourée de persil verten 
branche, soit avec une sauce hachée, une gar- 
9 


24 CUISINIÈRE 


niture d'oignons et de légumes, ou bien encore 
de petits pâtés. Observez que si vous voulez 
avoir un bon bœuf bouilli, il faut lui sacrifier 
le bouillon, c’est à-dire qu’il ne faut pas laisser 
votre marmite au feu plus de temps que la 
cuisson de la viande n’en exige ; au contraire, 
lorsqu'on tient à la qualité du bouillon, on 
laisse la marmite au feu jusqu’à ce que la vian- 
de s’en aille en charpie, et alors elle ne conserve 
plus aucun suc. 

Bœuf à la mode.—Prenez un morceau de 
tranche de bœuf, désossez-le, piquez-le égale- 
ment de gros lard bien frais, pétri avec du 
persil et de la ciboule hachés, du sel fin, du 
poivre et des épices fines ; prenez une braisière 
ou une casserole dans laquelle vous mettrez du 
vin blanc, du petit lard coupé en morceaux, 
des échalottes hachées bien menues, de petits 
oignons entiers et des ronds de carottes, du 
gros poivre, et un peu de sel; posez votre 
tranche sur ces ingrédients ; bouchez bien 
votre casserole et placez-la sur un feu doux : 
faire mijoter pendant cinq ou six heures, 
après quoi vous servirez votre bœuf avec tout 
son assaisonnement. 

Bœuf à la mode à la canadienne.—Qu'il soit | 
de l'épaisseur de trois doigts, poudrez-le de 
farine, bardez-le et faites-lui prendre la cou- 
Jeur à petit feu en le remuant ; ajoutez, une 
heure après, des tranches de carottes, trois | 
oignons tranchés, poivre, sel, têtes de clous de 


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CANADIENNE. 25 


girofle, du thym et de la marjolaiïne, à votre 
goût ; il faut une chopine d’eau. 

Baœuf rôti.—Le morceau où se trouve le filet 
est le plus recommandable. Flacez-le à la 
cuisinière avec poivre et sel, arrosez-le du jus 
qui en découle pendant une heure ; ajoutez 
ensuite une chopine d’eau dans la cuisinière 
et continuez de l’arroser avec cette eau jus- 
qu’au moment de la tirer. Si c’est un gros 
morceau, prenez au moins trois ou quatre 
heures pour le cuire. 

Bifteck de filet de bœuf.—Coupez votre filet 
sur son plein, épais d’un pouce et plus, et de 
forme ronde, parez-le ; -retranchez les tours, 
les peaux et fibres, en conservant le plus de 
graisse que vous pourrez; aplatissez-le et le 
réduisez à moins de moitié de son épaisseur; 
assalsonnez de sel et gros poivre ; trempez-le 
dans du beurre tiède, et faites cuire sur le 
gril à grand feu, en ie retournant continuel- 
lement. Servez saignant sur un plat, au fond 
duquel vous aurez mis un morceau de beurre 
manié de persil. 

Les biftecks préparés et cuits comme ci- 
dessus se servent aussi garnis de pommes de 
terre frites ou de cresson assaisonné de poivre, 
sel et vinaigre. 

Bifteck à la canadienne. — Préparez un plat 
dans lequel vous déposerez poivre et sel, 
et que vous tiendrez sur un poêle, ou au-des- 
sus de l’eau bouillante ; quand la grillade 


‘26 CUISINIÈRE 


aura été bien battue, mettez-la sur un gril 
ayant une bonne braise dessous ; retirez-la 
toutes les cinq minutes pour la presser dans 
votre plat, où vous placerez aussi du beurre, 
si le bœuf n’est pas bien gras; quand il est 
tiré, jetez un verre à vin d’eau bouillante dans 
la sauce. 

CERVELLES de bœuf en matelotte.—Otez le 
sang caillé, les fibres et la petite peau qui 
enveloppent les cervelles ; faites-les dégorger 
pendant plusieurs heures dans l’eau tiède, 
puis cuire, entre des bardes de lard, dans 
deux verres de vin blanc et autant de bouillon, 
avec oignons en tranches, carottes, bouquet de 
persil, ciboules, thym, laurier, poivre et sel. 
Quand elles seront cuites, mettez du beurre 
dans une autre casserole ; sautez dedans des 
oignons, saupoudrez-les de farine ; versez dans 
a casserole le mouïillement dans lequel vous 
avez fait cuire vos cervelles et que vous aurez 
passé au tamis ; ajoutez quelques champi- 
gnons, et laissez cuire le tout ; quand ce sera 
fait, dressez vos cervelles, et versez votre 
sauce dessus. 

DUMPLINGS au bœuf salé. — Hachez du 
suif bien fin, environ une livre; mettez une 
roquille de lait dans la moitié d’une terrine 
de farine, battez le tout comme de la pâte à 
pain, faïtes-en des boulettes plus grosses 
qu’un œuf; ajoutez-les à votre bœuf avec un 
peu de poivre, et faites cuire le tout une heure 
et demie. 


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CAXADIENNE. 27 


ENTRE-COTE au jus. — Prenez la côte de 
bœuf qui se trouve sous le paleron, coupez-la 
d’un pouce environ d'épaisseur, ôtez-en les 
nerfs ; battez-la ensuite pour l’amortir, et 
trempez-la dans de l’huile ou du beurre frais 
fondu ; après l’avoir assaisonnée de sel et 
poivre, faites-la griller à petit feu: une 
demi-heure ou trois quarts d'heure suffisent 
pour sa parfaite cuisson. Quand elle ses: 
cuite, mettez des cornichons hachés dans &u 
jus, ou, si vous n’avez pas de jus, dans du 
coulis roux clarifié : versez cette sauce sur 
l’entre-côte. 

FILET de bœuf piqué, à la broche.—Enlevez 
la peau nerveuse, la graisse, et parez propre- 
ment votre filet, dont vous couperez la pointe: 
piquez-le de lard par-dessus aux deux extré- 
mités, et laissez le milieu sans être piqué ; fai- 
tes-le mariner pendant plusieurs jours avec de 
l'huile, oignons, persil, jus de citron, canelle; 
troussez-le en forme de € ou en rond, ou 
encore en fer à cheval, et.faites-le cuire à la 
broche devant un feu vif d’une bonne couleur: 
mettez alors dessus la sauce que vous jugerez 
le plus propre à relever votre bœuf. 

Filet de bœuf aux légumes.—Préparez votrs 
filet comme le précédent, et mettez-le cuire 
dans une casserole avec quelques carottes et 
oignons, des bardes de lard, un bouquet de 
persil, du vin blanc, du bouillon et un peu 
de sel ; faites-le partir sur un bon feu, couvrez 


28 CUISINIÈRE 


votre casserole, chargez-la de charbong ar- 
dents, et diminuez le feu dessous. Lorsque 
votre viande sera cuite, passez le fond, prenez- 
en une partie, que vous ferez réduire avec un 
peu d’espagnole, et mettez dedans vos légu- 
mes cuits séparément, tels que concombres. 
chicorée, etc. Ce filet peut aussi se servir sur 
une sauce aux tomates. 

Fricassée de langue de bœuf.—Faites bouillir 
votre langue tendre, pelez-la, et coupez en 
tranches fines; faites frire ces tranches, ôtèz 
la graisse, et mettez autant de bouillon que 
vous en voulez pour faire une sauce; un pa- 

uet de fines herbes, un oignon, du poivre et 

u sel, de la muscade, un verre de vin blanc; 
faites mitonner le tout une demi-heure; ôtez 
les tranches, coulez votre sauce, remettez le 
tout au feu, battez le jaune de deux œufs, 
un peu de muscade, un morceau de beurra 
roulé dans de la farine, faites prendre et 
servez. 

LANGUE DE BŒUF aux cornichons. — 
Faites dégorger votre langue et blanchir en- 
suite pendant une demi-heure ; mettez-la 


ensuite rafraîchir; lorsqu'elle sera refroidie, | 


vous la parerez; prenez des lardons que vous 


assaisonnerez avec du sel, du gros poivre, des | 


uatre épices, du persil et des ciboules ha- 
chées très-menues ; piquez-en votre langue, et 
faites-la cuire, avec un bon assaisonnen : it 


et des fines herbes, dans une casserole, aves | 


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CANADIENNE. 29 


uelq ies bardes de lard, quelques tranches 

e veau et de bœuf, carottes, oignons, épices 
diverses ; mouillez votre cuisson avec du 
boutlion, laissez cuire votre langue à petit 
feu rendant quatre heures ; au moment de 
la servir, vous Ôôtez la peau de dessus; ayez 
du coulis roux dans lequel vous mettrez des 
cornichons bien hachés. Dressez votre langue, 
et arrosez-la de cette sauce. 

Langue brisée—Lardez de gros lard bien 
assaisonné comme il est dit ci-dessus, une 
langue de bœuf que vous aurez fait dégorger, 
après en avoir enlevé le cornet, bien soigneu- 
sement ratissée et dépouillée de sa peau; 
mettez-la cuire dans une marmite, avec du 
bouillon, du vin blanc, des carottes, des 
oignons. Quand elle aura bouilli quelque 
temps, couvrez-la bien ; diminuez le feu de 
dessous, mettez-en dessus, et laissez-la mijoter 
pendant environ cirq heures; passez le fond; 

uand elle sera cuite, mouillez-la G’un peu 

‘espagnole : servez votre langue entourée de 
légumes, et arrosez le tout avec cette sauce. 

Langue de bœuf salée.—Faites-la cuire sars 
bouiilon jusqu’à ce que vous puissiez lever la 
peau ; laissez-la refroidir, et la tranchez mince 
avant de la servir. 

Langue de bœuf fraîche bouillie.—Prenez-en 
deux, mettez-les dans une marmite, couvrez- 
les d’eau, laissez-les dei.x heures, pelez-les et 
remettez au feu avec une chopine de bouillon, 


90 CUISINIÈRE 


une roquille de vin blanc, un paquet de 
fines herbes, un peu de poivre et sel, clous, 
des navets et carottes coupés en tranches, un 
morceau de beurre roulé dans la farine ; laissez 
bouillir deux heures doucement ensemble, 
retirez les épices et herbes et servez. Vous 

ouvez omettre les carottes et navets ou les 
aire bouillir à part. 

MANIERE de saler le bœuf, langues,etc.—Pour 
un gallon d’eau, une livre de sel, + d’once de 
salpêtre, une demi-livre de sucre, le tout infusé 
pendant quelques heures avant d’y mc'tre la 
viande, que l’on peut laisser tremhez rendant 
quinze jours. Battre la langue avant-üe la saler, 
mettre un poids sur le couvercle. 

PALAIS de bœuf à la bourgeoise.—Nettoyez 
avec soin et faites cuire dans l’eau vos palais 
de bœuf, que vous couperez ensuite par filets. 
Faïtes roussir de l'oignon dans du beurre, et 
quand il sera à moitié cuit, jetez dedans vos 
palais ; mouillez de bouillon ; ajoutez bouquet 
du persil, sel et poivre; laissez réduire la saucs, 
et servez avec un peu de moutarde. | 

1.es palais de bœuf se servent aussi entiers. 
quits sur le gril. Il faut pour cels les faire 
mariner dans l’huiïle, avec sel, poivre, persil, 
ciboules et pointes d'ail, puis les panzr avec 
de la mie de pain et les faire griller. On les 
sert alors sous une sauce piquante anx échs- 
lottes ou sans sauce. 

On peut aussi les accommoder àlapoui:t'e, 
comme les pieds de mouton. 


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CANADIENNE. 53 à 


ROGNON DE BŒUF à la bourgeoise. — 
Coupez un rognon par filets minces, mettez-le 
sur le feu avec un morceau de beurre, sel, 
poivre, persil, ciboules et une pointe d’ail ha- 
ché menu. Quand il est cuit, mettez-y un. 
filet de vinaigre, un peu de coulis, ou, à dé- 
faut de coulis, un peu de bouillon gras, et ne: 
le laissez plus bouillir, de crainte qu’il ne se 
racornisse. 

Rognon de bœuf. —Séparez-le en deux, sur: 
l'épaisseur du flanc : piquez dessus huit bardes 
de la grosseur du doigt; hachez de l'oignon; 
poudrez de farine, poivre, sel et persil, ajoutez 
un peu de saindoux; mettez le tout dans 
une roquille d’eau, et laissez-le bouillir 
pendant trois heures, à petit feu, en leremuant 
de temps à autre. 

Ronde de bœuf salée.—Faites-la cuire sans 
bouillir avec ur chou coupé en quatre, durant 
quatre heures : le chou ne devra cuire que 
deux heures. 

ROSBIF à l’anglaise.—Il se met à la broche, 
et se sert dans son jus et aussi à la sainte-me- 
nehould ; dans ce cas on le fait cuire à la 
braïse ; quand il sera cuit, panez-le, et lui 
faites prendre couleur au four ; servez dessous 
une sauce à votre choix. On peut encore le 
piquer de gros lard bien assaisonné, le faire 
cuire à la broche, et le glacer d’une belle 
couleur. 


32 CUISINIÈRE 


CHAPITRE III. 


DES DIFFÉRENTES MANIÈRES D’ACCOMMODER 
LE VEAU. 


CARRÉ de veau à la broche aux fines herbes.— 
Ayez un carré de veau bien paré, vous pique- 
vez tout le filet avec du lard fin. Mettez-le 
x: ner pendant deux ou trois heures avec 
pe: il, ciboule, thym, laurier, champignons 
et échalottes hachés très-fin, sel, poivre, mus- 
cade rapée et un peu d’huile. Quand':il aura 
bien pris goût, embrochez-le et versez dessus 
tout assaisonnement que vous maïntiendrez 
avec deux feuilles de papier beurré. Faites 


cuire à feu doux, puis Ôtez le papier duquel | 


vous gratterez les herbes, qui y seront atta- 
chées ainsi qu’à la viande, et les mettrez dans 
une casserole avec un peu de jus, filet de vi- 
naïgre, beurre manié de farine, sel et poivre. 
Faites lier cette sauce sur le feu et servez-la 
sous le carré, que vous colorerez auparavant 
en frottant le dessus, après l'avoir pané de 
mie de pain, avec beurre fondu et un jaune 
d’œuf mêlés ensemble. 


Carré de veau, manière de le découper. — La 


méthode ancienne était de partager ce mor- 
ceau par côtelettes dans le sens perpendicu- 
laire, en sorte qu’il se trouvait attaché à cha: 


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y bes.— 
pique- 
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y. — La | 


e mor- 
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6 à cha 


CANADIENNE. 38 


eune un petit morceau de filet et de rognon. 
L'usage maintenant est de commencer par 
lever le filet et le rognon, et de les couper par 
morceaux ; ensuite on sépare les côtes: elles 
sont le morceau des dames. : 
CERVELLES de veau frites. — Après avoir 
fait dégorger vos cervelles, en avoir Ôté les 
fibres, et les avoir fait blanchir avec un peu 
de sel et de vinaigre blanc, et laissé refroidir 
dans cette eau, pour les raffermir, faites-les 
cuire dans une casserole foncée de lard, avec 
du vin blanc, le double de consommé ou du 
bon bouillon, persil, ciboules et quelques 
tranches de citron sans écorce ni pepins ; 
coupez-les en quatre, et trempez-les à mesure 
dans une pâte à frire (Voyez Friture), pour 
lies faire frire : lorsqu'elles auront pris une 
belle couleur, vous les égoutterez, et les dres- 
serez sur un plat avec du persil frit dessous 


‘ou dessus. 


Cervelle de veau en matelote.—Faïtes dégorger 
puis blanchir dans l’eau bouillante, avec se 
et vinaigre, vos cervelles que vous mettrez 
ensuite cuire pendant dix minutes dans une 
casserole, où vous aurez fait roussir du beurre 
et revenir des petits oignons. Ajoutez, en mé- 
me temps que vos cervelles, a de 
bouillon, autant de vin, champignons et bou- 
quet garni. Servez avec garnitures de pain 
frit au beurre. | 

Cervelles de veau à la poulette.—Vos cervelles 


34 | CUISINIÈRE 


étant dégorgées et blanchies comme les pré- 
cédentes, vous les ferez cuire dans une poulette, 
que vous lierez au moment de servir, avec 
jaunes d'œufs. 

Les cervelles de mouton se préparent ab- 
solument comme celles de veau. 

COTELETTES de veau aux fines herbes. — 
Mettez vos côtelettes avec sel, poivre et épices, 
dans une casserole dans laquelle vous aurez 
fait fondre du beurre: sautez-les pendant 
quelques minutes, puis ajoutez champignons 
et fines herbes hachées ; faites achever de 
cuire en sautant, et servez avec jus de citron. 

Côtelettes de veau grillées et panées. — Parez 
vos côtelettes, aplatissez et assaisonnez de sel 
et gros poivre; faites fondre un morceau de 
beurre, et trempez. dedans chaque côtelette; 
mettez-les aussitôt dans un vase où il y aura 
de la mie de pain; tournez-les dedans; faites 
en sorte qu’elles soient couvertes partout ; 
mettez-les sur le gril, à un feu doux, afin que 
la mie de pain ne prenne pas trop de couleur; 
il ne faut qu’une petite demi-heure pour les 
cuire; servez-les avec un jus clair dessous, 
ou Sans jus. 

Côtelettes de veau au naturel. — Frottées de 
beurre et saupoudrées de poivre et de sel, 
vous les faites griller des deux côtés et les 
servez Sans SAUCE. 

Côtelettes de veau en papillottes.—Coupez vos 
côteleties un peu minces, placez-les sur des 


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ulette, 
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CANADIENNE. 85 


morceaux de papier blanc taillés à peu près 
en cerf-volant ; assaisonnez-les de poivre, 
sel, persil, échalottes bien hachées, et de pe- 
tits morceaux de beurre; tortills , le papier 
autour des côtelettes, sans envelopper le haut, 
du manche ; huilez le papier en dehors ; vous 
aurez soin de faire griller vos côtelettes à pe- 
tit feu, après avoir mis une feuille de papier 
huilé sur le gril ; servez-les avec le papier qui 
les enveloppe. 

Côtes de veau à la mode.—Coupez un quartier’ 
de devant, dix à douze morceaux ae côtes, 
que vous poudrerez de farine, avec poivre et 
sel ; faites-les rôtir dans du saindoux; cela 
fait, ajoutez-y quatre carottes et quatre oignons 
tranc és, trois pincées de persil, une petite 
branche de sarriette, un peu de têtes de clous, 
trois chopines d’eau, et faites bouillir le tout, 
en le brassant souvent. 

COULIS de veau.—Mettez dans une casse- 
role du lard coupé par petits morceaux, une 
rouelle de veau proportionnée à la quantité 
de coulis que vous voulez avoir et deux ca- 
rottes. Couvrez bien votre casserole et mettez- 
la sur un feu doux pour faire jeter le jus à la 
viande ; ; augmentez le feu jusqu’à ce qu’elle 
soit près de s'attacher; ralentissez-le alors 
pour qu’elle s’attache doucement à la casserole 
et faites un beau gratin; cela fait, retirez la 
viande et les légumes sur une assiette : mettez 
dans la. casserole wa Morceau de beurre et de 


86 CUISINIÈRE 


la farine ; faites un beau roux et mouillez 
avec du bouillon chaud. Remettez alors la 
viande dans la casserole pour la faire cuire 
encore pendant deux heures à très-petit feu, 
ayant soin de dégraisser souvent. Votre coulis 
ainsi fait, vous le passerez au tamis pour vous 
en servir au besoin. : 

Le coulis ne doit être ni trop clair ni trop 
épais, et offrir une belle couleur canelle. 

Epaule de veau.—Mettez-la dans une mar: 
mite avec un peu de beurre, sel, poivre, sar: 
riette,marjolaine, thym et de l’oignon, piquez: 
la de clous, des tranches de patates et un peu 
d’eau, faites-la bouillir doucement, et servez- 
la chaude. 

Epaule de veau rôtie.—Embrochez-la sous lo 
manche, en faisant passer la broche dans la 
P— Deux heures suffisent pour la cuire 

son point, on peut da servir avec son jus, 
ou avec une sauce à l’échalotte. 

FESSE de veau à la daube.—Piquez la fesce 
avec une vingtaine de bardes et une dizaine 
de clous de girofle, poudrez un peu avec le 
farinier, faites chauffer du saindoux au fond 
du chaudron, placez-y la pièce avec des 
oignons, ajoutez-y poivre et sel; tournez la 
pièce de tous les côtés, jusqu’à ce qu’elle soit 
rôtie ; ajoutez un demi-setier d’eau, avec sar- 
riette et persil; au moment de la retirer du 
feu, mettez dans le chaudron un verre de 
madère ; cuisez lentement. | 


CET 


CANADIENNE. 37 


FOIE de veau à la bourgeoise. — Lardez un 
foie de veau par le travers avec de gros lardons 
bie1:assaisonnés ; mettez-le dans une casserole 
sur des bardes de lard, avec des débris de 
veza, des racines, de l'ail, du laurier, du 
girofle, de bon bouillon et une demi-bouteille 
de vin blanc; écumez le tout, couvrez-le de 
bardes de lard, bouchez hermétiquement la 
casserole, et mettez du feu dessus. Observez 
qu'il n’aille pas trop grand train. Lorsqu'il 
sera cuit, passez le jus; faites-en réduire la 
moitié en le liant avec du beurre, et arrosez 
votre foie avec cette sauce au moment de le 
servir. 

Foie de veau à l’italienne.—Sautez des tran- 
ches de foie dans une casserole avec de bonne 
huile fine, saupoudrez-les de sel fin, et retour- 
nez-les sans les rompre. Egouttez-les lors- 
qu'elles seront cuites; dressez-les, arrosez-les 
d’une italienne rousse réduite, et en outre 
d’un peu de jus de citron. 

Foie de veau à la broche.—Lardez un foie de 
gros lard bien assaisonné, et faites-le mariner 
avec de l’huile fine, thym, laurier, persil, ci- 
boules. Enveloppez-le de papier beurré, après 
l'avoir A ur et bien assujetti avec des 
hatelets. Vous le servirez glacé, sur une sauce 
: vivrade. | 

Foie de veau à la poêle.—Coupez un fois de 
au en tranches que vous mettrez dans une 
poêle avec échalottes, persil et ciboules hachés 


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SR “ne EE immense 


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38 CUISINIÈRE 


et un morceau de beurre ; passez-les sur un 
feu vif, et mettez-y une petite pincée Ge farine. 
Lorsque vous verrez que votre foie aura raïdi, 
tournez et mouillez avec un peu de vin rouge: 
assaisonnez-le de sel et gros poivre, ajoutez 
un peu de he de ;: et lorsqu'il a commencé à 
bouillir, vous le retirez du feu. Si la saucése 
trouvait trop courte, vous auriez soin de l’al- 
longer avec un peu de consommé ou de 
bouillon. 

FRAISE de veau à la française.—Faites dé- 
gorger votre fraise dans de l’eau froide, et 
blanchir dans de l’eau bouillante ; quand elle 
aura bouilli un quart d'heure à peu près, re- 
plongez-la dans de l’eau froide, et laissez-la 
s’y refroidir ; ficelez-la et la mettez cuire dans 
un blanc, et servez-la avec une sauce piquante, 
ou toute autre sauce qui soit très-relevée. 

FRICANDEAU de veau. — Levez la noix 
d’un cuissot de veau, et tâcuez qu’elle soit 
couverte de la graisse appelée tétine ; battez-la 
entre deux linges; piquez-ia dans le sens de 
la viande avec de petits lardons de lard bien 
assaisonnés ; enveloppez-la de lard et la mettez 
dans une braisière avec toutes sortes de légu- 
mes et un bon bouquet de persil et de ciboules; 
mouillez-la de consommé, ou à défaut de con- 
sommé, avec de hon bouillon, et la faites 
bouillir pendant quatre heures ; dépouillez-la 
de son lard, dégraissez son fond, et le passez 
au tamis de soie; remettez-le avec votre fri- 


Om M PDO bd La 


boules ; 
de con- 
, faites 
illez-la 

passez 


re fri- 


CANADIENNE. 3 


candeau, ensuite vous le ferez réduire sur un 
fourneau un peu vif, et retournez de toutes 
les façons pour lui donner une couleur égale : 
servez-la au naturel, ou sur de l’oseille, de la 
chicorée, des épinards, de la purée d’oignons, 
etc., etc. 

On prépare, fait cuire et accommeode de la 
même manière les filets mignons de veau. 

GELÉE de veau.—Prenez un jarret de veau 
que vous aurez ficelé, mettez-le dans une 
casserole avec des parures de veau, quelques 
oignons et carottes en tranches, ciboules et 

ersil en bouquet; mouillez le tout avec de 

bon bouillon et quelque bon fond ; faites écu- 
mer et rafraîchir à plusieurs reprises avec un 
peu d’eau fraîche; ne faites plus que mijoter 
votre glace, jusqu’à ce que les viandes soient 
très-cuites ; ensuite passez-la dans un linge . 
mouillé, et clarifiez-la en y jetant un blanc 
d’œuf bien fouetté. Cela fait, vous la passerez 
de nouveau. | 

GRILLADES de veau.—Battez bien les gril- 
lades, mettez-les dans la poêle avec saindoux, 
poivre et sel ; faites cuire lentement, poudrez 


E de farine en petite quantité, et ajoutez-y des 


grillades de lard salé. 

MOU de veau à la poulette.—-Coupez en gros 
dés un mou de veau; faites-le dégorger à 
plusieurs eaux en les pressant chaque fois 
avec les mains; jetez-le ensuite dans l’eau 
froide et faites-le blanchir ; vous le rafrafchi- 


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mme entpalienene es Rs ee TE on M at és nt Ban LT 


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a 


40 CUISINIÈRE 


rez quand il aura fait un bouillon et l’éguut- 
terez bien ; jetez-le aussitôt dans une casserole 
où vous aurez fait fondre du beurre ; faites-le 
revenir sans qu’il roussisse, saupoudrez-le de 
farine ; remuez et mouillez-le 7 “t à petit 
avec du bouillon ; assaisonnez de el, poivre, 
épices, persil et un peu d'ail ; forcez le feu et 
rgnuez.toujours. Aux trois quarts de la cuis- 
son, vous ajouterez des petits oignons et des 
champignons ; ôtez le bouquet; liez la sauce 
avec des jaunes d'œufs, et mettez-y persil 
blanchi haché, verjus ou citron: si la sauce 
était trop longue avant de la lier, vous auriez 
soin d’en faire réduire à part plus de la moitié. 
Mou de veau en roux.—Il se prépare et s’ac- 
commode comme le mou àla pou! ‘e, excepté 
qu’on le passe dans un roux a eu de le 
faire revenir dans le beurre chaud. 
OREILLES de veau frites. —Coupez en quatre 
dans leur longueur des oreilles préparées et 
cuites comme il est dit ci-dessus ; faites-les 
mariner avec vinaigre, sel, gros poivre ; trem- 
pez-les dans une pâte légère et faites-les frire. 
Observez de les étendre promptement dans 
la poêle et de les retourner. vous les égout- 
terez pour les servir couronnées de persil frit. 
Oreilles de veau à l’italienne.—Echaudez des 
oreilles de veau, flambez-les ; faites-les blan- 
chir et rafraîchissez-les ; faites-les cuire ou 
dans un blanc, ou dans une casserole foncée 
de bardes de lard ; mettez-y ces oreilles avec 


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CANADIENNE. ai 


un vouquet de persil et de ciboules, et quel- 
ques tranches de citron, mouillez-les avec du 
consommé et de bon vin blanc; couvrez vos 
oreilles de bardes delard ; mettez dessus un 
rond de papier beurré.: au bout d’une heure 
et demié’elles seront cuites ; vous les retirerez, 
les égoutterez, les essuierez, et cisellerez les 
bouts comme vous feriez d’une ciboule: 
dressez, et servez-les sur une sauce à l’ita- 
lienne. 

PIEDS de veau à la sainte-menehould. — 
Fendez par le milieu, avec le couperet, des 
pieds de veau échaudés, comme il sera dit 
pour la tête, ficelez-les, et mettez-les cuire 
dans une bonne braïse; faites-les refroidir à 
moitié ; retirez-les pour les paner de mie de 
pain, que vous arroserez avec la graisse de 
votre braise ; faites-les griller de belle couleur, 
et servez. 

Pieds de veau à la poulette.—Vous les ferez 
cuire comme la fraise et les servirez dans une 
sauce à la poulette dans laquelle vous leur 
ferez prendre goût quelques minutes sans 
bouillir. 

Pieds de veau frits.—Faites-les cuire dans un 
fond ou dans un blanc, après les avoir bien 
fait blanchir, et les avoir désossés ; retirez-les 
et faites-les mariner dans du poivre, du sel 
et un peu de vinaigre ; vous les égoutterez et 
les tremperez dans une pâte, pour les faire 
frire ;ayez soin qu’ils soient d’une belle cou- 
leur ; servez avec du persil frit. 


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42 


POITRINE de veau aux petits pois.—Coupez 
une poitrine de veau par petits morceaux, 
que vous passerez au feu dans du beurre sau- 
poudré de farine, sel et poivre ; mouillez d’un 
bon verre de bouillon; ajoutez un bouquet de 
persil et laissez cuire pendant une heure; 
vous mettrez alors vos pois, et quand le tout 
sera cuit, vous dégraiïsserez la sauce et servirez. 

Poîitrine de veau farcie.—Enlevez avec soin 
la peau qui couvre l’épaule, pour en extraire 
cette dernière ; sciez les côtes par le milieu, 
sans toucher à la viande ; prenez la viande de 
l'épaule avec du lard gras, faites-en une farce, 
en la hachant bien fine, la faisant revenir dans 


CUISINIÈRE 


. la poêle avec du saindoux, y ajoutant poivre, 


sel. sarriette, persil, marjolaine, têtes de clous, 
de l'oignon, quelques clous de girofle pilés ; 
brassez le tout ensemble, retirez-le peu après 
du feu, y ajoutant encore une poignée de mie 
de pain, deux jaunes d'œufs et un dessus de 
crême, ou du lait; brassez tout cela de nou- 
veau ; et mettez cette farce dans la poitrine à 
la place de l'épaule enlevée ; renfermez la 
farce en dedans, par une couture, beurrant 
æt poudrant de farine toute la pièce ; placez-la 
dans ia cuisinière avec une chopine d’eau, du 
poivre et du sel. 

RIS de veau.—On les fait dégorger à plu- 
sieurs reprises dans de l’eau tiède, et blanchir 
un demi-quart d'heure dans de l’eau bouil- 
Jante ; et ils seront propres à employer dar:1 
tels ragoûts que vous le jugerez convenable 


CANADIENNE, 43 


Ris de veau piqués. — Piquez de lard, par- 
dessus, des ris de veau préparés comme il est 
dit ci-dessus, faites-les cuire au four dans une 
bonne réduction pendant trois quarts d’heure ; 
glacez-les d’une belle couleur, et mettez-les 
sur de l’oseille, de la chicorée à la crême ou 
une sauce tomate. 

Ris de veau aux fines herbes.—Hachez très-fin 
persil, ail, échalottes et quelques champi- 
gnons ; maniez le tout avec un peu de bon 
beurre, sel fin, gros poivre; prenez des ris de 
veau, mettez-les dans une casserole avec quel- 
ques bardes de lard par-dessus, un demi-verre 
de vin blanc, autant de bon consommé ; faites- 
les cuire à petit feu ; qu’ils ne fassent que mi- 
joter; quand ils seront bien cuits, tirez-les, 
dégraissez la sauce, ajoutez-y un peu de coulis 
clarifié, et versez-la sur les ris. 

TETE de veau à la vinaigrette.—Echaudez-ta 
pour en ôter le poil ; faites-la dégorger ensuite 
dans l’eau fraîche pendant vingt-quatre heu- 
res, pui. désossez la mâchoire inférieure et le 
bout du mufle, ne laissant d’os que le crâne. 
Frottez-la de citron et faites cuire, enveloppez 
dans un linge, dans de l’eau assaisonnée de 
poivre, sel, bouquet garni avec trois oignons, 
carottes, panais et poignée de farine. Quand 
elle sera cuite, retirez-la, faites égoutter, ôtez 
soigneusement les os du crâne, découvrez la 
cervelle, et servez garni de persil et ciboules 
hachés. . Chacun assaisonne à son goût de 
poivre, sel, huile et vinaigre 


44 CUISINIÈRE 


Tête de veau à la poulette.—Préparez et faites 
cuire votre tête comme ci-dessus. Faites une 
poulette dans laquelle vous mettrez vos mor- 
ceaux de tête avant de lier; faites mijoter un 
instant, puis liez avec jaune d'œuf sans lais- 
ser bouillir, et servez avec jus de citron. 

Tête de veau bouillie.—Sciez la tête en deux, 
Ôtez la cervelle, aussi les yeux avec une four- 
chette ; arrachez la petite peau fine de dessus 
la cervelle et les veine: mettez la cervelle 
bouillir dans un linge, en même temps que 
la tête, les pieds et la fraise ; la cervelle cuite, 
délayez-la comme l’on fait des crêpes, avec 
trois œufs, lait et farine: ajoutez-y un peu de 
sarriette, poivre et sel, faites cuire dans la 
graisse bouillante, ce q'ui vous fournira de 
quoi orner avec des beïigr:ets le tour du plat, 
où vous aurez déposé la tête bouillie. 

Tête de veau, manière de la découper. — Les 
morceaux les plus distingués sont les yeux, 
que l’on sert à la cuiller, les bajoues, les 
tempes, les oreilles; on sert une portion de 
la cervelle avec chacun des morceaux, ayant 
eu soin d’enlever les os du crâne avant de la 
servir sur la table. 

On aura besoin d’une promptitude extraor- 
dinaire pour ne pas manquer de servir très- 
chaud. La noix, les fricandeaux, les ris, le 
foie, sont si faciles à découper, qu’ils n’exigent 
pas d'instructions particulières. 

Tranches de veau aux œufs. — Coupez vos 


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CANADIENNE. | 45 


M tranches, battez-les beaucoup, battez six œufs, 
jetez vos tranches dedans avec poivre et sel ; 
mettez le tout dans du saindoux bouillant, 
Bet faites cuire lentement. 


eo — 7 


CHAPITRE IV. 


DE L’AGNEAU ET DU MOUTON. 


AGNEAU aux pois verts.—Prenez un mor- 
ceau que vous couperez en pièces de quatre 
doigts; mettez une pinte de pois verts avec 
un peu de farine rôtie brune; a) outez-y un peu 
de poivre, sel et persil, avec de l’eau bouillante 
pour couvrir la viande ; faites cuire une heure. 

Agneau (quartier d’).—Prenez le quartier de 
devant parce qu'il est plus délicat que celui 
de derrière ; couvrez-le de bardes de lard de- 


puis le défaut de l’épaule jusqu’à l’extrémité: 
| de la poitrine ; couchez-le sur la broche, atta- 


chez-le par les deux bouts et enveloppez-le 
de papier beurré; quand il sera cuit, insinuez 


[adroitement de la maître-d’hôtel froide entre 


les côtes et l'épaule. Servez avec un jus clair, 
pour entrée. 
On en fait aussi des entrées à l’anglaise en 


[mettant les côtelettes sur le gril, comme celles 


46 CUISINIÈRE 


de mouton; et le reste du quartier, vous le 
faites cuire à la broche. Quand il est froid, 
vous en faites une blanquette, et mettez les 
côtelettes autour. 

Le quartier d'agneau de derrière se met or- 
dinairement à la broche; on peut aussi le 
servir farci en dedans, cuit à la braïse, et avec 
un ragoût d’épinards: froid on lève dessus 
des filets qu’on peut mettre en blanquette ou 
de quelque autre façon, à volonté. 

BLANQUETTE.—Taillez en petits mor- 
ceaux les restes d’un carré ou d’une longe 
servie la veille; faites clarifier et réduire deux 
cuillerées à pot de coulis blanc ou de velouté, 
avec un peu de consommé ou de simple bouil- 
lon; liez votre sauce avec des jaunes d’œufs, 
et ajoutez du beurre frais selon la force du 
ragoût, du persil blanchi, du jus de citron; 
jetez votre agneau dans cette sauce et servez. 

CERVELLES de mouton.—Les cervelles de 
mouton se préparent absolument comme 
celles du veau. 

CARRE de mouton à la poirrade.—Parez un 
carré de mouton ; piquez-le de gros lard assa:- 
sonné faites-le mariner un ou deux jours 
avec un demi-verre d'huile, du jus de citron, 
sel, poivre, aromates, tranches d’oignons, du 
persil en branches ; faites-le cuire à la broche, 
et glacez-le d’une belle couleur ; servez aves 
une poivrade dessous. 

Carré de mouton à la servante. —Prenez deux 


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froid, 
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et or- 
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deux 


CANADIENNE. 47 


carrés de mouton, dont vous supprimerez l’é- 
chine et parerezles filets ; piquez l’un de petits 
lardons assaisonnés, et l’autre de branches de 
persil vert; posez-ies sur la broche en les y 
assujettissant avec des hatelets, et ayez soin 
de les arroser pendant la cuisson ; il ne faut 
qu'environ trois quarts-d’heure pour qu’elle 
soit complète ; dressez les filets en dehors, et 
mettez dessous un bon jus clair. 

COTELETTES d'agneau panées et grillées. — 
Faites revenir vos côtelettes bien parées dans 
un peu de beurre, en ayant soin qu’il ne rous- 
sisse point : retirez-les, laissez un peu refroidir 
le beurre ; mêlez-y des jaunes d'œufs ; trempez 
vos côtelettes dedans ; passez-les et les faites 
griller à feu doux. Vous les servirez avec un 
jus clair et du jus de citron. 

Côtelettes de mouton au naturel.—Otez l'os de 
l’échine de chaque côtelette ; levez-en la peau 
et le nerf; aplatissez-la légèrement avec le 


_ couperet ; grattez le dedans de la côte ; coupez 


de l’os ce qui excède la longueur d’environ 
trois pouces ; supprimez toutes les chairs qui 
tiennent au bout de l'os ainsi coupé, et ratis- 
sez-en la longueur d’un demi-pouce ; lorsque 
vos côtelettes sont toutes préparées de la sorte, 
trempez-les dans un peu de beurre frais fondu 
sans être chaud ; mettez-les sur le gril à un 
feu vif, ayant soin de les retourner plusieurs 
fois ; un quart d'heure environ suffit pour les 
faire cuire ; vous les disposerez alors en cou- 
ronne et les servirez aussitôt. 


48 CUISINIÈRE 


Côtelettes de mouton aux légumes. — Parez-les 
et faites-les revenir dans du beurre avec bou- 
quet, ail et clous de girofle ; mouillez de bouil- 
lon et vin blanc; ajoutez filet de jambon, et 
quand elles seront cuites retirez-les ; puis 
dégraissez et faites réduire votre sauce, que 
vous verserez sur les légumes qu’il vous plaira 
et que vous aurez arrangés à part; servez en 
couronne, les légumes au milieu. 

Côtetettes de mouton en papillottes.—Coupez des 
petites côtes, frappez avec un rouleau sur les 
Os ; les ayant poivrées et salées, enveloppez- 
les une à une dans du papier beurré, et pla- 
cez-les sur le gril; retournez-les jusqu’à ce 
qu’elles aient pris couleur; en les retirant, 
passez du beurre dessous avec un peu d’eau 
bouillante, ce qui fera une sauce. 

Côtelette de mouton à la canadienne. — Mettez 
vos côtes, poudrées de farine, rôtir dans la 
poêle avec saindoux, poivre et sel; une fois 
cuites, jetez un peu d’eau chaude pour aug- 
menter la sauce. 

EMINCEES de mouton.—Coupez par tran- 
ches minces et peu larges les restes d’un gigot 
rôti à la broche. Faites un roux ; mouillez de 
bouillon salé, poivré et faites réduire; ajoutez 
un morceau de beurre à votre mouton ; laissez 
prendre goût quelques instants et sérvez avec 
cornichons coupés en tranches. 

PAULE de mouton.—On la sert cuite et 
préparée de la même manière que le gigot, 


CANADIENNE. 49 


Epaule de mouion en ballon.—Désussez entiè- 
rement une épaule ; lardez-en les chairs de 
gros lardons roulés dans un bon assaisonne- 
ment, et faites attention de ne point piquer 
ja peau; passez une ficelle tout autour avec 
ane aiguille à brider, et donnez-lui la rondeur 
d’un ballon; cassez alors et mettez dans une 
sasserole les os de votre épaule avec oignon 
sarottes, thym, laurier, un peu de basilic: 
posez-la dessus ; arrosez-la de bouillon, et cou- 
rez-la d’abord de bardes de lard, puis d’un 
rond de papier huïlé; faites-la partir à grand 
feu; ensuite ralentissez-le, mettez-en dessus. 
Lorsque votre épaule sera cuïte, retiræ-la ; 
faites réduire son fond, et servez-vous-en pour 
la glacer. On peut la servir sur de la chicorée, 
des racines, de la purée d’oseille, etc. 

Épaule de mouton, manière de la découper.— 
On découpe à peu près comme le gigot; les 
chairs qui touchent aux os et celles de l’omo- 
plate sont les plus tendres. Les gourmets 
préfèrent la partie qui est plus grasse et a plus 
de goût. 

FESSE de mouton bouillie.—Faites-la bouillir 
avec un chou coupé en quatre ; mettez-y trois 
aavets que vous pilerez dès qu’ils seront cuits, 
avec beurre, poivre et sel. Placez le chou 
dans ut, plat à patates, votre navet aussi à 
part. Faites une sauce au beurre, en employ- 
ant de l’eau et de la farine; hrassant cette 
sauce tout le temps qu’elle est sur le feu, et 
jusqu’à ce qu’elle bouille. 


50 CUISINIÈRE 


FILETS de mouton grillés aux pommes de terre. 
Parez un certain nombre de filets mignons de 
mouton ; assaisonnez-les de sel et mignonnette: 
trempez-les dans du beurre; faites-les griller 
et glacez-les d’une belle couleur; dressez-les 
_ de suite sur un plat avec des pommes de terre 
autour, frites au beurre et bien assaisonnées 
Servez sans aucun retard. 

Filets de mouton en chevreuil.—Parez propre 
ment vos filets mignons, et lardez-les ; faites- 
les mariner trois ou quatre jours dans du vi- 
naigre, des aromates, du persil en branches 
et de l’oignon en tranches; un instant avant 
de servir, vous les faites cuire dans une demi- 
glace, et les glacez d’une belle couleur; servez 
chaudement avec une sauce poivrade. 

GIGOT à la broche.—Laissez votre gigot se 
mortifier plus ou moins de temps selon la 
saison, embrochez-le sans autre préparation, 
en faisant entrer la broche par le côté du jar- 
ret: quand il sera cuit, vous n’oublierez pas 
de couper le bout du jarret, et d’envelopper 
le bout de l’os avec du papier blanc ; servez-le 
ainsi, ou avec son propre jus, ou en y ajoutant 
un peu de bon jus de bœuf. 

On sert aussi le gigot sur des haricots 
blancs, ou des pommes de terre cuites à l’eau 
que l’on fait rissoler dans la lèchefrite. 

Gigot à l’eau ou braisé.—Désossez votre gigot, 
auquel il ne faut laisser que l’os du manche : 
piquer, si vous voulez, l’intérieur avec de gros 


D 


casse: 
mout 


CANADIENNE. 61 


lardons : assaisonnez de sel, poivre, ail et épi- 
ces ; vous le ficellerez ; vous mettrez quelques 
bardes de lard par-dessus, des carottes, des 
oignons, clous de girofle, trois feuilles de lau- 
rier et du thym; mouillez votre gigot avec 
de l’eau ou du bouillon, de manière à ce 
qu’il baigne, et ajoutez un peu d’eau-de-vie; 
mettez-y du sel ; faites-le bouillir pendant 
environ cinq heures; passez le mouillement 
dans lequel il a cuit, et arrosez-en votre gigot 
après l’avoir déficelé et dressé sur un plat; 
on peut aussi le servir sur une espagnole. 

Gigot, manière de le découper.—Il arrive sou- 
vent qu'un gigot n’est tendre qu’autant qu’il 
est bien découpé. On connaît deux manières 
d'opérer : la première est de prendre le man- 
che de la main gauche, de couper perpendi- 
culairement les tranches, depuis la jointure 
jusqu'aux os du filet, ensuite la souris, puis, 
retournant le gigot, de détacher les pièces de 
derrière. Cette manière est la meilleure. < 

L'autre est de couper des tranches horizon- 
tales minces comme une pièce de cinquante 
centins ; on le percera de part en part afin 
d’en faire sortir le jus, dont on arrosera les 
tranches en y joignant jus de citron et assai- 
sonnement à volonté. 

HARICOT de mouton.—-Coupez une épaule 
de mouton par morceaux; mettez dans uns 
casserole un morceau de beurre avec votre 
mouton, que vous ferez revenir sur un feu vif ; 


PL ASS SOIR DAT fasse a ve GE V7 TR ac Boon RE = - = An 
M LEE ER nn RE por 
: PERTE es 


leur ôterez le grand os, puis les mettrez cuire 


52 CUISINIÈRE 


lorsqu'il aura pris une belle couleur dorée, 


retirez et égouttez; tournez des navets en pe- 
tits bâtons, passez-les dans la graisse de votre 
mouton, et faites-leur prendre une belle cou: 
leur; retirez et égouttez-les ; faites un roux, 
repassez votre mouton dans ce roux, mouillez 
avec du bouillon; mettez-y sel, poivre, bou- 
quet garni, oignons, clou de girofle, laurier, et 
jetez vos navets dedans. Votre mouton aux 
trois quarts cuit, dégraissez-le et faites-le mi- 
joter jusqu’à parfaite cuisson ; si la sauce est 
trop longue, faites-en réduire une partie au 
degré convenable ; après cette opération, 
dressez votre haricot, masquez-le avec vos 
navets et servez. 

On fait aussi le haricot avec des carottes ou 
des pommes de terre en place de navets, ou 
mêine avec ces trois légumes réunis. 

Haricot de mouton à la canadienrie.—--Sciez les 
côtes de travers, ensuite séparez-les de deux 
en deux côtes, mettez-les dans l’eau bouiliante, 
qui excédera de deux doigts la viande, aveo 
poivre, sel et autant de tranches de navets 
que de côtes de mouton ; deux oignons coupés 
en quatre; quatre cuillerées de farine rôtie 
dans du saindoux ; ajoutez-y quelques têtes 


de clous pilées, du persil, et faites bouillir le 


tout une heure et demie. ' 
PTEDS de mouton à la poulette. — Echaudés 
et blanchis, vous les éplucherez avec soin et 


dorée, 
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audés 
Din et 
cuire 


CANADIENNE. 53 


dans un blanc pendant quatre ou cinq heures. 
Quand la chair fléchira sous les doigts, que 
ies 08 se détacheront facilement, vous pourrez 
être sûr qu'ils sont cuits. Vous ferez alors une 
poulette dans laquelle vous les ferez mijoter 
une demi-heure pour leur faire prendre goût ; 
vous lierez ensuite votre sauce et servirez bien 
chaud. | 
POITRINE de mouton braisée.—Coupez votre 
poitrine en morceaux longs, carrés ou ovales ; 
mettez dans une casserole des bardes de lard ; 
ajoutez-y des tranches de jambon, vos car- 
bonnades par-dessus, que vous couvrez de 
lard ; jetez-y deux carottes coupées en tran- 
ches, trois ou quatre oignons aussi coupés, du 
laurier, du thym ; versez-y plein une cuiller 
à pot de bouillon ; vous les ferez mijoter pen- 
dant trois heures, avec feu dessus et dessous ; 
égouttez et dressez-les en miroton sur votre 


plat, avec des épinards, de l’oseille ou de la. 


chicorée au milieu. 

ROGNONS de mouton à la brochette.—I] faut 
les ouvrir par le milieu à l’opposé du nerf, en 
ôter la pellicule, passer au travers une petite 
brochette; assaisonnez-les de sel, de poivre, 
et mettez-les sur le gril ; quand ils seront cuits, 
mettez dans chacun un petit morceau üe beur- 
re frais pétri avec de fines herbes, et arrosez- 
les de jus de citron. 

SELLE d’agneau.—Coupez l’igneau par le 
milieu du corps, conservant les deux quartiers 


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54 CUISINIÈRE 


de derrière ensemble, pour en faire une selle ; 
poivrez, salez et ajoutez gros comme un œuf 
de beurre, faites rôtir à la broche dans la cui- 
sinière ; où vous placerez une pinte d’eau, 
pour arroser souvent la pièce, qui devra cuire 
pendant deux heures. 


Dem emmener, 


CHAPITRE V. 


DU COCHON DE LAIT ET DU PORC EN GÉNÉRAL. 


BOULETTES au porc frais.—Hachez bien 
fin deux livres de porc frais, avec de l’oignon, 

mêlant poivre, sel et persil ; roulez cela par 
Lauloties dans la farine, afin de les lier en- 
semble ; mettez du saindoux dans la poêle, 
et quand il sera chaud, placez les boulettes 

our rôtir, les tournant pour faire cuire tous 
es côtés. Ensuite ajoutez un peu d’eau à la 
moitié des boulettes, avec poivre et sel, six 
clous, six têtes de clous; laissez le tout cuire 
trois-quarts d’heure, à petit feu. Un verre de 
vin dedans si vous l’aimez. 

COCHON de lait. — On ranche la tête 
aussitôt qu'il paraît sur la ble pour ne pas 
laisser à la peau le temps de se ramollir. Puis 
la peau du corps et ainsi de l’autre côté. 


vANADIENNE. 55 


Cochon de lait rôti.—Plongez un cochon de 
lait dans une chaudronnée d’eau un peu plus 
que tiède, après lui avoir cassé les défenses ; 
frottez-le avec la main ; si la soie s’en va, reti- 
rez-le de l’eau: retrempez-le à plusieurs fois, 
et toujours pour enlever les soies; quand il 
n’en reste plus, ôtez-lui les sabots et videz-le 
sans toutefois ôter les rognons; ciselez-lui le 
chignon du cou ; faites-lui quatre incisions sur 
le dos pour trousser la queue entre cuir et 
chair, et troussez-lui les pieds de devantet de 
derrière à l’aide de deux brochettes que vous 
lui passerez, l’une dans les cuisses, et l’autre 
à travers la poitrine ; ensuite faites-le dégorger 
pendant vingt-quatre heures dans l’eau fraî- 
che; nendez-le et faites sécher; farcissez-lui 
le ventre d’un gros morceau de beurre manié 
dans la farine, et mettez-le à la broche. Vous 

asserez dessus, pendant la cuisson, de bonne 

uile avec un pinceau de plumes. Après l’a- 
voir débroché, vous inciserez la peau autour 
du cou. 

Cochon de lait farci à la broche.—Après l’a- 
voir échaudé et préparé comme il est dit ci- 
dessus, farcissez-le avec son foie haché, dont 
vous Ôterez l’amer, du lard blanchi, des truf- 
fes, des champignons, des rocamboles, des 
càpres fines, des anchoiïs, des fines herbes. 
assaisonnés de poivre et de sel, de la mie de 
pain desséchée sur le feu dans de la crême, 
et autant de beurre et tétine que de. mie, le 


56 CUISINIÈRE 


tout haché, pilé et délayé avec âeux sus en. 
tiers et trois jaunes: son ventre ainsi rempii, 
on le ficelle, on le met à la broche, et on le 
traite comme celui ci-dessus. On l’accom- 
pagne presque toujours d’une sauce poivrade. 

Cochon de lait rôti à la canadienne.—Prépa- 
rez de la farce con'me suit :—Hachez la fres- 
gure bien fine avez un peu de lard et de bœuf, 
aussi del’oigncn bien fin; faites cuire avec 
du saindoux, ajoutant poivre, sel, persil, sar- 
riette, clou de girofle et marjolaine ; quand 
vous retirerez ce qui précède du feu, battez 
un jaune d'œuf dans de la crême avec de lu 
mie de pain, puis brassez cela avec le reste ; 
ayant mêlé le tout ensemble, insérez-le dans 
le corps du cochon, ayant soin de coudre 
l’ouverture. Placez ensuite le cochon frotté 
avec de la graisse à la broche dans la cuisi- 
nière, où vous jetez une chopine d’eau #veo 
du poivre et sel, pour arroser la pièce, de dix 
minutes en dix minutes. Un gros cochon de 
lait devra cuire tiois heures et lentement. 
Pour le servir on sépare d’abord la tête du 
corps, puis on fend le reste du corps de la 
tête à la queue. 

COTELETTE de porc à la canadienne. — 
Mettez dessus poivre et sel, sciez les côtes 
avant de la mettre au feu; ajoutez trois 
gousses d'ail, dans le gras, si vous l’ahmez, et 
faites rôtir. 

Côtelettes de porc frais grillées—Cougez vos 


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CANADIENNF. 57 


utwelettes comme celles de veau, ayant soin 
de laisser un peu de gras ; aplatissez-les, don- 
nez-leur une belle forme, saupoudrez-les de 
sel fin des deux côtés et faites-les cuire sur 
se gril; vous les servirez sur une sauce robert, 
une sauce piquante aux cornichons ou au na-- 
turel. ( 

Côtelettes de porc frais en ragoût.—Coupez 
vos côtelettes, Taies et parez-les comme les 
les précédentes; faites-les cuire avec un peu 
de bouillon, un bouquet garni, sel et poi- 
vre; quand elles seront cuites, mettez-les 
dans une casserole avec des champignons et. 
un peu de beurre; passez-les sur le feu ; ajou- 
tez-y une bonne pincée de farine, et mouillez 
avec du bouillon, un verre de vin blanc et du 
jus; mettez sel, gros poivre, un bouquet de 
persil, ciboule, une demi-gousse d'ail, deux 
clous de girofle ; laissez cuire et réduire; 
dressez vos côtelettes; jetez dans votre sauce 
des cornichons coupés en tranches minces; 
ôtez le persil, l'ail, les ciboules, et arrosez vos 
côtelettes avec la sauce. 

FILETS de cochon.—Levez les filets mi- 
gnons dans toute leur longueur, et piquez-les 
de lard fin; donnez-leur une forme ronde et 

iquez-les par-dessus. Mettez des bardes de 
ard dans une casserole, avec quelques rou- 
elles de veau, des carottes, des oignons, deux 
clous de girofle, un bouquet de persil et ci- 
boule, thym et laurier; placez vos filets sur 


58 CUISINIÈRE 


cet assaisonnement ; couvrez-les ensuite de 
deux épaisseurs de papier beurré; ajoutez 
plein une petite cuiller à pot de bouillon; 
mettez sur le feu; au bout d’une heure met- 
tez du feu sur le couvercle vour glacer vos 
filets; au moment de servir, égouttez-les. On 
peut servir sur la chicorée, des concombres, 
une sauce piquante, ou les masquer avec une 
purée quelconque. 

Filets de cochon à la sauce robert.—Coupez- 
les en quatre morceaux de l'épaisseur d’un 
doigt, jetez dessus poivre et sel; faites fondre 
du saindoux dans la poêle, cuisez vos filets 
doucement, retirez et placez-les dans un plat. 
Tranchez des oignons, que vous ferez frire 
avec poivre et sel, dans un peu de saindoux, 
avec une poignée de miettes de pain; faites 
revenir un peu cette sauce, et y ayant mis un 
peu d’eau, versez-la sur les filets que vous 
avez dû tenir dans un plat à part. 

FRESSURE de cochon.—Coupez-la en tran- 
ches épaisses d’un pouce, et faites-la rôtir 
comme les filets, si vous aimez la sauce ro- 
bert, ou seulement avec poivre et sel. 

HURE de cochon.—Désossez en entier une 
hure que vous mettrez dans une marmite 
avec des débris de chair de porc frais, sel, 
gros poivre, aromates pilés, épices, persil, 
‘petits oignons et ciboules hachés ; laissez-l’ÿ 
pendant neuf ou dix jours. Retirez alors et 
égouttez, rassemblez vos morceaux, et faites 


CANADIENNE. 
reprendre à la hure.sa première forme, ayant . 
soin de coudre avec de la ficelle l’ouverture . 
par &à vous l’aurez désossée. Ficelez-la pour 
qu’elle ne se déforme pas en cuisant, enve- 
loppez-la dans un linge blanc que vous noue- 
rez ; mettez-la dans une braisière avec les 08, 
de la couenne, dix carottes, autant d'oignons, 
six feuilles de laurier, autant de branches de 
thym; basilic, persil, ciboules, six clous de 
girofle, poignée de sel; faites baigner dans 
l’eau et mijoter neuf à dix heures à etit feu. 
Quand elle sera cuite, ôtez-la du feu et la 
laissez deux heures dans son assaisonnement;s 
changez-la de linge, pressurez-la avec les … 
mains pour sécher comme il faut, mais Con: 
servez-lui sa forme. Laiïssez-la refroidir, ap- 
propriez-la, et servez sur un plat et une ger- 
viette ployée en quatre. 

JAMBON au naturel.—Faites dessaler dans 
l’eau pendant deux ou trois jours un jambon: 
auquel vous aurez tranché : superficie des 
chairs et les bords du lard. Quand il sera 
dessalé, enveloppez-le dans un linge que vous 
nouerez; mettez-le dans une marmite de Sa. 
longueur et de sa largeur; versez-y deux 
pintes d’eau, autant de vin rouge; ajoutez 
racines, oignons, gros bouquet garni de fines 
herbes, et laissez cuire pendant cinq ou six! 
heures à très-petit feu. Quand il sera Cuit, 
vous le laisserez refroidir dans sa cuisson; 
retirez-le ensuite et enlevez doucement Ia 


L#] 


_ pagne, ou mieux, s’il vous est possible, avec 


0 CUISINIÈRE 


couenne, sans ôter la graisse ; répandez des- 
sus poivre et chapelure de pain, colorez avec 
la pelle rouge et servez froid sur une serviette. 

Les petits jambons nouveaux sont cuits à 
la broche et servis chauds ou froids pour en- 
tremets. Il faut les faire beaucoup plus des- 
saler. 

Jambon à la broche.—Parez votre jambon et 
mettez-le mariner dans de très-bon vin blanc, 
avec des oignons et des carottes coupées en 
tranches, du thym et du laurier. Vous aurez 
soin que le vase soit fermé hermétiquement 
par un linge et un bon couvercle, ou un autre 
vase de même grandeur. Embrochez-le, et 
pendant la cuisson, arrosez-le avec sa mari- 
nade. Lorsqu'il sera presque cuit, enlevez 
la couenne, panez-le de chapelure fine: re- 


 mettez-le au feu pour le dorer, et servez-le 


avec sa marinade que vous aurez eu soin de 
passer et de faire réduire à consistance de 
sauce. 

Jambon braisé.—Parez votre jambon, prépa- 
rez-le, faites-le dessaler, et emballez-le comme 


.un jambon au naturel; mettez-le dans une 


braisière sur des parures de viande de bou- 
cherie avec des tranches d'oignons et de ca- 
rottes, persil, ciboules, thym, laurier, girofle, 
etc.; mouïllez-le avec de l’eau, et, quand il 
sera à moitié cuit, avec un demiard de bonne 
eau-de-vie et une bouteille de vin de Cham- 


CANADIENNE. oi 


une bouteille &e vin de Madère sec, sans eau- 
de-vie. Lorsqu'il sera cuit, vous enlèverez 
la couenne, et le glacerez, soit avec une ré- 
duction de veau, soit avec un peu de sucre en 
poudre, sur lequel vous passez la pelle rouge, 
si mieux vous n'aimez mettre votre jambon 
au four ou sous le four de campagne jusqu’à 
ce qu'il ait pris une belle couleur. Vous pour- 
rez le servir sur tel ragoût de légumes que 
vous jugerez à propos. 

OREILLES de cochon panées et grillées.— 


Faites-les cuire dans une braise, après les 


avoir flambées, nettoyées, lavées à plusieurs : 
eaux et fait blanchir; quand elles seront cuites 
et refroidies, roulez-les dans la mie de pain, 
trempez-les dans des œufs battus, roulez-les 
de nouveau dans la mie de pain, et faites 
griller. Servez à sec ou‘sur un jus clair. 

Oreilles de cochon à la purée.—Préparez-les 
comme les précédentes, et faites-les cuire de 
même; lorsqu'elles seront cuites, au lieu de 
les paner, vous les dresserez sur un plat et 
les masquerez avec telle purée que bon vous 
semblera. 

TETE de cochon en fromage. — Coupez une 
tête en quatre, rettoyez-la comme il faut, je- 
tez de côté le mufle, faites bouillir le reste 
de la tête avec trois doigts d’eau par-dessus ; 
quand elle sera à peu près cuite, retirez-la du 
feu; coupez-la alors par petits morceaux de 
la grosseur d’un dé moyen ; ajoutez-y poivre, 


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-62 CUISINIÈRF 


sel, clous, tête de clous, un demiard de vin 
blanc, coulez le bouillon, pour enlever plus 


facilement les petits os, et remettez le tout 


bouillir un quart d'heure de plus. Laissez 


refroidir dans des moules ou dans des plats 


creux. 


CHAPITRE VI. 


DES VOLAILLES EN GÉNÉRAL, 


ABATIS de dindon à la bourgeoise.—Les 
abatis d’un dindon comprennent les aïles, les 
attes, le cou, le gésier; après avoir échaudé 
e tout et l’avoir épluché, mettez-le dans une 
casserole avec un morceau de beurre, un 
bouquet de persil, ciboules, une gousse d’ail, 
deux clous de girofle, thym, laurier, basilic, 
champignons; passez le tout sur le feu et 
ajoutez-y une bonne pincée de farine ; mouil- 
lez avec du bouillon ou du consommé; assai- 
sonnez de bon goût; ajoutez quelques navets 
assés à la poêle et roussis d’une belle cou- 
eur, faites cuire et dégraissez. Si la sauce 
est trop longue, vous la ferez réduire. 


Abatis de dindon en haricot.—Préparez votre 


rognc 
et qu 
abatt: 
Vous : 

Abc 
le din 

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8€Z vo 


ats 


CANADIENNE. 63 


analis comme le précédent, et mettez-le cuire 
comme la dinde en daube. Quand il sera 
cuit, faites roussir du beurre, jetez-y des 
navets tournés, et retirez-les dès qu’ils auront 
pris une belle couleur. Mettez une cuillerée 
de farine dans le même beurre; faites un 
roux, mouillez-le avec le fond de l’abatis; 
faites-le bouillir et réduire ; ensuite passez-le ; 
remettez-y vos navets, et faites-les cuire. 
dedans; vous y jetterez un petit morceau de 
sucre, après l'avoir dégraissé. Dressez votre 
abatis; masquez-le avec les navets, servez- 
vous de la sauce pour arroser le tout, et 
servez. . 

Abatis de dindon à la canadienne.—Si la 
dinde est maigre, il est mieu de la mettre. 
en abatis. Vous la coupez en une douzaine 
de morceaux, que vous piquez de bardes, et 
faites rôtir avec de la farine dans du sain- 
doux; quand ils seront rôtis, jetez de l’eau 
assez pour les couvrir d’un pouce, avec 
poivre, sel, persil et sarriette. | 

N. B.—11 faut toujours faire bouillir des 
rognons de volaille à part, et à grande eau, 
et quand ils sont cuits, les jeter dans les 
abattis ; si vous ne prenez cette précaution, 
vous risquez de gâter votre mets. 

Abatis de poulet—Même procédé que pour 
le dindon comme ci-dessus. 

AILERONS de dindon à la chicorée.—Désos- 
sez vos ailerons, après les avoir bien éplucbés 


64 CUISINIÈRE 


et flambés; faites-les blanchir légèrement et 
pare Vous les ferez cuire comme la 
inde en daube, en les couvrant d’un rond 
de papier beurré. Quand ils seront cuits, 
vous les dresserez sur un ragoût de chicorée. 
Aîlerons de dindon à la purée.—Dépecez-les 
et faites-les cuire comme les précédents ; vous 
les égoutterez ensuite, et les dresserez sur une 
purée quelconque, à votre choix. 


CANARD à la broche.—Prenez de préférence. 


tn canard femelle; épluchez et flambez-le ; 
Ôôtez les aïles et le cou, coupez le petit bout 
des pattes, toussez-les en dehors, et bridez-le ; 
avant de are frottez-le avec son foie, 
et enveloppez-le de papier, que vous ôterez 
aux trois quarts de la cuisson. Vous le servi- 
rez bien chaud, accompagné de deux citrons 
entiers. 

Canard aux olives.—Troussez votre canard, 
bridez-le et faites-le revenir dans une casse- 
role garnie de bardes de lard. Vous éplu- 
cherez une demi-livre d’olives que vous ferez 
blanchir ; jetez-les ensuite dans la casserole 
où cuit le canard, et les laissez mijoter pen- 
dant quelques minutes. Puis servez votre 
canard entouré d'olives. 

Canard aux navets à la bourgeoise. —Après 
avoir vidé, troussé et flambé votre canard 
comme le précédent, mettez un peu de beurre 
dans une casserole, et faites revenir votre 
canard, ainsi que des navets tournés ; ensuite 


CANADIENNE. 65 


retirez-les ; mettez dans le même beurre une 
cuillerée de farine ; faites roussir ce mélange 
que vous mouillerez avec du bouillon ; remet- 
tez-y votre canard et vos navets, avec un 
bouquet de persil garni, sel et poivre; obser- 
vez que, si vos navets étaient trop tendres, il 
ne faudrait les mettre que quand votre canard 
ourrait être à moitié de sa cuisson; quand 
e ragoût sera cuit, dégraissez-le ; faites ré- 
duire la sauce, s’il est nécessaire ; versez-y 
un filet de vinaigre au moment de servir et 
masquez votre canard avec les navets. 

Canard aux petits pois ét autres légumes.— 
Lorsque votre rar sera cuit en procédant 
comme il est indiqué pour le canard à la sauce 
à l'orange, vous le dresserez de même et le 
masquerez avec un ragoût de petits pois. 
Vous en userez de même pour le canard aux 
petits oignons. 

Canards gras.—Les canards se préparent 
avec la même farce que les oïes, se cuisent de 
la même manière, et se mangent avec les 
mêmes compotes. 

Canard, manière de le découper.—On com- 
mence par lever les filets sur l'estomac, 
ensuite les membres. 

CHAPON rôti.—Le meilleur est celui qui 
n’a que sept ou huit mois. Il se prépare pour 
la broche, et se sert comme la poularde. 
Lorsqu'il est un peu vieux, on le fait cuire 
comme le dindon à la daube. 


66 OUISINIÈRE 


Chayon au riz.—Videz et flambez légèrement, 
un chapon ; bridez-le avec une grosse aiguille ; 
assujettissez-lui les cuisses, et troussez ses 

attes en dedans; après quoi, posez-le sur 
’estomac dans une casserole remplie de 
bouillon ou de consommé. Après avoir bien 
écumé, mettez-y une demi-livre de riz bien 
lavé et blanchi, couvrez la casserole, et faites 
bouillir à petit feu pendant deux heures 
environ ; débridez ensuite votre volaille, 
mettez-la sur un plat; dégraissez votre riz; 
finissez-le avec un peu de beurre frais ; assai- 
sonnez-le de bon goût, et le versez sur votre 
chapon. S'il se trouvait trop épais, vous le 
délaierez avec un peu de bouillon ou de con- 
sommé. 

Chapon au gros sel.—Préparez-le comme le 

récédent, bardez-le et le mettez cuire dans 
e pot-au-feu, avec du bouillon ou du con- 
sommé dans une casserole. Quand il sera 
cuit, vous le dresserez sur”ün plat, l’arroserez 
de jus de bœuf, et lui répandrez une pincée 
de gros sel sur l’estomac. | 

DINDE.—La dinde, femelle du dindon, lui 
est préférable par la délicatesse de sa chair; 
celui-ci cependant peut l’égaler quand il est 
jeune, tendre et gras. Maïs s’il est vieux, sa 
chair est dure et coriace, et le seul parti que 
l’on en puisse tirer est de le mettre en daube. 

Dinde aux truffes—Epluchez deux livres 
de truffes de Périgord ; après les avoir bien 


CANADIENNE. 


lavées et fait égoutter, mettez-les dans une 
casserole avec une livre de lard haché, sel. 
poivre, muscade, bouquet d’aromates et les 
elares de vos truffes hachées ; laissez les sur 
e feu pendant une demi-heure ; ensuite vous 
les introduirez dans la dinde, que vous aurez 
eu soin de vider par la poche, et vous la 
briderez. La dinde doit ôtre ainsi préparée 
quatre jours avant la cuisson, afin de lui 
donner le temps de prendre le goût des 
truffes. On la met à la broche enveloppée 
de papier beurré; deux heures sont née S- 
saires pour la cuisson; on la laisse ensuite 
prendre couleur pendant un quart d'heure, et 
on la sert sur un plat que l’on pare des. 


pelures des truffes qu’on aura eu soin de : … 


conserver. 

Dinde à la daube à la canadienne.—Cette 
dinde se prépare et se cuit comme la fesse de 
veau, indiquée page 36. ii 

Dinde bouillie. —Emiettez du pain avec deux 
jaunes d’œufñs, sarriette, persil, poivre, sel, le 
tout bien fin: cousez cela dans la poitrine de 
la dinde et mettez-le dans la soupe. 

Dinde rôtie.—Frappez l’os de l’estomac avec 
un rouleau; insérez une farce de patates, 
comme à la page 70; frottez la dinde avec du 
beurre et poudrez-la de farine, poivre et sel ; 
jetez trois demiards d’eau dans la cuisinière, 
et arrosez la pièce de temps à autre. 

Dinde.—manière de l@ découper.—Il y a 


68 CUISINIÈRE 


plusieurs manières de découper la dinde. La 

remière en enlevant les cuisses et les ailes, 
es sot-l’y-laisse et les blancs; puis on brise 
l'estomac et le croupion; ces dernières parties 
sont les plus délicates. Si la dinde est farcie, 
on sert les ingrédients à la cuiller. 

L'autre méthode consiste à lever les aïles ; 
après quoi on brise le corps au-dessus du 
croupion, de sorte que ce qui reste forme un 
bonnet d’évêque. 

Il y a une troisième manière, qui est de ne 
lever aucun des membres, mais de couper les 
ailes en filets comme au canard; ces filets 
doivent être coupés sur la largeur, et non sur 
la longueur, en sorte qu’ils forment des mor- 
ceaux carrés: on procède ainsi en descendant 
sur les autres parties de la bête. 

Dans tous les cas on sert toujours un peu 
de farce avec chaque morceau. 

DINDON à la broche.—Videz, flambez, éplu- 
chez et troussez votre dindon; bardez-le s’il 
est trop gras, ou, dans le cas contraire, 
piquez-le de lard fin bien assaisonné. Vous 
aurez soin de l’envelopper de papier beurré, 
et de le déballer aux trois quarts de sa cuis- 
son, pour qu'il prenne une belle couleur. 
Servez-le arrosé de son jus. 

Dindon à la bourgeoise.—Flambez et éplu- 
chez un dindon, aplatissez-lui un peu l’esto- 
mac ; troussez les pattes ; mettez dans une 
casserole beurre, persil, ciboules, cnampi- 


CANADIENNE. 69 


nons, une pointe d’ail, le tout haché très- 
n ; faites refaire votre dindon, et mettez-le 
dans une casserole de grandeur convenable, 
avec assaisonnement, sel et gros poivre; cou- 
vrez l'estomac de bardes de lard, mouillez 
avec un verre de vin blanc, autant de bouillon ; 
si vous n’avez point de vin blanc, vous pour- 
rez le remplacer par un demi-verre de bonne 
eau-de-vie; faites cuire à petit feu; vous 
dégraisserez et mettrez un peu de coulis dans 
la sauce pour la lier. 

Dindon à la daube.—Plumez, videz une 
vieille dinde, et troussez-lui les pattes dans 
le corps ; faites-la refaire sur la braise ; lar- 
dez-la de gros lardons bien assaisonnés, et 
enveloppez-la dans une étamine que vous 
couserez ; posez-la dans une marmite juste à sa 
grosseur ; mettez-y des débris de veau, quel- 
ques tranches de jambon, si vous en avez, et 
même un jarret de veau; mouillez avec une 
chopine de vin blanc ou une roquille d’eau- 
de-vie, du bouillon, et ajoutez-y racines, 
oignons, un bouquet garni, sel, poivre, ail et 
laurier ; faites-la cuire à petit feu, et retour- 
nez-la ; quand elle sera cuite, passez le 
bouillon au tamis, et le faites réduire en 
glace que vous mettrez refroidir; étendez-la 
sur votre dinde; si vous en avez de reste, 
mettez la dans le corps; dressez cette dinde 
dans un plat, sur une serviette garnie de 
persil vert. On peut aussi la servir chaude, 


70 ŒUISINIÈRE 


avec une partie de son fond réduit à consis- 
tance de sauce. 

FRICASSÉE de poulets à la sauce blanche. — 
Coupez les poulets par morceaux que vous 
poudrerez de farine ; faites-les revenir dans 
la poêle, avec poivre, sel, oignon et persil ; 
une fois rôtis, ajoutez une chopine d’eau pour 
deux poulets, et faites bouillir durant trois 
quarts d'heure; battez deux jaünes d'œufs 
et un dessus de crême, jetez cela dedans, au 
moment de retirer du feu, toujours en bras- 
sant. 

fricassée de poulets.—Coupez deux poulets 
gras par membres; faites-les blanchir trois 
minutes dans l’eau bouillante, égouttez-les, et 
mettez-les dans une casserole, avec beurre, 
bouquet de persil, petits oignons, champi- 
gnons ; faites revenir le tout; ajoutez une 
cuillerée de farine mouillée de bouillon ; salez, 
poivrez; faites cuire, puis retirez vos mor- 
ceaux ; faites réduire la sauce que vous pas- 
serez au tamis de soie; liez-la avec jaunes 
d'œufs, sans faire bouillir, et.versez-la sur 
vos morceaux de poulets avec jus de citron. 

FARCF de débris de volailles.—Hachez le 
cœur et le foie des volailles, très-fin, avec de 
l'oignon. Faites frire dans du saindoux avec 
du pain émietté, poivre, sel, persil, têtes de 
clous, etc. 

Farce de patates.—Faïtes bien cuire des 
patates, Ôtez l’eau, et écrasez-les en marme- 


CANADIENNE. 71 


Jade, avec beurre, lait ou crême, poivre, sel 
et persil. 

arce d'une autre façon.—Hachez du porc 
frais bien fin avec de l'oignon ; faites revenir 
dans la poêle avec épices à votre goût, et en 
retirant du feu, jetez-y du pain émietté avec 
un jaune d’œuf battu dans la crême; brassez 
le tout. 

Hachis de dinde—Coupez les morceaux 
bien menus, mettez queiques cuillerées de 
bouillon, de l’oignon haché fin, persil, poivre, 
et sel, dans une roquille d’eau; en retirant 
Au feu, ajoutez un dessus de crême avec un 
jaune d’œuf battu. 

OIE à la broche.—Prenez-la jeune, et qu’elle 
“it la graisse bien blanche; épluchez et 
flambez-la bien ; ôtez les ailes, coupez-lui les 
ongles, et bridez-la en laissant les pattes en 
long ; embrochez-la ensuite, et faites-la cuire. 
I] faut que le jus sorte des filets en la piquant 
avec la pointe d’un couteau. 

Oie farcie et rôtie à l’anglaise.—Préparez-la 
comme la précédente, et remplissez-lui le 
corps avec une farce de son foie haché, plus 
des oignons coupés en dés, et une pincée de 
petite sauge verte hachée ; le tout bien mêlé, 

assé dans le beurre et cuit à blond. Mettez- 
la en broche et faites-la cuire au même point, 
Vous pourrez la servi. avec une réduction de 
blond de veau ou de jus de bœuf, 

Oie farcis aux marrons et rôtie.-—Préparez 


72 CUISINIÈRE 


votre oïe ainsi qu'il a déjà été dit ; passez sun 
foie haché dans du beurre avec un oignon 
coupé en petits dés; ajoutez-y suffisante 
quantité de marrons préparés comme il est 
indiqué pour la purée de marrons. Assai- 
sonnez de bon goût cette farce, et remplissez- 
en le corps de votre oïe; rentrez-lui le 
croupion, et cousez-le-lui ainsi que la poche. 
Environ cinq quarts d'heure avant de servir, 
vous mettez cette oie à la broche. Observez 
le même degré de cuisson que si elle n’était 
point farcie. 

Oie à la daube.—Prenez de préférence une 
vieille oïe; videz-la et troussez les pattes dans 
le corps; ensuite vous la ferez refaire sur le 
feu et éplucherez; lardez-la partout avec des 
lardons assaisonnés et maniés avec du persil, 
de la ciboule, des échalotes, une demi-gousse 
d'ail, le tout haché, une feuille de laurier, 
thym, basilic, haché et presque réduit en 
poudre, sel, gros poivre, muscade râpée ; 
après avoir ainsi lardé votre oïe, vous la 
ficelez et la mettez dans une marmite juste à 
sa grandeur, avec deux verres d’eau, deux 
verres de vin blanc, un demi-verre d’eau-de- 
vie; oignons et carottes; ajoutez encore un 
peu de sel et gros poivre; bouchez bien la 
marmite, et faites cuire à très-petit feu pen- 
dant quatre heures ; la cuisson achevée, 
dressez la daube sur un plat, et si votre sauce 
se trouve trop longue, faites-la réduire, et 


CANADIENNE. 73 


arrosez-en Votre oie, après l’avoir garnie de 
carottes et d'oignons cuits avec elle. Vous 
pouvez aussi la laisser refroidir, l’arroser 
avec la même sauce, et ne servir que quand 
cette sauce sera tout à fait en gelée ; mais 
cette méthode n’est point la plus usitée. On 
préfère l’oie chaudement servie. | 

Oie rôtie à la canadienne.—Hachez quatre 
oignons bien fins, que vous ferez frire avec 
poivre, sel, persil, pain émietté, et une bonne 
poignée de sauge; mettez cette farce dans 
l'oie, que vous placerez à à la broche de la cui- 
sinière avec une chopine d’eau, pour arroser 
souvent, ayant soin de la tourner. 

Si vous le préférez, vous pourrez vous ser- 
vir de la farce aux patates indiquée pour la 
dinde. On mange généralement l’oie avec 
compotes de pommes ou d’atocas. 

PIGEONS à la broche—Après avoir vidé 
et flambé plusieurs pigeons, épluchez-les ; 
bridez-les, en observant de leur laisser les 
pattes en long; mettez-leur une feuille de 
vigue sur la poitrine, si c’est le temps, et par- 
dessus une barde de lard ; embrochez-les sur 
un hâtelet: trois quarts d'heure suffisent 
pour leur parfaite cuisson. 

Pigeons à la bourgeoise.—Videz et échaudez 
vos pigeons; troussez-leur les pattes en 
dedans ; faites-les ensuite dégorger et blan- 
chir un moment, et retirez-les à l’eau fraîche ; 
mettez-les dans une casserole entre deux 


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74 CUISINIÈRE 


bardes de lard, avec du consommé et un 
bouquet garni ; lorsqu'ils seront cuits, dégrais- 
sez leur fond, et jetez-le dans une espagnole, 
que vous ferez clarifier et réduire à consis- 
tance de sauce. 

Pigeons en compote—Plumez, épluchez et 
videz vos pigeons ; remettez-leur le foie dans 
le corps; laissez les aïlerons et troussez les 
pattes en dedans, flambez-les et les épluchez 
de nouveau. Faites-les revenir dans du 
beurre, et retirez-les; jetez dans ce même 
beurre des dés de petit lard dessalé, et reti- 
rez-les aussi après leur avoir fait prendre 
couleur. Faites un roux, toujours avec le 
même beurre; mettez-y vos pigeons, votre 
lard, et mouillez-le avec moitié bouillon, ou 
eau; ajoutez un bouquet de persil bien garni, 
champignons, ail, sel, poivre, aromates, épices 
fines, et des petits oignons passés au beurre 
dans une casserole. ‘aissez cuire le tout à 
petit feu. Lorsque vous serez pour dresser 
vos pigeons, faites réduire la sauce, si elle se 
trouve trop longue. 

Pigeons en marinade.—Coupez en deux, dans 
leur longueur, des pigeons rôtis, et faites-les 
mijoter dans une marinade cuite. Lorsqu'il 
s'agira de les faire frire, vous les égoutterez, 
les tremperez dans une pâte légère, c’est-à- 
dire, où ikentrera des blancs d’œufs fouettés, 
et les mettrez dans la friture bien chaude: 
vous les servirez comme tous les mets de ce 


CANADI®NNE. 75 


genre, avec du persil frit dessous ou dessus, 
a votre choix. 

Pigeons à la canadienne.—Il faut les barder, 
leur faire jeter généralement un bouillon et 
les retirer ; les faire alors rôtir couleur d’or, 
dans du saindoux avec poivre et sel, puis les 
remettre dans le jus avec épices, herbes fines 
et cuire jusqu’à ce qu'ils soient tendres. 

POULARDE.—Elle se prépare et se sert de 
presque toutes les manières dont on accom- 
mode le poulet. 

Poularde et chapon.—ManiÈRE de les découper. 
—On commence par lever les cuisses et les 
ailes, les sot-l’y-laisse et les flancs, le crou- 
pion ; puis on partage la carcasse en deux, 
les ailes en trois, les blancs entiers ; on fait 
six morceaux bien séparés de la carcasse et 
du croupion; puis on range tous les mor- 
ceaux symétriquement sur le plat et de 
manière à ce qu'aucun ne cache l’autre, et on 
fait passer le plat. Le morceau nommé sot- 
l’y-laisse est le plus distingué. 

POULET rôti.—Bardez votre poulet ; em- 
brochez-le et faites-le cuire après l'avoir 
enveloppé de papier beurré; vous ôterez le 
papier aux trois quarts de la cuisson, et 
achèverez à nu pour qu'il prenne couleur ; 
glacez les bardes de lard si vous le pouvez; 
dressez votre poulet sur du cresson de fon- 
taine, saupoudrez-le de sel fin, et ajoutez un 
filet de vinaigre blanc ; servez arrosé de son jus. 


(6 . CUISINIÈRE 


Poulete rôtis à la canadienne.—Choiïsissez celle 
des trois farces indiquées ci-dessus, qui vous 
laira le mieux, et l’ayant mise dans le pou- 
et, liez des bardes avec du fil à l'entour de 
ce dernier, et mettez-le dans la cuisinière 
avec un peu d’eau au fond de celle-ci, pour 
arroser. 

Poulet à la marengo—Coupez un poulet 
gras comme pour la fricassée; mettez-le dans 
une casserole avec environ une demi-livre 
de bonne huile d'olive et du sel fin. Faites 
cuire de belle couleur; ajoutez un instant 
avant son entière cuisson un bouquet garni 
et des champignons sautés dans le beurre; 
quand le tout sera cuit, dressez vos morceaux 
de poulet et garnissez de vos champignons. 
Faites dans une autre casserole une sauce 
italienne ; versez-y, peu à peu et en remuant, 
l'huile dans laquelle a cuit le poulet, et 
quand cette sauce sera faite et de bon goût, 
vous la verserez sur votre poulet que vous 
aurez eu soin de tenir chaud et que vous 
garnirez de croûtons passés au beurre. 

Poulet sauté—Voyez Levreau sauté à la 
minute. 

Poulet.—MANIÈRE de le découper.—La mé- 
thode est absolument la même que pour la 
poularde, c’est-à-dire que l’on doit lever les 
cuisses, les aïles, et diviser en deux la car- 
casse et le croupion. Ici les dames préfèrent 
quelquefois le croupion à l’aile, ce qui nous 


SANADIENNE. 77 


donne, par cette raison, deux morceaux 
d'honneur. 


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CHAPITRE VII. 


DU GROS ET DU PETIT GIBIER. 


ALOUETTES à la minute—Epluchez, videz 
et troussez une douzaine d’alouettes, sautez- 
les dans la casserole avec beurre et sel ; quand 
elles auront pris couleur, ajoutez champi- 

nons, échalotes et persil hachés, pincée de 
arine ; mouillez de vin blanc et bouillon; 
quand la sauce commencera à bouillir, retirez 
Je mauviettes, et servez avec des croûtonsa 
rits. 

Alouettes en salmis à la bourgeoise.—Prenez 
des alouettes rôties et froides, ôtez-leur la 
tête et ce qu’elles ont dans le corps ; jetez les 
gésiers; pilez le tout dans un mortier; dé- 
layer ce que vous avez pilé avec un peu de 
bouillon, passez-le à l’estamet, et assaisonnez 
ce petit coulis de sel, gros poivre et d’un filet 
de verjus ; faites chauffer les alouettes dedans, 
sans qu’elles bouillent, et servez-les garnies 
de croûtons frits. 


78 CUISINIÈRE 


BÉCASSES rôties.—Piquez les unes de très. 
petit lard, couvrez les autres avec des feuilles 
de vigne et des bardes: ne les videz point et 
embrochez-les sur un hâtelet ; vous mettrez 
dessous des rôties de pain en cuisant, pour 
recevoir le jus et ce qui pourrait en tomber. 
On les sert sur les rôties. 

Bécasses (salmis de).—Prenez des bécasses 
rôties sortant de la broche, coupez-les par 
membres: étendez les intestins sur les rôties 
qui ont reçu le jus de ces bécasses; coupez- 
les d’une forme agréable, dressez-les avec les 
membres et arrosez le tout de la sauce indi- 
quée pour le salmis de perdreaux. 

Bécasses aux truffes—Pilez du lard, hachez 
des truffes ; faites cuire le tout avec un peu de 
beurre, sel, poivre et épices fines. Quand 


cette farce sera cuite et refroïdie, bourrez-en 


vos bécasses, cousez-les, bardez-les et enve- 
loppez-les de papier huilé. Vous les ferez 
cuire à la broche et les servirez de belle 
couleur. 

Bécasses au chasseur en salmis.—Préparez et 
dressez-le comme le salmis de perdreaux au 
chasseur. 

Bécasses ou bécassines à la canadienne.—Après 
les avoir vidées, bardez-les, placez-les à la 
broche ; jetez du pain rôti au fond de la cui- 
ginière, sur lequel tombera le jus; puis re- 
portez vos rôties de pain dans votre plat, 
plaçant les oiseaux dessus, avant de servir. 


CANADIENNE. 79 


Bécasses : manière de les découper.—On pro- 
wdera comme pour les volailles, en levant 
les ailes, les cuisses, et on séparera le crou- 
pion en rompant la carcasse: l'aile est le 
morceau le plus délicat, la cuisse celui qui a 
le plus de fumet. 

BECASSINES à la minute—Mettez-les dans 
une casserole, sur un feu ardent, avec un bon 
morceau de beurre, échalotes hachées, poivre, 
sel et muscade râpée. Sautez-les pendant 
huit à dix minutes, ajoutez un demi-verre de 
vin blanc, le jus de deux citrons et un peu 
de chapelure de pain ; faites jeter un bouillon 
et servez. NP 

CAILLES à la broche. —Après les avoir plu- 
mées et vidées, on les enveloppe de feuilles 
de vigne, on les barde de lard, et on les 
embroche sur un hûâtelet. Servez-les au 
naturel. 

Cailles aux choux.—Voyez Perdrix au chou. 

Cailles aux petits pois.—Faiïtes-les cuire dans 
une casserole foncée d’une lame de veau et 
d’une de jambon, avec carottes, oignons et 
bouquet garni; couvrez-les de bardes de lard 
et d’un rond de papier beurré; mettez feu 
dessus et dessous; dressez-les après les avoir 
égouttées, et masquez-les avec des pois cuits 
au lard. 

CANARD sauvage maigre aux épices.—Ou- 
vrez vos canards, et lavez-les dans plusieurs 
eaux, insérez-y une farce à l'oignon haché 


80 CUISINIÈRE 


avec nettes de pain, sel et poivre; laissez- 
les bouillir deux heures dans de l’eau; les 
ayant retirés, gardez votre jus; faites-les rôtir 
avec beurre, farine et épices, sur tous les 
côtés; remettez-les de nouveau avec le jus 
et quelques tranches d'oignons ou échalotes, 
persil, un verre de bon vin, etc. 

CHEVREUIL.—Quartier de chevreuil à la 
broche.—Levez la peau de dessus, piquez-le 
de lard fin, et mettez-le pendant une huitaine 
Ae jours dans une marinade semblable à celle 
indiquée pour le sanglier. Quand vous le 
voudrez mettre à la broche, vous aurez soin 
de bien l’égoutter et de l’envelopper de papier 
beurré. On le sert sur une sauce poivrade. 

Chevreuil (côtelettes de).—Levez et parez les 
côtelettes comme celles du mouton; faites- 
les mariner ensuite et cuire comme les filets 
du sanglier: vous les servirez aussi avec la 
même sauce. 

Chevreuil (civet de).—Passez du petit lard 
coupé en gros dés dans un peu de beurre, et 
ensuite retirez-le ; faites un roux avec ce 
même beurre, et faites-y revenir la poitrine 
et le collet de votre chevreuil coupés par 
morceaux, ainsi que votre petit lard; mouil- 
lez le tout de bon vin rouge et de moitié 
d’eau; ajoutez sel et poivre en suffisante 
quantité, persil et ciboules en bouquet, ail et 
aromates, quelques petits oignons, champi- 
gnons et culs d’artichaut. Quand votre civet 


CANADIENNE. 81 


sera cuit, dégraissez-le avant de servir, et 
faites réduire la sauce si elle n’a point assez 
de corps. 

Chevreuil (épaule de).—Levez-en les chairs 
par filets, que vous piquerez de petit lard 
après les avoir épluchés; faites-les mariner 
comme le quartier, mais un jour seulement : 
égouttez-les bien, et faites-les revenir dans 
une casserole avec de bonne huile ; diminuez 
le feu, et laissez-les mijoter jusqu’à parfaite 
cuisson. Vous les servirez avec une sauce 
poivrade, ou avec toute autre d’un goût 
relevé. 

Chevreuil (gigot de).—Ayez un gigot bien 
mortifié; battez-le pour l’attendrir encore ; 
levez la première peau, et. piquez-le comme 
un fricandeau. Mettez-le ensuite pendant 
cinq jours dans une forte marinade au vinai- 
gre rouge, avec une poignée de genièvre et 
une pincée de mélilot; au bout de ce temps, 
vous l’en tirerez, et le ferez cuire à la broche. 
Servez-le sur une sauce poivrade. 

FAISAN rôti.—Piquez ou tardez-le et L’en- 
veloppez de papier beurré ; faites-le cuire à 
la broche, et le servez de belle couleur. Vous 
pouvez y joindre une sauce au lait. 

Faisan farci à la broche.—On le farcit avec 
son foie haché, du lard râpé, persil et ciboules 
hachés, sel, gros poivre, le tout bien amal- 
gamé; ensuite on le coud, on l’enveloppe de 
bardes de lard et de papier, puis on l’éembro- 


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che. Servez-le avec une sauce poivrade ou 
toute autre un peu relevée. 

Faisan (salmis de).—Coupez en aiguillettes 
l'estomac d’un faisan rôti; levez-en les cuis- 
ses, coupez la carcasse en morceaux. Faites 
fondre sans roussir un morceau de beurre 
manié de farine; mouillez de bouillon et vin 
rouge ; ajoutez trois échalotes entières, bou- 
quet garni, poivre et sel; faites bouillir une 
petite demi-heure, jetez-y les morceaux de 
votre faisan: laissez chauffer, puis servez 
avec un jus de citron, après avoir retiré le 
bouquet et les échalotes. Nr 

GRIVES à {a broche. —Après les avoir plu- 
mées et flambées, on leur ôte le gésier et on 
les barde ; on leur passe ensuite un hâtelet 
d’outre en outre par le flanc, et on les attache 
ensuite à la grosse broche; il faut mettre des 
rôties dessous comme sous les bécasses. 

Grrives à la flamande.—Sautez vos grives et 
faites-leur prendre couleur dans une casserole 
avec un peu de beurre, une pincée de graines 
‘de genièvre et suffisante quantité de sel fin ; 
c<ouvrez ensuite la casserole ; mettez du feu 
déssus et dessous. Quand vos grives seront 
cuites, vous les servirez avec leur assaison- 
nement. 

Grives de diverses façons. — Voyez l'article des 
Bécasses, et suivez pour les grives ce qui est 
indiqué pour celles-là. | 

Grives à la canadienne.—Faites rôtir tout 


CUISINIÈRF 


CANADIENNE. 83 


simplement avec poivre et sel, une rôtie de 
pain dessous; on les vide, si c’est le goût. 
LAPIN en fricessée de poulet.—Après avoir 
vidé et dépouillé votre lapin, et l’avoir bien 
nettoyé, coupez-le par membres, et le corps 
par morceaux ; faites-les dégorger longtemps 
dans l’eau bouillante, avec thym, persil en 
branches et quelques tranches d’oignon: 


mettez-le ensuite dans une autre casserole 


avec du beurre et une pincée de farine ; faites- 
le revenir; mouillez-le avec l’eau dans la- 
quelle il a blanchi; ajoutez champignons, 
morilles, culs d’artichauts, mousserons. 
Quand le tout sera cuit, liez la sauce avec 
des jaunes d'œufs ou de la crême, et ajoutez 
jus de citron ou verjus. 

Lapin en gibelotte.—Votre lapin dépouillé, 
vidé et nettoyé, coupez-le en morceaux ; met- 
tez dans une casserole un fort morceau de 
beurre frais dans lequel vous passerez de gros 
dés de lard, retirez-les ensuite; mettez deux 
cuillerées à bouche de farine dans votre 
beurre; faites un roux. 

Lapin, manière de le découper.—La dissec- 
tion du lapin est, à peu de chose près, la 


même que celle du lièvre: on commence par : 


couper la tête, on divise en deux le corps de 
la bête en tirant une ligne d’une extrémité 
à l’autre, enfin la partie supérieure des 
M : puis on recommencera de l’autre 
côte. 


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LAPEREAUX en gibelotte.—Il en faut deux 
au moins pour faire un plat de force ordinaire. 
On procède en tout comme à la gibelotte de 
lapin. 

On peut mettre une anguïlle coupée par 
tronçons avec les lapereaux: ïils cuiseni 
ensemble, et cela ne change rien à la manière 
de les accommoder; maïs on pourra mettre 
du vin rouge au lieu de vin blanc. 

Lapereaux aux petits pois.—Coupez et com- 
mencez vos lapereaux comme ceux en gibe- 
lnite; ne les mouillez point; lorsqu'ils seront 
un peu plus que revenus, joignez-y des pois 
nouveaux, et faites cuire le tout ensemble. 
Otez le bouquet avant de servir. 

Lapereaux en papillote—Coupez vos lape- 
reaux par quartiers s’ils sont un peu forts, et 
en deux seulement s'ils sont moyens, et 
laissez-les tout entiers s'ils sont très-jeunes ; 
préparez-les et enveloppez comme des côte- 
lettes de veau en papillote. Vous les con- 
duirez et les servirez de même. | 

LIEVRE.—Oivet de lièvre à la bourgeoise. — 
Après avoir dépouillé votre lièvre et l’avoir 
vidé, coupez-le par membres; s’il y a du 
sang, mettez-le à part. Faites fondre dans 
une casserole un morceau de beurre, passez-le 
sur le feu, mettez-y une poignée de farine; 

uand votre roux sera fait, jetez-y votre 
lèvre, faites-le revenir; mouillez avec suf- 
sante quantité. de vin rouge et moitié d’eau, 


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CANADIENNE. 85 


et assaisonnez de sel et poivre; mettez-y du 
petit lard coupé en gros dés, des petits 
oignons passés au beurre et des champignons. 
Ayez soin d’écumer et de dégraisser: quand 
votre lièvre sera cuit, dressez-le, ôtez le bou- 
quet, et si votre sauce est trop longue, faites- 
la réduire; ensuite vous la lierez avec le sang 
de l’animal et son foie écrasé, vous en ser- 
vant comme d’une liaison ordinaire. 

Lièvre en civet à la canadienne.—Suspendez 
le lièvre par les pattes de derrière, pour lui 
enlever toute la peau, tant du corps que des 
pattes, comme l’on fait de la peau d’une 
anguille, jusqu’à la tête: ôtez l’intérieur et 
gardez le foie; coupez la pièce en huit mor- 
ceaux, et mettez-les tremper dans un verre 
de viaigre, et un demiar: d’eau durant 
quatre heures, tirez et asséchez cette viande 
entre deux linges; piquez deux bardes dans 
chaque morceau, placez-'es dans le chaudron 
avec de l’eau par-dessus la viande, ajoutez 
poivre, sel, persil, têtes de clous pilées, avec 
quatre cuillerées de farine rôtie; faites cuire 
deux heures. Ecrasez le foie dans un verre 
et demi de vin de Porte, et jetez cela dans le 
civet, en brassant encore un quart d'heure 
avant de le retirer du feu. 

Lièvre à la broche—Videz et nettoyez un 
lièvre dont vous recueillerezle sang; coupez- 
Jui les pattes de devant de façon qu’il ne vous 


reste que le train de derrière nommé rable, 


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86 CUISINIÈRE 


que vous piquerez de lard fin et ferez rôtfr 
( rendant environ une heure à la broche. 
fl Quand il sera cuit, vous le servirez sur une 
es sauce faite avec le foie pilé que vous ferez 
revenir dans un morceau de beurre avec des 
échalotes hachées; mouillez de bouillon et 
vin blanc; ajoutez sel, poivre, filet de vinai- 
gre et le sang. 

Lièvre (gâteau de).—Levez les chairs d’un 
lièvre, prenez le même poids de foie de veau, 
le même de jambon et le même aussi de lard 
xâpé; hachez d’abord vos trois sortes de 
viande, en les nettoyant de toutes peaux et 
nerfs. Pilez le jambon: lorsqu'il sera .en 
pue jetez dessus votre chair de lièvre et son 

ole, ainsi que le foie de veau ; mêlez le tout 
en pilant de nouveau, ajoutez le lard râpé, 
mêlez et pilez encore. Lorsque toutes vos 
chairs seront bien réduites en pâte, vous les 
assaisonnerez de bon goût, y mettrez des 
herbes fines, et les délaierez avec une demi- 
douzaine d'œufs que vous casserez dessus un 
à un, un bon demiard d’eau-de-vie et le sang 
du lièvre, si vous avez pu le recueuillir, ce à 
quoi il ne faut pas manquer. Cela fait, foncez 
une casserole de bardes de lard, étendez des- 
sus une couche de votre pâte épaisse d’un 
pouce, puis des lardons de distance en dis- 
tance sur cette couche, et entre les lardons 
des morceaux de truffes, et des amandes de 
pistaches. Recouvrez cela d’une autre couche 


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CANADIENNE. 87 


sur laquelle vous arrangerez de même des lar- 
dons, des pistaches et os truffes, et ainsi de 
suite, jusqu’à ce que vous ayez employé la 
totalité de votre pâte. Vous couvrirez.la 
dernière couche de bardes de lard, puis de 
papier beurré, et enfin la casserole avec son 
couvercle ; vous la mettrez au four. Il faut 
trois heures pour la cuisson du gâteau. Quand 
vous voudrez le servir, vous ôterez les bardes 
de dessus ; vous le renverserez sur un plat 
et Ôterez de même les bardes de dessous. 
Ayez soin de marquer le sens dont il faut 
l’entamer, pour que l’on coupe les lardons en 
travers. 

Lièvre: manière de le découper. —La partie la 
plus délicate est le rable, pris depuis l’épaule 
jusqu’à la naissance des cuisses, ensuite l'os 
du rable, qui est le morceau des dames ; enfin 
la partie supérieure des cuisses coupée en 
entonnoir; la queue est le morceau des chas- 
seurs, on laisse un morceau de chair après; 
c’est le morceau d'honneur, il dcit être offert 
au plus qualifié des convives. 

LEVRAUT.—Le levraut se distingue du 
lièvre par une petite éminence que l'on sent 
à la première jointure des pattes de devant. 

Levraut à la broche.—Il se fait cuñe et se 
sert comme le lièvre. 

Levraut sauté à la minute.—Dépouillez et 
videz un levraut que vous couperez par mor- 
teaux et meïtez dans une casserole avec 


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88 | CUISINIÈRE 


beurre, sel, poivre et épices. Sautez à grand 
feu jusqu’à ce qu’il soit ferme ; ajoutez cham- 
ignons et fines herbes ; deux cuillerées de 
arine, un verre de vin blanc et moitié de 
bouillon ou d’eau ; au premier bouillon reti- 
rez du feu et servez avec tranches de pain 
grillées. 

Levraut: cuisses de levraut en papillote.—Dé. 
sossez vos cuisses de levraut jusqu’au jarret; 
imprégnez-les bien de fines herbes hachées: 
assalisonnez-les de bon goût ; ensuite vous les 
mettrez dans du papier et les ferez cuire 
comme les côtelettes de veau. 

OISEAUX BLANCS.—$e cuisent enve. 
loppés dans du papier blanc beurré, avec 
poivre et sel seulement, et à petit feu. 

PERDRIX et PERDREAUX.—Perdrix à & 
broche.—Après les avoir plumées, vidées, 
flambées et troussées, couvrez-leur l'estomac 
de tranches de citron sans peau ni pepins, et 
ensuite de bardes de lard ; enveloppez-les di 
pas beurré, etembrochez-les sur un hâtelet. 

ous les servirez sur un jus clair avec jus 
d'orange ou citron. 

Perdrix farcies et rôties.—Faites une petite 
farce de leurs foies, avec du lard râpé, un peu 
de sel, persil et ciboules hachés ; mettez cette 
farce dans le corps et cougez-le; ensuite trous- 
sez les pattes sur l’estomac ; faites-les refaire 
dans une casserole avec un peu de beurre, et 
avrès cela mettez-les cuire à la broche, enve- 


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CANADIENNE. 89 


longs de lard et de papier beurré. Quand 
elles seront cuites, vous les servirez avec la 
sauce indiquée pau les précédentes. 

Perdrix aux choux.—Piquez-les de lardons 
assaisonnés de sel et gros poivre, et aromates 


pilés, troussez-leur les pattes et bridez-les, . 


mettez dans une casserole des parures de 
veau; puis vos perdrix, une livre de petit 
lard bien blanchi et bien nettoyé, et un cer- 
velas : couvrez vos perdrix de bardes de lard ; 
ajoutez quelques carottes et oignons, clous de 
girofle, laurier ; mouillez avec du consommé 
ou du bon bouillon; couvrez votre casserole 
d’un rond de papier beurré; faites partir à 
grand feu, puis mettez-la sur la cendre chaude 
avec feu dessus, et laissez-la une bonñe heure: 
faites blanchir des choux, ficelez-les, pressez- 
les, et mettez-les par-dessus vos perdrix ; 
mouillez-les de bouillon, faites-les mijoter 
pendant deux heures. Au moment de servir, 
égouttez, débridez et dressez vos perdrix; 
égouttez aussi les choux, pressez-les pour les 
sécher, et dressez-les autour de vos perdrix ; 
coupez votre lard en morceaux, et placez-le 
de distance en distance sur vos choux, avec 
vos cervelas; passez le fond au tamis, ajou- 
tez-y quelques cuillerées d’espagnole, faites-le 
réduire à consistance de sauce, et servez-vous- 
en pour arroser vos perdrix et vos choux. 
Perdrix aux choux à la canadienne.—Faites 
frire quatre oïgnons hachés fins, avec une 


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90 
poignée de miettes de pain; ajoutez poivre, 
sel, persil, sarriette et thym, dans un peu de 
saindoux; insérez cette farce dans le corps 
de la perdr'x que vous barderez et poudrerez 
de farine; mettez-la rôtir lentement, dans du 
saindoux, et ôtez-la de dessus le feu; hachez 
un petit chou avec quatre oignons, poivre, 
sel, persil, sarriette, faites rôtir ces derniers 
dans votre sauce; quand ils seront cuis, vous 
ajouterez un demiard d’eau; laissez ie tout 
encore une heure sur le feu, remuant de 
temps en temps le tout avec précaution. 
Placez deux morceaux de pain grillé ou rôti 
dans le fond du plat, avant de servir. 

Perdrix aux lentilles.—Suivez la direction 
qui précède pour les perdrix aux choux, mais 
au lieu de ces derniers, prenez un demiard 
de lentilles bien lavées, que vous jetterez dans 
un demiard d’eau avec sel, poivre, persil, 
thym, têtes de clous. Faites cuire le tout en 
brassant une heure; et un verre de vin blanc 
avant de tirer. 

PERDREAUX grillés—Fendez en deux par 
les reins et aplatissez un peu des perdreaux 
rôtis et froids; faites-les revenir dans une 
casserole avec un peu de beurre et un bon 
assaisonnement; vous aurez soin de les tour- 
ner des deux côtés. Quand ils seront suffñ- 
samment revenus, faites-les rôtir sur le gril, 
graissez-les, et mettez dessous une sauce 
poivrade. 


CUISINIÈRE 


CANADIENNE. | 91 


Perdreaux en salmis.—Levez les membres 
de perdreaux rôtis et froids; ôtez-en la peau 
et faites-les chauffer doucement avec un peu 
de consommé ou de bouillon. Pendant ce 
temps, faites bouillir un peu de vin de Cham- 
pagne avec des échalotes hachées, et du zeste 
de citron; ajoutez-y de l’espagnole; faites 
réduire à moitié ; dressez vos membres, entre 
lesquels vous placerez des croûtons au beurre, 
et arrosez le tout de votre sauce. 

PLUVIERS.—Même procédé que pour les 
bécasses et bécassines. 

TOURTES (vieilles) à la daube.—Piquez six 
tourtes de bardes, mettez dedans farce 
d'oignons hachés avec mie de pain et assai- 
sonnée; cousez-les et mettez-les dans une 
marmite avec quatre cuillerées de farine rôtie 
brune, dans du saindoux, avec trois chopines 
d’eau ; laissez cuire deux heures, et ajoutez 
sel, poivre, oignon ou autres herbages à votre 
goût; remuez-les de temps à autre. 

Tourtes (jeunes) à la crapaudine.—Ouvrez 
six tourtes sur le dos; frappez-les avec un 
rouleau sur l'estomac; placez-les dans le fond 
de votre chaudron, avec un morceau de 
beurre, poivre, sel, persil, ciboule, oignon, et 
un demiard d’eau. Faites cuire à petit feu. 
Mettez aussi farine rôtie, si c’est votre goût. 


D TS 27 


92 CUISINIÈRE 


CHAPITRE VIII 


DES POISSONS, COQUILLAGES, ETC, 


ACHIGANS VERTS.—-A près les avoir bien 
asséchés et poudrés de farine, poivre et sel, 
faites-les rôtir dans du beurre fondu bien 
chaud, sur un feu modéré. Au moment de 
les tirer cuits, ajoutez un peu de beurre et 
d’eau pour faire de la sauce, et laissez quel- 
ques minutes de plus sur le feu. 

ALOSE au court-bouillon.—Videz et n’écail- 
lez point votre alose; faites-la cuire dans un 
court-bouillon comme le brochet, et séfvez-la 
de même. 

Vous pouvez aussi mettre dans une casse- 
role un morceau de beurre manié avec de la 
farine, un peu de court-bouillon passé, et en 
faire une sauce que vous servirez dans une 
saucière à côté de votre alose. Il faut avoir 
soin de tourner ‘tnujours cette sauce, tandis 
qu’elle est sur le feu. | 

Aloses grillées ou bouillies, à la sauce blanche. 
— Après avoir écaillé et vidé vos aloses, vous 
les fendez un peu -par le dos, et les faites 
mariner avec un peu d'huile, sel, poivre, 
épices fines et aromates, persil en branches 


bien 
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bien 
nt de 
re et 
quel: 


écail- 
ns un 
ez-la 


asse- 
de la 
et en 


s Une 
avoir 


CANADIENNE. 98! 


et ciboules; mettez-les sur le gril, arrosez-les 
de temps en temps avec leur marinade, ou 
faites-les bouillir dans une eau de sel. Lors- 
qu'elles seront cuites, servez-les avec une 
sauce blanche aux câpres et aux anchois. 

Abose à la purée d'oseille.—Préparez et faites- 
la cuire comme celles à la sauce blanche. 
Quand elle sera bag dressez sur une 
purée d’oseille. (Voyez Purée d’oseille.) 

ANCHOIS.—Après les avoir bien lavés et 
ouverts en deux, retirez l’artte et servez-les 
avec œufs et persil hachés très-fün. Ils se ser- 
vent aussi avec des salades. 

ANGUILLE à {4 tartarc.—Préparez votre 
anguille, et coupez-la par tronçons; faites-la 
cuire dans un court-Louilion, avec un peu de 


& sel; lorsqu'elle sera froide, vous l’égoutterez 


et la roulerez dans de la mie de pain ; trempez- 
k dans deux jaunes d'œufs, incorporés avec 
du beurre fondu, et répandez bien également ; 
faites-lui prendre couleur sur le gril, et dres- 
sez-la sur une sauce à la tartare. (Voyez 
Sauce à la tartare.) 

BAR au court-bouillon.— Après l’avoir écaillé, 
vidé, lavé, faites-le cuire avec moitié vin 
blanc, moitié eau, sel, poivre, oignons, raci- 
2es, persil, ciboules et un morceau de beurre ; 


pauand il est cuit, égouttez-le. Vous le ser- 


virez sur une assiette garrie de persil vert. 
Bar grillé à diverses sauces.—Faites-le mari- 
er une demi-heure avec un peu d'huile. 


94 CUISINIÈRE 


Bar et Maskinongé—Ces deux espèces de 
oissons, sont sans contredit les deux meil- 
eurs du fleuve St-Laurent, se cuisent comme 
le saumon frais, et se mangent avec les mêmes 
épices. (Voyez Saumon jrais.) | 

BARBILLON sur le gril.— Après avoirécaillé 
et vidé votre barbillon, vous le mettrez sur 
un plat, avec persil et ciboules hachés, sel, 
poivre et un peu d'huile. Trois quarts d'heure 
avant de le servir, vous poserez sur le gril à 
un feu modéré et le servirez masqué avec une 
sauce blanche aux câpres et aux anchois. 

Barbillon de diverses façons.—Le barbillon 
s’accommode et se sert de toutes les façons 
usitées pour la carpe. 

BARBUE.— Voyez à l’article Turbot. 

BROCHET au court-bouillon.—Ne l’écaillez 
point, Ôtez-en seulement les ouïes; après 
l'avoir vidé, vous le ferez cuire dans un court- 
bouillon, et le servirez dans une serviette, 
avec du persil autour. Ainsi préparé, il est 
considéré comme rôti. 

Servi pour entrée, on l’écaiïlle, on le coupe 
en tronçons, et on le fait cuire au court- 
bouillon; quand il est cuit et prêt à être 
servi, on le dresse sur un plat, en mettant 
dessous la sauce que l’on juge la plus conve- 
nable. 

Brochet ‘au bleu.—Préparez votre brochet 
comme il est dit pour le mettre au court- 
bouillon; quand il sera prêt, mettez-le dans 


faite 


son 1 
Quai 
cabil 
l’eau 
petit 
serve 


CANADIENNE. 95 


ane poissonnière où il tienne aisément, et 
arrosez-le dé vinaigre rouge bouïllant ; mouil- 
lez-le d’une braise maigre ou grasse, couvrez- 
le de papier beurré, et faites-le cuire à petit 
feu. Vous le servirez sur une serviette avec 
du persil en branches et du laurier. Lors- 
qu’il sera cuit, vous le dépouillerez, le dres- 
serez sur un per couvert d’une serviette, 
et remplirez chaque tronçon de radis noir 


râpé. Servez-le avec une sauce au beur- 


re ou toute autre convenable dans une 
saucière. 

Brochet.—ManNIÈRE de le découper.—On tran- 
chera la tête comme à la carpe, c’est toujours 
le morceau des dames; après quoi il faudra 
‘tirer de la queue à la tête une ligne assez 
profonde pour arriver à l'extraction de la 
grosse arête, puis on tirera des lignes, avec la 
truelle, de. manière à servir à chacun un mor- 
ceau du dos et du ventre. Après avoir servi 
un côté, on retournera l’autre, et on servira 
de même. 

CABILLAUD à la sauce blanche.—Videz 
votre cabillaud, ôtez-lui les ouïes, lavez-le ; 
faites une forte eau de sel, parce que le pois- 
son ne prend pas plus de sel qu'il ne faut. 
Quand elle sera claire, ficelez la tête de votre 
cabillaud ; mettez-le dans la poissonnière et 
Peau de sel par-dessus; faites-le cuire à très- 
petit feu sans qu’il bouille; égouttez-le, et 
servez-le avec une sauce blanche aux câpres. 

4 


96 CUISINIÈRE 


Cabillaud à la hollandaise—Préparez-le et 
faites-le cuire comme le précédent; dressez- 
le sur un plat, garnissez-le de pommes de 
terre cuites à l’eau et bien épluchées, et ser- 
vez-le avec du beurre fondu dans unesaucière, 

CARPE frite.—Ecaillez une carpe, coupez- 
lui les nageoïres et ciselez-la: fendez-la par 
le dos dans toute sa longueur; ôtez-lui tout 
ce qu’elle a dans le corps, et la tête, les ouïes 
et la pierre jaune; humectez-la de lait, et 
farinez-la bien: cela fait, vous la ferez frire, 
et la servirez avec ses œufs ou laïitances par- 
dessus. Vous aurez eu soin de ne les mettre 
dans la friture que lorsque la carpe aura eu 
le temps de cuire à moitié. 

Carpe au bleu—Videz une carpe sans lui 
ouvrir trop le ventre; prenez garde surtout 
de crever l’amer et d’endommager ses écail- 
les; ôtez-lui ses ouïes sans gâter la langue. 
Lorsqu'elle sera préparée de la sorte, vous la 
ferez cuire et la servirez ensuite comme un 
brochet au bleu. (Voyez Brochet au bleu.) 

Carpe grillée, à la sauce aux câpres.—Après 
avoir préparé votre carpe cômme pour la faire 
frire, lorsque vous la viderez par le ventre et 
ne lui fendrez point le dos, vous la mettrez 
dans un plat avec du sel, du poivre et de 
l’huile. Pendant qu’elle y prend du goût, 
passez la laitance ou les œufs dans du beurre 
avec des fines herbes; vous la remettrez 
ensuite dans le ventre de votre carpe, et le 


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CANADIENNE. 97 


lui ayant cousu, posez-la sur le gril, à un feu 
modéré. Quand elle est grillée à point, vous 


la àressez sur votre plat,'et la masquez avec 


une sauce aux câpres. (Voyez Sauce blanche 
ou une maître-d’hôtel.) 

Carpe (Laitances de) frites.—Faites dégorger 
à plusieurs eaux des laïtances de carpe dont 
vous aurez Ôté les boyaux, et ensuite blanchir 


dans l’eau bouillante avec un filet de vinai- 


gre et un peu de sel; égouttez-les, trempez- 
les dans une pâte légère, et faites-les frire. 
Vous les servirez garnies de persil frit. 

Carpe et autres poissons en matelote.—Prenez 
une carpe œuvée et une laitée, un brochet et 
vue anguille ; écaillez et videz vos carpes, 
sans oublier d’ôter de la tête la pierre aune qui 
s’y trouve, et réservez les œufs et laitances. 
Préparez votre brochet comme pour le mettre 
en étuvée, et votre anguille comme si vous la 
vouliez accommoder à la tartare; ayez soin 
de tailler tous ces poissons par tronçons à 
peu près égaux; mettez dans une casserole, 
avec carottes et oignons en tranches, un bou- 
quet garni, et un maniveau de champignons 
bien blancs et bien lavés, sel, gros poivre et 
muscade. Mettez d’abord vos tronçons d'an- 
guille; mouillez-les avec deux ou trois bou- 
teilles de vin, et faites bouillir .à grand feu; 
quand ils seront cuits à moitié, vous mettez 
les morceaux de brochet, et enfin ceux de 
carpe, lorsque ceux de brochet seront pareil- 


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ÆAISINIÈRE 


lement cuits à moitié. Faites roussir quel. 


ques petits oignons dans du beurre, et cuire, 
en particulier, avec le même mouillement, 


ainsi que les œufs et laitances de carnes que 
vous aurez eu soin de réserver. Dressez votre 
matelote sur le plat, en observant de placer ! 


les têtes au milieu; entremêlez les tronçons 
de croûtons taillés, frits au beurre, et garnis- 


sez le toutavec vos champignons, vos oignons 
et vos œufs et laitances, que vous placerez 


par-dessus. Passez le fond au tamis de soie, 


et l'incorporez dans quatre cuillerées à pot 


d’espagnole; faites réduire à forte consistance 
de sauce; finissez avec du beurre frais ; ajou- 
tez le sang de vos poissons que vous aurez eu 
soin de recueillir, et arrosez votre matelote 
avec le tout bien chaud. 


Carpe (matelote à la marinière).—Préparer, | 


comme pour l’autre matelote, carpes, bro- 
chets, anguilles, barbillons, etc., ayant soin 


de même de réserver le sang de ces poissons, ! 


et de faire cuire à vart les œufs et laitances. 


Vous mettrez dans un chaudron, pendu à la: 


crémaillère, suffisante quantité de vin rouge, 


un bon morceau de beurre, sel, poivre, épices ! 
fines, aromates, et des petits oignons presque | 


cuits d'avance. Cet assaisonnement ainsi 
préparé, jetez-y votre poisson, faites-le cuire 
vivement, etremuez-le avec précaution. Ajou- 
tez, pendant la cuisson, du beurre manié 
avec de la farine; et dès que le poisson sera 


cuit, ( 
ensul! 
le san 
matel 
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mêmes : 
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Dour les 

CRAB 
CTeVIsSe 


persil : 


elui es 
nent ra) 


CANADIENNE,. 


quel. Mcuit, dressez-le comme le précédent, pour lier 
uire, Mensulte et faire réduire la sauce. Ajoutez-y 
nent, Mle sang des poissons, et arrosez-en toute la 
que Mmatelote. 

votre M Carpe: manière de la découper.—On com- 
lacer Mmence par enlever la tête, c’est le morceau de 
1çons distinction; ensuite on enlève la peau et on 
arnis- Ma met de côté; puis tirant une ligne du som- 
ynons Mimet à la queue, et la divisant par d’autres 
icerez Mlgnes transversales, on servira aux convives 
_goie, Mes morceaux compris entr'elles, ayant soin 
à pot Mde remarquer que le dos est le morceau le 
tance Mplus délicat. 


ajou- CARRELETS sur le gril.—Videz et lavez 
rez eu vos carrelets; essuyez-les; ensuite vous les 
telote Mhuilez et les saupoudrez de sel et de poivre; 

mettez des chalumeaux de paille en travers 
pare, Meur le gril et placez vos carrelets par-dessus ; 


bro- Mmenez-les à petit feu, dressez-les sur votre 
t soin plat, et arrosez-les avec une sauce italienne 
sons, Mnaigre. 
ances. M Currelets de différentes manières—Voyez ce 
u à la ui est dit à l’article des Soles et suivez les 


mêmes principes pour vos càrrelets ; ils s’ac- 
ommodent de toutes les manières usitées 
pour les soles. 

CRABES.—TIls se font cuire comme ies 
icrevisses et se servent de même, parés de 
bersil ; mais l’usage en est bien moindre que 
elui des écrevisses; il est même extrême- 
nent rare qu’ils paraissent dans un repas soie 


ouge, | 
épices 
esque ! 
ainsi 
cuire ! 
Ajou- 
manié 
. sera 


100 | CUISINIÈRE 


6, sans doute à cause de leur forme hi. 
euse; aussi conseillerons-nous de les mettre 
cuire tout simplement dans de l’eau et dusel 


avec les in,rédients indiqués pour les écrek 


visses : quand ils seront cuits, frottez-les 
d'huile, pour leur donner une belle couleur, 
et servez-les froids sur une serviette. 


DORE rôti. — L’ayant écaillé, faites-le 


égoutter, puis séchez-le entre deux linges: 
poudrez-le de farine avec poivre et sel; met 
tez-le dans du beurre chaud pour rôtir, 
On en fait un plat excellent en gras, en le 
faisant cuire dans le saindoux, avec grillades 
de lard. 

Doré bouilli.—Une pièce de deux pieds doi 
être mise dans l’eau D obillante avec un pet 
de sel, pendant vingt-cinq minutes, sur le fe 
sans. bouillir. Ornez votre plat de persil vert 
Faites une sauce au beurre. 

Doré ou Achigan vert à l'huile d’olive.—Pla 
cez votre poisson bien net dans la poêle ave 
beurre, poivre, sel, échalotes ou ciboules, pe 
gil, un demi-verre à vin de vinaigre, un ve 
d'huile d’olive, un peu de poivre rouge; 
muez-le souvent, et retirez-le avec précautio 
le glissant dans le plat; ajoutez-y un ve 
d’eau pour augmenter la sauce. On pet 
aussi faire frire ces mêmes poissons dans ( 
saindoux avec grillades de lard, pcivre et sa 
pour les jours gras. 
ECREVISSES en buissons.—Lavez-leé biet 


sez le 


videz- 
et ess 
Lensuité 
ferez fr 
plat et 


servir £ 
limand 


mette 
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pées, 
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et ajo 
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cuites 
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vous 1 
cr'e 
me les 


cuites 


attes 
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asser 
es ent 


EPE 


Eper 


Eper 


CANADIENNE. 101 
rme hi 
s mettre mettez-les dans une casserole avec un zeste 
t dusel M de carotte, iranches d'oignons, ciboules cou: 
es écre-Mpées, persil en branches, aromates, sel, poi- 
ottez-lsMvre et girofle; mouillez-les avec du vin blanc, 
couleur Met ajoutez un bon morceau de beurre frais ; 
Mocouvrez-les et les remuez plusieurs fois; re- 
Lürez-les avant qu’elles soient entièrement 
cuites, ét laissez-les s'achever hors du feu ; 
ensuite égouttez-les et les dressez en pyra- 
mide sur un plat garni d’une serviette avec 
du persil autour : ayez soin de conserver leur 
assaisonnement pour les faire réchauffer si 
vous les servez une autre fois. 
crevisses en matelote.—Faites-les cuire com- 
me les précédentes ou prenez-en qui aïent été 
cuites précédemment ; supprimez les petites 
attes; coupez-leur le bout des grosses ; ôtez 
À coquille de la queue; cela fait, vous les 
asserez dans une sauce matelote ; dressez- 
éle avelles entourées de croûtons au beurre, et arro- 
es, pu sez le tout avec la sauce susdite. 
un ve  ÉPERLANS frits—Ecaillez vos éperlans, 
puge ; 1 videz-les si bon vous semble, lavez-les bien, 
écautionl et essuyez-les entte deux linges; trempez-les 
un venensuite dans du lait et farinez-les; vous les 
On pal ferez frire à grand feu, et les dresserez sur un 
dans di plat et une serviette. 
reet sa Lperlans sur le plat.—Vous pouvez aussi les 
servir sur le plat, à la bourgeoïse, comme les 
leé bia limandes. (Voyez Limandes.) Fe 
Eperlans à l’anglaise.—-Faites bouillir pene 


faites-le 
. linges: 
el; met 
ir rôtir 
8, en le 
œrillades 


ieds doit 
un pet 
sur le feu 
>rsil vert 


ve.—Pla 


102 CUISINIÈRE 
dant un quart d’heure, dans une casserole, 
deux verres d’eau et deux de bon vin blanc, 
avec des tranches de citron sans peau ni pe- 
pins, sel, poivre et épices fines; ensuite jetez- 
y vos éperlans bien nettoyés. Quand ils se- 
ront cuits, vous les égoutterez, les dresserez 
sur un plat, et les arroserez avec une sauce 
de vin blanc bouilli avec ail, ciboule et per- 
sil, à laquellé vous ajouterez, au moment de 
vous en servir, un morceau de beurre manié 
avec de la farine, sel, gros poivre et jus de ci- 


ie à | 
Ecrlans à la canadienne.—On ne les vide 
pas ; après les avoir bien lavés on les assèche 
entre deux linges ; on les fait ensuite rôtir 
avec beurre ou en gras avec saindoux, y ajou- 
tant sel, poivre et farine; ils doivent cuire 
promptement. 

ESTURGEON au court-bouillon. — Videz 
votre esturgeon ; ôtez-en les ouïes, lavez-le, 
et mettez-le cuire dans un bon court-bouillon 
un peu salé, avec feu dessus et dessous ; quand 
il sera cuit, vous le dresserez comme le bro- 
chet préparé de la même manière, et l’ac- 
SORA DAERETeR d’une italienne dans une sau- 
cière. 

Esturgeon en ragoût.—On l’échaude, on en: 


lève la peau, on le coupe par morceaux, les! 
roulant dans la farine avec poivre, sel et, 


clous ; on les fait rôtir dans le beurre couleur 


d'or; puis on ajoute de l’eau au moins ul 


n'y a 
faut le 
CO PS ; 
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tirez-li 
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Videz 
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on en- 
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gel et; 
puleur! 
ns un 


CANADIENNE. 


103 


pouce au-dessus du poisson, avec thym, per- 
sil et oignon. Prêtez-y attention pour retirer 
les morceaux en bon ordre. 

Esturgeon en boulettes.— Après avoir échaudé 
la pièce, pour en ôter la peau, hachez-en la 
chair ; jetez dessus poivre, sel, persil, clous, 
oignon, deux jaunes d'œufs et du beurre ; 
faites-en des boulettes que vous roulerez dans 
la farine pour les lier, puis faites-les rôtir 
dans le beurre ; les ayant retirées, placez-les 
dans l’eau, à la moitié de la boulette; lais- 
sez-les cuire et surveillez-les, pour les empé- 
cher de tomber en charpie. 

ESCARGOT.— Mimes procédés que pour 
l'esturgeon ; voir plus haut. 

GRENOUILLES en fricassée de poulet.—Il 
ny a que les cuisses de bon, en sorte qu’il 
faut leur couper absolument les pattes et le 
corps; cela fait, dépouillez ces cuisses ; pas- 
sez les grenouilles dans l’eau bouillante ; re- 
üirez-les à l’eau fraîche, et les mettez dans 
une casserole avec des champignous, un bou- 
quet de persil, ciboule, une gousse d’ail, deux 
clous de girofle, un morceau de beurre; pas- 
sez-les un instant sur le feu avec cet assaison- 
nement; ajoutez-y une pincée de farine; 
mouillez avec un verre de vin blanc et un 
peu de bouillon; mettez sel, gros poivre; 
faites cuire et réduire à courte sauce; vous 
la lierez avec trois jaunes d'œufs; un mor- 
ceau de beurre, et ensuite vous jetterez de- 
dans un peu de persil blanchi et haché 


pq nom 


104 CUISINIÈRE 
GOUJONS frits.—Après avoir écaillé, vidé 
et essuyé vos goujons sans les laver, vous les 
farinerez et les mettrez dans une bonne fri- 
ture bouillante: retirez-les après sept ou huit 
minutes de cuisson, et servez promptement. 

 Goujons (étuvée de).—Ecaillez, videz et es- 
suyez bien vos goujons; il n’est pas inutile 


de les laver; mettez dans le fond du plat 


que vous devez servir, du persil, de la cibou- 
le, des champignons, deux échalotes, du 
thym, du laurier, du basilic, le tout haché 
très-menu, sel et gros poivre; arrangez vos 
goujons dessus, et recouvrez-les d’un lit des 
mêmes ingrédients; mouillez-les avec un 
verre de vin rouge; couvrez votre plat, et 
faites bouillir sur un bon feu. Dès que vous 
verrez qu’il ne reste qu’un peu de sauce, vous 


servirez votre étuvée sur le même plat que 


vous l'aurez faite. 

HARENCGS frais à la bourgeoise.—Ecailler, 
lavez et essuyez vos harengs avec un linge; 
faites-les cuire sur le gril, et servez-les avec 
une sauce blanche aux câpres. 

Hareng salé ou fumé.—Faiïtes-le bien dessa- 
ler, et après en avoir ôté l’écaille, mettez-le 
rôtir sur le gril avec un peu de beurre; ou 
bien -on les fait cuire à l’eau chaude queiques 
minutes. Pour ceux qui sont fumés, on les 
fait revenir sur le gril avec beurre. 

Hareng en caisse aésnaes de).—Faites blan: 
chir et égouttez bien vos laitances; paases 


vidé 
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CANADIENNE. 105 
sur le feu, sans les faire roussir, des champi- 
gnons, échalotes, ciboules et un peu de per- 
sil haché, avec un morceau de beurre frais ; 
mettez mijoter vos laitances dans cet assai- 
sonnement, et ensuite mettez-les sur un gra- 
tin dans une caisse de papier ; placez cette 
caisse sur le gril après l’avoir bien huilé: 
faites cuire à feu doux ; mettez sous le four 
de campagne. Quand vous verrez que vos 
laitances ont pris une belle couleur, vous les 
dresserez sur un plat dans leur caisse, et les 
arroserez d’une espagnole réduite. N'oubliez 
point d'exprimer dessus du jus de citron. 

Harengs saurs au naturel.—Essuyez-les bien, 
coupez-leur tête et queue; fendez-les par le 
dos dans toute leur longueur, et ouvrez-les ; 
arrosez-les avec de bonne huile; mettez-les 
et ne les laissez qu’un instant sur le gril. 
Vous les servirez à sec, avec un huilier et un 
moutardier. 

HOMARDS à la remoulade.—Les homards 
se font cuire comme les écrevisses, mais on 
les vend tout cuits ; choiïsissez-en un qui soit 
bien frais ; fendez-lui le dos depuis la tête 
pee la queue; enlevez tout ce qu’il a dans 
e corps; mettez cela dans un vase avec une 
cuillerée de moutarde fine, échalotes et per- 
sil hachés menu, sel, gros poivre, et les œufs 
du homard s’il en a; ajoutez huile et vinai- 
gre; délayez bien le tout; mettez-le dans une 
saucière, et le servez avec votre homard. 


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106 CUISINIÈPE 


HUITRES crues—Il est peu d'aliments L 
d’une digestion plus facile que l’huître crue; son 
elle convient aux estomacs ‘les plus fai- ue 
bles. elle est nourrissante et apéritive. On la u. 
mange le plus ordinairement crue, avec pin- fau: 
cée de poivre, mignonnette et jus de citron. san: 
Mu les sert ouvertes sur un plat rond; il est par 
de bonne précaution de ne point retirer la guil 
coquille de dessus après avoir ouvert l’huître ; 
c’est un moyen de les conserver plus fraîches. | proi 

Huîtres à la poulette.—Prenez des huîtres ou 


ui se vendent sans coquilles ; faites-les blan- 
chir, retirez-les dans de l’eau fraîche, égout- 
tez-les bien ; mettez dans une casserole un 
morceau de beurre manié avec de la farine, 
champignons et persil hachés ; faites-les re- 
venir; mouillez-les avec du bouillon, et faites 
bouillir cettesauce; quand ellesera suffisam- 


ment réduite, mettez-y vos huîtres ; assaison- la c 

nez-les de sel et gros poivre, et les laissez en 

cuire: un moment avant de les dresser, vous voti 

y mettrez du jus de citron ou du moins un 

petit filet de vinaigre. geoi 
Huitres en ragoût. — Faiïtes-les blanchir nett 


comme les précédentes ; égouttez-les sur un 
tamis; ensuite mettez du velouté dans une 
casserole, ‘faites-le chauffer; assaisonnez-le 
convenablement, et jetez-y vos huîtres avec 
quelques anchoiïis hachés. Ne les laissez point 
bouillir, et servez-les sous des poulets, pou- 
lardes, oiseaux de rivière ou autres viandes 
convenables. | 


CANADIENNE 107 


LAMPROIES à la poulette. —Les lamproies 
sont des espèces d’anguilles qui n’en diffèrent 
ue par les trous qu’elles ant des deux côtés 
u corps ; il y en a de rivière et de mer. Il 
faut les limonc: comme la tanche, en les pas- 
sant dans l’eau bouillante: vous les coupez 
à Lg santé et les préparez comme l’an- 
uille. , 
' Lamproies à la tartare— Quand votre lam- 
pds sera dépouillée, vidée et limonée à l’eau’ 
ouillante, préparez-la et faites-la cuiré dé 
tout point comme une anguille à la tartare: 
vous la servirez de même et a000m Da gt SR 
la même sauce. | 

Lamproie en matelote.—Limonez-la bien à 
l'eau bouillante, et préparez-la du reste 
comme on prépare les anguilles qu’on veut 
mettre en matelote: faites-la cuire et servez: 
la comme il est indiqué à l’article de la Mag 4 
en matelote, en observant de jeter la tête de 
votre lamproiïe. 

LIMANDES et Flayes sur le plat, à la bour- 
geoise.— Vos limandes ou vosflayes étant bien 
nettoyées et vidées, faites fondre sur un plat 
un morceau de beurre; mettez un peu de 
muscade râpée ; arrangez vos poissons dessus, 
assaisonnez-les de sel et poivre; arrosez-les 
avec un verre de vin blanc, et ensuite sau- 
poudrez-les avec de la chapelure ; posez votre 

lat sur le fourneau, et couvrez-le d’un four 
e campagne. Quand votre poisson sexa 
cuit, vous le servirez sur le même plat. 


108 CUISINIÈRE 


MAQUEREAUX à la sauce blanche.—Après 
avoir vidé et bien essuyé vos maquereaux, 
. marinez-les avec de bonne huile, persil en 
branches, ciboules coupées et sel fin ; ensuite 
faites-les cuire sur le gril. Quand ils seront 
cuits servez-les avec une sauce blanche aux 
câpres et aux anchoïs. (Voyez sauce blanche 
aux câpres, au chapitre Se: 

Maquereaux à la maître-d’hôtel.—Videz, las 
vez et préparez vos maquereaux comme les 
précédents ; faites-les cuire sur le gril dans 
un papier gras, fendus par le dos. Quand ils 
seront cuits, farcissez-les d’un bon morceau 
de beurre frais manié de fines herbes assaie 
sonnées, et arrosez-les de jus de citron. 

Maquereaux au beurre noir.—Préparez vos 
maquereaux comme il a été dit précédem- 
ment: cela fait, vous les mettrez cuire sur le 
gril; saucez-les avec un beurre noir assaison- 
né dans lequel vous aurez mis un fort filet de 
vinaigre : couronnez-les de persil frit. 

Maquereaux à l'italienne. —Préparez vos ma- 
quereaux comme pour les mettre à la sauce 
bianche; faites-les cuire dans une casserole, 
avec vin blanc, tranches de carottes et d’oi- 
gnons, sel, laurier, et un peu de persil 
en branches. Quand ils seront cuits, vous 
les égoutterez, les dresserez sur un plat, et 
les saucerez d’une sauce italienne, finie avec 
un morceau de beurre frais. 

MERLANS frits.—Lavez et videz vos mer- 


ner- 


CANADIENNE. 109 


lans ; remettez-leur le foie en place ; cour 
leur le bout de la queue et les nageoires ; : 
pouillez-les de leur peau, séchez-les dans un 
linge, frottez-les partout avec de la farine, et 
mettez-les dans la friture bien chaude; lais- 
sez-leur prendre une belle couleur, égouttez- 
les, dressez-les ensuite sur un plat _chaud, 
saupoudrez-les de sel blanc, couvrez-les d’une 
serviette, et servez-les promptement. 

Merlans à l'italienne. -—Préparez vos merlans 
comme il a été dit plus haut; faites-les ma- 
riner avec citron, sel, tranches d’oignon et 
persil en branches : ; ensuite farinez-les et les 
faites frire : vous les servirez avec italienne 
par-dessus. 

Merlans à la sauce tomate.—Préparez, mari- 
nez et faites-les frire comme les précédents ; 
quand ils seront dressés, vous les arroserez 
avec une sauce tomate. 

Merlans grillés—Videz et lavez vos mer- 
lans ; séchez-les bien dans un linge, et frottez- 
les d’un peu de vinaigre, après quoi vous les. 
farinorez; frottez avec du beurre le gril sur 
lequel vous les ferez cuire, et laissez-le bien 
chauffer ; placez vos poissons dessus, retour- 
nez-les deux ou trois fois pendant la cuisson ; 
quanG ils seront cuits, retournez le gril. sur 
un couvercle pour ne les point briser; et faites- 
es couler ensuite sur un plat: servez-les 
avec du beurre bien chaud, et entourez-les de 
corniohona, 


110 CUISINIÈRE 


Merlans sur le plat à la bourgeoise.—Preuarez 
bien vos merlans comme si vous les vouliez 
faire frire; quand ils le seront, vous les ar- 
rangerez, les mettrez cuire et les servirez 


comme les limandes sur le plat à la bour- 


eoise. 

j MORUE à la maitre-d’hôtel.—Faites-la des- 
saler dans un mélange égal d’eau et de lait; 
ensuite échaudez-la pour l’écailler plus faci- 
lement. Lorsqu’elle sera bien préparée, met- 
tez-la cuire à l’eau froide. Vous aurez soin de 
ia tourner lorsqu'elle commencera à bouillir, 
et de ne point tarder à la tirer. Vous l’égout- 
terez et la mettrez sur un plat. Masquez-la 
avec une sauce à la maître-d’hôtel, dans la- 
quelle vous verserez quelques gouttes de ci- 
tron, et servez de suite. 

Morue à la sauce blanche, aux câpres.—Après 
l’avoir fait dessaler et cuire de la façon que 
nous venons d'indiquer plus haut, servez-la 
comme le cabillaud à la même sauce. 

Morue à la hollandaïise.—Faites-la dessaler 
et cuire comme la morue à la maître-d’hôtel; 


quand elle sera lee vous la dresserez 


comme le cabillaud à la hollandaise. 

Morue au beurre noir.—Dessalez et faites 
cuire votre morue comme il a été indiqué au 
commencement de cet article ; faites un 
beurre noir, dans lequel vous jetterez un peu 
de vinaigre, et arrosez-en votre morue, après 
l'avoir bien égouttée et l’avoir dressée sur le 
plat que vous voulez servir. | 


CANADIENNE, 111 


Morue à l: provençale —Dépouillez un mor- 
crau de morue cuite à l’eau, dessalée comme 
il a été dit déjà ; prenez le plat que vous de- 
vez servir, mettez dans le fond de l’échalote, 
un peu d’ail écrasé, persil, ciboule, du citron 
en tranches, sans peau ni pepins, du gros 

oivre, deux cuillerées d’huile, gros comme 

a moitié d’un œuf de beurrc; arrangez la 
morue dessus; couvrez-la d’un lit du même 
assaisonnement que dessous, et panez-la en- 
suite avec de la chapelure de pain; mettez le 
plat sur un petit feu, pour qu’elle bouille 
doucement ; ajoutez-y du jus de citron, un 
eu de gros poivre, et faites-lui prendre cou- 
eur sous le four de campagne. 

Morue fraîche rôtie.—Il faut extraire l’inté- 
rieur par les ouïes, faire une farce d’oignons 
avec mie de pain, persil, sel, poivre et clous 
que l’on met dans la morue. On poudre de 
farine la pièce, avec poivre et sel, et on la 
place sur un gril dans une lèchefrite, avec 
précaution ; on fait une sauce au beurre, 
avec vin de Porte et un peu àe sucre. 

Morue fraîche bouillie. —L’'ayant fait dégeler, 
on la met pour la retirer entière, enveloppée 
dans uu linge bien attaché, sur un égouttoir 
ou dans un plat dans de l’eau bouillante, 
avec une cuillerée de sel ; une morue de deux 
pieds devra bouillir pendant vingt-cinq mi- 
nutes. 

Morue sèche.—Elle se mange rôtie sur le 


CUISINIÈRE 


gril avec beurre et poivre, l’ayant d’abord 
attue et fait tremper une nuit. 

Morue sèche en fricassée.—La bien battre ; 
faites tremper une nuit; mettez-la dans l’eau 
froide pour cuire ; ensuite vous la coupez en 
‘ane morceaux, et faites frire avec oignon et 

eurre, jetez le tout ensemble, y ajoutant pa- 
tates tranchées, poivre et un peu de crême. 

Morue salée, bouillie.—L’ayant fait dessaler, 

liez-la dans sa première nature: faites-la 
ouillir à grand’eau, sur un égouttoir ou dans 
un plat, ayant eu soin de l’attacher dans un 


linge, afin de la retirer entière et lui conser- 


ver de la mine 

POISSONS BLANCS.—Les ayant écaillés 
et asséchés, on les place sur le gril pour rôtir 
à petit feu, jetant dessus poivre et sel; on 
mettra du beurre dans le plat au moment de 
lex tirer pour faire de la sauce. 

RAIE à la bourgcoise.—Après avoir bien 
lavé votre raie avec de l’eau fraîche, lui avoir 
Ôté l’amer du foïe, que vous ne lui remettez 
pas dans le corps, et coupé les aïles par mor- 
ceaux, faites-la cuire dans un chaudron ou 
une terrine, avec de l’eau, du vinaïgre, quel- 
ques tranches d'oignons et un peu de sel; 
qu’elle ne fasse que deux bouillons, afin 
qu’elle ne cuise pas trop; retirez-la, mettez- 
la sur un plat pour l’éplucher; remettez-la 
sur le fourneau avec un peu de son court- 
bouïllon. Lorsque vous voudrez la servir, 


CANADIENNE. 


égouttez-la, dressez-la, mettez son foie dessus 
et arrosez-la d’une sauce blanche. 

Raïe au beurre noir.—Faites cuire votre raie 
comme la précédente ; nettoyez-la, dressez et 
parez-la de même: faites frire du persil en 
feuilles dans un beurre noir, mettez-le autour 
de votre poisson ; jetez du vinaigre dans ce 
même beurre noir, assaisonnez-le, et arrosez- 
en votre raie. 

Raïie à la sauce blanche.—Faites cuire votre 
raie dans un court-bouillon: quand elle sera 
euite, vous en ôterez la peau de dessus des 
deux côtés; vous la parerez et la dresserez 
sur le plat, comme il a été dit pour celle à 
fa bourgeoïse ; ensuite vous la masquerez 
d’une sauce blanche avec des câpres par-des- 
on bien des cornichons coupés en petits 

s. 

ROUGET de diverses façons.—Ce poisson ne 
g’écaille point ; il faut le vider et le laver; 
gardez- en les foies ; faites-le cuire sur le gril 
comme la vive, et servez-le avec les mêmes 
sauces : la seule différence est qu’on incorpore 
son foie dans les sauces avant de servir le 
rouget. 

SARDINES à la bourgeoise—Elles se pré- 
parent et s’accommodent comme les harengs 
frais à la bourgeoise. 

SAUMON grillé, à la sauce blanche.—Net- 
toyez bien une barde ou tranche de saumon; 
marinez-hn avec huile, persil, ciboules,. 


114 CUISINIÈRE | 


et une feuille de laurier; mettez-la ensuite 
sur le gril; pendant la cuisson, vous l’arro- 
serez avec 8a marinade et la retournerez. 
ayez soin qu’elle ne brûle pas ; lorsqu'elle 
sera cuite, vous la dépouillerez, la dresserez 
et l’arroserez d’une sauce au beurre: parse- 
mez-la de câpres un instant avant de la servir. 

Saumon à l’italienne—La manière de le pré- 
parer et de le faire cuire est la même que la 
précédente. Quand vous aurez dressé votre 
saumon, vous l’arroserez avec une italienne. 
(Voyez cette sauce, au chapitre xII.) 

Saumon au bleu.—Videz votre saumon sans 
lui couper le ventre; lavez-le et essuyez-le 
bien; cela fait, vous le ferez cuire et le ser- 
virez comme le brochet au bleu. Observez 
que pour que votre saumon cuise, il faut le 
faire bouillir très-doucement. 

Saumon au court-bouillon.—Préparez-le com- 
me Je précédent, et faites-le cuire absolument 
comme il est enseigné pour le brochet au 
court-bouillon: vous le servirez de même. 

Saumon en salade.—Prenez du saumon froid 
précédemment cuit au court-bouillon; cou- 
pez-le par tranches minces; dressez et déco- 
rez-le de même, et servez. 

Saumon frais.—Mettez-le dans l’eau bouil- 
lante avec une cuillerée de selet un peu de 
vinaigre ; en le piquant légèrement avec la 
fourchette, vous verrez s’il est cuit. Il se 
mange avec sauce au beurre, ou vinaigre, 


_ CANADIENNE. 115 


u-ile, jus de champignon, puivre rouge et 
moutarde; on coupe des œufs durcis, pour 
orner le plat et on y place aussi du persil vert. 

Saumon märiné.—Si vous avez tait cuire un 
gros Saumon, il vous en restera dans le plat 
servi; prenez ces morceaux, ietez-les dans du 
vinaigre chaud avec poivre, sel, clous, têtes 
de clous, poivre rouge, moutarde en graine, 
et un peu de gingembre; placez cela sur le 
feu pendant un quart d'heure ; l’ayant retiré, 
couvrez et gardez pour manger froid, soit à 
souper ou à déjeuner. 

SOLES frites.—Nettoyez et videz bien vos 
soles, trempez-les dans du laït, farinez-les des 
deux côtés et mettez-les dans la friture bien 
chaude; couvrez un plat d’une serviette: 
vous dresserez vos soles sur cette serviette 
avec des citrons entiers. 

Soles sur le plat.—Fendez par le dos des 
soles que vous aurez vidées et nettoyées; in- 
sinuez-leur dans le corps des fines herbes 
hachées et passées dans le beurre; placez-les 
sur le dos dans un plat au fond duquel vous 
aurez étendu du beurre frais; graissez-les 
avec du beurre fondu; saupoudrez-les de 
chapelure, de sel et d’épices fines ; arrosez- 
les de vin blanc et de bouillon, puis mettez- 
les cuire au four, ou entre deux feux sous le 
four de campagne. 

TANCHE grillée. — Pour l’écailler, faites 
bouillir de l’eau dans un chaudron: mettez 


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à anne mtte - - …. _— actus. F eu … - . 
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116 | CUISINIÈRE 


Ja dans l’eau bouillante, couvrezlechaudron, 
et mettez un poids sur le couvercle; retirez- 
la après l'y avoir laissée un moment; écail- 
lez-la en commençant par le côté de la tête, 
prenez garde d’enlever la peau et de l’écor- 
cher; après cela, videz-la, lavez-la bien, et 
Ôtez les nageoires et les ouïes; faites-la cuire 
sur le gril, comme les autres poissons, et ser- 
vez-la avec les mêmes sauces. 

Tanche à l’étuvée.—-Préparez-la comme la 
précédente; quand cette opération sera faite, 
vous ferez cuire et dresserez votre poisson. 

THON frais de diverses façons.—On le pré- 
pare, on l’accommode, on le sert ordinaire- 
ment comme le saumon. (Voyez Saumon.) 

Thon mariné en salade.—Vous le coupez et 
le parez comme le brochet en salade; servez- 
le avec un huilier. 

Thon à la provençale.—Arrangez votre thon 


‘sur le plat que vous devez servir avec d’ex- 


cellent beurre, persil et fines herbes bien ha- 
chés ; panez-le de mie de pain, et faïites-lu 
prendre couleur sous un four de campagne. 
TRUITE.—La truite commune a la chair 
blanche, et la saumonée l’a rouge: les ap- 
prêts sont les mêmes pour les deux espèces. 
On les fait cuire dans un court-bouillon, et 
on les sert avec une rauce, comme tous les 
autres poissons qui se mettent au court-bouil- 
lon, On peut aussi les faire cuiresur le gril, 
et on les sert avec un ragoût maiïgre. Les 
truites s’accommodent quelquefois au gras, 


CANADIENNE. 117 


comme le saumon frais; en général, elles 
s'accommodent comme ce dernier poisson; 
aussi renvoyons-nous à son article pour les 
autres détails; nous nous contentons de dire 
ici comment on prépare la truite avant de la 
faire cuire. 

Après l'avoir vidée, sans lui ouvrir le ven- 
tre et sans l’écailler, vous la laverez et l’es- 
suierez bien; ayez soin de lui ficeler la tête. 

zruite (grosse).—Coupez-la par morceaux, 
tranchez des oignons, mettez un morceau de 
beurre, des épices, un peu de farine, et faites 
cuire pendant une heure à petit feu; au mo- 
ment de la tirer, ajoutez un verre de vin de 
Porte. “ 

TÜRBOT au court-bouillon.—Après avoir 
ôté les ouïes, faites une ouverture au ventre 
du côté noir et ôtez les boyaux du même côté ; 
enlevez, par le moyen d’une incision au dos, 
un nœud de son arête, et coupez le plus d’a- 
rêtes transversales que vous pourrez; bridez- 
lui la gueule avec une aiguille, et frottez-le 
avec du citron ; ensuite mettez-le dans une 
turbotière, faites-le cuire dans une eau de sél 
légère et tirée à clair, et ajoutez. une ou deux 
pintes de lait; faites-le partir sur un grand 
feu, que vous couvrirez peu après, en prenant 
bien garde qu'il ne bouille, car votre turbot 
se romprait lorsqu'il serait cuit. Vous l’é- 
gouttez un quart d'heure avant de servir, et 
après l’avoir débridé, vous le mettez sur une 
planche couverte d’une serviette; vous gar- 


118 CUISINIÈRE 


nissez les parties défectueuses avec du persil 
en branches et le servez soit avec une sauce 
blanche aux câpres et aux anchoïs dans une 
saucière, soit simplement avec un huilier. 


en — 


CHAPITRE IX. 


DES COSSETARDES, CHARLOTTES, PUDDINGS, ETC. 


Bagatelles.—Prenez un rang de pain de sa- 
vole, mettez dessus un rang de crême jaune, 
faites une crême fouettée avec beaucoup de 
sucre et mettez ceite crême par-dessus. 

Charlotte.—Après avoir beurré le fond et le 
tour de votre moule, vous le garnirez de 
croûtons frits taillés de façon qu’ils forment 
un second moule après la cuisson; remplis- 
gez le moule de marmelade de pommes, et 
recouvrez de morceaux de mie de pain tail- 
lés de telle façon que votre marmelade soit 
couverte entièrement ; mettez sur un feu 
doux, ayant eu soin de mettre sur votre 
moule un couvercle avec du feu; vous la 
laisserez cuire pendant une demi-heure, puis 
la servirez en iarenversant sur un plat. 

Charlotte russe.—Prenez six œufs, battez-les 
gynes avec une tasse de sucre bien pilé; 

ites bouillir trois chopines de lait: lorsque 


tez ( 


vou: 


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CANADIENNE. 119 


le lait aura bouïilli, ajoutez-y en le brassant 
une once de colle de poisson (isinglass), et 
lorsqu'elle sera fondue, versez ce lait sur vos 
œufs en brassant le tout ensemble. Faites 
rendre ceci comme une crême jaune, versez- 
a dans un plat creux et laïssez-la refroidir, 
ayant soin de la brasser de temps en temps 
pour qu'elle n’épaississe pas trop. Battez en- 
suite vos blancs d'œufs avec une tasse de 
sucre et trois demiards de crême. Quand elle 
sera bien fouettée, mêlez-la à votre crême 
jaune en les brassant bien ensemble, et met- 
tez de la vanille à votre goût. Vous aurez 
eu soin de foncer et garnir le dedans d’un 
moule avec des biscuits à la cuiller (ladies’ 
fingers) et versez votre crême dedans. Lais- 
sez-la prendre, et quand elle sera prise, si 
vous avez de la difhiculté à la retirer, appli- 
quez un linge chaud sur le fond du moule ou 
un fer chaud pendant quelques minutes. 
Pour réussir à garnir votre moule, préparez 
vos biscuits de telle façon qu'ils ne laissent 
pas d’espace.entr’eux; pour cela il faut leur 
couper les côtés de telle manière qu’ils puis- 
sent s’ajuster l’un contre l’autre sans laisser 
de vide entr’eux, tant autour que dans le 
fond du moule. Si après toutes ces précau- 
tions, il arrivait qu’il y eût des vides entre 
les biscuits du fond, il faudrait les remplir 
avec des miettes de ces biscuits. Il y en a 
qu préfèrent de la gelée dans le fond; il fau- 
rait dans ce cas la faire prendre d’avance. : 


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120 CUISINIÈRE 


dans le fond du moule. Ce démêlé vous don- 
nera à peu près deux petits moules. Servez- 
vous d’un moule rond tout uni, de la hau- 
teur de vos biscuits. 

Cossetarde.— Faites bouillir une pinte de 
lait pour six œufs avec sucre fin; jetezle lait 
bouillant en brassant doucement, mettez un 
peu de cannelle et muscade; faites prendre 

ans un plat à potit feu, sans bouillir. 

Cossetarde aux amandes amères. — Faites 
bouillir une chopine de lait, que vous jette- 
rez sur quelques tranches de pain blanc, avec 

os comme un œuf de beurre; de la cannelle, 

e la muscade, une cuillerée d'amandes 
amères pilées, écorce de citron, un demi-verre 
d’eau-de-vie, huit œufs battus, ôtant trois 


blancs, mélez-y de la farine et battez le tout 


ensemble une demi-heure, avec un peu de 


_ sucre, plus épais que des crêpes; tremper un 


linge dans l’eau chaude, et poudrez-le de fa- 
rine. Faites bouillir pendant deux heures. 
Sauce ordinaire ou sirop d'érable. 

Cossetarde éronomique.—$Six onces de suif 
haché fin, six onces de raisins épurés, buit 
onces de corinthe, trois onces de mie de pain, 
trois onces de fleur, trois œufs, un peu de 
muscade et macis ave cannelle, une demi- 
cuillerée à thé de 56, un peu moins d’une 
chopine de lait, quatre onces de sucre, et un 
peu de citron; mêlez le tout ensemble, et 


faites bouillir dans un linge beurré pendant 
l’espace de deux heures. 


CANADIENNE. 121 


Moules au naturel.—Préparez vos moules et 
mettez-les dans une casserole avec leur eau, 
assaisonnez-les de gros poivre et laïssez-les 
cuire à feu doux, en les remuant de temps à 
autre. Ajoutez du jus de citron ; remuez-les 
de nouveau; laissez-leur prendre du goût, et 
servez-les sans autre sauce. 
Plumpouding—Une douzaine d'œufs bien 
battus, six cuillerées de fleur, trois demiards 
de lait frais, du raisin suivant le goût, de la 


muscade et cannelle, un peu d’écorce d’orange 


bien pilée, un peu de suif demouton; ébouil- 
lantez votre sac, et faites bouillir pendant 
trois heures ; au bout d’une demi-heure que 
votre pouding aura bouilli, tournez-le, et 
brassez le sac, afin que le raisin se mêle. 
Pouding cuit au four—Prenez cinq œufs, 
ôtez un jaune, prenez cinq cuillerées de fleur, 
du sucre au goût, de la muscade râpée un 
peu grosse, du gingembre si vous voulez, 
deux cuillerées de bon beurre fondu; battez 
le tout un peu longtemps, ajoutez ensuite une 
chopine de crême ou de bon lait frais ; battez 
de nouveau pour mêler le tout, graissez un 
plat, qu’il soit assez grand pour n'être pas ab- 
solument plein, qu’il s’en manque environ 
un bon doigt; alors versez le tout et faites 
cuire dans un four ou poêle un peu chaud. 
Pouding bouilli.—Huit œufs, un quarteron 
de sucre, battez votre sucre avec les œufs et 
mettez la farine miette à miette jusqu’à ce 
que la pâte soit un peu épaisse; faites bouil- 


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122 CUISINIÈRE 


lir une chopine de lait avec de la cannelle et 
jetez-le dessus pour rendre votre pâte comme 
pour des crêpes très-épaisses ; muscade et 
sucre à votre goût ; laissez lever le tout une 
demi-heure ; lorsque l’eau bout, mettez 
cette pâte dans un linge bien attaché que 
yous aurez eu soin de tremper dans l’eau 
bouillante, vous aurez aussi la précaution de 
le beurrer assez épais, de le poudrer d’un pe- 
tit doigt de farine afin d'empêcher l’eau de 

énétrer et vous mettez votre pouding bouil- 
ir dans cette eau pendant une heureet de- 
mie. L'on peut y ajouter, si l’on veut, du 
raisin. | 

Pouding aux raisins.—Une pleine tasse à 
thé de farine, six œufs, ôtez deux blancs, gros 
comme un jaune d'œuf de beurre, un verre 


de franche eau-de-vie, sucre, cannelle, mus- 


cade, raisin à votre goût, du lait assez pour 
former de tout cela une pâte bien épaisse: 
ensuite mettez le tout dans un linge trempé 
dans l’eau bouillante et enduit de beurre et 
de farine ; attachez-le bien serré, jetez-le dans 
l’eau bouillante, et faites bouillir ane heure 
et demie. 

Pouding aux pommes. — Prenez une demi- 
terrinée de pommes, les épluchez et hachez 
bien menues; prenez une demi-terrinée de 
farine, cassez un quarteron de beurre par pe- 
tits morceaux dedans, prenez de l’eau froide 


et délayez cette farine ie pouvoir la rouler 


aur une table, étendez-la une fois plus longue 


re. 


CANADIENNE. 123 


que la: e+ ; étendez un lit de pommes saupou- 
drées de muscade, sucre et cannelle pilés, 
jusqu’à ve que vos pommes soient employées, 
roulez ensuite votre pâte et fermez-la à cha- 
que bout; enfermez-le dans un linge mouillé 
et préparé comme on fait pour les autres 
putes à puis mettez-le dans l’eau bouil- 
ante, où vous le laisserez trois heures, s’il 
est gros, at deux heures et demie, s’il est pe- 
tit. Une sauce à l’ordinaire. 

Pouding aux confitures.—-Tel que l’on lit ci- 
dessus pour les pommes, ayant soin que le 
linge soit bien attaché pour que l’eau n’y 
puisse pénétrer. On peut préparer la pâte 
avec suif et un peu de lait, et employer telle 
confiture que l’on voudra. 

Pouding au pain.—Vous battez huit œufs 
avec du sucre, de la cannelle et dela muscade, 
vous y mettez du lait frais, assez pour em- 
ployer le plat dans lequel vous faites votre 
pouding, ce plat doit être « faïence ; coupez 
des tranches de pain bien minces sur les- 
quelles vous étendez du beurre et par-dessus 
une cuillerée de confitures, un lit de pain au 
fond et un lit de lait alternativement; obser- 
vez que le dernier lit doit être de pain comme 
il l’est au fond ; si le feu est ardent il ne lui 
faut qu’un quart d'heure, et vous ne le faites 
cuire qu’à l’heure du dîner si vous voulez 
qu’il soit soulevé. | 

Pouding au pain d'une autre façon.—Beur- 
rez des tranches de pain bien minces, mettez 


124 CUISINIÈRE 


un rang de ce pain (le beurre en dessous) au 
fond d’un plat, un rang de tranches couvertes 
de confitures ; alors vous battez bien huit 
œufs, du sucre au goût, gros comme un œuf 
de beurre ; faites bouillir un peu de lait avec 
de la cannelle, un peu d’écorce de citron ; ver- 
sez sur vos œufs, battez ensemble et mettez 
sur votre pain dans votre plat en poudrant 
un peu de muscade ; faites usage des confi- 
tures qui vous plaisent, cela est indifférent. 

Pouding au suif et aux raisins.—Coupez uns 
tranche de pain de l'épaisseur de quatre 
doigts, et après en avoir ôté la croûte, échau. 
dez la mie avec une chopine de lait; ajoutez 
une demi-livre de suif de bœuf ou de mouton 
haché fin, un morceau de beurre gros comme 
un œuf, huit œufs bien battus, et délayez cela 
avec plus d’une demi-livre de farine, une 
 demi-livre de gros raisins et autant de petits, 
de l’écorce de citron si vous en avez, un peu 
de cannelle et muscade, trois grandes cuille- 
rées de sucre fin et un verre d’eau-de-vie; 
échaudez votre linge et poudrez-le de farine ; 
cue le pouding soit plus épais que de la pâte 
à crêpe; attachez-le bien serré, et laïssez-le 
bien bouillir constamment et à grand’eau 
deux neures et demie. 

Pouding aux grillades de bœuf.—Faïtes de la 
pâte avec du suif haché fin ou du beurre, 
à rh un peu de lait, étendez la pâte, puis 
placez-la dans'une tasse graissée, et ajoutez-v 


vos grillades de bœuf que vous aurez fait ro til 


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l 
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CANADIENNE. 125 


Avec assaisonnements ; attachez la tasse dans 
an linge bien serré; faites bouillir deux heu- 
res à grand’eau, et tirez-le avec précaution 
sur un plat. 

Pouding au riz rôti. —-Faites crever une 
demi-livre de riz dans une pinte d’eau, bras- 
sez jusqu’à ce que ce soit bien cuit, ajoutez-y 
une chopine de lait ; retirez du feu en y jetant 
un morceau de beurre, et laissez refroidir. 
Prenez six œufs, un peu de muscade, cannelle, 
écorce de citron et du sucre à votre goût; 
battez tout cela ensemble et mettez-le cuire 
sur un trépied dane le fourneau pendant trois 
quarts d'heure. 

Pouding à la farinr de blé-d’Inde—Ecthaudez 
avec une chopine de lait une demi-livre de 
farine de blé-d’Indn, ajoutant un morceau de 
beurre, un peu de cannelle, quelques éccrces 
de citron hachées fines. Brassez le tout, et 
poudrez de farinn de froment, battez quatre 
œufs ayec deux ruillerées de sucre; brassez 
le tout; beurraz nn plat creux, 6 y ayant 
placé votre porirl'ng, mettez-le sur un trépied 
pour qu’il cuiss lentement pendart trois heu- 
res. La meillsnre sauce pour cæ sortes de 
oudings est Jn sirop d'érable. 


» 


126 CUISINIÈRE 


CHAPITRE X. 


DE LA PATISSERIE EN GÉNÉRAL, 


REMARQUES.—Souvent la farine ext sure et on u 
manque de faire une bonne pâtisserie ; cela peut pro- 5 
venir aussi de ce que la farine est gr'ugée au moulin. Y 

_: On ne doit se servir que de la fleur fine pour les le 
pâtisseries mentionnées dans ce livre. u 
T1 est aussi très-essentiel d’éprouver la chaleur du 
poêle qu du ‘"°7 où l’on doit cuire ces pâtisseries, ce dk 
qui est bien‘. 3en faisant d’abord cvire un petit dé 
* morceau Ge p4.., autrement on s'expose à gâter le de 
tout ; sachez donc bien proportionner la chaleur. p 

Pour dorer les pâtés, tartes, etc., battez un jaune 
d'œuf, une cuillerée de bon lait, un peu de sucre, et 
beurréz la croûte avec une plume. be 

de 

ARTICLE 1®—DES PATES FERMES. 
| ba 
ne pi 

Beignets —Deux douzaines d'œufs, deux li- ne 
vres de beurre, trois livres de sucre; battez qi 
bien les œufs, ajoutez-y le sucre ; faites foudre 
le beurre, et battez bien le tout ensemble : a 
mettez aussi un verre d’eau-de-vie, et un peu _ ü 

mn re gros qu'un jaune d'œuf de perlasse, avec de 

e la fleur pour en faire une pâte, laissez lever 
deux heures; on y ajoute une tasse de lait, tr 


gi l’on veüt. 
: Beignets d’une autre façon.—Prenez six œufs, 


CANADIENNE. 127 


ane livre et demie de sucre, une livre de 
beurre fondu, et assez de farine pour que ce 
soit un peu plus épais que la pâte de crêpes 
une petite cuillerée de soude, un demiard 
d’eau; détrempez le tout, et faites cuire dans 
la graisse. 

Beignets d'une autre manière.—Douze œufs, 
une livre de beurre et une livre et demie de 
sucre fondus ensemble dans deux petits 
verres d’eau chaude; battre les œufs et 
les mêler avec le sucre et le beurre, ajouter 
un verre d’eau-de-vie et un verre de vin blanc, 
deux écorces de citron, un bâton de cannelle, 
de la muscade, et gros comme un jaune d'œuf 
de perlasse, avec de la fleur pour en faire une 
pâte, et laissez lever. : 

Biscuits de composition.—Une livre de fleur, 
une livre de sucre, sept œufs et un verre de 
bonne eau-de-vie: battez le tout et mettez 
dans des petits moules. 

Biscuits au fromage.—Trois jaunes d'œufs, 
battez-les avec sucre fin, des amandes amères 
pilées bien fines, un peu de muscade et can- 
nelle ; préparez une tarte de pâte, et placez ce 
qui précède dedans. | 

Biscuits écossais.-—Une livre de sucre, trois 
quarterons de beurre, les zestes d’un citron, 
un verre d’eau-de-vie, neuf œufs, une livre 
de fleur et une livre de raïsins.  . 3 

Biscuits à l’anglaise.—Troiïs tasses de sue 
trois œufs, une tasse de beurre, une tasse 


128 CUISINIÈRE 

lait, un peu de perlasse ; ne la faites pas aussi 

_ épaisse que la pâte au pain de savoie, et met- 
tez dans des moules. 

Biscuits à la cuisinière.—Prenez une livre et 
un quarteron de sucre, trois quarterons de 
beurre, un demiard d’eau chaude, quatre 
cuillerées de coriandre, une cuillerée à thé de 
soude dissoute dans trg pyperées d’eau 
chaude, trois livres de AE EEtendez la 
pâte très-mince et faites cuire promptement 
dans le four. 

Biscuits au sucre.—Prenez douze œufs, sépa- 
rez les blancs d’avec les jaunes et bâttez les 
blancs jusqu’à ce qu’ils soient en neige; écra- 
sez une livre de sucre blanc et le mettez dans 
vos jaunes; battez-les bien, ensuite vous les 
joignez aux blancs, et vous ajoutez trois quar- 
terons de farine miette à miette en brassant, 
jusqu’à ce que le tout soit mêlé, alors videz à 
moitié dans vos moules, et faites cuire. 

Biscuits à la française.—Battez des blancs 
d'œufs jusqu’à consistance de neïge; battez 
séparément les jaunes avec du sucre en pou- 
dre, à raison d’une once et demie par œuf, et 
mêlez bien avec une once par œuf, de fleur 
de farine ; jetez votre neige dans cette pâte, en 
la tournant jusqu’à ce que le tout se soit par- 
faitement incorporé. 

Cette pâte vous servira pour faire des bis- 

,œuits au moule, on encaisse dans du papier 
blanc. Si vous avez un moule à biscuits de 


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CANADIENNE. 129 


savoie, st que vous en vouliez faire un, vous 
ajouterez un peu de sucre et de râpure de 
zeste de citron, ou tout autre arôme qui puisse 
sonvenir. Les moules se graissent en dedans 
avec un peu de beurre frais avant d’y mettre 
la pâte. 

Biscuits cuits dans la graisse.—Une petite 
cuillerée de perlasse dans quatre grandes 
cuillerées de lait, une demi-livre de fleur, 
quatre grandes cuillerées de beurre fondu, 
quatre œufs, trois cuillerées de sucre. 

Biscuits à la madeleine.—Battez six œufs 
avec trois quarterons de sucre, trois quarte- 
rons de beurre défait en crême, ajoutez un 
verre à vin d’anis bien lavé, un demiard de 
lait, gros comme un dé de perlasse, brassez 
le tout ensemble, avec une livre et demie de 
farine ; laissez lever deux heures près du feu: 
prenez la pâte par morceaux, roulez-la, et 
mettez-la sur une tôle dans le fourneau. On 
eut aussi les faire cuire dans le saindoux 
ouillant. 

Biscuits aux raisins.—Défaites une livre de 


| beurre, une douzaine d’œufs, une demi-livre 


de sucre, battez votre beurre, sucre et œufs 
ensemble pendant une heure, mettez une 
demi-livre de raisins de Corinthe ; jetez la 
farine et le raisin par petite quantité jusqu’à 
ce que votre pâte soit suffisamment séchée, 
ensuite vous la roulez sur une table comme 
pour de ia pâtisserie, coupez vos biscuits 
et les faites cuire. 


130 CUISINIÈRE 


Biscuits d'une pet ER Fear une demi: 
livre de beurre, asséchez-le dans de la farine 
jusqu’à ce qu’elle devienne comme pour du 
riz de pâte; prenez trois jaunes d'œufs, trois 
cuillerées de crême, un peu d’anis et du sucre 
à votre goût ; battez ces quatre choses, ensuite 

renez votre pâte, et miette à miette mettez. 
a dans ce que vous venez de battre, laïssez le 
tout lever une heure, et faites cuire vos bis- 
cuits. 

Biscuits à la crême.—Pour une chopine de 
crême, mettez quatre œufs, du sucre à votre 
goût; faites votre pâte légère et bien mania- 
ble; vous y mettez aussi la grosseur d’un 
jaune d’œuf de beurre, alors coupez vos bis- 
cuits et faites cuire. 

Biscuits à la canadienne.—Prenez une livre 
de beurre, défaites-le, une livre de sucre bien 
écrasé, une douzaine d'œufs frais, battez-les 
avec le sucre jusqu’à ce que ce soit bien mêlé, 
-ensuite vous y ajouterez les blancs en neige, 
un peu d’anis, et vous mettez assez de farine 

. pour former une pâte que vous travaillez: 
alors vous coupez vos biscuits de la grandeur 
qu’il vous plaît, pas trop épais; et faites cuire. 

Biscuits du Palais-Royal.—Prenez six œufs 
frais, mettez-les dans une balance et pesez de 
l’autre côté autant de sucre en poudre bien 
sec, prenez ensuite le poids de trois œufs de 

belle fleur de froment, alors vous séparez les 

‘blancs de vos œufs d’avec les jannes, et les 


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Lg cuire. 
ix œufs 
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œufs de 
arez Îles 
, et les 


CANADIENNE 131 


mettez on neige. vous aurez aussi 1e soin de 
bien baitre vos jaunes ; jetez votre sucre dans 
les blancs en les battant de nouveau, ensuite 
vous y ajoutez les jaunes et la fine fleur miette 
à miette, toujours en battant, afin de bien 
mêler le tout; vous ajoutez une cuillerée de 
jus de citron et quatre gouttes seulement d’es- 
sence de fleurs d’orange, mettez dans vos 
moules, et faites cuire. 

Biscuits bretons.—Prenez un peu moins 
d’une demi-terrinée de farine, délayez-la avec 
de l’eau froide, faites-en une pâte un peu 
épaisse, et fajtes-la prendre dans une poêle 
en forme de crêpe épaisse, observant qu’elle ne 
cuise point ; ensuite vous la pétrissez avec les 
mains ; vous avez eu le soin de battre cinq 
œufs, alors vous les mêlez petit à petit 
dans votre pâte pour l’éclaircir et vous y 
joignez aussi un demi-verre à vin ou un peu 
plus d’eau-de-vie ; lorsque la pâte est suffi 
samment claire, vous emplissez votre poêle de 
graisse ou de beurre, et aussitôt qu’elle est 
bouillante, vous prenez des petits morceaux 
de pommes bien A ntaohéss que vous tranchez 
bien minces et les couvrez de cette pâte que 
vous jetez du bout de votre couteau dans la 
graisse bouillante, et les laissez cuire. Mettez 
un peu de sel en délayant votre farine. 

Biscuits à la bonne femme.—Une tasse à dé- 
jeuner de beurre, deux de sucre fin, trois de 
fleur, six œufs, une petite cuillerée de per: 


122 CUISINIÈRE 


lasse et jus de citron au goût; quand les 
œufs sont bien battus, on y ajoute le sucre et 
le beurre äprès l’avoir défait ; en les brassauit, 
on jette la fleur au fur et à mesure. 

iscuits de mesure.—Deux tasses de crême, 
deux tasses de sucre, trois œufs, et quatre 
tasses de fleur. 

Biscuits aux amandes amères.—Battez dix 
œufs, les jaunes et les blancs séparés, une 
livre de sucre pilé fin, une livre de beurre 
défait en crême, une de farine, environ deux 

randes cuillerées d'amandes amères pilées 

nes, après les avoir échaudées et séchées, 
battez le tout une heure; mettez dans des 
petits moules beurrés et faites cuire à feu 
modéré. 

Biscuits brancock.—Prenez deux tasses de 
farine d’avoine, deux de fleur, une cuillerée à 
thé de gingembre et quatre cuillerées de mé- 
lasse; détrempez le tout avec lait sur ou lait 
de beurre; après quoi vous pouvez y ajouter 
une petite cuillerée de perlasse ou soude, et 
vous les ferez cuire pendant une heure. 

Biscuits aux épices.—Prenez trois œufs, une 
tasse de sucre, une demi-livre de beurre, une 
cuillerée de toutes sortes d’épices, une cuil- 
lerée à thé de soude, et assez de fleur pour faire 
cette pâte aussi épaisse que celle du pain de 
savoie, que vous brasserez longtemps, et ferez 
ensuite cuire dans des moules ou sur une tôle. 

Biscuits d'une autre façon.—Prenez un de- 


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l de- 


CANADIENNE. 


miard de lait, trois œufs, une petite cuillerée 
de levain, et vous y mettez du sucre à votre 
goût, et de la farine: vous détremperez le tout 
comme pour les crêpes. Ces biscuits se cui- 
sent de la même manière que ci-dessus. 
Biscuits de farine d’avoine.—Prenez une pinte 
de lait sur ou caiïllé, une cuillerée de sel, de 
Ja farine d’avoine bien sassée, aves laquelle 
vous ferez une pâte un peu épaisse, une petite 
cuillerée de perlasse que vous dissoudrez avec 
une cuillerée de fleur; beurrez une lèchefrite 
et faites cuire pendant une heure; après quoi, 
vous couperez cette galette par.morceaux. 
Ces biscuits ne se font que pour le souper. 
L'on peut y ajouter, si l’on veut, un peu de 
ane une cuillerée de crême et quelques 
ices. 
E Bisraile d'une autre espèce. —Un blanc d'œuf, 
deux onces d'amandes et six onces de sucre. 
Biscuits de gingembre.—Quatre œufs, une 
tasse de sucre, une de mélasse, une demie de 
beurre, une demie de crême, une demie de 
gingembre, un morceau de perlasse. | 
Biscuits de farine d'avoine d’une autre façon. 
—Prenez une pinte de lait, trois œufs, une 
petite cuillerée de perlasse, une tasse de fleur 
et de la farine d’avoine; faites-en une pâte 
aussi épaisse que pour des crêpes, ‘‘: faites 
cuire aussi vite que possible dans une lèche- 
frite bien beurrée. Ils se mangent chaud, 


avec lait ou beurre. 


134 CUISINIÈRE 


Biscuits (gros) à l’anis.—Quatorze œufs, trois 
livres de cassonade, trois onces d’anis, trois 
chopines d’eau: ce qu’il en faut aussi pour 
fondre lesucre. Vous avez eu le soin de faire 
la veille un petit levain d’une chopine d’eau. 

Crackers à la soude.—Prenez quatorze tasses 
de fleur, une tasse de saindoux, quat  uil- 
lerées à thé de crême de tartre et deux cuille- 
rées à thé desoude. Mélangez bien ces qua- 
tre choses dans la fleur en y ajoutant trois 
tasses d’eau. Pétrissez le tout convenable- 
ment et faites cuire promptement. 

Galette.—La galette n’est autre chose que 
de la pâte ferme ou feuilletée à volonté, faite 
par les procédés indiqués précédemment, et 

ue l’on étale avec le rouleau, plus ou moins 

paisse selon la grandeur du gâteau. Quand 
ce gâteau est dressé bien rond, mettez sur 
une feuille de papier graissé, pour l’L. vur- 
ner, autrement 1l attacherait. Faites-le cuire 
de belle couleur. 

Gâteau d'amandes.—Faites un trou dans 
votre farine, après l’avoir mise sur la table; 
jetez dans ce trou du beurre, des œufs, quel- 
ques grains de sel, du sucre en poudre et des 
amandes pilées ; pétrissez bien le tout ensem- 
ble, et façonnez-le en gâteau plus rond ; met- 
tez-le sur un papier bien beurré; au sortir du 
four vous lui donnez une belle couleur, en le 

glaçant avec du surre en poudre et la pelle 
rouge. Dr 


trois 
trois 
pour 
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l'eau. 
tasses 
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‘uille- 
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dans 
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CANADIENNE. 185 


On peut employer avec une pinte de farine 
uatre œufs blancs et jaunes, un quartéron 
1x sucre et une demi-livre d'amandes douces. 

bien pilées à sec. 

Gâteau d’'argent.—Prenez une tasse de beurre 
et deux tasses de sucre qué vous mêélerez et 
brasserez ensemble pour en fäire une crême. 
Vous ajouterez à cette crême six blancs d'œufs 
bien battus, une tasse de lait et une cuillerée 
à thé de soude préalablement dissoute dans 
ce lait, puis assez de fleur pour en faire une 
pâte de la consistance de celle du Pound Cake, 
et mélez à cette pâte, en la brassant, une cuil- 
lerée à thé de crême de tartre. Vous pourrez 
donner à ce gâteau le goût qu’il vous plaira, 
en y ajoutant ou citron, ou muscade, ou eau 
de rose, à votre fantaisie. 

Gâteau d’or. — Prenez une demi-tasse de 
beurre et deux tasses de sucre que vous mé- 
lerez et brasserez ensemble pour en faire une 
crême ; ajoutez à cette crême les jaunes de 
six œufs bien battus, et si vous le voulez, 
vous pouvez y mettre en sus un œuf tout en- 
tier, puis ajoutez une demi-tasse de lait frais 
dans lequel vous aurez fait dissoudre une 
demi-cuillerée à thé de soude et assez de fleur 
mélangée avec une cuillerée à thé de crême de 
tartre pour en faire une pâte de la consistance 
de celle d’un Cup Cake. On peut aussi mé- 
langer une cuillerée à thé de clou de girofle, 
de la cannelle et une demi-muscade, avec, soit 


1386 CUISINIÈRE 


raisins ou raisins de Corinthe ou les deux 
ensemble, ce qui est considéré par plusieurs 
comme une amélioration. 

Güteau de mesure. — Prenez une tasse de 
beurre, deux de s'icre, trois œufs, une demi- 
cuillerée à thé de soude dissoute dans une 
tasse de lait frais, une cuillerée à thé de crâme 
de tartre et cinq tasses de fleur. Brassez et 
mélangez le beurre et le sucre ensemble pour 
en faire une crême; ajoutez à cette crême 
deux œufs, les jaunes et les blancs battus 
séparément, puis le lait qui contient la soude, 
et en dernier lieu la crême de tartre et la 
fieur. Mettez cette pâte au four soit en un 
seul pain ou dans de petits vaisseaux de fer- 
blanc. 

Güteau de montagne.—Prenez une livre de 
sucre, une livre de fleur, une demi-livre de 
beurre, six œufs, une cuillerée à th: de crême 
de tartre, une demi-cuillerée à thé de soude et 
une tasse de lait frais. On procédera ensuits 
comme il est indiqué pour faire les autres 
gâteaux. 

Gâteau d'Oho.—Prenez cinq tasses de fleur, 
cinq œufs, une tasse de beurre, trois tasses de 
sucre, une cuillerée à thé de soude, une tasse 
de crême sure et une muscade. Procédez pour 
. le faire cuire tel que pour les autres gâteaux. 

Güteau de gingembre.—Prenez deux tasses 
de mélasse, une tasse de beurre fondu, un 
œuf. une tasse de lait frais, une cuillerée à thé 


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CANADIENNE. 137 


de soude, une cuillerée à thé de creme de 
tartre, deux cuillerées de gingembre moulu et 
de la fleur suffisamment pour en faire une 
pâte de bonne consistance. Il faut faire bien 
attention en faisant cuire cette pâte qu’elle ne 
brûle pas, car si elle brûle, les gâteaux seront 
très-amers au goût. 

Gâteau de riz.—Prenez une pinte de farine, 
près d’une demi-livre de riz crevé au préalable 
dans une partie égale d’eau et de lait, et bien 
refroidi ; six œufs et une bonne demi-livre de 
beurre. Pétrissez le tout et faites-en un gâ- 
teau que vous traiterez comme le précédent. 

Gâteau de Portugal.—Mettez une livre de 
farine avec une livre de sucre écrasé, battez- 
les avec une livre de beurre frais jäsqu’à ce 
qu’ils soient aussi fins que ‘du pain émietté, 
mettez deux cuillerées d’eau de rose ou autre, 
deux de vin blanc, dix œufs bien battus avec 
des verges, mettez dedans une demi-livre de 
corinthe, et mettez le tout ensemble, graissez 
vos moules, ne les emplissez qu’à moitié et 
faites cuire. Si vous voulez, on reut y mettre 
des amandes blanches pilées. 

Janoises.—Prenez trois œufs et leur pesan- 
teur de sucre blanc, autant de beurre, délayez 
le tout ensemble, mettez-y de la farine pour 
asécher cette pâte, ensuite, l'ayant étendue, 
ss avec un verre et faites cuire sur une 
tôle. 

Macarons en cannellon.—On les fait en pilant 


138 CUISINIÈRE 


une demi-livre d'amandes douces, que vous 
arroserez avec un blanc d’œuf, en en mettant 
qe à la fois, vous les fouetterez après avec 

emi-livre de sucre fin en poudre, deux onces 
de farine de riz et quatre blancs d'œufs fouet- 
tés, et les dresserez sur du papier comme un 
bâton court de cire; vous les glacerez d’une 
glace blanche, et vous remettrez un moment 
au four pour la faire sécher. 

Macarons à «a canadienne.—Prenez une de- 
mi-livre d'amandes amères et autant de dou- 
ces, que vous échauderez, éplucherez et pile- 
rez une fois sèches, assez fines pour qu'elles 
passent dans la passoire, sep blancs d'œufs. 
trois livres de sucre blanc; battez le tout une 
heure, et faites cuire à petit feu sur papier 
blanc, et de distance en distance. 

Macarons d'une autre façon.—Un quarteron 
d'amandes amères bien pilées et mélées dans 
un quarteron de sucre aussi pilé, quatre blancs 
d'œufs battus en neige ; faire la pâte bien dure 
en l’asséchant avec du sucre. 

Massepains et Macarons.—Faites sécher à 
l’étuve un quart d’'amendes amères sur trois 
quarts d'amandes douces, les unes et les au- 
tres très-bien mondées ; formez ensuite une 
pâte en les pilant et les humectant à mesure 
avec du blanc d’œuf fouetté. Vous aurez le 
même poids de sucre, dans lequel, après 
l'avoir fait clarifier au petit Boulé, vous jet- 
terez votre pâte; faites-la cuire en remuant 


CANADIENNE. 139 


sans cesse, jusqu’à ce qu’elle ne prenne plus 
aux doigts. Dans cet état, vous l’étalerez sur 
la table, où vous aurez semé du sucre en 
poudre. Etendez-la bien mince, et quand 
elle sera froide, vous la couperez par petits 
morceaux de la forme qu’il vous plaira. Il 
faut les passer au feu pour achever de cuire, 
et les glacer. 

. Les macarons ne diffèrent des massepains 
que par la forme: on les taille en rond un 
peu bombé vers le milieu supérieur. 

Massepains aux confitures.—La seule diffé- 
rence entre ceux-ci et les précédents est qu’au 
lieu de fruit on met le même poids environ 
de confiture ou de marmelade. 

Massepains au chocolat.—Ces massepains ne 
diffèrent des LE mp pue simples qu'en ce 
ne y ajoute du chocolat en poudre pen- 

ant la cuisson. 

Massepains aux différents fruits. —Ils se pré- 
parent comme les précédents. Après avoir 
jeté la pâte d'amandes dans le sucre clarifié, 
ajoutez-y un tiers en poids du fruit que vous 
voudrez, écrasé et passé au tamis. 

Pain de Savoie commun.-—Une livre desucre 
blanc râpé, une livre de fine fleur, trois quar- 
terons de beurre défait en crême, une douzaine 
d'œufs, les blancs battus en neige, et les jau- 
nes aussi battus à part; mettez-le tout ensem- 
ble et battez plus d’une heure en y ajoutant 
un verre d’eau-de-vie; ensuite, beurrez le 


140 CUISINIÈRE 


dedans du moule, placez un morceau de papier 
blanc beurré au fond, jetez-y de la prépara- 
tion ci-dessus à la moitié du moule, et faites 
cuire deux heures par un feu modéré. 

Si on désire le glacer, on prend du blanc 
d'œuf battu avec du sucre pilé, et un peu de 
jus de citron que l’on met dessus un quart 
. d'heure avant de le retirer du feu, ce qui fait 
un ornement. On en fait autant des maca- 
rons: si c’est le goût, on suivra cette direction 
pour les suivants. 

Pain de Savoie (imitation de).—Prenez un 
quarteron de beurre, un quarteron de sucre, 
trois œufs, un demiard de lait froid, une petite 
cuillerée à thé de soude dissoute dans le lait, 
trois tasses à café de fleur, une cuillerée à thé 
de crême de tartre, un peu de sel et quelques 
gouttes d'essence de citron. Cette quantité 
suffit pour faire deux pains. Faites cuire vite, 
mais que votre four ne soit pas trop chaud. 

Pain de Savoie d'une autre façon.—Une demi- 
livre de farine, autant de sucre blanc écrase, 
six œufs, une demi-livre de beurre, battez les 
blancs et les jaunes séparément, méêélez-les 
ensuite, ajoutez-y le sucre et le beurre défait, 
joignez-y la farine miette à miette, surtout 
qu'elle soit sèche et bien fine, un verre de 
franche eau-de-vie, laissez le tout une heure 
dans la poêle et il sera cuit. 

Pain de Savoie à la fleur de patates.—Un 
| ordtiée de sucre pilé, trois onces de fleur 

e patates, six blancs et quatre jaunes d'œufs. 


A LME à 


papier 
épara- 
; faites 


blanc 
peu de 
| quart 
ui fait 
maca- 
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1ez un 
sucre, 
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demi- 
ÉCI'ASE, 
tez les 
lez-les 
défait, 
urtout 
re de 
heure 


—Un 
> fleur 
œufs, 


CANADIENNE. 


Pain de Savoie à la Fournier.—Quatorze œufs 
frais, les blancs à part, battez les jaunes avoc 
une livre de sucre blanc écrasé bien fin, fouct- 
tez les blancs à part ; mettez les jaunes avec, 
ensuite une livre et un quarteron de fleur : 
que vous mettez miette à miette; battez bien 
ce mélange, bevrrez votre moule et le mettez 
à moitié; on peut le laisser deux heures cuire 
sur un feu modéré sans le couvrir. 

Pain de Savoie à la farine d’avoine.—Prenez 
une pinte de lait, une pinte de farine d’avoine, 
quatre œufs, une cuillerée de fleur; battez 
cela ensemble, et faites cuire dans une poêle. 

Pain de Savoie d'une autre espèce. —Prenez 
autant de farine d’avoine que de fleur, un peu 
de sel, et détrempez cela avec lait doux ou 
lait de beurre, une petite cuillerée de perlasse, 
et faites cuire comme ci-dessus. ; 

Pâte brisée—Faites fondre une demi-livre 
de beurre dans un demiard de lait, jetez cela 
chaud dans une livre de farine, travaillez le 
tout pour l’employer à votre goût, de l’épais- 
seur d’un demi-doigt; si l’on veut la rendre 
plus amollie, on y ajoute un peu de saindoux. 

Pâte feuilletée.—Quelques personnes font la 
pâte feuilletée, livre de beurre pour livre de 
farine, avec une chopine d’eau glacée, et la 
préparent au froid, ce qui la fait bien riche. 

Pâte feuilletée à la manière de Fournier le cui- 
ginier.—Une demi-livre de beurre pour une 
livre de farine; délayez votre farine avec de 


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142 ner CUISINIÈRE 


j’eau froide, ensuite amollissez votre beurre, 
faites-en une galette, mettez-le dans votre 
pâte, remiployez la pâte par-dessus, puis laiïs- 
sez-la reposer, roulez-la une couple de fois, et 
laissez-la encore reposer ; après cela vous rou- 
lerez trois fois, toujours la pliant en deux 
chaque fois, une fois sur un sens et une fois 
sur l’autre; lorsque vous l’avez travaillée cinq 
fois de cette manière, vous l’employez. 

Pâte feuilletée à la manière de Marcelais.— 
Prenez une livre de beurre bien battu et sans 
eau, broyez-le avec une livre et demie de 
farine, ajoutez-y une chopine d’eau glacée, 
une pincée de sel, si votre beurre n’est pas 
trop salé; étendez cela mince, faïites-en un 
rouleau, ramenant les deux extrémités en- 
semble, battez la pâte et laissez-la reposer; 
faites ensuite autant sur le travers, puis rou- 
lez-la trois fois de la même façon. On l’em- 
ploie de l’épaisseur d’une ligne à deux lignes. 

Pâte jerilletée à la manière de Mme Tulloch. 
—Une ivre de farine dans un vaisseau avec 
une chopine d’eau glacée, délayez et étendez 
cela de l'épaisseur d’un demi-doigt; ayant 
préparé en palettes minces trois quarterons 
de beurre pressé, couvrez de petits morceaux 
ça et là la pâte étendue, que vous plierez alors 
comme l’on fait d’un mouchoir que l’on re- 
pue : renouvelez ce procédé par trois fois, et 

attez la pête. L’ayant laissée reposer quel- 
que temps, vous la couperez en deux ou en 


2 


CANADIENNE. 143 


gtesve, plaçant les morceaux l’un sur l’autre, 
aussi égaux que possible ; puis vous étendez 
le tout de l’épaisseur d’un demi-doigt, à votre 
besoin. 

Si vous préférez ne pas la couper, vous 
pourrez l’étendre deux autres fois, sans y 
ajouter plus de beurre, de manière qu’elle ne 
soit pas dure. : 

Pâte ferme.—Pétrissez une livre de farine 
avec un peu moins d’une livre de beurre, et 
ajoutez-y très-peu d’eau froide et suffisante 
quantité de sel. Battez bien cette pâte, rou- 
lez-la, et ayant soin qu’elle soit très-ferme. 

Pâte feuilletée. —Prenez livre de beurre pour 
livre de farine; pétrissez votre pâte bien 
molle, en y ajoutant de l’eau froide; aplatis- 
sez-la avec le rouleau, en feuille pas plus 


épaisse qu’une pièce de trente sous. Beurrez 


bien la superficie, et farinez-la ; vous la plierez 
en deux, la roulerez de nouveau, et recom- 
mencerez à beurrer et fariner autant de fois 
que vous voudrez donner de feuilletage a 
votre pâte. Le moins est trois. 

Pâte brisée.—Etendez votre farine sur la ta- 
ble; faites un trou au milieu, et mettez-y 
pour un quart cinq quarterons de beurre 
rompu en petits morceaux, une once de sel, 
et suffisante quantité d’eau pour faire une 
pâte bien épaisse. Maniez petit à petit, puis 
Een de toutes vos forces. Il convient 

e n’employer cette pâte qu'environ deux 
heures après sa confection. 


14 CUISINIÈRE 


Pâte croustillante—Mettez votre farine sur 
la table et faites un trou au milieu; jetez 
dans ce trou votre beurre en petits morceaux, 
à raison de trois qnarterons par livre de fa- 
rine; un peu d’eau et deux blancs d'œufs 
battus jusqu’à consistance de neige, avec un 
quarteron de sucre en poudre et une petite 
pincée de gomme arabique tamisée. Maniez, 
pe pétrissez pendant l’espace d’une demi- 

eure. 


Pâte croquante.—Pétrissez des amandes pi- 


lées bien sèches, avec poids égal de sucre en 
eee en humectant peu à peu avec des 

lancs d'œufs fouettés et quelques gouttes de 
fleur d'oranger, plus ou moins selon sa force. 
Faites évaporer cette pâte à petit feu dans 


. une bassine; puis mettez-la en pain sur la 


table, pour la laisser refroidir avant de l’em- 


"dm 
âte pour les brioches.—On commence par 
faire un levain.. Pour cet effet, mettez en tas 
sur la table à peu près le quart de votre fa- 
rine; faites un trou au milieu; mettez de la 
levure de bière dans le trou, et incorporez-la 
bien avec la farine, en versant de l’eau tiède 
dessus et pétrissant bien. Cela fait, vous 
mettrez votre pâte dans une sébile, ferez deux 
ciselures en croix dessus, la couvrirez d’un 
linge et la laisserez lever. On emploie une 
once de levure par livre de farine. | 
Lorsque votre levain aurs acquis la qualité 


CANADIENNE. 145 


/ auise, pétrissez séparément le surplus de 


arine qui n’y a point été employé, avec 
beurre, œufs, sel fin; joignez-y votre levain; 
repliez le tout plusieurs fois, en saupoudrant 
de farine. Laissez reposer cette pâte pendant 
huit heures au moins avant de la façonner 
en brioches. 

On met ordinairement pour livre de farine 
an fort quarteron de beurre très-fin, trois 
œufs et deux gros de sel. ur 

Pâte pour les pâtés.—Prenez, pour un demi 
minot de farine, deux livres de beurre et une 
livre de graisse de bœuf; faites fondre beurre 


et graisse, et écumez-les bien avant de les : 


incorporer avec votre farine ; ajoutez six ja 
nes d'œufs, et suffisante quantité d’eau très-! 


chaude; pétrissez longtemps et roulez à plus, 


sieurs reprises. | 

Pûté chaud.—Faites une abaisse de pâté de 
la grandeur que vous voudrez; couvrez-la 
d’une farce, et arrangez dessus les viandes 
dont vous voulez faire votre pâté chaud ; épi- 
cez-le de bon goût; ajoutez un bouquet garni 
et beaucoup de beurre; des bardes de lard, 
des tranches de jambon et de veau; relevez 
les bords du pâté, et fermez-le avec une 
seconde abaisse. Vous l’ouvrirez comme la 
tourte, pour donner passage à la fumée inté- 
rieure; et de même encore, lorsqu'il sera 
entièrement cuit, vous en Ôôterez le bouquet, 
le lard, les tranches de jambon, de veau, et 


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146 CUISINIÈRE 


les remplacerez par le ragoût qui vous con. 


viendra. 

Püûté froid.—Faites une farce avec plus de 
lard que de viande, le tout bien haché ensem- 
ble et épicé de bon goût, en y ajoutant un 

eu d’aromates pilés; faites ensuite revenir 
es viandes dans une casserolle avec du 
beurre; quand elles seront refroidies, vous 
les dresserez sur l’abaisse comme il est dit à 
l’article précédent, en observant de remplir 
tous les vides que formera la viande avec la 
même farce que vous aurez mise dessous; 
couvrez de bardes de lard, et faites évaporer 
la fumée. 

Pâté de patates.—Pilez vos patates bien cui 
tes avec poivre, sel, beurre ou crême, en mar- 
mielade. Mettez-la dans la pâte, et faites 
cuire. Si on aime l'oignon, on en peut met- 
tre avec du persil. 

Pâté de poulets.—Coupez votre poulet en 
huit morceaux, et procédez comme pour ls 
pâté au mouton. 

Pûté de mouton.—Faiïites revenir vos mor: 
ceaux de mouton dans la poêle avec sain- 
doux, les ayant poudrés de farine, avec poi- 
vre, sel et têtes de clous; quand ils seront 
rôtis, ajoutez persil, thym, marjolaine, avec 
un demiard d’eau ; si vous trouvez que c'est 
assez assaisonné, faites bouillir le tout un 
moment, et jetez-le dans un plat creux garni 
de quatre doigts de pâte autour; couvrez de 


3 CON: 


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CANADIENNE. | 147 


pète, laissart une ouverture au milieu, pour 
un bouquet de pâte, que vous lèverez avec 
soin, quand le pâté sera cuit, pour jeter un 
peu de jus que vous aurez conservé; ce qui 
empêchere votre pâté d’être sec. 

Pâté de veau.—Même procédé que pour le 
pâté au mouton ci-dessus, mais vous y ajou- 
terez de petites tranches de lard, le veau 
n'étant pas aussi gras que le mouton. On 
coupe le veau par tranches, et on de hache 
bien mince. 

Pâté de porc frais—On hache le porc frais 
fin avec oignon et assaisonnement, on le fait 
revenir dans la poêle, ensuite dans un plat 
garni de pâte que l’on couvre comme les 
pâtés ci-dessus. 

Pâté aux oiseaux blancs.—A près avoir plumé, 
éventré et lavé dix-huit oiseaux, hachez du 
filet de cochon avec un peu d’oignon, persil, . 
poivre, sel, thym, sarriette, et faites revenir. 
avec les oiseaux dans la poêle avec saindoux. 
et farine. Vous ajouterez plus tard six quil | 
lerées d’eau, et ferez bouillir tout cela ; ensuite 
placez-les dars un plat entouré de pâte ; cuis 
sez au four ou fourneau. At on 

Pâté aux grillades de bœuf.—Après avoir 
bien battu de petites tranches de bœuf, faites- 
leur jeter un bouillon, avec poivre et sel, envi- 
ron une demi-heure dans l’eau; is ayant 
retirées, poudrez-les de farine ; vous leur faites 
prendre couleur avec du saindoux dans la 


miss 


RS DRASS D RE CT entre ap - 


- clous 


148 CUISINIÈRE 


pes et les remettant dans le jus vec têtes 
e clous, persil, thym et marjolaine, placez- 
les dans votre plat à pâte, comme ci-dessus. 

Pâtés de Noël.—Faites cuire une langue de 
bœuf fraîche, jusqu’à ce que vous puissiez la 
pus : bachez-la avec une demi-livre de suif 

ien fin, ajoutez une livre de sucre pilé, une 
de gros raisins, dont vous extrairez les grai- 
nes et couperez avec autant de raisins de Co- 
rigthe, que vous aurez soin de bien laver, 
éplucher et sécher sur un linge, en les frot- 
tant avec la main, pour ôter les petites sale- 
tés; pelez dix-huit pommes fameuses, que 
vous hacherez bien fines, pilez une muscade, 
un bâton de cannelle, du macis, du clou, de 
la tête de clous, mettez encore deux pincées 
de sel fin, l'écorce de deux citrons râpés, une 
chupine d’eau-de-vie, et une de vin blanc; 
brassez le tout comme il faut; ça se conser- 
vera couvert, et au froid, durant plusieurs 
mois, et vous vous en servirez au besoin. On 
en fait des pâtés couverts dans des vaisseaux 

lats. On y ajoute sucre et épices au goût. 
On les fait cuire au four ou fourneau et on 
les mange toujours chauds. 

Pâtés gras aux huîtres—Vous coupez un 
poulet par morceaux ; poudrez-les de farine, 
passez-les dans la oële avec saind  ; met- 
tez-y pois persil, sarriette, th :, têtes de 

votre goût ; retirez du feu ; ayant coulé 
l’eau des huîtres, vous la mettez dans la poêle 


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CANADIENNE. 149 


avec mie de pain et les huîtres; placez cette 
préparation de poulet et huîtres dans un plat 
creux avec pâte à l’entour, et non au fond ; 
couvrez de pâte et faites cuire comme les 
autres ci-dessus. 

Pâtés maigres aux huîtres. — Ayant coulé 
l’eau des huîtres, faites frire un oignon dans 
du beurre, M mie de pain, poivre, per« 
sil, jaunes d'œufs battus, et brassez le tout 
ensemble. Placez dans le plat comme dit 
plus haut, etc. 

Pâté de pieds de veau.—Faites bouillir des 
pieds de veau bien tendres ; hachez-les avec 
un jeu de suif de bœuf et quelques pommes 
épluchées, hachées et assaisonnées avec de la 
cannelle et muscade, du raisin de Corinthe 
bien nettoyé, un peu de sucre, un verre ou 
deux de vin blanc, et mettez tout ensemble : 
mettez-y votre viande, recouvrez-la et faites 
une pâte feuilletée, mettez cuire dans un plat; 
lorsque la croûte est cuite, il faut le retirer. 

Pâté de mouton.—Prenez une langue ou un 
cou de mouton, coupez-le par morceaux, as- 
saisonnez avec poivre et sel, garnissez un 
plat, mettez-y vos grillades, prenez six œufs, 
quatre cuillerées de fleur, battez-les long- 
temps ensemble, ajoutez une pinte de lait, du 
gingembre, un peu de sel, videz sur vos gril- 
lades ; faites cuire le tout une heure et demie, 

Pâté d’escargot.—Prenez un escargot, lavez- 
le, puis êtez l’intérieur, après l’avoir échaudé 


150 CUISINIÈRE 


pour en énlever l’écaille: hachez la chair 
avec oignon, poudrez de farine, avec poivre 
et sel ; faites revenir cela avec du beurre, et 
quand ce sera rôti, ajoutez un demiard d’eau, 
avec persil, marjolaine, thym et têtes de clous; 
après l'avoir fait bouillir un quart d’heure, 
retirez du feu. On peut aussi y mettre deux 
jaunes d'œufs battus avec de la crême ; ayant 
arrangé la pâte dans un plat creux, placez-y 
tout ce que dessus. 

Pâté en forme de noix.—Môêlez ensemble une 
livre de beurre avec une livre de fleur, ajou- 
tez-y cinq onces de sucre, deux œufs, une 
moyenne cuillerée de levain et du lait suffi- 
samment pour en faire une pâte épaisse, 
laissez lever le tout, ensuite coupez de la forme 
que vous voudrez et faites-le cuire dans la 
graisse, d’un beau jaune. 

Püté royal appelé pâté au chou.—Cette pâte est 
la base de plusieurs sortes de pâtisseries pour 
mêler un nombre infini de plats de différen- 
tes formes et dénominations. 

Prenez un chaudron ou autre vaisseau assez 
grand pour contenir quatre pintes d’eau, ver- 
sez dedans une chopine d’eau-de-vie avec un 
quarteron de beurre frais, deux onces de 
sucre, un peü de sel et l'écorce d’un citron. 
Laissez le tout bouillir jusqu’à ce que le beurre 
soit entièrement fondu ; ensuite prenez de la 
fine fleur que vous sasserez, ôtez l’écorce du 
citron et jetez une poignée de fleur dans cette 


At 04 D AD OEOEE LS 


PA en nl PM) PM) Pré 


CANADIENNE. 151 


épuration pendant qu’elle bout; ayez 
soin cependant de ne pas mettre plus de fleur 
que la préparation peut en absorber. Brassez 
cela avec une cuiller de bois ;usqu’à ce que 
la pâte puisse se détacher du vaisseau, et 
retirez du feu. Ensuite, cassez un œuf dans 
cette pâte et mêlez-le bien, puis un second 
que vous mêlez aussi; ne mettez pas plus 
d'œufs que la pâte peut en absorber. Ayez 
soin de ne pad faire cette préparation trop 
liquide ; il est presque certain que cinq ou six 
œufs seront assez pour cette quantité ; formez- 
la ensuite en choux ou en forme de pelottes; 
comme cette pâte lève beaucoup, il faut les 
arranger sur votre tôle à une distance l’une 
dé l’autre. Dorez-les comme à l'ordinaire, 
avec un œuf battu et du lait; faites cuire dans 
un fourneau d’une chaleur modérée. N'ou- 
vrez pas le fourneau qu'il ne soit entièrement 
cuit, parce qu'il deviendrait plat, détachez-le 
doucement de la tôle: ensuite, faites une 
petite ouverture au côté et introduisez une 
petite cuillerée de confitures au goût; ser- 
vez-les en buisson. 

Petits pâtés—Abattez avec le rouleau, et 
mince comme un sou, de la pâte feuilletée à 
six tours; taillez avec des moules deux abais- 
ses pour chaque petit pâté que vous voudrez 
faire; mettez sur l’une gros comme un dé de 
godiveau ; couvrez-le avec l’autre, et réunis 
sez bien les bords avec le doigt, en les mouile 


152 CUISINIÈRE 


lant un peu; dorez-les à l'œuf ainsi que les 
tourtes, et mettez-les au four sur une plaque 
de fer battu; il. faut très-peu de temps pour 
les cuire. Prenez garde qu’ils ne prennent 
trop de couleur, attendu que le four doit être 
très-chaud. 

Petits pâtés aux amandes.—Epluchez et pilez 
quatre onces d'amandes douces et quelques 
amandes amères avec une cuillerée d’eau, 
ajoutez ensuite quatre onces de sucre pilé, 
une cuillerée de crême et les blancs de deux 
œufs bien battus; mêlez le tout aussi vite que 

ossible. Faites cuire dans de petits plats 

pâté dans un fourneau un peu chaud pen- 
dant environ vingt minutes. 

Tartes.—Etendez la pâte mince dans le fond 
d’une assiette, et placez-y telle confiture que 
vous voudrez ; vous mettez une couverture de 

âte et faites cuire. On peut couvrir de pâte 
es tartes aux compotes. 

Tarte au rognon de veau.—Prenez un rognon 
de veau gras, hachez-le bien fin; étant haché 
vous le mettez dans une assiette creuse ; met- 
tez-y des amandes amères pilées avec mus- 
cade, cannelle, écorce de citron râpée, sucre, 
sel, une mie de pain, un dessus de crême et 
trois œufs; passez le tout dans une casserole 
pour le faire blanchir. Vous en ferez une 
tarte avec de la croûte comme pour les gâ- 
teaux; vous pouvez en faire également avec 
des rognons de mouton. 


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CANADIENNE. 153 


Turte beurrée.—Prenez des grosses pommes 
qui cuisent bien ; quand elles sont cuites, ôtes 
les cœurs et la peau, écrasez la chair, mettez- 
la dans le jaune de six œufs, et le blanc de 
quatre œufs bien fouetté ; pressez dedans le jus 
d’un citron, hachez le reste aussi fin que pos- 
sible, avec du sucre et de la muscade à votre 
goût, faites fondre du bon beurre, et mettez- 
en la quantité nécessaire pour mettre à crême 
épaisse, alors brassez le tout ensemble, faites 
une pâte feuilletée, mettez dans un plat assez 
grand pour tout contenir ; jetez-y vos ingrédi- 
ents, ne le couvrez point; un quart d'heure 
suffit pour le cuire: placez sur un plat, et pou- 
drez du sucre fin dessus. 

Tarte à Lafayette.—Prenez six œufs, battes 
les blancs en neige, et battez les jaunes avec 
trois quarterons de sucre blanc, ajoutez à cela 
deux onces de beurre frais défait en crénfé, et 
mettez deux tasses de fleur et deux cuillerées 
à thé de poudre allemande. Les œufs, beurre 
st sucre doivent être bien battus, maïs une 
fois la fleur ajoutée il ne faut pas battre long- 
temps. Beurrez ensuite deux assiettes de 
ferblanc et étendez deux cuillerées de cette 
pâte également sur chacune et faites cuire. 
Quand elles seront cuites, retirez-les et éten- 
dez des confitures sur le fond de l’une et 
mettez le fond de l’autre par-dessus et vous 
aurez une tarte à Lafayette. 

Cette quantité de pâte vous donnera à peu 
près deux tartes. 


154 CUISINIÈRE 


Tarte aux pommes.—Battez plus de jaunes 
d'œufs que de blancs, avec une bonne mar- 
melade bien cuite ; ajoutez-y suffisante quar:- 
tité de sucre et un peu de muscade râpée, et 
étendez le tout sur une abaïsse de pâte feuil- 
letée à six ou sept tours ; relevez les bords 
comme ceux d’une tourte ordinaire; et met- 
tez au four sur une plaque de fer battu, ou 
une feuille de papier beurrée. 

Tarte aux divers fruits. —Prenez une compote 
de tels fruits que vous voudrez; placez-la sur 
une pâte comme il est dit à l’article précé- 
dent, et traitez cette tourte de la même 
manière. | 

Tarte aux confitures.—Etendez vos confitures 
sur la pâte, et relevez-en le bord tout autour. 
Couvrez-les d’une feuille de pâte bien mince, 
à laquells vous ferez de distance en distance 
quélques petits trous. Faites cuire cette tarte 
ou tourte comme celle aux pommes. Sau- 
poudrez-la de sucre en sortant du four. 

* «Tartelette.—Taïllez une abaïsse de bon feuil- 
. letage comme pour faire les petits pâtés, en 

observant qu’il ne faut qu’un rob de pâte 
pour chaque tartelette; mettez dessus, en 
guise de godiveau, frangipane, confiture ou 
marmelade ; relevez le bord ; croisez le dessus 
de bandelettes de pâte ; faites cuire et glacez 
au sucre avec la pelle rouge. 

Tourtes.—Manière de former, de faire cuire «à 
de dresser toutes sortes de tourtes grasses et mai- 


aunes 

mar- 
quan- 
ée, et 
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Mar 


CANADIENKE. 155: 


gres.—Faites sur la tourtière une abaisse ou 


| fond de her en y étendant une feuille de 


pâte brisée, épaisse comme une pièce de 
trente sous; dressez dessus votre viande ou 
volaille, poisson, ou toute autre chose dont 
vous voulez faire la tourte; remplissez les 
vides avec des boulettes grasses ou maigres, 
selon le cas: épicez de bon goût ; ajoutez un 
bouquet de fines herbes, et couvrez le tout 
de bardes de lard. Cela fait, vous poserez 


par-dessus une seconde feuille de pâte: 


mouillez les bords de l’une et de l’autre; 
incez-les pour les réunir, et faites le bourre- 
et en tournant tout autour avec le pouce. 
Battez un œuf, blanc et jaune, et dorez le 


| dessus de votre tourte avec un doroiïir ou une 


plume. Etant ainsi préparée, vous la met- 
trez dans un four qui ne soit pas trop chaud. 
Retirez-la au bout d’un quart d’heure, et faites 
un petit trou au milieu du couvercle pour 
que la fumée s’évapore ; remettez-la de suite 
au four jusqu’à parfaite cuisson. Quand vous 
l'aurez retirée pour la seconde fois, vous enlè- 
verez le couvercle.en le coupant tout autour 
au ras du bourrelet ; vous dégraisserez votre 
tourte, en ôterez les bardes de lard, le bou- 
quet de fines herbes, at y verserez bien chaud 
le ragoût qui conviendra selon son espèce. 
Tourte de volaille. —Quelque espèce de vo- 
laïlle que vous employiez, coupez-la en deux 
morceaux ou davantage ; faites-la blanchir et 


156 _ CUISINIÈRE 


assez au beurre avec sel, poivre, épices, fines 
Lertec et bouquet garni, puis dressez-la sur 
l’abaisse de votre tourte. 

Les abattis de volaille se préparent de même, 

Tourte de gibier. —Le lièvre se désosse avant 
de l’employer, mais on se contente de rom- 
pre les os du lapin; l’un et l’autre se coupent 
par membres. 

Les bécasses et autres moyens volatiles se 
coupent en quatre. On incorpore avec le 
godiveau ou la farce les intestins de ces ani- 
maux, après les avoir hachés. 

On n’ôte que les pattes des alouttes, et on 
incorpore de même, avec la farce ou le godi- 
veau, ce qu’on leur a retiré du corps. 

Tourte de godiveau.—Prenez un godiveau 
que vous roulez en boulettes allongées, et 
dressez-le sur votre abaisse avec des ris de 
veau, foies gras, champignons, morilles, truf- 
fes si vous en avez, ou culs d’artichauts cou- 
pés et quelques écrevisses. 

Tourtes grasses de poisson. —Coupez votre 
poisson comme pour le mettre en matelotte, 
et arrangez-le sur l’abaisse avec les mêmes 
ingrédients que la langue de bœuf. 

Tourtes maigres de poisson.—Votre poisson 
étant coupé comme dessus, arrangez-le sur 
l'abaisse, et servez-vous de beurre en place 
de lard pour le couvrir; le reste comme pour 
toute autre espèce de tourte. 


fines 
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CANADIENNE. 157 


ARTICLE !I.—DES PATES LIQUIDES. 
Beignets aux patates.—Faites bouillir deux 
rosses patates, écrasez-les bien fines ; battez 
es jaunes de quatre œufs et les blancs de 
trois; ajoutez à cela une grande cuillerée de 
crême ou de vin, le jus d’un citron, un peu 
de muscade, battez ce mélange pendant une 
demi-heure, ce qui le rendra très-léger. Met- 
tez une bonne quantité de saindoux dans une 
poêle, et vous verserez cette pâte par cuillerée. 
Servez avec une sauce composée d’un verre 
de vin blanc, le jus d’un citron, une cuillerée 
d’eau d'amandes, du sucre blanc, et vous faites 
chauffer le tout ensemble. 
Beignets de pommes et autres fruits.—Les bei- 
gnets peuvent être faits avec -vus les fruits 


que l’oñû peut couper en rouelles. Après avoir 


coupé vos fruits, retirez la peau, les pepins ou 
noyaux : vous les ferez mariner pendant quel- 
ques heures dans de l’eau-de-vie, avec sucre, 
eau de fleurs d’oranger et zeste de citron: 
vous tremperez chaque rouelle dans la pâte 
et ferez frire de belle couleur. Dressez sur 
un plat et glacez avec du sucre et la pelle 
rouge. 

Beignets à la crême.—Faites réduire à moitié 
de la crême et du lait mêlés par parties éga- 


les, avec un peu de sel et zeste de ritron 


haché ; délayez ensuite dans une quantité suf- 
fisante de farine pour faire une bouillie bien 


ee 
: à à 


158 CUISINIÈRE 


épaisse; quand elle sera en cet état, vom 
l’étendrez sur la table, l’aplatirez avec le xou. 
leau, et la couperez de telle forme que vous 
voudrez: trempez les morceaux dans la pâte: 
faites-les frire, et glacez comme les beïlgnets 
de fruits. 

Beignets de pommes.—Prenez six œufs, battez. 
les avec quelques cuillerées de sucre, tran- 
chez des pommes bien minces, brassez la tout 
ensemble avec un demiard de lait, un pau de 
farine, pour que la pâte soit comme des cré- 

es; ajoutez un peu de sel, un demi-werre 

’eau-de-vie, un peu de cannelle, gros cemme 
un marbre de perlasse, et laissez lever une 
heure près du feu: ensuite vous en jetez par 
cuillerée dans de la graisse qui bout. 

Orêpes.—On emploie de la pâte à beignets, 
après avoir fait fondre une once de saindoux 
environ; on étend une cuillerée de pâte de 
façon à couvrir entièrement le fond de la 
poêle ; faites cuire de côté et d’autre, servez 
très-chaud, ayant eu soïn de couvrir vos oxé- 

es de sucre râpé au fur et à mesure que vous 

es placerez sur le p'at. 

Crêpes communes —Faïtes une pâte légère, 
composéé d'œufs, de fleur et de laït, et vous 
ferez cuire dans une petite poêle, avec graisse 
ou beurre chaud ; sel et muscade peuvent y 
être ajoutés, et elles peuvent se manger ave 
sucre et jus de citron. Si les œufs sont rares, 
vous pouvez faire votre pâte avec de la bière 


CANADIENNE. 158$ : 


d'épinette, ou avec de la neïge propre et un 


| pu de lait; ce qui remplace facilement les 
œufs. 


Beauconp de personnes préfèrent le sirop 


| d'érable au citron. 


Crêpes d'une autre façon.—Prenez autant de 


| feur qu'il en faut pour huit œufs, que vous 
pourrez détremper avec une chopine de lait, 


environ trois onces de beurre fondu, un verre 
de vin ou d’eau-de-vie ; et l’on peut y ajouter 
des petits raisins. (Cette sorte de crêpes se 
cuisent, comme les autres, dans la graisse ou 
dans le beurre. 

Crêpes cuites sans beurre et sans graisse.— 
Battez bien six œufs, que vous mêlerez avec 
une chopine de crême, un quarteron de sucre, 
un verre de vin et une moitié de muscade 
râpée avec le dedans d’un citron; vous ajou- 
terez à cela assez de fleur pour que votre pâte 
soit comme celle qui précède: et vous videz 


| dans votre poêle. 


Gaufres.—-Prenez fleur de farine et moitié 


| poids de crême, sucre en poudre, autant que 
de crême et de farine; faites du tout une pâie 


très-claire, fouettez-la bien, et aromatisez-la 
d'eau de fleurs d'oranger. 
Votre gaufrier étant chaud et graissé entiè 
rement avec du beurre frais, prenez de la 
pâte au bout d’un pinceau et remplissez-le , 


| après quoi vous l’exposerez à un grand feu 


de charbon, chaque côté après l’autre. 


160 CUISINIÈRE 


Faupoudrez vos gaufres de sucre en poudre, 
à mesure que vous les tirerez du gaufrier. 

Gaufres blanches.—Battez le jaune de quatre 
œufs avec un verre à vin d’eau claire, et met- 
tez une demi-livre de belle fleur, ajoutez-y 
quelques cuillerées d’eau de rose ou de vin 
blanc pour l’éclaircir, sucrez avec du sucre 
pilé; que le tout soit clair comme pour des 
crêpes. 

raufres brunes.—Prenez une pinte de crême 
fraîche, le jaune de troïs ou quatre œufs, 
autant de fleur qu’il en faut pour en faire une 
pâte de crêpes, trois quarterons de sucre pilé, 
une once de cannelle pilée; mêlez le tout 
ensemble, graïissez vos moules, et faites-les 
bien chauffer avant de cuire. 

Méringues—Fouettez en neige, dans une 
terrine, cinq blancs d’œufñfs ; quand ils sont 
bien battus, ajoutez-y de l’écorce de citron rà- 
pée, du sucre en poudre ; refouettez encore un 
veu les blancs d'œufs, et ajoutez-y le sucre et 
l'écorce, pour que ce soit plus épais que des 
crepes: dressez ensuite vos méringues sul 
une feuille de papier blanc par petits mor- 
ceaux moitié d’un œuf, et séparez: placez-les 
pour cuire dans un chaudron avec un cou- 
vercle ayant de la braise dessus. 

Pâte pour les flans.—Prenez poids de beurre 
presque égal à celui de votre farine,quatre jau- 
nes d'œufs, et un verre de crême pour chaque 

livre de farine. Laissez reposer le tout, après 


Joudre, 
ler. 

quatre 
et met- 
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> Crême 
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beurre 
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après 


CANADIENNE. ; 16? 


en avoir fait le mélange; pétrissez au bout 
d'un quart-d’heure et roulez bien serré. 

Pâte pour toute espèce de bei —Délayez 
votre farine avec des jaunes d’œufs et la dé- 
trempez avec de l’eau tiède; ajoutezy un 

eu de beurre fondu; les blancs de vos ϝfs 

ien fouettés, jetez-y quelques grains de sel, 
battez le tout ensemble et faites en sorte qué 
votre pâte soit assez épaisse pour envelopper 
les fruits que vous y tremperez. 


Œ—_————#f—_— fi — "02m 


* CHAPITRE XI. 


DES DIFFÉRENTES MANIÈRES D’ACCOMMODER 
LES ŒUFS. 

Conservation des œufs.—Empaquetez vos œufs 
dans de petites boîtes, telles que celles à rai-' 
sin, Lorsque vos boîtes seront bien pleines 
et bien fermées, vous les placerez dans un 
endroit frais. Vous aurez soin de changer. 
vos boîtes de face, c’est-à-dire, les virer sens 
dessus dessous une fois par semaine, de ma- 
nière à ce que le même côté des boîtes sait 
une semaine dessus et l’autre dessous. 
procédé est d'empêcher les jaunes de passer à 
travers les blancs et de se coller à la coquille: 
car ce qui fait gâter les œufs n’est rien autte 
chose que parce que les œufs, étant empa- 


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162 CUISINIÈRE 
quetés à la façon ordinaire, restent station. 
paires dans la même position et que les jaunes 
se font un passage à travers les blancs, et du 
moment qu'ils se collent aux paroïs de la 
jee “# ils commencent à se gâter. 

8 à la coque—Ayez des œufs, le plus 
frais que possible ; faites bouillix de l’eau 
dans un vase quelconque; mettez-les dedans 
avec précaution, de peur de les casser, et 
laissez-les au feu deux ou trois minutes, selon 
que vous les voulez plus ou moins cuits: 
retirez le vase du feu ; laissez encore vos œufs 
dedans pendant une minute pour qu’ils fas- 
sent leur lait: alors vous les ôterez de l’eau 
et les servirez dans une servietta pliée sur 
un plat. 

ufs mollets.—Mettez de l’eau dans un vase; 
faites-la bouillir; mettez dedans la quantité 
d'œufs que vous jugerez à propos; cuisez-les 
cinq minutes et les retirez promptement dans 
l’eau fraîche: le blanc sera cuit et le jaune 
mollet. Enlevez-en la coquille avec précau- 
tion pour ne pas les briser; vous les servirez 
entiers, soit avec la sauce qu’il vous plaira, 
soit avec un ragoût de champignons, de truf- 
fes, de ris de veau, d’asperges, de céleri, de 
laitues ou tout autre que bon vous semblera. 
Œufs pochés.—Faites bouillir de l’eau dans 
une casserole, avec moitié autant de vinaigre 
et suffisante quantité de sel ; retirez-la ; cassez 
dedans, un à un, les œufs que vous voudrez 


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CANADIENNE. 163 


pocher, ne les remuez point. Dès que le blanc 
aura pris de la consistance, vous les retirerez, 
en commençant par les premiers cassés, et les ‘ 
rafrafchirez dans de l’eau froide. Egouttez-les 
ensuite, parez-les et servez-les sur des ragoûts 
d’oseille, d’épinards, de chicorée, etc., ou sur 
une purée quelconque, ou encore avec une 
sauce relevée, telle que ravigote ou autre du 
même genre. 

Œufs au beurre noir.—Après avoir cassé vos 
œufs sur un plat, comme les précédents, et 
avec la même précaution de ne point étaler 
les jaunes, vous ferez noircir du beurre dans 
une poêle, l’écumerez, le tirerez au clair, et 
l'ayant fait chauffer de nouveau, vous le ver- 
serez sur vos œufs, puis vous le ferez glisser 
dans la poêle avec le beurre, et cuire douce- 
ment sur la cendre rouge ; employez la pelle 
rouge comme pour les œufs sur le plat. Cela 
fait, vous dresserez vos œufs ; faites chauffer 
du vinaigre blanc dans la poêle et Les en arro- 
sez avant de servir. Il faut que ce vinaigre 
soit près de bouillir. 

Œufs sur le plat. —Etendez un peu de beurre 
au fond d’un plat qui aille sur le feu ; cassez 
vos œufs par-dessus, assez doucement pour 
que les jaunes ne se crèvent point; assalson- 
nez-les de sel fin, gros poivre, muscade, et 
les arroserez avec un peu de lait: vous place- 
rez votre plat sur la cendre chaude. Achevez 
de faire prendru vos œufs en passant la relle 


164 CUISINIÈRE 


rouge dessus. Il faut que les jaunes restent 
mollets. 

Œuÿs frits.—Faites bien chauïfer une friture 
neuve; cassez dedans un à un autant d'œufs 
qu’il en pourra tenir dans la poêle sans qu'ils 
prennent ensemble; retournez-les ; faites-les 
cuire de belle couleur ; ensuite vous les égout- 
terez sur un linge blanc, et les servirez garnis 
de persil frit. 

Œufs frits d'une autre manière.—Faites trois 
omelettes fort minces, de trois œufs chacune, 
assaisonnées de persil, ciboule, sel et gros 
poivre; à mesure que vous les aurez faites, 
vous les étendrez sur un couvercle et les rou- 
lerez bien serrées; coupez chaque omelette en 
deux; ensuite trempez les six morceaux dans 
de l’œuf battu, panez-les de mie de pain, et 
faites-les frire de belle couleur; vous les ser- 
virez garnis de persil comme les précédents. 

Œufs à la tripe.—Faites roussir dans du 
beurre des oignons coupés en petits dés: 
lorsqu'ils seront d’une belle couleur, vous les 
mouillerez avec du consommé. Dégraissez 
et faites réduire; ajoutez un morceau de 
beurre à cette sauce sans la faire bouillir; 
jetez-y tout de suite des œufs durs coupés en 
tranches ; sautez-les et les servez de suite. 

Œufs brouillés.—Cassez des œufs, passez-les 
à l’étamis, assaisonnez-les de sel, poivre, 
muscade, ajoutez-y une cuillerée de coulis, 
de crême ou de consommé; plarez-les sur ur 


restent 


friture 
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e. 
ez-les 
pivre, 
pulis, 
rur 


CANADIENNE. 165 


foarneau bien doux, remuez-les avec un fouet 


| jusqu’à ce qu'ils épaississent ; ensuite retirez- 


es, ajoutez-y un bon morceau de beurre ; dès 
qu'il sera fondu et bien mêlé avec vos œufs, 
vous les dresserez sur un plat. 

Œufs brouillés aux pointes d’asperges.—Brouil- 


| lez vos œufs comme les précédents. Vous 


ietterez dedans des pointes d’asperges que 
vous aurez fait blanchir. Mêlez et faites cuire 
le tout ensemble, dressez-!ss, et bardezle plat 
avec d’autres pointes d’asperges. 

Œufs brouillés aux petits pois, aux choux-fleurs 


Let autres légumes.—Vous procéderez pour ceux- 


ei, somme il est précédemment expliqué pour 
les œufs brouillés aux pointes d’asperges, en 
observant que vos légumes soient cuits ou 
presque cuits, selon leur dureté naturelle, 
parce qu’ils n'auraient pas le temps de cuire 
entièrement avec les œufs. 

Œufs brouillés au jambon.—Jetez dans les 
œufs que vous devez brouiller suffisante quan- 
tité de jambon coupé en petits dés; finissez 
ce yagoût comme les œufs brouillés aux 
intes d’asperges, et servez-les entourés de 
croûton:. 

Œufs au gratin.—Mettez sur un plat qui 
aille au feu un petit gratin de mie de pain 
avec un morceau de beurre, un anchoiïs, per- 
sil, clboules, une échalotte, le tout haché et 
bien mêlé avec trois jaunes d'œufs ; faites-le 
attacher sur un petit feu ; ens’ate cassez vos 


166 CUISINIERE 


œufs dessus, panez-les, assaisonnez-les Ie sel 
et poivre, entourez-les de croûtons, et les 
masquez avec des jaunes d'œufs, que vous 
ferez tomber dessus à travers une passoire. 
Œufs farcis.—Coupez des œufs durs en deux 
dans leur longueur, pilez les jaunes avec au- 
tant de mie de pain trempée dans du lait et 
pressée; ajoutez la même quantité de beurre 
frais ; pilez le tout de nouveau et le passez au 
tamis; ajoutez ciboules et persil haché, sel, 
gros poivre, épices fines; pilez encore votre 
farce, et amollissez-la avec un ou plusieurs 
jaunes d'œufs crus; vous en remplirez vos 
moitiés d'œufs durs, et du reste on mettra :u 
fond d’un plat qui aille au feu, une couche 
épaisse à peu près d’un travers de doigt ; °r 


rangez vos œufs dessus ; mettez Le tout sous !e 


four de campagne, avec feu doux dessus et 
dessous, pour faire prendre couleur. 
Œufs à la neige.—Cassez vos œufs; séparez 


les blancs des jaunes; fouettez les blancs | 


jusqu’à ce qu’ils moussent bien; jetez-y du 
sucre en poudre et un peu de fleur d'oranger; 
faites bouillir dans une casserole une quan- 
tité suffisante de laitavec du sucre et un peu 
de fleur d'oranger. Quand votre lait bouil- 
lira, faites-y pocher vos blancs par cuillerées; 
retirez-les de même un à un, et faites-les 
égoutter sur un tamis ; ensuite ôtez la moitié 
du lait; délayez les jaunes et les mettez dans 
ce lait; remuez-' avec une cuiller Ge bois, 


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quan- 
un peu 
bouil- 
lerées ; 
tes-les 
moitié 
z dans 
6 bois, 


CANADIENNE. 167 


et les Gtez du feu dès qu’ils seront liés ; dres- 
sez vos œufs sur le plat, et versez votre sauce 
dessus en la passant à l’étamine. 

On emploie ordinairement douze œufs et 
une demi-livre de sucre par pinte de lait. 

Œuÿs à la tripe à la canadienne.—Faites dur- 
cir des œufs, Ôtez l’écaille, coupez-les en qua- 
tre, mettez-les dans un peu de lait chaua, 
avec poivre, sel et beurre; jetez-y en les reti- 
rant deux jaunes battus avec de la crême, les 
brassant comme la sauce blanche. 

Œufs en salade.—Ayant fait durcir les œufs, 
ôtez l’écailie, coupez-les en quatre, jetez des- 
sus poivre et sel, faites une sauce au beurre 
avec farine, y ajoutant quelques gouttes de 
vinaigre en brassant. 

Œufs au lait.—Battez six œufs, avec du 
sucre à votre goût et des amandes amères 
perse faites bouillir une pinte de laitet jetez- 
a sur vos œufs doucement, en les brassant, 


nettez ensuite votre plat à petit feu ou que 
votre plat ou vos tasses pleines soient mis 


dans l’eau chaude, et sitôt qu'ils sont pris, 
retirez-les. 

Œufs à la neige à la canadienne.—Prenez les 
blancs de douze œufs, battez-les avec des ver- 
ges jusqu'à ce qu’ils soient en neige; vous 
faites bouillir une pinte et demie de lait avec 
de la cannelle, des amandes amères et un peu 
de muscade : lorsque votre lait en a pris suf- 


samment le goût, vous le retirez et le coulez; 
6 


168 CUISINIÈRE 


ensuite vous le remettez sur le feu, efquand 


il est bouillant, vous retirez avec une cuiller 
à soupe vos blancs d'œufs battus et les met- 
tez à distance les uns des autres dans votre 

oêle ; cuits d’un côté, vous les retournez sur 
autre, ainsi de suite jusqu’à la fin de votre 
neige ; alors, vous faites votre sauce. brassant 
vos jaunes bien battus dans la crême douce 
avec du sucre ; vous videz du lait bouilli des- 
sus pour la quantité de sauce que vous vou- 
lez faire, en les brassant doucement ; puis 
vous les mettrez sur le feu jusqu’à ce que 
votre sauce soit prise, la brassant aiors, vous 
a jetez sur vos blancs d'œufs cuits, et les 
faites froidir ou les servez chauds, à votre goût. 

Quand vous avez vidé le tout dans le plat, 
vous pouvez mettre de la gelée ou des confi- 
tures de fraises sur les blancs, ce qui fait un 
bel ornement. 

Omelette au naturel.—Cassez dans un vase 
la quantité d'œyfs que vo':: jugerez à propos; 
assalsonnez-les de sel fin, mettez-y un peu 
d’eau ou de lait, et battez-les bien; plus ils 
seront battus, plus votre omelette sera légère; 
faites fondre du beurre dans une poêle sans 

w’il chauffe ; versez-y vos œufs en continuant 
e les battre, et faites-les cuire en secouant la 
poêle fort et souvent pour les détacher. Lors- 
qu’ils seront cuits de belle couleur, vous glis- 
serez dessous un petit morceau de beurre. 
Retournez votre omelette si vous le jugez à 


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cuiller 
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goût. 
plat, 
onfi- 
it un 


CANADIENNE. 169 


propos, ou contentez-vous de la plier en deux 
en la mettant sur le plat; de cette façon elle 
sera moins sèche, et par conséquent plus 
délicate. 

Omelette battue—Battez le blanc et le jaune 
des œufs, avec poivre et sel; hachez de la 
ciboule bien fine ; mettez-y un peu de lait, et 


| jetez le tout dans du saindoux ou beurre 


chaud : soulevez de temps à autre avec un 
couteau, pour ne pas laisser coller au ford de 
la poêle. | | 

Omelette aux fines herbes.—Ajoutez des fines 
herbes hachées bien minces à l’assaisonne- 
ment d’une omelette au naturel. Le reste ne 
diffère en rien de ce que nous avons enseigné 
à son article. 

Omelette au rognon de veau.—Hachez bien un 
rognon de veau cuit précédemment à la bro- 
che; jetez-le dans des œufs cassés pour une 
omelette au naturel ; battez le tout ensemble, 
et faites votre omelette comme il a été dit de 
celle-là. 

Omeiette d’une autre manière. —Coupez en 
petits dés ou en tranches minces un rognon 
cuit également à la broche ; mettez-le sur une 
casserole, et passez-le sur le feu avec un peu 
d’espagnole, de jus ou de consommé, sel, poi- 
vre, persil et ciboules hachées. Lorsqu'il 
aura bouïilli quelque temps, vous ferez une 
omelette au naturel, et, avant de la dresser, 
vous verserez votre ragoût au milieu. 


170 CUISINIÈR 


Omelette aux champignons.—Hachez ou émin- 
cez des champignons; battez-les avec vos 
œufs comme le rognon de veau, ou autrement 
préparez-les comme il est indiqué pour ce 
même rognon, et employez-les de la même 
manière. 

On peut employer aussi et toujours de la 
même manière, les morilles et mousserons. 

Omelette au lard.—Coupez en dés du petit 
lard dessalé dont vous aurez ôté la couenne, 
faîtes-le roussir dans la poêle avec un peu de 
beurre, et versez dessus des œufs bien battus 
et légèrement assaisonnés. Achevez et dressez 
cette omelette comme celle au naturel. 

Omelette à la célestine.—Faïtes quatre petites 
omelettes au naturel et bien minces, de trois 
œufs chacune; garnissez-en deux de frangi- 
pane et deux de confitures; ensuite vous les 
roulerez en forme de manchon, en parerez les 
bouts, et les presserez sur un plat. Au moment 
de servir, saupoudrez-les de sucre blanc, et 
les glacez sous le four de campagne ou avec 
la pelle rouge. 

Omelette soufflée.—Cassez des œufs dont vous 
séparerez les blancs et les jaunes ; saupoudrez 
ceux-ci de sucre en poudre, et jetez dedans 
du zeste de citron haché bien fin; mêlez le 
tout ensemble ; ensuite fouettez vos blancs 
d'œufs, versez-les dans les jaunes, et mêlez-les 
de votre mieux; mettez suffisante quantité 
de beurre dans une poêle; placez-la sur un 


de suc 


il est 
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il est 
fous : 
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CANADIENNE. 171 


feu peu ardent. Dès que le beurre sera fondu, 
vous y verserez les œufs. Remuez l’omelette 
pour que le fond vienne dessus : quand vous 
verrez que l’omelétte a bu le beurre, dressez- 
Ja en chausson sur un plat beurré que vous 
poserez sur un lit de cendres rouges. Jetez 
du sucre en poudre sur l’omelette; mettez-la 


sous le four de campagne bien chargé de feu. 


Ayez soin de la servir de belle couleur. 
Omelette au sucre.—Battez des œufs comme 


Lci-dessus, mêlez-les de auelques zestes de 


citron, sucrez et mettez daus la poêle ; servez- 
la ensuite sur un plat que vous aurez garni 
de sucre râpé, couvrez votre omelette de sucre 
râpé, passez la pelle rouge et servez. 

Dmalette au rhum.—L'omelette servie comme 
il est dit ci-dessus, vous l’arroserez de rhum ; 
mettez le feu et servez aussitôt. 

Omelette aux donfitures.—Faïtes cuire comme 
il est dit à l’omelette au sucre; seulement 
vous ajouterez, avant de battre vos œufs, une 
quantité suffisante de confitures; terminez de 
même. 


| 


CHAPITRE XII. 


DES FRITURES, JUS, SAUCES, ETC. 
Béchamelle.—Mettez dans une casserole huit 
Fe de velouté ; ajoutez-y trois cuillerées 
consommé; faites réduire à grand feu, en 


. … 


172 CUISINIÈRE 


tournant toujours, ces onze cuillerées à cinq: 
ajoutez alors trois pintes de crême que vous 
aurez fait réduire à moitié sur un autre four- 
neau ; faites bouillir le tout ensemble, à grand 
feu, en tournant toujours, pendant près d’une 
heure, pour que la sauce ne s'attache pas: 
votre sauce étant liée, vous la passerez à l’é- 
tamine. 

Beurre fondu.—On n’est point obligé de 
prendre du beurre aussi fin pour le fondre 
que s’il s’agissait de le saler ; exposez-le à un 
feu clair dans une marmite de cuivre ou de 
fonte, et écumez-le en le faisant bouillir, jus- 
qu’à ce qu’il ne jette plus d’impuretés. Lors- 

w’il sera cuit E la sorte, vous le coulerez 

ans des pots de grès bien propres : laissez-le 
refroidir, et couvrez-le hermétiquement, lors- 
qu’il sera froid. 

Beurre noir.—Mettez dans une casserole un 
demi-verre de vinaigre avec sel et poivre au- 
quel vous ferez jeter quelques bouïllons ; met- 
%ez dans une casserole sur un autre fourneau 
une demi-livre de beurre que vous ferez chauf: 
fer jusqu’à ce qu’il soit presque noir; laissez 
reposer, puis versez sur votre vinaigre, et 
tenez chaud jusqu’à ce que vous vous en 
serviez. 

Friture.—La friture 8e fait avec la graisse 
du pot-au-feu ; il est bon de la faire clarifier; 
faites bouillir dans une marmite, écumez et 
tirez à clair. Il faut avoir deux fritures, dont 
‘ane pour le poisson spécialement, 


173 


CANADIENNE. 


Pour savofr si votre friture est à point, jetez 
dessus quelques petites gouttes d’eau: vous 
saurez qu’elle est assez chaude si elle pétille. 

(Voyez pour d’autres détails l’indication 
particulière à chaque mets.) 

Huile de rose.—Faites infuser un quarteron 
de feuilles de roses dans une pinte d’eau 
tiède; laissez deux ou trois jours, après cela 

assez au tamis ; mettez ensuite une pinte de 

onne eau-de-vie, une demi-livre de sucre 
clarifié, cannelle, macis et coriandre, une once 
de tout ; laissez cela pendant dix jours au 
moins, et filtrez. 

Jus gras.—Beurrez le fond d’une casserole ; 
ayez des tranches de jambon et des tranches 
de bœuf; commencez par mettre le jambon, 
avec des bardes de lard et de l’oignon émincé, 

uis le bœuf par-dessus ; mouillez le tout de 
boutiion, mettez à grand feu et piquez vos 
viandes avec un couteau; placez-le sur un 
feu couvert dès qu’il commencera à s’atta- 
cher, et lorsqu'il s’attachera tout à fait, mouil- 
lez-le de nouveau avec du bouillon; écu- 
mez, assaisonnez; ajoutez ciboules, persil et 


laurier en bouquet, un peu de girofle, queues 


de champignons ; lorsque les viandes seront 
parfaitement cuites, passez votre jus, qui 
vous servira pour donner de la couleur à 
vos ragoûts et potages. 

Jus maigre.—Beurrez le fond d’une casse- 
role; couvrez-le ensuite de tranches de racines 


174 CUISINIÈRE 


et d'oignons coupés en deux; faites tomber à 
glace; quand cela sera fait, et que votre jus 
runira, mouillez-le avec du bouillon maigre, 
assaisonnez-le de sel, poivre, persil, ciboules, 
ail, girofle, thym, laurier; jetez-y quelques 
queues de champignons: faites bouillir; au 
bout de trois quarts d'heure vous le passerez. 
Liaisons.—On casse des œufs frais avec soin 
pour n’en point crever le jaune, que l’on sé- 
pare du blanc en le transvasant d’une coquille 
dans l’autre. On jette les germes qui restent, 
et l’on délaie les jaunes avec deux ou trois 
cuillerées de la sauce qu'on veut lier. On 
remue pour bien mélanger le tout, puis on 
verse doucement, et en remuant toujours, 
dans la sauce, qu'il faut avoir retirée du feu 
et qu’on y remet ensuite un instant pour faire 
épaissir un peu, sans laisser bouillir. 

Sauce espagnole. —Mettez dans une casserole 
du coulis, un verre de vin blanc, autant de 
bouillon; persil et ciboule en bouquet, une 
gousse d’ail, deux clous de girofle, une feuille 
de laurier, deux cuillerées d'huile, une pincée 
de coriandre, un oignon en tranches; faites 
bouillir le tout à très-petit feu pendant deux 
heures; dégraissez ensuite, et passez au tamis ; 
assaisonnez de sel et de poivre. 

Sauce piquante.—Mettez dans une casserole 
un poisson de vinaigre, deix gousses de petil 
iment, une pincée de poivre fin, une feuille 
e laurier et un peu de thym. Faites réduire 


aber à 
re jus 
aigre, 
oules, 
elques 
Ir; au 
serez, 
c soin 


168 IS ; 


role 
petit 
ille 
uire 


CANADIENNE. 175 


| à moitié, puis versez trois cuillerées d’espa- 


gnole, autant de bouillon, et laissez réduire à 
l’état de bouillie claire. Cette sauce doit être 
d'un goût relevé. 

Sauce tomate—Mettez dans une casserole, 
avec un peu de bouillon, du sel, gros poivre, 
du beurre et un peu de thym, une quinzaine 
de tomates bien mûres, que vous aurez cou- 
pées en deux pour en faire sortir les graines 
et la partie aqueuse ; vous les ferez cuire en 
jes remuant, jusqu’à ce qu’elles soient en 

urée ; mouillez-les avec du bouillon, passez- 
es dans une étamine ; mettez cette purée dans 
une easserole avec deux cuillerées d’espa- 
gnole, ou, à défaut d’espagnole, avec autant 
de bon bouillon; votre sauce doit être en 
bouillie légère ; voyez, avant de la servir, si 
elle est assaisonnée de bon goût. 

Sauce blanche.—Mettez dans une casserole 
un quarteron de beurre frais manié avec une 
cuillerée de farine, du sel et du poivre; mouil- 
lez avec un peu d’eau, et tournez jusqu’à ce 
qu’elle soit liée, sans laisser bouillir. Quand 
vous l'aurez retirée du feu, ajoutez-y un filet 
de vinaigre ou le jus d’un citron, et si vous 
voulez, du persil blanchi bien haché, ou un 
peu de muscade. 

Quand on veut la rendre plus épaisse, on 
la lie avec un ou deux jaunes d'œufs. 

Sauce blanche aux câpres.—KElle se fait comme 
la précédente, remplaçant seulement le vinai- 


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6" 


176 CUISINIÈRE 


gre ou le jus de citron par des câpres fines 
entières et un anchois haché. 

Sauce matelote.—Faites roussir des petits 
oignons dans du beurre, mouillez-les d’espa- 
gnole réduite à part, ajoutez champignons, et 
au moment d'employer votre sauce, vous y 
mettrez un très-petit morceau de beurre, et la 
tournerez légèrement. 

Sauce au maître d'hôtel liée.—Pétrissez du 
beurre comme ci-dessus; meéttez dans une 
casserole avec une pincée de farine et derni- 
verre d’eau; faites chauffer en remuant tou- 
jours, et pressez dedans un citron au moment 
de servir. 

Sauce tartare.—Mettez dans le fond d’un 
vase de terre deux ou trois échalotes hachées 
très-menu, un peu de cerfeuil et d’estragon, 
de la moutarde, un filet de vinaigre, du sei 
et du poivre ; arrosez ensuite légèrement votre 
sauce avec de bonne huile, et remuez-la tou- 
jours; si elle se lie trop, jetez-y un peu de 
vinaigre. Cette sauce se fait à froid. 

Sauce italisnne.—Mettez dans une casserole 
gros comme une noix de beurre, des champi- 
gnons, une échalote, un peu de persil; faites 
revenir; mouillez avec un verre de vin blanc, 
et assaisonnez. Faites bouillir à petit feu 
pendant trois quarts d'heure ; passez au tamis, 

et ajoutez deux cuillerées d'huile. 
_ Sauce au céleri, pour poulets, perdrix, dindes, 
rôtis, etc.—Faites ouillir votrescéleri jusqu'à 


es fines 


3 petits 


 d’espa- 
nons, et 

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asserole 
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L; faites 
n blanc, 
etit feu 
u tamis, 


dindes, 
jusqu'à 


CANADIENNE. 177 


ce qu’il soït tendre, ajoutez de la muscade, 
du poivre, du sel, un morceau de beurre 
roulé dans la farine, un verre de vin rouge, 
une cuillerée de jus de champignon et un 
demiard de bon bouillon, et faites bouillir le 
tout ensemble. Au lieu de vin vous pouvez 
mettre un demiard de crême. 

Sauce suprême.—Faites réduire à moitié du 
consommé et du velouté déjà réduit : mettez-y 
un peu de beurre; faites bouillir à grand feu ; 
dès que votre sauce aura pris du corps sans 
être trop épaisse, mettez un peu de jus de 
citron ou de verjus, et servez-vous-en. 

Sauce à l’échalote—Prenez des échalotes, 


: hachez-les bien fines, mettez-les dans un poé- 


Jon avec un verre de bouillon; lorsqu'elles 
sont cuites, mettez une cuillerée de vinaigre, 
poivre et sel, et un petit morceau de beurre 
roulé dans la farine, deux cuillerées de jus de 
champignon ; faites bouillir deux minutes, et 
votre sauce sera faite. 

Sauce aux truffes.—Hachez une ou plusieurs 
truffes, faites fondre du beurre et passez-les 
dedans ; mouillez avec du consommé et le 
double du velouté. Lorsque votre sauce sera 
suffisamment réduite, vous la dégraisserez et 
y remettrez du beurre: faites attention qu’il 
soit bien lié avant d'employer votre sauce. 

Sauce pour les poudings--Vous brassez 
cette sauce avec du beurre, du vin, du 
sucre et un peu de farine ; le tout devra bouil- 


178 CUISINIÈRE 


lir quinze minutes. Elle servira pour tous 
les poudings dont on a déjà parlé. ne 
uce aux pommes pour manger avec les vlan- 
des.—Pelez de bonnes pommes douces, ôtez- 
‘sur le trognon et coupez-les par quartiers, 
Etendez-les sur un ratelier recouvert d’une 
rosse toile suspendue au-dessus du poêle de 
a cuisine. Lorsque les pommes seront sè- 
ches, lavez-les et faites-les bouillir dans du 
cidre nouveau. Quand elles seront cuites, le 
cidre aura assez bouilli pour les conserver 
bonnes jusqu'aux grandes chaleurs de l'été, 


eee mo 


CHAPITRE XIII, 


DES MARINADES. 


Avis.—On conservera pour l’hiver des ga- 
delles, des petits pois verts, etc., en ayant 
soin, lors de la saison de les cueillir, de les 
mettre dans des bouteilles bien bouchées et 
cachetées. 

Conservation des cornichons.—On les prend 
bien verts, ni trop petits, ni trop gros, de 
belle venue : on les brosse un à un pour enle- 
ver le poil rude qui les couvre, et on tranche 
légèrement leurs extrémités; on les jette à 
mesure dans l’eau fraîche, pour les y laisse: 


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les ga- 
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“2 


CANADIENNE. 179 


tremper pendant quelques heures: faites 
bouillir du fort vinaigre, tirez vos cornichons 
de l’eau fraîche, égouttez-les, essuyez-les, 
rangez-les dans les vases destinés à les garder, 
avec des petits oignons pelés et blanchis, des 
branches d’estragon, quelques gousses d’ail, 
des poivres longs et plusieurs clous de girofle. 
Quelques personnes ajoutent de la pimpre- 
nelle, de la perce-pierre et un peu de sel; 
versez votre vinaigre tout bouïllant sur les 
cornichons, laissez-le refroidir à découvert, 
ensuite bouchez les vases et laïssez-les reposer 
pendant trois jours: au bout de ce temps, 
vous en tirerez le vinaigre, le ferez bouillir 
de nouveau et le remettrez, en observant 
encore d’attendre qu’il ait refroidi pour bou- 
cher le vase; répétez la même préparation 
une troisième fois, trois autres ‘4 ‘3 après. 

Les petits concombres, cueiïllis en vert, se 
confisent de même. Dans quelques pays, on 
applique ce procédé à la conservation des 
aubergines et des choux-fleurs. Ces derniers 
ge font blanchir au préalable, coupés en autant 
qe morceaux qu’ils ont de petits pédoncules. 

n les mange crus. 

Cornichons, capucines, ec.—Faites tremper 
pendant vingt-quatre heures dans la saumure, 
comme pour les oignons; ajoutez-y plus de 
gingembre, avec un petit morceau de perlasse; 
si on les aime piquants, on y ajoutera des 
piments. Les capucines, ainsi que les choùüx- 


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180 CUISINIÈRE 


fleurs, choux rouges, etc., se marinent de la 

même manière que ci-dessus, en mettant des 

épices à son goût; même chose pour gousses 
e raves. 

Petits oignons. — Epluchez-les, mettez-les 
vingt-quatre heures dans une saumuré douce : 
et les ayant retirés, jetez-les dans du bon vi- 
naigre à égalité, avec poivre de Cayenne, 
moutarde en graine, têtes de clous,gingembre, 
et un peu d’alun; couvrez-les de feullles de 
choux verts, et remuez la casserole pendant 
une demi-heure sur le feu, et les ayant retirés, 
couvrez-les. 


eme mme ER ES 


CHAPITRE XIV. 


DES COMPOTES, CONFITURES, ETC. 
 Avisg.—Les Confitures, les Gelées ou autres, 
et les Sirops, doivent être cuits dans des câs- 
seroles de cuivre bien écurées. Il faut éviter 
toutefois de les laisser refroidir dedans, de 
peur qu’ils ne prennent le goût du métal : ob- 
servez ce asia pour la préparation des 
liqueurs et des marinades. 

Compotes.—On appelle ainsi toute espèce de 
fruits cuits qui se servent pour dessert. Les 
plus ordinaires sont celles dont suit la recette. 

Compote de ei IR ez vos pommes 
en deux ou en quatre, selon la grosseur ; Ôtez- 
en le cœur, mettez-les cuire avec un peu d’eau 


de la 
nt des 
)USseS 


ez-les 
ouce ; 
on vi- 
enne, 
mbre, 
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ce de 
Les 
cette. 
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Ôtez- 
d’eau 


CANADIENNE. 181 


À sufisante quantité de sucre; vous n’atten- 
drez point pour les dresser qu’elles se mettent 
on marmelade; vous les arroserez de leur 
sirop apres l’avoir fait réduire. 

NoTa.—On ne pèle que les pommes de rei- 
nette, ut l’on se contente de piquer légèrement 
la peau des autres, de quelque espèce qu’elles 
soient. 

Compote de pommes à la portugaise.—Pelez 
et netioyez de leurs pepins des pommes de 
reinette ; jetez du sucre en poudre sur une 
tourtit re, et les arrangez dessus ; mettez d’au- 
tre sucre en Fc ans le cœur de chaque 

omme, et placez la tourtière ainsi garnie soit 

ans le four, soit dans le four de campagne ; 
quand vos pommes seront cuites, vous les 
saupoadrerez bien de sucre, et les servirez 
chaudes. 

ÆCompote blanche de poires.—Jetez vos poires 
dans l'eau bouillante, et les retirez dans de 
l'eau fraîche avant leur entière cuisson; pe- 
lez-les, ôtez-en l'œil, rognez la queue, et re- 
mettez-les, entières ou coupées en deux, dans 
de l’eau fraîche; vous ferez ensuite un sirop 
dans une poêle; quand il bouillira, jetez vos 

oïires dedans avec une tranche de citron, et 
aissez-les s'achever de cuire; on les sert 
chaudes ou froides à volonté. 

Compote rouge de poires.—Otez l'œil de vos 
poires, et rognez-en la queue après les avoir 

elées, si bon vous semble; mettez-les devant 
e feu dans un vase de terre, avec de l’eau, du 


182 CUISINIÈRE 


sucre, un peu de cannelle et un petit morceau 
d’étain. Cette compote, pour laquelle on pré- 
fère les poires de messire-jean et de martin. 
sec, se sert ordinairement chaude. 

Compote de cerises.—Mettez dans une poële, 
avec un peu d’eau et de sucre, des cerises dont 
vous aurez raccourci la queue; couvrez-les et 
leur faites faire quelques bouïllons ; vous les 
dresserez ensuite, et les arroserez de leur si- 
rop ; ayez soin de les laisser refroidir. 

Compote de groseilles.—Faites cuire du sucre 
dans une quantité d’eau proportionnée pour 
. faire un fort sirop, que vous aurez soin de 
bien écumer; quand il sera en bon point, 
vous jetterez vos groseilles dedans, après les 
avoir bien lavées et égouttées, et leur laïsse- 
sez faire quelques bouïllons ; écumez une 
autre fois le sirop en tirant votre compote du 
feu, et dressez-la pour la servir froide. 

Compote de fraises et de framboises.—A près 
avoir épluché, lavé, égoutté vos fraises, ou 
simplement épluché vos framboises, car elles 
ne se lavent point, vous les jetterez dans un 
sirop bouïllant, semblable à celui ci-dessus 
indiqué pour les groseilles; maïs, au lieu de 
les faire bouillir, vous les tirerez aussitôt du 
feu pour les laisser reposer; peu après, vous 
leur ferez faire un bouillon, et de suite les 
enlèverez. | 

Compote de prunes.—Faites blanchir vos 
pire à l’eau bouillante, et jetez-les dans de 

‘eau froide quand elles fléchiront bien sous 


NhoOrceau 
on pré- 
martin. 


> poêle, 
es dont 
ez-les et 
ous les 
leur si- 


u sucre 
ée pour 
soin de 
point, 
près les 
 laïsse- 
ez une 
pote du 


Après 
ses, ou 
ar elles 
ans un 
-dessus 
lieu de 
itôt du 
S, vous 
te les 


dir VOS 
lans de 
in Sous 


CANADIENNE. 183 


| le doigt; ensuite vous les remettrez sur le feu 


avec un peu d’eau et suffisante quantité de 
sucre; ne les laissez point bouillir. Cette 
compote se sert froide. 

Compote d’abricots.—Fendez vos abricots en 
deux, Ôtez les noyaux et rangez-les sur un 
plat de terre ou autre ustensile convenable 


| dont vous aurez saupoudré ie fond de sucre 


râpé; arrosez-les légèrement avec de l’eau, et 
mettez-les sur un feu doux pour bouillir jus- 


, qu’à la presque totale réduction du sirop ; vous 


sèmerez alors du sucre dessus, et les glacerez 
sous un couvercle ou de toute autre manière ; 


| dressez votre compote quand elle $era parfai- 


tement cuite, et servez-la froide. 

Compote de pêches.—Fendez vos pêches, ôtez- 
en les noyaux, et faites-les blanchir pour pou- 
voir les peler; faites un sirop comme pour 
les groseilles, et mettez cuire vos pêches de- 
dans; retirez-les, faites réduire le sirop, et les 


en arrosez dans le compotier: servez froid. 


Confitures aux groseilles.—Prenez moitié de 
rosellles rouges, moitié de blanches, et les 
grenez en les écrasant le moins possible; 


| faites-les bouillir quelque peu dans la bas- 


sine, avec des framboises à la proportion 


| d’une livre pour quinze de groseiïlles, et pas- 


sez le tout au tamis, en pressant pour bien 


exprimer le jus. 


Si vous avez pesé le fruit en grain, mettez 
demi-livre de sucre pour livre de fruit ; si 
vous pesez le jus, mettez deux livres de sucre 


RS NE MENT mnE se sus se _ a 
: 


pe 
; ‘ 


184 CUISINIÈRE 


clarifié pour trois livres du dit jus t 
faites 4 vos confitures à Pen PA jh 
mez-les bien; vous connaîtrez qu’elles sont 
assez cuites lorsqu'elles formeront à la su. 
pes une g:ande quantité de petites bulles, 
n peut aussi s'assurer du degré de cuisson 
en faisant refroidir un peu des dites conf. 
tures ; il est suffisant si elles se congèlent. 

Confitures aux cerises. —Enlevez les noyaux 
des cerises, en observant de les déchirer le 
moins possible et de n’en point perdre le jus: 
mettez-les dans la bassine avec une livre de 
jus de groseilles par vingt livres de fruit, et 
demi-livre de sucre par livre du total; faites 
cuire à grand feu, remuez doucement vos ce- 
rises, et retirez la bassine après que vous au- 
rez,amené la cuisson à son point, comme il a 
été indiqué ci-dessus. (Voyez Confitures aux 
groseilles.) 

Confitures de prunes de mirabelle. — Après 
avoir Ôté les noyaux des prunes, vous pren 
drez le quart ou le tiers au plus des dites 
prunes, que vous ferez cuire sans eau dansla 
bassine, assez seulement pour en tirer le jus 


1) On emploie, pour clarifier le sucre, le procédé 


suivant : fouettez un blanc d'œuf dans deux verres 


d’eau pour quatre livres de sucre ; faites bouillir 
moitié de cette eau avec votre sucre jusqu’à ce qu'il 


ait monté quatre fois différentes, calmant chaque | | 


ébullition par un peu d’eau et de blanc d'œuf, que 
vous ietterez dessus à mesure hé montera ; écumez 
jusqu’à ce que la surface ne présente plus d’écume, ei 


passez au tamis. 


noyaux 
hirer le 


fruit, et 
}; faites 


$cume, et 


. les amandes de vos abricots, b 


CANADIENNE. 185 


sa les pressant ensuite dans un tamis ou un 
linge clair ; jetez le reste de vos prunes, c’est- 
à-dire, celles quisont crues, dans le jus ex- 
primé; ajoutez-y quarteron de sucre par livre 
du total, et faites cuire en remuant sans dis- 
continuer, mais avec précaution. La cuisson 
de cette espèce de confitures se connaît à l’en- 
tière évaporation de toute humidité. 

Les confitures de mirabelle, ainsi que celles 
de reine-claude et d’abricots, dont nous al- 
lons parler, s’accommodent mieux que les 
précédentes du sucre et même de la casso- 
nade non clarifiés, parce qu’elles ne doiveat 
point être aussi transparentes.  . 

Confitures de prunes de reine-claude.—-Elles 
se font absolument comme celles de mira- 
belle et se sucrent un peu moins, si toutefois 
on ms | ENS la véritable reine-claude, c’est-à- 
dire celle qui est verte et rouge, et en bon 
point de maturité. Vous observerez seule- 
ment de la faire cuire un peu plus que la mi- 
rabelle. 

Confitures d’abricots.—Coupez vos abricots 


par quartiers, et mettez-les dans la bassine 


avec environ cinq quarterons de sucre 4 
trois livres de fruits. Ce sera assez & 
livre de sucre pour la même quantité de fl 
si les abricots sont d’excellent acabit. f! 
cuire le tout, en remuant sans cesse, c: 


Ed 


il a été dit pour les prunes de mirabelle:"1a4 Lk 
dans 


cuisson se connaît de même ; jetez de 
lanchies et tie 


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3. RER a EE 
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186 CUISINIÈRE 


rées de leur enveloppe ; remuez bien étant 
hors du feu. 

Confitures de poires de rousselet.—Pelez vos 
poires, ôtez-en l'œil, la queue et l2 cœur; 
vous procéderez du reste comme pour les con- 
fitures de mirabelle ; mais il ne sera point 
mal de mettre un peu plus de sucre, une livre 
environ pour trois de fruit. Notez que, pour 
toutes confitures, la trop grande épargne de 
sucre est plutôt préjudiciable qu’avantageuse, 
parce que c’est le sucre qui les conserve. : 

Confitures aux pommes grises.—Après avoir 

‘épluché les pommes, pesez autant de sucre 
que vous aurez pesant de pommes; couvrez 
vos pommes d’eau et faites-les bouillir envi- 
ron vingt minutes : les ayant retirées, jetez 
votre sucre cassé dans le jus, et faites bouil- 
lir en sirop, en écumant ; ensuite mettez vos 
pommes avec le sirop sur un feu modéré, re- 
muez-les avec précaution quand elles cuisent ; 
ajoutez quelques clous de girofle, ou de l’é- 
corce d'orange si vous l’aimez. 

Confitures aux pommes sèches.—Comme pour 
les confitures À 4e Ep livre de sucre pour 
livre de pommes, avec un E "d’eau et écorce 
d’orange ou citron. 

CA Durs aux poires et pêches.—Elles se cui- 
sent de la même manière que les pommes; 

-on peut laisser les pelures aux pêches. 

nfitures aux fraises et aux framboises. —Pi- 
lez du sucre blanc, mettez livre de sucre pour 
livre de fraises ou framboises épurées; sau- 


CANADIENNE. 197 


poudrez le sucre sur ce fruit par lits: laissez 
reposer une heure, puis mettez au feu sans 
eau, faites cuire en brassant, écumez avec 

récaution, retirez-les après trente-cinq mi- 
nutes ; jugez si le sirop est pris et si les fraises 
ou framboises ont une bonne couleur. 

Confitures aux grappes de raisins ou de ga- 
delles.—Prenez de belles grappes de gadelles 
ou de raisins verts; ayant préparé un sirop 
que vous ferez presque cuire sur le feu, trem- 
pez chaque grappe dans ce sirop, pendant une 
minute, retirez-la et mettez-la ans du sucre 
pilé ; recommencez ce procédé plusieurs fois 
jusqu’à ce que les ærappes soïent ferines et 
presque candies. 

Confitures aux atocas.—Livre de sucre pour 

livre d’atocas avec un peu d’eau : faites cuire 
pendant une heure. 
" Confitures aux groseilles—Livre pour livre, 
mettez de l’eau pour faire fondre le sucre, et 
jetez les groseilles dans le sirop: faites cuire 
en remuant la casserole, pendant plus d’une 
heure. 

Confitures aux mes rouges ordinaires. — 
Comme les groseilles, mais plus longtemps 
au feu. 

Confitures aux citrouilles. —Il y en a qui se 
cuisent en marmelade, d’autres ‘par mor- 
ceaux, qui ont bien bonne mine, telles que 
les croches, coupées, que l’on fait sécher une 
nuit. On fait du sirop avec un peu d’eau, y 
jetarit deæ œufs pou: clarifier, on le coule, 


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Sucre c 


188 CUISINIÈRE 
et on y met de la citrouille, livre pour iivre: 
si l’on se sert de mélasse, on mei livre de ci- 
trouille par chopine de mélasse; on ajoute 
écorce d’orange ou de citron, et on laisse trois 
heures sur un moyen feu. 

Confitures aux melons français ou minorques. 
—Prenez un ou des melons pas trop mûrs, 
coupez par morceaux, faites un sirop et cou- 
lez-le, jetez-y livre de melon pour livre de 
sucre, faites cuire en remuant la casserole. 

Confitures aux grosses prunes blanches ou bleues. 
—Comme les pommes grises, sans les peler, 
si c’est votre goût ; pour ôter la pelure onles 
échaude. D’autres font le sirop, le jettent 
sur le fruit, recommencent ce procédé le len- 
demain et font cuire ensuite. 

Confitures aux cotons derhubarbe.—Epluchez- 
les, coupez-les par morceaux, que vous sau- 

oudrez de sucre; râpez de l'écorce d'orange, 
aissez reposer une heure, et faites-les cuire 
sans eau. Elles font d'excellentes tartes. 

Chartreuse de pommes.—Vos pommes étant 

elées et vidées, coupez en tranches arron- 
les, mettez ces tranches de pommes dans du 
sucre clarifié, auquel vous aurez joint le jus 
d’un citron. Quand elles auront jeté quel- 
ques bouïllons, retirez-les et laissez-les égout- 
ter; faites réduire en narmelade les débris 
de vos nr que vous aurez mis dans le 
arifié; après cette préparation, beur- 

rez un moule, disposez-y avec goût, dans le 
fond et sur les côtés, vos tranches de pommes, 


CANADIENNE. 189 


remplissez l’intérieur avec de la marmelade 


H d’abricots, et couvrez le tout de marmelade 
| de pommes; votre moule étant plein, placez- 


le dans un four ou sur des cendres rouges 
avec un couvercle et du feu dessus. Quand 
la chartreuse est d’une belle couleur, renver- 
sez-la sur le plat et servez. 

Croquettes de pommes.—Faïtes de la pâte 
feuilletée, étendez vos croquettes de pommes 
bien minces et découpez-les en petits cercles ; 
sur une moitié de ces cercles, mettez un petit 
tas de marmelade de pommes; repliez l’au- 
tre moitié par-dessus et pressez les bords de 
la pâte avec les doigts, faites frire ces cro- 
quettes, couvrez-les de sucre pulvérisé, et 
servez. 

Gâteau au riz.—Faites bouillir une pinte 
de crême, presqu’une livre de sucre sassé et 
trois quarterons de riz; lorsqu'il sera crevé 
ajoutez un bon morceau de beurre bien frais, 
faites refroidir. Hachez bien menu un demi- 
zeste de citron et mêlez-le à votre prépara- 
tion; ajoutez quatre œufs entiers et cinq jau- 
nes, mêlez bien. Prenez un moule, beurrez- 
le parfaitement; saupoudrez de la mie de 
pain sur votre beurre, secouez votre moule, 
mettez-y votre riz, posez-le sur la cendre 
rouge et couvrez avec feu dessus ; au mo- 
ment de servir renversez votre moule, dres- 
sez, servez chaud ou froid. 

anière de couvrir les pots de confitures.— 
Vous aurez soin dene jamais Lai: 
e sr 


190 | CUISINIÈRE 


fitures se refroidir dansla bassine : mettez-les 
chaudes dans vos pots, que vous l2is5e7 dé- 
couverts et dans un lieu où il n’y aura noînt 
d'humidité, pendant vingt-quatre heures; 
taillez des ronds de papier de la même gran- 
deur que la surface de vos pots, trempez ces 
papiers dans de bonne eau-de-vie, et les ap- 
pliquez sur vos confitures; couvrez ensuite 
vos pots de papier fort, ayant eu soin qu'il 
ne touche pas au papier de dessous; ficelez. 
et serrez vos pots dans un endroit bien sec. 

Pommes au riz.—Prenez sept pommes, éplu- 
chez-les et enlevez-en le cœur à l’emporte- 
pièce ; faites-les cuire dans une casserole, 
dans un sirop allongé, et pressez-y un demi- 
jus de citron, faites-les bouillir; lorsque vos 

ommes seront molles, égouttez-les bien; 
aites une courbe pour votre plat à dresser, 
de marmelade de prunes ou d’abricots, parez 
vos pommes dessus, remplissez le cœur de 
vos pommes de gelée de groseilles ; masquez- 
les de riz comme celui préparé pour le gâ- 
teau au riz et servez. 

Pommes maringuées.—Foncez un plat avec 
de la marmelade de pommes (on peut épais- 
sir la marmelade avec des biscuits secs ré- 
duits en poudre), et disposez-les en rocher; 


_ battez ensuite des blancs d'œufs avec du su- 


cre en poudre et le zeste d’un citron râpé; 

duisez-envotiemarmeladepourlamettreau 

four ; quand elle est bien colorée, saupoudrez- 

la de sucre grossièrement pulvérisé, et server. 
e 


mn .O9 


ttez-les 
Sa” dé. 
à noir 


n qu'il 
ficeler, 
en sec. 
s, éplu- 
a porte- 
sserole, 
demi- 
ue vos 
bien; 
resser, 
, parez 
eur de 
squez- 
le gà- 


b avec 
épais- 
cs ré- 
cher: 
lu su- 
râpé; 
treau 
idrez- 
orvez. 


| un plat un lit de marmel; 


CANADIENNE. 191 


Pommes au beurre.—Prenez douze belles 
mmes sahpoip ” videz-en le cœur comme 
es précédentes, faites-les cuire aux trois 
quarts dans du sirop, égouttez-les ; faites sur 
à dé groseilles ; 
placez-y vos pommes et mettez dans chaquèé 
cœur vidé du beurre bien frais; glacez-les à 
la pelle rouge. 
runes confites. —Choisissez demi-cent de 
prunes, soit reines claudes, mirabelles ou 
autres ; faites-les blanchir ; lorsqu'elles seront 
bien mollettes, vous les retireréz avec une 
écumoire et les mettrez dans l’eau fraîche. 
Faites clarifier cinq livres de sucre, mettez vos 
prunes dans un vase et couvrez-les de sucre 
clarifié un peu plus que tiède; retirez vos 
prunes le lendemain, faiter bouillir votre 
sucre par quatre jours différents, et remettez 
chaque fois sur vos prunes; la dernière fois 
vous ajouterez deux verres d’eau à votre sucré 
et le jetterez bouillant sur vos prunes. 


CHAPITRE XV. 


DES GELÉES ET DES GLACES, 


&eiée de viande.—Prenez un jarret de veau 
que vous aurez ficelé, mettez-le dans. une cas- 
serole avec des parures de veau, quelques oi- 
gions et eurottes en tranches, ciboules et per- 


192 CUISINIÈRE 


sil en bouquet, mouillez le tout avec du bon 
bouillon et quelque bon fond ; faites écumer 
et rafraîchir à plusieurs reprises avec un peu 
d’eau fraîche: ne faites plus que mijoter votre 
glace, jusqu’à ce queles viandes soient très-cui- 
tes ; ensuite passez-la dans un linge mouillé, et 
clarifiez-la en y jetant un blanc d’œuf bien 
fouetté. Cela fait, vous la passerez de nouveau. 

Gelée de poisson.—Mettez oignons et carottes 
coupés en tranches dans une casserole foncée 
de beurre frais, joignez-y persil et ciboules 
en bouquet, thym, laurier, ail, et des débris. 
de poisson; mouillez le tout avec un peu de 
bouillon de poisson ; quand il sera tombé à 
glace, vous détacherez cette glace du fond de 
la casserole, et ajouterez de nouveau autant 
de bouillon de poisson que vous le jugerez à 
propos pour ce que vous voulez faire. Après 
une heure de cuisson, vous passerez le tout 
dans un linge mouillé, et le ferez réduire 
comme la glace de viande ci-dessus. 

Gelée deraisin.—Eraflez votre raisin et faites- 
le cuire sans eau; passez-le pour extraire le 
jus, remettez ce jus sur le feu, avec environ 
un quarteron de sucre par livre de jus, plus 
ou moins selon la quantité de raisin ; écumez 
bien, et retirez vos confitures, quand vous 
connaîtrez qu’elles sont cuites par l'épreuve 
D a pour celles de groseilles. 

Gelée de verjus.—On procède comme il a été 
dit à l’article Gelée de raisin, et l’on mêle un 
peu de jus de raisin avec le verjus pour l’a 


du bon 
écumer 
Un peu 
er Votre 
rès-cui- 
| illé, et 
f bien 
)UVeau. 
arottes 
foncée 
boules 
débris. 
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Après 
tout 
duire 


aites- 
re le 
viron 
plus 
imez 
vous 

JUVE 


été 
‘un 
l'a. 


CANADIENNE. 193 


| doucir. Cette gelée veut qu’on emploie livre 


de sucre pour livre de fruit. 

Gelée de pommes.—Prenez des pommes de 
reinette bien mûres et de la meilleure qua- 
lité, pelez-les, fendez-les en quartiers, et ôtez- 
en soigneusement le cœur; faites-les cuire en 
marmelade dans une quantité d’eau suffisante, 
avec un peu de girofle et des écorces de citron 
jaune ; mettez-les ensuite dans des linges au- 
dessus de plusieurs vases où leur jus tombera 
de lui-même; vous mettrez ensuite le jus 
recuire dans la bassine avec votre sucre cla- 
rifié, et ne le retirerez du feu qu’au point de 
parfaite gelée. Vous aurez eu soin dé jeter 
dedans, lorsqu'elle aura commencé à se faire, 
les écorces de citron ci-dessus dites, et que 
vous aurez coupées en très-petits morceaux. 
Cette gelée s'achève en très-peu de temps: on 
emploie environ une livre de sucre pour trois 
de jus, selon sa qualité. 

elée de cerises.—Prenez six livres de belles 
cerises, bien saines et bien mûres ; écrasez et 
ressez-les dans un sas de crin. Recueillez 
ie jus dans une bassine en y mêlant autant 
de livres de sucre que vous aurez extrait de 
demi-bouteilles de jus. Placez sur le feu et 
faites bouillir, écumez; observez si en refroi- 
dissant la liqueur se change en gelée; dans 
ce cas, retirez du feu, versez dans des pots 
que vous couvrirez ensuite. | 

Gelée de groseille à froid.—Exprimer le jus 

de quatre livres de groxeilles, méie7 y cinq 


194 CUISINIÈRE 


livres de sucre en poudre ; remuez et exposez 
au soleil dans des pots évasés : le jour même 
la gelée est faite. 

elée de pommes à la canadienne.—Mettez 
sur le feu des pommes coupées par morceaux, 
recouvrez-les d’eau, faites-les bouillir jusqu’à 
ce qu’elles soient en marmelade, passez cette 
décoction à travers un sas ; ensuite vous met- 
tez une livre de sucre pour une pinte de jus 
de pomme, alors vous mettes le tout sur le feu 
et le laissez bouillir jusqu’à ce que la gelée 
paraisse cuite ou que la superficie plisse un 
peu. Vous observerez aussi qu'il ne faut 
point couvrir vos pommes en les faisant cuire, 
cela ternirait votre gelée: il va sans dire que 
‘ces pommes doivent être peléss. 

On peut faire une gelée de poires de la 
même manière. 

Gelée de vin de Madère.—Prenez une chopine 
de jus de pieds de veau, mettez une roquille 
de vin de Madère, du sucre à votre 

oût, et mettez sur le feu; quand il est prêt 

bouillir, mettez-y trois blancs d’œufs avec 
les écailles et une cuillerée de jus de citron : 
laissez-y alors jeter un bouillon, retirez-le 
après dix minutes et passez le tout à la chausse 
jusqu’à ce qu’il soit bien clair, en le remet: 
tant dans la flanelle si de la première fois il 
n’était pas suffisamment net; vous la mettez 


ensuite froidir dans le moule. 


_ Quand vous ne voulez faire que de la gelée 
de vin de Madère, vous retranchez deux pieds 


L EXposez 
ur même 


—Mettez 
Orceaux, 
" Jusqu'à 
sez cette 
us met- 
e de jus 
ur le feu 
la gelée 
lisse un 
ne faut 
16 cuire, 
lire que 


s de la 


hopine 
oquille 

votre 
st prêt 
8 avec 
itron ; 
irez-le 
hausse 
emet: 
fois i] 
mettez 


gelée 
pieds 


CANADIENNE. 195 


de veau et mettez à la place un pied de bœuf, 
et vous faites réduire fe tout à une chopine; 
elle sera plus forte, 

Gelée d'oranges.-—-Otezles écorces et les grai- 
nes des oranges, mettez une livre de sucre et 
une d'orange par petits morceaux, faites jeter 
un vouillon, coulez dans un linge clair, 
ajoutant une roquille d'eau, faites bouil- 
lir encore cinq minutes ce que vous aurez 
coulé, vous en ferez une marmelade qui fera 
gelée et marmelade ensemble. 

Gelée da citrons.—Même procédé que pour la 
gelée d’oranges. 

Glace3.—Pour faire des glaces, on verse la 
composition que l’on veut faire glacer dans 
des moules en étain nommés sorbetières, il 
est préférable qu'ils soient en argent; on 
trempe ces moules dans de la glace pilée et 
mêlée de salpêtre, ayant soin de remuer con- 
tinuellement le moule; dès que läicomposi- 
tion sera gelée, on trempera la sorbetière dans 
l'eau bouillante, et on la retire:a aussitôt: 
cela aidera Ja composition à se détacher. 

Les glaces se font rarement dans des mai- 
sons bourgeoïses: notre recette servira pour les 
villes où l’on est obligé de les faire soi-même ; 


| maïs à cause du peu de pratique, les moyens 


les plus simples nous ont paru les meilleurs. 

Glace à la groseille.—Versez dans votre sor- 
betière moitié sirop de groscille et moitié 
eau ; mélangez ensemble et remuez. 


196 CUISINIÈRE 


Les glaces à la fraise, à la framboise, aux 
cerises se font de la même manière. 

Glace à la vanille.—Pilez un demi-gros de 
vanille, huit onces de sucre; faites bouillir 
dans une chopine de laït, passez au tamis 
et faites glacer. 

Nougat.—Prenez poids égal de sucre blanc 
et d'amandes douces mondées, fendues en 
long par petits quartiers; faites fondre le 
sucre dans le quart pesant d’eau clarifite; 
jetez-y les amandes et tournez-les sur le feu 
jusqu'à ce qu’elles pétillent; aromatisez-les 
de râpure de citron, orange, ou de quelque 
autre ingrédient de bon goût; mettez le tout 
en moule, et continuez de le faire cuire en 
l’appliquant avec la maïn tout autour et dans 
le fond, jusqu’à ce qu’il ait pris couleur de 
caramel. 

I] faut se tremper de temps en temps les 
doigts dans l’eau fraîche. 


CHAPITRE XVI. 


DES CRÊMES, BLANCS-MANGÉS, ETC. 


Rlañs-mangé.—Prenez quatre pieds de veau 
et mettez-les dans dix chopines d’eau, faites- 
les réduire à une pinte, écumez-les pendant 


qu'ils cuisent ; faites-les froidir et dégraissez- | 


les bien ; séparez votre jus en deux, pour une 
chopine de jus mettez une chopine de lait, des 


mn © 
RSS EE eo © © © SO cr ©. 2 = 


oise, aux 


I-2ros de 
s bouillir 
au tamis 


re blanc 
dues en 
ondre Je 
larifiée 
ur le feu 
atisez-Jes 
quelque 
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cuire en 
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mps les 


r'C. 


de veau 
, faites- 
Jendant 
raissez- 
Dur une 
ait, des 


CANADIENNE. 197 


amandes amères, de la cannelle, muscade et 
sucre à votre goût, laissez-le bouillir douce- 
ment jusqu’à ce qu’il ait pris le goût des épi- 
ces, ensuite vous le retirez et le passez dans 
une flanelle, et le mettez refroidir dans votre 
moule. 

Blanc-mangé délicieux.—Mettez une once de 
colle de poisson (isinglass) dans un peu d’eau 
sur un feu doux jusqu’à ce qu’elle soit dis- 
soute. Puis prenez une pinte de bonne 
crême, sucrez-la à votre goût et ajoutez-y un 
petit citron ou de la vanille. Vous fouetterez 
bien votre colle et la coulerez sur cette crême. 
Mouillez ensuite vos moules avec de l’eau 
froide et emplissez-les et laissez-les dans une 
place fraîche jusqu’à cequele contenu soit pris. 

Blanc-mangé d'une autre espèce.—Faites fon- 
dre une once,de colle de poisson dans un peu 
d’eau et faites bouillir une pinte de lait avec 
du sucre et des amandes amères, ou quelques 
gouttes d'huile d'amandes; faites jeter un 
bouillon à ce mélange et coulez-le. 

Blanc-mangé d'une autre façon encore.—Faïtes 
bouillir deux onces de colle de poisson dans 
trois demiards d’eau pendant une demi-heure, 
et ensuite. coulez-le; vous pourrez y ajouter 
trois chopines de laif ou crême, et vous sucre- 
rez le tout à votre goût, y ajoutant de l’eau 
de pêche ou quelques amandes amères: vous 
faites bouillir encore un peu et vous lui don- 
nez ensuite la forme que vous voulez. 

Créme à la glace.—Faïtes bouillir un demi- 


| 
| 
| 
| 
| 
| 
1 
| 
14 
| 


De à 


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2 RS PRE LS nt gr nt TPE ae 


An 2 nine VE AT AE A EG ER 2° EE 


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198 CUISINIÈRE 


gallon de laït avec un quarteron de sucre 
blanc dans une casserole; versez cela ensuite 
avec des gouttes d’essence de citron dans un 
vaisseau allongé, étroit et ayant une ouverture 
sur le dessus fermée par un couvercle, avec 
des poignées ou une anse; vous placerez ce 
dernier dans un autre vase de plomb ou de 
boïs, contenant du sel au fond, de la glace et 
du sel sur les côtés pour l’entourer; vous 
aurez soin de remuer continuellement celui 
renfermant le lait jusqu’à ce que le tout soit 
formé en crême. 

Il J en a qui jeitent des blancs d'œufs bat- 
tus dans le lait pour que la crême prenne 
plus vite. 

Orême fouettée.—Prenez une chopine de crêé- 
me, sucrez-la à votre goût, observez que votre 
sucre soit écrasé bien menu, ajoutez un verre 
de vin blanc et un blanc d'œuf, un peu de 
muscade, battez le tout avec des verges jus- 
qu’à ce que votre crême soit en neige; ensuite 
vous mettez dans chacun de vos verres à vin 


une cuillerée à thé de confitures ou de gelée, 


et vous les remplissez de votre crême. 

Crême jaune.—Faites bouillir une pinte de 
lait, avec cannelle et muscade, battez douze 
jaunes d'œufs avec des amandes amères bien 
pilées et un peu de crême douce; quand le 
lait bout, retirez-le, et brassez les jaunes 
d’œufs dans la casserole, toujours du même 
côté, et sur un peu de cendre rouge jusqu’à 
ee que ça épaississe ; ensuite retirez et mettez 


> sUCre 
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CANAD)ENNE. 19€ 


dans des verres à crêmu, râpez de la muscade 
dessus. 

Orême brâlée—Même procédé, seulement 
quand votre crême est faite, vous brûlez la 
quantité que vous souhaitez de sucze et le 
mêélez dans votre crême. 

Crême à la portugaise.—Prenez une chopine 
de bon iait ei une démi-chopine de crême 
douce mêlés ensemble, battez ensuite le jaune 
de trois œufs avec du sucre à votre goût, un 
morceau de cannelle, autant d’écorce de ci- 
tron coupée menue ; alors vous mettez le tout 


| sur le feu en observant de le brasser toujours 


avec une mouvette jusqu’à ce que la crême 
paraisse s’y attacher ou qu’elle soit prise, 
vous retirerez et la servirez froide. 

Orême au jus de citron.—Battez quatre œufs, 
ajoutez-y du sucre à votre goût et trois cuil- 
lerées de jus de citron, une chopine d’eau 
froide, battez de nouveau le tout ensemble, 


| et lorsqu'il sera bien mêlé, placez-le sur un 


feu peu ardent, et brassez jusqu’à ce que la 
crême soit prise; lorsqu'elle sera tiède ou 
froide, vous y mettrez, en la brassant un peu, 
une petite goutte d'essence de fleur d’orange. 
Servez-la froide. 

Crême blanche.—Quatre blancs d’œufs bat- 
tus en neige; lorsqu'ils seront bien battus, 
mettez deux dessus de crême dedans; faites 
bouillir un peu plus d’une chopine de lait 
avec de la cannelle, muscade et sucre blanc ; 


_ couler cela, et mettez-le peu à peu dans vos 


RE SR De DT RE ÉNRES 


200 CUIS:NIÈRE 


blancs d'œufs, jusqu’à ce que le tout y soit; 
vous remettez ensuite le tout dans votre poêle 
bien nette, et le tenez sur un trépied avec un 
peu de braise dessous, pendant quelques mi- 
nutes, toujours brassant sur le même côté; 
quand elle est prise, videz dans votre plat. 

Crême aux amandes pralinées.—Prenez une 
once d'amandes douces et deux d’amères que 
vous pralinerez ; lorsqu'elles seront froides, 
écrasez-les bien, et faites bouillir trois verres 
de crême, à laquelle vous ajouterez vos aman- 
des, et vous retirerez du feu; jetez ensuite le 
tout dans la passoire, et vous y ajouterez après 
cinq jaunes d'œufs bien battus, et vous ferez 
passer encore quatre ou cinq fois dans la pas- 
soire; après quoi vous pourrez faire prendre 
votre crême dans un plat creux ou dans des 
petits pots. 

Crémeau chocolat.—Faites dissoudre du cho- 
colat dans de l’eau, à la proportion d’un verre 
par livre ; mettez-y un peu de sucre, et mêlez- 
le avec crême, lait et jaunes d'œufs dans la 
proportion de six par pinte de crême ou lait; 
ajoutez un grain de sel; passez cette crême 
comme la précédente, et faites-la prendre au 
bain-marie avec du feu dessous, en observant 
qu’elle ne bouille point. 

Orême à la française.—Prenez de la crême 
avec moitié autant de lait, mettez-y du sucre, 
et faites réduire à un tiers du tout; ôtez-le du 
feu; quand il ne sera plus que tiède, vous y 
méêlerez un peu de présure détrempée avec 


t y soit; 
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Bleur communiquer la saveur. Elles se con- 


CANADIENNE. 201 


de l’eau, et verserez votre crême dans son 
plat, après l'avoir passée au tamis; faites-la 
prendre entre deux feux très-doux ; glacez-la, 
et la servez froide; on peut encore la faire 
prendre au bain-marie, surtout si on la fait 
sn petits pots. 

ême au café à la canadienne.—Six bonnes 
tasses de café bien fort, tirez-le au clair, pre- 
sez ensuite une chopine de crême et un quar- 
tron de sucre, faites-le réduire de moitié, 
délayez-y six jaunes d'œufs, une cuillerée à 
dessert de farine, passez le tout dans le sas, 
mettez le ‘out sur le feu et le brassez jusqu’à 
ce qu’il soit pris. 

ême au café.—Prenez un quarteron de café 
cu pour une chopine de crême; faites-le 


Aroussir, non brûler, dans la poêle, et ensuite 


infusez dans la crême bouillante, en ayant 
soin de le découvrir; passez cette infusion: 
ajoutez-y jaunes d'œufs, dans la proportion 
indiquée à l’article ci-dessus, sucre, un peu 
de sel, et faites prendre votre crême comme 
la précédente. 

ême au thé.—Faites infuser du thé dans 


de la crême bouillante pendant une heure, et 


perce du reste comme il est indiqué pour 
crême au café. 

Crême à la frur d'oranger, au citron, à la va- 
nlle—Toutes les crêmes se font, comme celles 
au thé et au café, par infusion, dans de la 
crême ou du lait, de l’ingrédient dont on veut 


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202 CUISINIÈRE 


duisent de même, se font également prendre 
au bain-marie, et on les sert froides. 

Crême à la frangipane.—Délayez de la farine 
avec des œufs, blancs et jaunes à la fois, et 
détrempez cette pâte avec de la crême, à la 
proportion d’un demi-demiard et deux œufs 
par cuillerée de farine; ajoutez un bon mor- 
ceau de sucre, quelques grains de sel, fleur 
d'oranger grillée et hachée, écorce râpée de 
citron vert, ou zeste de citron ordinaire, à 
défaut de l’autre ; faites cuire le tout pendant 
une demi-heure, en le tournant sans discon- 
tinuer; tirez-la du feu, laïisseÆla refroidir, 
glacez-la et servez. 

Crême au caramel.—Jetez du sucre en pou- 
dre dans une bassine de cuivre ou poëélon de 
même métal non étamé; faites fondre san: 
eau sur un bon feu, et prendre une couleur 
rousse; jetez dedans, selon la quantité, du 
caramel, plus ou moins de fleur d'oranger 
pralinée, préalablement fondue dans de l’eau: 
ajoutez-y crême ou lait, de même en propor- 
tion; passez le tout, après l’avoir fait bouillir. 
et le mettez prendre au baïin-marie. 

Crême fouettée à la française.—Mettez dans 
une terrine une pinte de très-bon lait; ajou- 
tez une pincée de gomme arabique, que vous 
aurez fait dissoudre dans un peu d’eau de 
fleur d'oranger ; fouettez le tout avec la verge 
d’osier, et quand votre crême sera en neige, 
vous la dresserez sur un plat au moyen de 
l'écumoire. Cette préparation doit être faite 


prendre 


la farine 
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pendant 
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en pou- 
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le l’eau; 
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bouillir. 


ez dans 
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la verge 
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tre faite 


CANADIENKE. 205 
quelques minutes avant de servir, et dans 
‘endroit le plus frais possible. 

On fait toutes les crêmes fouettées de la 


| même manière; pour celle à la rose, on fait 


infuser une poignée de feuilles de roses dans 
la crêmé que l’on a fait bouillir ; celle du cho- 


| colat râpé très-fin ; celle au café, en ajoutant 


une cuillerée de café très-fort. On peut encore 
Ja faire à la framboise, à la fraise: alors on 
pressure ces fruits dans un linge, et on fait 
tomber le jus sur la crême que l’on fouette 
ensuite. 

Jaune-mangé.—Versez une ’chopine d’eau 
bouillante sur deux onces de colle de poisson, 


| et aussitôt qu’elle sera dissoute, vous y ajou- 


terez trois demi-demiards de vin blanc, le jus 
d'un citron et celui de deux oranges, l’écorce 


| d’un citron râpée bien fine, et sucrez le tout à 
| votre goût; après quoi, vous ajouterez huit 


œufs, et vous ferez bouillir bien doucement: 
mettez ensuite dans des moules. 


nes 


CHAPITRE XVII. 


DES DIFFÉRENTES MANIÈRES D’ACCOMMODER 
LES LÉGUMES. 


Artichauts à la poivrade.—On les prend pe- 
tits; fendez-les en quatre; ôtez les premières 
feuilles ; coupez le haut des autres; ôtez le 

7 


1 


204 CUISINIÈRE 


foin; parez le porte-feuille et servez-les duns 
de l’eau fraîche avec un huilier, sel et poivre. 
Artichauts à la sauce blanche.—Parez, faites 
cuire et rafraîchissez vos artichauts comme 
les précédents. Faites-les réchauffer au mo- 
ment de les servir,-en les replongeant dans 
l’eau bouillante, après avoir ôté le foin ; dres- 
.sez-les sur le plat, mettez de la sauce blanche 
dans chaque artichaut à la place qu’occupait 
le foin, et replacez le clocher sans qu'il y 
paraisse. On peut aussi servir la sauce tout 
simplement dans une saucière. 
Artichauts frits. — Vos artichauts, choisis 
bien tendres, étant coupés par morceaux, 


parés, lavés et égouttés comme ceux à la ba- | 


rigoule, faites-les tremper quelque temps dans 
une pâte faite avec une poignée de farine, 
deux œufs, blancs et jaunes, un filet de vinai- 
gre, autant d'huile fine, le double de bière, 
sel et poivre; vous les arroserez pour les faire 
frire, et servez-les en belle couleur, avec du 
persil frit. 

Asperges à l’huile.—Otez les feuilles et cou- 
pez tout ou partie du blanc de vos asperges, 
ratissez-les légèrement, etaprès les avoir liées 
par bottillons, jetez-les dans l’eau bouillante; 
ajoutez un peu de sel; rafrafchissez-les avec 
de l’eau froide avant leur cuisson. Quand 
elles seront cuites, vous les egoutterez, les 
dresserez régulièrement sur un plat, eu un 
seul paquet, et les servirez froides avec un 
huilier. | 


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SANADIENNE. 205 


Asperges à la sauce blanche.—-Préparez et 
faites-les cuire comme les précédentes; dres- 


| sez-les régulièrement en plusieurs paquets 


arallèles, les têtes au centre du plat. Vous 
es servirez très-chaudes, : avec votre sauce 
blanche, sans câpres, dans une saucière. 

Asperges en petits pois.—Prenez de petites 
asperges ; coupez-les de la grosseur d’un pois; 
faites-les cuire comme des asperges entières ; 
lorsqu'elles seront cuites, retirez-les de l’eau 
bouillante pour les jee ensuite dans l’eau 
froide, puis égouttez-les dans une passoire, et 
ensuite sur un torchon blanc; mettez-les dans 
une casserole avec un morceau de beurre, sel, 
gros poivre, un peu de sucre; passez-les sur 
le feu ardent, en les remuant sans disconti- 
nuer; saupoudrez-les légèrement de farine, 
mouillez-les avec une goutte d’eau, de 
bouillon ou de velouté ; un instant après, vous 
les retirerez et les lierez, bien chaudes, avec 
des jaunes d'œufs ; servez-les entourées d'œufs 
pochés où mollets, ou encore de croûtons au 
beurre. | 

Asperges, cotonniers, épinards, etc.—On fait 
bouillir chacun des herbages dans l’eau avec 
un peu de sel : ensuite, les ayant égouttés, on 
y ajoute beurre, poivre et sel, et ils font des 
plats excellents de légumes. 

Aubergines grillées.—Ferndez vos aubergines 
dans leur longueur; ôtez-en les pepins; cou- 
pez-les ensuite par tranches minces du même 
sens ; faites-les mariner avec un peu d'huile, 


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206 CUISINIÈRE 


des fines herbes, poivre et sel: quand elles \e 
seront suffisamment, vous les égoutterez, les 
mettrez cuire sur le gril et les servirez avec 
une sauce convenable. 

Betteraves —Lavez-les avec précaution, c’est- 
à-dire, ne leur ôtez rien, ensuite faites-les 
bouillir; en les retirant, ôtez les pelures, et 
tranchez-les comme des gros sous, jetez-les 
dans le vinaigre, couvrez-les : elles ne se con- 
servent point. Fr 

Cardons d’Espagne à l’espagnole.—Epluchez 
vos cardons ; coupez-les de la longueur de 
trois pouces ; enlevez les bords, et rejetez tout 
ce qui n’est point blanc et tendre. Faites-les 
blanchir à l’eau bouillante; lorsque le limon 
commencera à quitter sous le doigt, retirez 
une partie de l’eau bouillante; remettez-en 
de la froide, afin que vous puissiez les bien 
nettoyer sans vous brûler les mains. Zors- 
qu’ils seront bien propres, parez-les de nou- 
veau; mettez-les dans une casserole; couvrez- 
les de bardes de lard; mouiïllez-les avec du 
consommé et le jus d’un citron; faites-les 
cuire pendant quatre heures; au bout de ce 
temps, égouttez-les, et arrangez-les dans une 
terrine ou casserole qui puisse aller au feu; 
mouilléz-les avec quatre cuillerées de demi- 
glace de volaille sans sel; faites-les mijoter 
jusqu’à suffisante réduction; au moment de 
servir, vous ferez fondre dans de l’espagnole 
clarifiée gros comme un œuf de moelle de 
bœuf; ajoutez-y du jus de citron; dressez vos 


lures, et 
Jetez-les 


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eZ VOS 


CANADIENNE. 207 


cardons; saucez-les avec l’espagnole, et ser- 
vez-les bouillants. 

Carottes, navets, poireaux, ec.—Ces plantes 
servent dans les soupes, et se mangent avec : 
le bouilli. Les panais bouïillis sont aussi 
excellents avec le poisson frais. 

éleri en salade.—Choiïsissez-le gros, bien 
blanc et bien tendre ; après l’avoir bien éplu- 
ché et lavé à plusieurs eaux, faites une remou- 
lade de sel, poivre, huïle, vinaigre et mou- 
tarde ; versez-la sur votre céleri et retournez-la 
jusqu'à ce que tous les brins en soient égale- 
ment saucés. 

Céleri à la bourgeoise.—Epluchez-le sans le 
friser ; faites-le tremper dans l’eau pour le 
bien laver : mettez-le cuire une demi-heure 
dans de l’eau bouillante avec un peu de sel ; 
retirez-le dans l’eau fraîche; pressez-le bien ; 
mettez-le dans une casserole avec un morceau 
de beurre; saupoudrez-le de farine, et faites- 
le cuire avec de bon bouillon et du coulis ; 
assaisonnez-le de bon goût: vous aurez soin 
de le dégraisser. Servez-le sous telle viande 
que vous jugerez à propos. 

Céleri en entier en ragoût.—Tâchez, en éplu- 
chant vos pièds de céleri, de le tailler de 

rosseur et de longueur égales. Vous les 
Everes avec d'autant plus d’attention qu’ils 
seront entiers. Faites-les blanchir dans une 
eau légèrement salée, rafraîchissez et égout- 
tez-les bien; faites un roux léger, mouillez-le 
avec du bouillon et tournez-ie continuelle- 


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CUISINIÈRE 


ment. Quand il bouillira, vous mettrez votre 
céleri dedans, sans le rompre, et le ferez aller 
à grand feu environ une demi-heure; dressez- 
le et l’arrosez avec la sauce. 

Choux au petit lard.—Lavez bien des choux 
coupés en quartiers; faites-les bouillir un 
quart d'heure dans de l’eau ; coupez du petit 
lard par morceaux tenant à a couenne ; met- 

r-les avec vos choux, que vous retirerez un 
instant après dans de l’eau fraîche; pressez- 
les bien, ayez soin de les ficeler ; mettez-les 
cuire dans une braïse avec vos morceaux de 
lard et telle viande que vous voudrez servir; 
ajoutez sel, poivre, racine, un bouquet de 

ersil, ciboules, girofle; lorsque la viande et 
es choux seront cuits, retirez-les pour les 
dégraisser ; dressez votre viande sur un plat ; 
masquez-la avec vos choux, et arrangez le 
petit lard par-dessus ceux-ci. 

Choux à la bourgeoise.—Coupez en tranches 
minces un ou plusieurs choux, selon leur 
taille et la force du plat que vous voudrez 
servir; faites-les blanchir assez longtemps 
dans l’eau bouillante, avec un peu de sel: 
égouttez-les ; hachez-les en gros après les 
avoir rafraichis; cela fait, vous les passerez 
au feu dans une casserole avec du beurre, sel 
et poivre ; ajoutez une forte pincée de farine, 
remuez bien vos choux en la répandant des- 
sus; mouillez-les avec du bouillon j, remuez 
toujours, et faites-les bouillir jusqu’à ce que 
Ja sauce soit à bon point de réduction, 


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CANADIENNE. 209 


Choux au lait—Préparez et conduisez vos 
choux comme les précédents ; toute la diffé- 
rence consiste à les mouiller avec du bon 
lait. Faites réduire la sauce au même point. 

Chou farci. —Faites bouillir un quart-d’heu- 
re, dans l’eau, un chou que vous aurez bien 
épluché et lavé; ensuite retirez-le dans l’eau 
fraîche, laissez-le refroidir ; Ôôtez-en les feuil- 
les une à une; mettez à chacune un peu de 
farce ; cela fait, replacez les feuilles l’une sur 
l’autre, comme si le chou était entier ; ficelez- 
le exactement, et faites-le cuire dans une 
braïse; quand il sera froid, égouttez-le bien, 
pressez-le légèrement pour en faire sortir la 
graisse, et dressez-le sur le plat, soit tout en- 
tier en le parant, soit coupé en deux ; mettez 
dessous un coulis, ou une espagnole, ou un 
roux léger, mouillé avec votre cuisson et 
passé au tamis. 

Choux de Bruxelles.—Otez les feuilles jau:- 
nes, et faites cuire vos petits choux dans l’eau 
et sel; rafraîchissez-les, faites égoutter, et 
servez sur un morceau de beurre avec sel et 
poivre. 

Choucroute.—Vous la faites dessaler pen- 
dant une heure, et ensuite la lavez à plusieurs 
eaux; mettez dans la casserole avec graisse, 
morceaux de lard de poitrine, saucisses et 
saucissons crus ; laissez cuire pendant cinq à 
six heures, servez votre choucroute avec le 
lard, saucisses et saucissons. 


Choux-fleurs à la sauce blanche où brune. 


PR me Mie Fm 


210 CUISINIÈRE 


Epluchez et lavez bien vos choux-fleurs ; met- 
tez-les cuire dans de l’eau avec un peu de sel 
et de beurre; quand ils seront cuits, dressez- 
les sur un plat, en ayant soin de rapprocher 
tous les morceaux et de leur donner la forme 
d’un seul chou-fleur; arrosez-les avec ünt 
sauce blanche ou une sauce au coulis et servez; 
autrement, jetez-les dans la casserole où vous 
aurez fait votre sauce, sautez-les dedans et les 
servez: de la sorte ils auront moins bonne 
mine, mais bien meilleur goût. 
Choux-fleurs en parmesan.—Préparez et faites 
cuire vos choux-fleurs comme les précédents ; 
arrosez-les d’une sauce blanche à laquelle 
vous aurez incorporé du parmesan râpé ; cou- 
vrez-les ensuite d’un lit de mie de pain et de 
fromage râpé également: dorez ce lit avec du 
beurre tiède, mettez-en un second par-dessus : 
environ un quart d'heure avant de servir vos 


choux-fleurs, vous mettrez le plat sous le four 


de campagne, avec feu dessous et feu dessus, 
pour former la croûte et leur faire prendre 
couleur. 

Citrouille ou potiron en fricassée.—Epluchez : 
votre potiron; coupez-le en gros dés égaux et 
le faites cuire dans l’eau avec un peu de sel 
et un petit morceau de beurre; mettez-le en- 
suite dans une casserole avec un morceau de 
beurre, persil haché, sel et poivre ; laissez-le 
bouillir, quand il ne restera plus de sucre, 


vous délaierez des jaunes d’œufs avec de la 


srême ou du lait, et vous lierez votre potiron 


; met- 
de sel 
reSseZ- 
rocher 
forme 
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servez; 
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bonne 


L faites 


otiron 


CANADIENNE. 211 


avec, en le tournant à mesure que vous ver- 
serez. 


La citrouille, dont le potiron n’est qu’une 
variété, peut s’accommoder de même; mais 


on en fait plus volontiers usage pour le potage. 


Les courges d’Espagne, autre variété de la 
citrouille, s’accommodent comme le potiron ; 


l'elles fnndent moins et ont plus de goût. 


Nous en dirons autant de l’artichaut d’Es- 
pagne, qui est préféré par beaucoup de per- 
sonnes. 

Concombres au jus.—Arrangez dans une cas- 
serole des quartiers de concombre bien net- 


 toyés, blanchis et égouttés ; mouillez-les avec 


du consommé, du jus de bœuf, et quelques 


| cuillerées d’espagnole, si vous en avez ; ne les 


faites que mijoter; dressez-les aussitôt qu'ils 
seront cuits, et arrosez-les avec la sauce : vous 
auriez soin de la faire réduire auparavant, si 


elle était trop longue. 


Concombres farcis.—Videz des concombres, 


L Ôtez-en l'écorce ; remplissez-les de farce cuite, 


et rebouchez le trou, de peur qu’elle n’en 
sorte: vous les ferez cuire comme le chou 


| farci, et les servirez avec la même sauce. 


Observez seuliment qu’il ne faut guère qu’une 
demi-heure pour la cuisson des concombres. 

Epinards au lait-—Epluchez-les et lavez; 
faites-les cuire dans l’eau bouillante, et reti- 


rez-les dans l’eau froide pour les bien presser ; 


hachez-les ensuite; mettez-les dans une cas- 


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k AURA i 


212 CUISINIÈRE 


serole, avec un morceau de beurre, sel, poi. 
vre, muscadé en poudre, s’il vous convient: 
passez-les sur un fourneau très-vif, pour les 
rendre verts; saupoudrez-les d’une pincée de 
farine, et les mouillez peu à peu avec du lait ; 
vous pourrez les finir avec un plat de croû- 
tons au beurre, et sérvez chaudement. 

Epinards au jus.—Ils ne diffèrent des pré- 
cédents que par le mouillement; au lieu du 
lait, vous emploierez du jus de bœuf ét du 
velouté, ou à défaut de l’un et de l’autre, de 
bon bouillon: faites en sorte que vos épinards 
ne soient point clairs. On y met du coulis 
ou du jus de veau; apprêtés de cette facon, 
on peut les servir avec de la viande cuite à 
{a broche. 

Fèves à la bourgeoise. —Otez-en seulement les 
têtes, et faites-les cuire dans de l’eau bouillan- 
te, pendant un quart d'heure, pour en ôter l’à- 
creté, égouttez-les, et faites-les revenir avec 
un morceau de beurre dans une casserole; 
ajoutez un peu de farine; mouillez-les avec 
du bouillon, et ajoutez sal, poivre, serriette 
hachée. Quelques moments après, vous les 
lierez avec des jaunes d'œufs ; ajoutez-y un 
petit morceau de sucre ; remuez-les vivement 
et servez. 

Fèves dérobées.—Faites-les cuire dans une 
eau de sel, et jetez-les dans l’eau fraîche pour 
les tenir bien vertes; ensuite vous les égout- 
terez et les accommoderez de la même mu- 
nière que les précédentes. 


sel, poi. 
onvient ; 
pour les 
ncée de 
du lait ; 
de croû- 
it. 

des pré- 
lieu dû 
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vutre, de 
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ment les 
ouillan- 
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CANADIENNE. 213 


| Fêves vertes et tendres.—On ôte les filandres, 
on les sale dans une tinette; on les dessale 
pour les manger bouïllies, en hiver, avec 
‘sauce au beurre, vinaigre, huile poivre, etc. 

Haricots verts à la bourgeoise. —Vos haricots 
étant épluchés, lavez-les : mettez de l’eau et 


| du sel dans un chaudron, faites-la bouillir et 


etez-y vos haricots ; lorsqu'ils fléchiront sous 

de doigt, vous les retirerez, les laisserez égout- 
ter dans une passoire, et les mettrez dans 
l’eau froide; mettez ensuite un morceau de 
beurre dans une casserole, jetez-y vos hari- 
cots bouïllants ; assaisonnez-les de sel, gros 
poivre, persil blanchi et haché; remuez-les 
continuellement et servez. 

Haricots verts au beurre noir.—Egouttez bien 
les haricots verts que vous aurez fait cuire 
comme si vous vouliez les accommoder à la 
bourgeoise ; assaisonnez-les de poivre et de 


| sel; sautez-les, dressez-les sur un plat, et 


saucez-les avec un beurre noir. 

Haricots verts au roux.—Faites roussir de 
l'oignon dans du beurre; quand il aura pris 
une-belle couleur, jetez-y vos haricots cuits à 


l’eau et égouttés comme il est dit plus haut ; 


sautez-les, assaisonnez-les de bon goût; sau- 
tez-les encore pour mêler l’assaisonnement ; 
ajoutez un filet de verjus ou de vinaigre, et 
servez. 
Haricots verts au jus.—Quand vos haricots 
seront cuits comme les précédents dans de 
l'eau de sel légère, jetez-les tout bouillants 


214 CUISINIÈRE 


dans une casserole; mouillez-les avec une 
cuillerée de jus de bœuf; ajoutez un morceau 
de beurre, du persil blanchi et haché, un peu 
de gros poivre; liez-les en les remuant vite et 
fort; ajoutez du jus de citron ou un filet de 
verjus, et servez. 
aricots blancs nouveaux à la bourgeoise. — 
Jetez vos haricots dans l’eau bouillante avec 
du sel et un peu de beurre; rafraîchissez-les 
souvent avec de l’eau froide ; quand ils seront 
cuits, égouttez-les ; mettez-les dans une cas- 
serole avec un bon morceau de beurre; sau- 
tez-les, et ajoutez-y persil haché, sel, poivre, 
un filet de vinaigre ou de verjus, ou mieux 
du jus de citron. 
aricolts nouveaux à la bretonne. — Faîtes 
cuire vos haricots comme les précédents ; 
égouttez-les ; (he ee dans une casserole avec 
quelques cuillerées de purée brune d'oignons 
et autant d’espagnole. À défaut d’espagnole, 
vous vous servirez de consommé ou de bon 
bouillon gras; salez, poivrez, sautez vos hari- 
cots ; ques un bon morceau de beurre fin, 
sautez-les de nouveau, et servez sans retard. 
Haricots à la provensale.—Prenez une pinte 
ou plus de haricots de Soissons, que vous 
aurez préalablement fait tremper; mettez-les 
dans un plat de terre, avec du bouillon, quatre 
ou cinq cuillerées d’huile, un petit morceau 
de beurre, deux oignons en tranches, du per- 
sil haché, un bouquet garni, une cuisse d’oie 
ou du petit salé, poivre, sel, muscade ; faites 


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CANADIENNE. 215 


cuire pendant quatre heures, plus ou moins, 


de manière que, lorsqu'ils seront arrivés à 


leur cuisson, ils se trouvent liés à leur point. 

Herbes salées. —On épluche le persil, le cer- 
feuil, et des cives que l’on lave à grande eau, 
ensuite on pose un lit de sel pour un lit d’her- 
bes, dans un grand vase de grès, —elles ser+ 
vent pour les soupes maigres. 

Laitue pommée en salade.—Epluchez et lavez 
bien votre laïitue, mettez-la dans un saladier, 
et parez-la le plus artistement que vous pour- 
rez avec ses cœurs coupés en quartiers, de la 
fourniture hachée bien menu, et, si c’est la 
saison, des fleurs de capucines, pieds d’a- 
louette et autres. 

Laîtue en miroton.—Après les avoir débarras- 
sées des premières feuilles et lavées, faites-les 
blanchir dans une eau légèrement salée ; 
égouttez-les ; mettez un peu de sel et de poivre 
sur le cœur de chacune; ficelez-les et les faites 
cuire dans une casserole foncée de bardes de 
lard, avec légumes, un bon assaisonnement 
et un peu de bouillon ; couvrez-lés de bardes ; 
quarts ne fassent que mijoter. Au moment 

e servir, vous les égoutterez, les déficellerez, 
les presserez dans un torchon, et les dresserez 
en miroton sur Le mettez entre chaque 
laitue un croûton de grandeur égale; glacez 
le tout, et le saucez avec une espagnole bien 
corsée. | 

Laîtues hachées au jus.—-Otez toutes les feuilles 


dures de vos laitues, et la côte des plus grane 


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216 CUISINIÈRE 


des feuilles : ayez soin de les bien laver. Vous 
les ferez blanchir à l’eau bouillante avec un 
peu de sel. Rafraîchissez-les, égouttez, pres- 
sez-les bien et les hachez menu. Cela fait, 
vous emploierez pour les faire cuire le même 
procédé que pour l’oseille au jus. Vous dres- 
serez de même. 

Laîtues hachées, au lait.—Préparez-les, faites- 
les blanchir ; hachez-les comme les précéden- 
tes ; ensuite vous les ferez cuire et les lierez 
comme l’oseille au lait. On ne met rien des- 
sus le. plus ordinairement. 

Laîtue, chicorée, céleri, concombres, cresson, 
pissenlits, etc.—Ces herbes potagères et autres 
se mangent en salade, avec vinaigre, huile, 
poivre, sel, crême douce, etc. 

Lentilles à la maître-d'hôtel.—Faites cuire vos 
lentilles dans de l’eau avec un peu de sel: 
égouttez-les et mettez-les dans une casserole 
avec un bon morceau de beurre, du persil ha- 
ché, sel et poivre ; sautez-les pendaut quel- 
ques minutes, après quoi vous les dresserez, 
les entourerez de croûtons de pain au beurre 
et les servirez très-chaudes. | 

Lentilles au roux.—Faites roussir dans du 
beurre des tranches d’oignon et des fines her- 
bes hachées ; ajoutez-y un peu de farine ; 
quand votre roux sera assez brun, mouillez-le 
avec de l’eau, ou mieux du bouillon, jetez-y 
vos lentilles cuites à l’eau, et égouttées comme 
les précédentes ; ajoutez sel et poivre ; sautez- 
les de même et servez. 


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CANADIENNE. 217 


Lentilles au lard, à la paysanne.—Mettez des 
lentilles et un bon morceau de petit lard dans 
une marmite pleine d’eau; faites cuire le tout 
ensemble ; quand il le sera, fricassez vos len- 
lilles comme les précédentes, et masquez-en 
M petit lard, que vous aurez dressé sur un 

at. 

: Navets au blanc. — Epluchez vos navets: 
tournez-les soit en bâtonnets, soit en poires, 
en gousses d'ail ou en champignons: faites- 
les revenir dans le beurre. Aussitôt que vour 
leur verrez prendre une belle couleur jaune, 
vous les mouillerez avec du bouillon; sucrez- 


. les légèrement et faites-les cuire à petit feu ; 


dressez-les ensuite et arrosez-les avec une 
sauce blanche dans laquelle vous aurez mêlé 
de la moutarde. 
 Navets au roux.—Préparez vos navets com- 

me les précédents. Vous les ferez revenir de 
même; saupoudrez-les de farine ; quand ils 
seront roux, vous les mouille :ez avec du bouil- 
lon ; sucrez-les. Il faut également qu’ils ne 
fassent que mijoter. Quand ils seront cuits, 
vous les dresserez. Faites réduire la sauce si 
elle est trop iongue, arrosez-en vos navets. 

Navets pour garniture. — Tournez-les après 
les avoir épluchés et faites-les cuire soit avec 
du consommé, soit dans un roux que vous ne 
mouillerez point. 

Oignons en salade.—Prenez des netits oignons 
blancs, coupez-en la tête et la queue, sans les 
éplucher autrement ; faites-les cuire dans du 


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218 _ CUISINIÈRE 


bouillon; quand ïls seront cuits, vous Îles 
dresserez dans un saladier et les assaisonne. 
. rez comme une sä&iade ordinaire. 

Oignons glacés.—Choïsissez des oignons de 
grosseur égale; épluchez-les sans en couper 
ni la tête ni la queue. Cela fait, vous les pla- 
cerez sur la tête dans une casserole dont vous 
aurez beurré le fond. Salez et poivrez-les, 
ajoutez un morceau de benrre frais, un autre 
de sucre; mouillez le tout avec de l’eau et le 
_couvrez de papier beurré. Faites réduire à 
moitié sur un grand feu et cuire ensuite sur 
un feu doux. Dressez-les quand ils seroi: 
tombés à glace; jetez alors dans votre rassc- 
role avec la glace de vos oignons une pincée 
de farine, tournez-la vivement, mouillez-la 
avec un peu de bouillon, ajoutez un peu de 
sel et de poivre; quand cette sauce sera bien 
liée, vous en arroserez vos oignons. 

Oseille au jus.—Hachez votre oseille bien 
menu, joignez-y une forte poignée de cerfeuil 
et poirée blanche, aussi hachés; mettez le 
tout cuire avec de l’eau et un peu de sel. 
Lorsque votre oseille sera cuite, vous l’égout- 
terez bien; ensuite, faites-la roussir dans une 
casserole avec un morceau de beurre propor- 
tionné à sa quantité ; saupoudrez-ia de farine 
en ne cessant pas de la remuer, et mouillez- 
la soit avec du velouté, soit avec du jus de 
bœuf, ou quelque bon fond. A défaut de tout 
cela, vous emploiïierez du consommé, ou au 
moins d’excellent bouillon; dans ce dernier 


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 CANADIENNE. 219 
cas, vous mettrez un peu plus de beurre 
Quand elle aura bouïilli un quart d’heure en- 
viron, dressez-la et mettez dessus ce que bon 
vous semblera: quartiers d'œufs durs, œufs 
pochés, viande, ou croûtons de pain frits au 
beurre. 
Oseille maigre au lait.—Votre oseiïlle étant 
bien épluchée, hachée et cuite comme la pré- 
cédente, faites-la frire de même avec un mor- 
ceau de beurre dans une casserole. Cassez à 
part un œuf ou deux, selon la force du plat : 
amalgamez-les avec de la farine, ajoutez un 
autre œuf; délayez le tout avec du lait, en- 
suite vous verserez cette liaison dans votre 
oseille que vous remuerez bien, pour que le 
mélange soit complet. Lorsqu'elle aura bouil- 
li comme la précédente, vous la dresserez 
pour en faire le même usage. 
Pois au lard.—Maniez des pee ois avec 
du beurre frais; versez de l’eau dessus, et 
laïssez-les ainsi environ un quart d'heure; 
cendant qu'ils trempent, faites r.‘enir dans 
du beurre une quantité proportionnée de petit 
lard coupé en gros dés; égouttez bien vos 
ncis; mettez-les dans une au‘re casserole; 
faites-les suer; mouillez-les avec du bouillon, 
du consommé ou de l’espagnole, si vous en 
avez ; jetez-y votre lard ; ajoutez un bouquet 
de persil garni, gros poivre et un peu de sel ; 
faites-les partir à grand feu ; ensuite vous les 
ralentirez; laissez mijoter vos pois jusqu’à ce 
qu’ils soient cuits et que leur sauce vous pa- 


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220 CUISINIÈRE 


raisse suffisamment réduite; dégraissez-la, 
Ôtez le bouquet et servez. 

Petits pois à la bourgeoïse.—Prenez une ou 
deux pintes de petits pois. lavez-les et les 
maniez ensuite dans une casserole avec un 


morceau de beurre ; ajou*2z-y un bouquet de , 


persil et ciboules, un petit morceau de sucre ; 
passez-les à pe feu, et mouillez-les avec 
une eau de sel claire et légère ; quand cetteeau 
est réduite et que vos pois sont cuits, ôtez le 
bouque: : retirez-les d'u feu, et liez-les avec un 
bon morc. de beurre frais, manié aupara- 
vant avec ue très-petite pincée de farine. 

Petits pois à l’anglaise.—Jetez des petits pois 
dans de l’eau bouillante; assaisonnez-les de 
sel et de poivre ; quand ils seront cuits, vous 
les égoutterez et les dresserez sur un plat avec 
un gros morceau de beurre, ou plusieurs petits 
par-dessus. 

Pois goulus verts.—On appelle ainsi une es- 

èce de pois que l’on mange avec la cosse, 
orsqu'ils sont tendres ; accommodez- les 
comme les précédents, hors que vous ne les 
manierez point avec du beurre avant de les 
faire cuire: cela serait impossible, et d’ail- 
leurs n’aboutirait à rien. 

Pommes deterre à la sauce blanche.—Vos pom- 
mes de terre étant cuites et coupées comme 
nous l’avons dit ci-dessus, tenez-les le plus 
chaudement possible. Vous délaierez de la 
fécule de pommes de terre avec un morceau 
de beurre, du bouillon, sel et poivre, sur un 


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CANADIENNE. 221 


(sa doux. Aussitôt que cette sauce sera suf- 
fisamment liée, vous y jetterez, si bon vous 
semble, quelques anchois hachés, des câpres, 
et en arroserez vos pommes de terre. Servez 
le plus chaudement que vous pourrez. 

omvmes de terre au blanc.—Meitez-les dans 
une casserole avec persil et ciboules hachés ; 
vos pommes de terre cuites et coupées comme 
celies ci-dessus, faites-les revenir, mouillez- 
les avec du lait, ayez soin de les bien tourner 
et servez-les avant qu'elles bouiïllent. 

Pommes de terre à la crême.—Après avoir fait 
cuire, épluché et coupé vos pommes de terre, 
mettez dans une casserole un morceau de 
beurre manié avec de la farine; arrosez-le 
avec de la crême: assaisonnez de sel et de 
gros poivre ; tournez cette sauce; quand elle 
sera près de bouïilir, vous jetterez vos pom- 
mes de terre dedans, les sauterez et les servi- 
rez bien chaudes. | 

Pommes de terre à 1a hollandarse.—Lorsque 
vous aurez mis vos pommes de terre en pâte, 
comme les précédentes, passez cette pâte ; 
assaisonnez-la de sel, poivre et fines herbes 
hachées ; mouillez-la avec un peu de jus de 
bœuf; formez-en des boulettes ; trempez-les 
une à une dans des œufs bien battus et faites- 
les S.ire. Vous les servirez garnis de persil frit. 

Pommes de terre à la barigoule.—Prenez des 
pommes de terre crues, d’une moyenne gros- 
seur, pelez-les et mettez-les cuire dans du 
bouillon gras ou maigre et de l’eau, avec un 


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222 CUISINIÈRE 


peu de bonne huile, un peu de sel et de poi- 
vre, des racines, quelques oignons, un bou- 
quet de persil garni; quand elles seront cuites 
et qu’il n’y aura plus de sauce, laïssez-les 
frire un moment dans l’huile et prendre une 
belle couleur; vous les servirez avec une 
sauce à l’huile, vinaigre, sel et gros poivre. 

Pommes de terre au lard.—Faîtes roussir du 
beurre, délayez de la farine; quand votre 
roux sera bien foncé en couleur, assaisonnez- 
le de poivre et d’un bouquet de persil garni; 
ajoutez du lard gras et maigre coupé en gros 
dés, et laissez-le cuire à moitié dans le roux ; 
vous y jetterez alors vos pommes de terre 
crues, après les avoir pelées et coupées. Quand 
elles seront cuites, dégraissez le ragoût et 
servez promptement. 

Pommes de terre à la maître-d’hôtel.—Coupez 
en tranches des pommes de terre cuites à L’é- 
touffade ; mettez-les dans une casserole avec 
un bon morceau de beurre, sel et gros poivre; 
sautez-les de temps en temps sur un bon feu, 


. après quoi vous les arroserez avec une sauce 


à la maître-d’hôtel faite avec un bon morceau 
de beurre, du persil, des échaiottes hachées 
très-menu, du sel, du poivre et un jus de ci- 
tron pétris ensemble et liés dans une casse- 
role sur un feu doux. Servez ce ragoût le 
plus promptement possible. 

Pommes de terre frites.—Pelez les pommes 
de terre crues, coupez-les par tranches min- 
ces ou par quartiers longs, trempez-les dans 


CANADIENNE. 223 


ane pâte et faites-les frire de belle couleur; 
avant de les servir sur table, saupoudrez-les 
äe sel blanc. Vous emploierez de préférence 
pour votre pâte de la farine de pomme deterre. 
Pommes de terre à la Nanette.—Faites un 
roux de belle couleur avec du beurre et dé a 
farine; mouillez-le avec du bouillon gras ou 
maigre; jetez-y des pommes de terre crues, 
pelées et coupées par morceaux un peu min- 
ces ; mettez-y sel, poivre, un bouquet de persil 
garni. Vous pouvez les servir seules ou sous 
telle viande rôtie que vous voudrez. 
Pommes de terre à l’allemande.—Pelez, coupe: 
par tranches des pommes de terre cuites à 
’étouffade ; coupez ensuite du pain en petits 
morceaux minces et carrés ; faites frire le tout 
dans du beurre ; dressez-le sur un plat creux, 
et l’arrosez avec une bouillie à la farine de 
pomme de terre. Avant de servir, vous pour- 
rez faire prendre couleur à votre ragoût en le 
saupoudrant de sucre et le mettant sous le 
four de campagne. On peut aussi la glacer 
avec la pelle rouge. 
Pommes de terre à la polonaise. —Mettez cuire 
des pommes de terre bien lavées dans de l’eau 
de rivière, avec un peu de beurre, deux gros 
oignons coupés en quatre, du thym, du lau- 
rier, du basilic, quelques clous de girofle, sel 
et gros poivre: laïissez-les bouillir jusqu’à ce 
ue le doigt enfonce dedans; steriles ensuite 
ans une passoire pour les Ésautèr: pelez- 
les toutes chaudes, coupez-les seulement en 


224 CUISINIÈRR 


deux ou trois, et versez dessus une sauce 
. blanche aux câpres. 

Pommes de terre au beurre noir.—Faites cuire 
des pommes de terre de la manière accoutu- 
mée; pelez-les, coupez-les en morceaux, et 
arrangez-les sur un plat; entourez-les «le per- 
sil frit en branches. Vous les arroserez avec 
une sauce au beurre noir, et les servirez 
promptement. 

Pommes de terre à la duchesse.—Pelez et rou- 
pez en morceaux des pommes de terre violet- 
tes que vous aurez fait cuire dans de l’eau de 
sel avec un bouquet de sarriette; mettez-les 
dans une casserole avec quelques cuillerées 
de sauce tournée réduite ; délayez-y des jaunes 
d'œufs; salez légèrement ; ajoutez-y un bon 
morceau de beurre, et liez le tout en remuant 
avec vivacité. 

Pommes de terre à la poêle.—Pelez et coupez 
en tranches minces des pommes de terre que 
vous aurez fait cuire auparavant; mettez-les 
dans une poêle avec très-peu de beurre ou de 
graisse ; retournez-les jusqu’à ce qu’elles 
soient bien colorées ; servez-les sans sauce. 
. Vous pouvez vous en servir en guise de croû- 
ton de pain au beurre, pour garnir des plats 
d’épinards, de hachis de viande et de miro- 
tons. 

Pommes de terre à ia maîtresse de maison.— 
avez bien vos pommes de terre; mettez-les 
‘ cuire dans le pot-au-feu lorsque le bouillon 
est fait, et retirez-les à temps, de peur qu’elles 


CANADILNKE. 225 


ne crèvent ; servez-les bien chaudes avec du 
beurre frais dans une assiette: chacun en 
met dessus à mesure en les mangeant. 

Ponvmes de terre en haricot.—Vos pommes 
de terre n'étant cuites qu’à moitié, pelez-les, 
coupez-les en deux si elles sont grosses ; met- 
tez-les dans une casserole où vous aurez mis 
cuire du mouton, et finissez-les comme un 
haricot aux navets. | 

Pommes de terre aux oïgnons—Faites roussir 
de l’oignon dans du beurre, coupez des pom- 
mes de terre à moitié cuites, et mettez-les fi- 
nir avec du bouillon gras ou maigre; ne les 
faites que mijoter. | 

Pommes ds terre (gâteau de).— Faites cuire 
des pommes de terre sous la cendre, épluchez- 
les et réduisez-les en pâte. Vous la délaierez 
avec six jaunes d'œufs par livre pesant, et 
ajouterez quatre orces de sucre en poudre 
pour le même poids de pâte; pétrissez le tout 
ensemble; mettez-y ensuite le zeste d’un ci 
tron râpé, son jus et des blancs d'œufs; fa- 
çonnez 1e tout et le mettez dans une tourtière 
pr légèrement avec du beurre ; vous lui 

erez former sa croûte et prendre couleur sous 
le four de campagne. 

Pommes de terre pour garniture. — Vous les 
choiïsirez petites et bien rondes; pelez-les ; 
mettez-les cuire dans du jus gras ou maigre 
et servez-vous-en pour garnir tel plat auquel 
elles puissent convenir, ou pour mettre dans 


2% _ CUISINIÈRE 


le corps de certaines volailles en guise d: 
marrons, ou mêlées avec. 

Quand on veut les mettre sous un gigot ou 
toute autre viande à la broche, cn commence 
par les faire cuire dans l’eau, ou mieux, à 
l’étouffade, et on les place dans la lèchefrite, 
vor leur faire prendre du goût et de la cou- 

eur. 

Salsifis— Ces deux sortes de racines, qui 
sont l’une blanche, l’autre noire, se préparent 
et se servent absolument de même. 

Salsifis à la sauce blanche.—Epluchez-les, et, 
pour qu’ils ne noircissent pas, jetez-les à me- 
sure dans de l’eau acidulée d’un peu de vi- 
neigre blanc. Faites-les cuire environ une 
he:e dans de l’eau avec un petit morceau 
de keurre, sel, gros poivre, du jus de citron, 
ou du "noins un peu de vinaïgre blanc. Quand 
ils serom “its, vous les dresserez et les arro- 
serez aveu 1e bonne sauce blanche. 

Salsifis frits. — Egouttez bien vos salsifis 
après les avoir fait cuire comme si vous les 
vouliez mettis à la sauce blanche. Vous er 
aurez une dans laquelle vous les sauterez. 
Lorsqu'ils seront froids, vous les tremperez 
dans une pâte et les ferez frire. 

Topinambours.—Vous pouvez accommoder 
ces légumes de toutes les façons indiquées 

our les pommes de terre, hors celles où il 
les faudrait réduire en purée. On les emploie 
aussi dans les ragoûts de viande où l’en 
pourrait mettre des pommes de terre. 


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CANADIENNE. 997 


Truffes au naturel.—Mettez-les tremper dans 
de l’eau fraîche: frottez-les bien avec une 
brosse rude; faites attention qu’il n’y reste 
point de terre, etrepassez-les dans une seconde 
eau; après cela vous les mettrez cuire dans 
moitié bouillon, moitié vin ; si vous aviez du 
consommé, il faudrait le préférer au bouillon. 
Assaisonnez-les de sel, poivre, fines herbes, 
un bouquet de persil garni, oignons et racine. 
Quand elles seront cuites, vous les égoutterez 
bien et les servirez sous une serviette. (C’est 
aussi de cette manière que vous les ferez 
cuire, avant de les employer dans les ragoûts. 

Thym, marjolaine, sarriette, persil, etc. — On 
placera Chacune de ces plantes devant le feu, 
ayant soin de les empêcher de perdre leur 
verdure, ensuite on les mettra dans des sacs, 
chacune ours poür l'hiver; elles sont 
toutes excellentes et contribueront beaucoup 
à préparer les mets de la Ouisinière Cana- 
dienne. 


re — (era oo meneee 


CHAPITRE XVIII. 


tECETTES POUR FAIRE DIFFÉRENTS BREU" : 3ES, 
TELS QUE BIÈRES, LIQUEURS, VINS, Eïx. 


Baume.— Echaudez une pincée de cette 


MUR US Se VU CC D AN EE nr 


PA RS er CO 


de vinaigre et deux onces de gingembre en 


228 CUISINIÈRE 


plante, et vous en ferez un excellent breuvuge 
pour ceux qui ont la fièvre, etc. 

Bière de gingembre.—On fera dix gallons de 
cette bière, avec ce qui suit: une demi-livre 
de gingembre en poudre, sept livres de sucre 
fin, six onces de crème de tartre, trois ou qtre 
citrons, et deux tasses d’écumedebière(y …). 

Bière à la mélasse.—Prenez un gallon et de- 
mi d’eau, un demi-gallon de mélasse, un de- 
miart de levain et deux cuillerées de crème de 
tartre ; brassez bien le tout, et ajoutez-y l'é- 
corce d’un citron, (le jus d’un citron pourrait 
être substitué à la crème de tartre) ; laissez 
tremper le tout dix ou douze heures, et vous 
pouvez ensuite mettre en bouteilles avec un 
grain de raisin dans chacune. 

Bière de racines.—Prenez une chopine le 
son, une poignée de houblon, quelques]  :- 
ches d’épinette, de ciguë ou de cèdre, un peu 
de laurier, et des racines de plantain, de bar- 
dane, de dent-de-lion (pissenlit) ; faites bouil- 
lir le tout, et vous le coulerez ensuite: ainsi 
fait, vous y ajouterez une cuillerée de gin- 
gembre avec de la mélasse, pour la sucrer à 
votre goût, et une moyenne tasse de levain. 
Si vous désirez vous en servir de suite, vous 


pouvez en laisser une bouteille à la chaleur : 


e reste se fermentera au froid. Cette recette 
est pour un gallon. 

Br'euvage de récolte. —Mêlez avec cinq gallons 

d’eau un demi-gallon de mélasse, une pinte 


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CANADIENNE. 229 


poudre. Ce breuvage est en même temps bon 
et salutaire. 

Café au lait. —Faites bouillir une moyenne 
cuillerée de café moulu dans une chopine de 
lait pendant un quart d'heure, ajoutez ensuite 
un petit morceau de colle de poisson pour le 
clarifier, et laissez-le encore bouillir quelques 
minutes; ensuite, vous le mettez près du feu 
pour qu’il repose. 

Café à l’eau. —- La meilleure manière de 
faire du café à l’eau, est d'employer la cafetière 
à filtre, en versant de l’eau bouillante sur la 

oudre, et laissant filtrer ; il doit être servi 
rûlant. 

Cerises à l’eau-de-vie.—Mettez dans un bocal 
une livre de cerises qui ne soient pas trop 
mûres, et'auxquelles vous aurez coupé la moi- 
tié de la queue ; ajoutez un quarteron de sucre 
que vous aurez fait clarifier, et une pinte de 
bonne eau-de-vie à 22 degrés, mêlée avec le 
sirop ; versez sur vos cerises quand le sirop 
sera froid ; ajoutez quelques morceaux de 
+annelle et clous de girofle; bouchez votre 
vase Avec un liége et couvrez de parchemin, 

Quelques personnes procèdent pour les ce- 
rises comme pour les autres fruits, c’est-à-dire 
leur font jeter un seul bouillon dans le sirop 
et mettent l’eau-de-vie après : ce procédé 
conserve beaucoup plus leur goût aux cerises. 

Cidre, manière de le conserver doux.—En met- 


_tant une chopine de graine de moutarde dans 


un quart de cidre nouveau, on le conservera 


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230 CUISINIÈRE 


bon et doux pendant plusieurs mois. On: 
conservé du cidre d'automne, de cette façon, 
jusqu’au mois de mai suivant, et à cette épo- 
que, il a été trouvé excellent et doux à boire. 


Curaçao.—Faites infuser pendant aus : 


jours, dans trois piates de bonne eau-de-vie, 
une demi-livre de zestes de curaçao; tirez à 
clair, mêlez à cela une livre de sucre clarifié: 


 filtrez et mettez en bouteilles. 


Eau de Seltz.—Cette eau, dont on fait un 
rand usage depuis quelques années, facilite 
a digestion et donne aux vins ou aux 8irops 

un goût très-agréable. | 

Embplissez d’eau jusqu’au goulot une bou- 
teille à laquelle vous adapterez un bouchon 
qui bouche hermétiquement: versez dans 
votre eau un gros d’acide tartarique et un gros 
de bi-carbonate de soude aussi en poudre; 
rebouchez promptement et ficelez. fu bout 
d’un quart d'heure, elle est bonne à boire. 
On peut boire cette eau pure; mais, versée 
sur quelques cuillerées de sirop, soit de gro- 
seilles ou autre, elle ajoute un pétillant sem- 
blable à celui du vin de Champagne. 

Frêne piquant pour réchauffer—Prenez une 
grande cuillerée de frêne piquant que vous 
laverez; ensuite échaudez-la dans une cho- 
pine d’eau bouillante ; laissez-la infuser pen- 
dant vingt-quatre heures; coulez et faites un 
sirop à votre goût; ajoutez trois chopines de 
bon rhum, et passez au feu dix minutes. 
Iñimonade.—Faites fondre une demi-livre 


fait un 
facilite 
sirops 


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ANADIENNE. 


231 


Ide sucre Sans une pinte et demie d’eau et 
passez-y le jus de quatre citrons. 


Pour l’orangeade, on rempiace le citron par 


l'orange. 


Quelques personnes coupent leurs citrons 
ou leurs oranges par tranches, et jettent des- 
sus de l’eau bouillante ; ce procédé ne doit 
être employé que pour la limonade de malade. 

Limonade de citron.—Coupez un citron, pres- 
sez-le bien, et l'ayant échaudé, ajoutez-y sucre 
eu de muscäde: le citron 
sera moins malfaisant pour les personnes 


blanc, avec un 


faibles. 


Liqueur d’anisette. — Vous ferez infuser 
dans trois pintes d’eau-de-vie un quarteron 


| d’anis vert, un zeste de citron et quelque peu 


de cannelle; laissez cette infusion pendant 


un mois; tirez à clair, ajoutez une 
demie d’eau et une livre et demie 


inte et 
e sucre 


clarifié; faites filtrer et mettez en bouteilles. 
Liqueur de vespète.—Prenez une bouteille de 
gros verre ou de grès, qui tienne un peu plus 


de deux pintes, mettez deux pintes de bonne 


eau-de-vie, ajoutez-y les graines qui suivent, 
après Le vous les aurez concassées grossière- 


ment 


ans un mortier, savoir: deux gros de 


graines d’angélique, une bonne pincée de 
fenouil, autant d’anis, ajoutez-y le jus de deux 
citrons avec le reste des écorces, une livre de 
sucre; laissez infuser le tout dans la bouteille 


endant quatre ou cinq jours, ayant soin de 
a remuer de temps en temps pour faire fon- 


at 
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232 CUISINIÈRE 


dre le sucre, ensuite vous passerez la liqueur 
pour la rendre plus claire, par la chausse ou 
par le papier gris, et la mettez dans des bou: 
teilles que vous aurez soin de bien boucher. 
Liqueur de menthe ( peppermint).— Jetez de 
l'essence de peppermint dans du rhum blanc 
à votre goût ; faites un sirop que vous mettez 
avec votre rhum et peppermint sur le feu, en 
remuant; écumez et mettez en bouteilles. 
Liqueur de cerises, frambois: fraises, cassis, 
nes sauvages, etc. — Il faut que le fruit 
trempe assez longtemps pour que le rhum ou 
l’ea1-de-vie a't le goût et la couleur du fruit: 
cou °z dans une chausse, faites fondre du su- 
cre avec un peu d’eau, et fait:s-en un sirop 
cuit; sucrez le jus à votre goît; mettez au 
feu, y portant attention, retiiez, et laissez 
froidir avant de mettre dans lu bouteille que Æ exp 


vous aurez soin de bien boucher. seIX 
Liqueur de citron recommandable—Enlevez Bet r 
par petits morceaux l’écorce d’un citron, dont Æ EF 


vous aurez détaché tout Le blanc ; mettez dans Æ Ecl 
une bouteille de bon rhum blanc, une cuil- am 
lerée de coriandre, une de fleur de safran, D de- 
trois clous de girofle, bouchez bien la bou- Æ pilt 
teille ; exposez-la au soleil où à la chaleur can 
pendant quarante jours; ce temps écoulé, Æens 
a) de une autre bouteille de rhum: faites D et 2 
fondre du sucre blanc avec un peu d’eau en K 
sirop, mettez cela dans la casserole sur le feu 
pendant quelques minutes ; prenez-en soir, 
retirez et mettez en bouteilles. 


CANADIENNE. 233 


ù Noyau.—Mettez une livre d'amandes d’abri- 
liqueur, Æ cots dépouillées et concassées dans quatre 
ausse ou pintes d’eau-de-vie, deux livres de sucre cla- 
des bou: Æ rifié, un gros de cannelle; faites infuser pen- 
boucher. Æ dant un mois ou deux; passez au tamis; 
Jetez de Æ ajoutez une livre de sucre fondu dans une 
m blanc Æ pinte d’eau de rivière; filtrez ensuite. 


18 mettez Petite bière commune.—Prenez une poignée 
> feu, en À de houblon pour un seau d’eau, une chopine 
illes. À de son et une roquille de mélasse, une tasse 
8, CSS, D de levain et une cuillerée de gingembre. 

le fruit Ratafia d’anis.—Prenez une livre de sucre 


rhum ou Æ blanc pilé et faites bouillir dans une roquille 
lu fruit; À d’eau: lavez trois onces d’anis que vous met- 
e du su- Æ trez sur un feu avec une autre roquille d’eau, 
an Sirop et retirez avant de bouillir; laissez infuser 
ettez au D une demi-heure dans le sirop ; ajoutez un peu 
laissez Æ de coriandre avec trois chopines d’eau-de-vie ; 
ile que Æ exposez cela en cruche au soleil pendant trois 
semaines, le remuant souvent; ensuite coulez 
et mettez en bouteille. 

Ratafia de noyau ou d'amandes amères.— 
Echaudez et pelez une demi-livre d'amandes 
e Cuil- Æ'amères, mettez-les infuser dans un peu d’eau- 
safran, D de-vie et une pinte d’eau, une livre de sucre 
la bou- Æpilé, une poignée de coriandre, un peu de 

haleur Æ cannelle, pendant huit jours; vous passerez 
écoulé, Æ ensuite à la chausse : que ce soît hien clair, 
5 faites Det mettez en bouteille. 

eau en Sagou.—Pout lui ôter le goût de terreux, 
r lefeu LE vous le faites tremper dans l’eau froide pen- 
n 80]*, Ædant une heure; jetez cette eau et lavez-le 


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234 CUISINIÈRE 


bien, ajoutez d’autre eau, et vous le ferez 
bouillir doucement jusqu’à ce qu’il soit clair, 
ayant soin d’y ajouter ensuite des épices, 
écorce de citron, vin et sucre, et vous faites 
encore bouillir quelque temps. 

Sirop de vinaigre à la canadienne.—Faites 
tremper des framboises dans assez de vinaigre 
pour couvrir le fruit, pendant douze heures, 
retirez et coulez; pour une livre de sucre 
cassé, jetez une chopine de jus par-dessus, et 
faites bouillir une demi-heure à gros bouil- 
lons; écumez et retirez dans un vase, ensuite 
vous mettrez en bouteille, ayant soin de bien 
boucher. (Ce sirop se conservera bien. 

Sirop de vinaigre à la française. —Mettez dans 
une terrine une pinte de bon vinaigre blanc, 
faites infuser dedans une quantité de fram- 
‘boïises épluchées, ayant soin qu’elles soient 
couvertes entièrement par le liquide; laisse 
pendant dix à douze jours, ensuite vous pas- 
serez au tamis. Faites clarifier trois livres de 
sucre, ajoutez votre vinaigre et retirez au 
premier bouillon ; faites refroidir et mettez 
en bouteilles. 

Sirop de müûres.—Choiïsissez quantité sufi- 
sante de belles mûres bien noires; mettez-les 
sur un feu doux, faites-en exprimer le jus au 
tamis, ajoutez deux livres de sucre réduit en 
poudre par livre de jus; mettez le tout dans 
une terrine bien couverte, sur une cendre 
vhaude, entretenez le feu pendant deux ou 


le ferez 
oit clair, 
_ épices, 
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—Faites 
vinaigre 
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le sucre 
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deux ou 


CANADIENNE. 235 
trois jours; laissez refroidir, et metlez en 
bouteilles. 

Sirop d’orgeat.—Prenez une livre d'amandes 
douces, une once d'amandes amères, jetez-les 
dans de l’eau bouillante, et les retirez du feu 
quand la peau se détachera facilement ; met- 
tez-les dans l’eau fraîche à mesure que vous 
les pèlerez ; faites-les ensuite égoutter, et pilez- 


les dans un mortier, en ajoutant de temps en : 


temps quelques cuillerées d’eau et de sucre 
en poudre; votre pâte bien délayée, vous 
ajouterez une chopine d’eau; passez le tout 

ans un torchon; faites cuire et clarifier une 
livre de sucre, versez dessus votre lait d’a- 
mandes; retirez après le premier bouillon; 
ajoutez une cuillerée à bouche d’eau de fleurs 
d'oranger, faites refroidir dans une terrine, 
et vous mettrez en bouteilles. 

Sirop de groseilles.—Prenez deux livres de 
groseilles rouges qui ne soient pas tout à fait 
mûres, une livre de belles cerises et une demi- 
livre de framboises; écrasez le tout ensemble, 
après avoir Ôté ce qu’il y a de vert et les 
noyaux de ces fruits; exprimez-en le jus, et 
laissez fermenter dans une terrine pendant 
une journée; ensuite, passez au tamis jusqu’à 
ce qu’il soit parfaitement clair; pesez le jus, 
ajoutez deux livres de sucre par chaque livre 
de fruit ; faites jeter deux ou trois bouillons 
après que le sucre sera fondu, laissez refroidir 
et mettez en bouteilles. Il est assez utile de 


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236 | CUISINIÈRE 


changer votre sirop de vase pour éviter de 


laisser refroidir dans la bassine. 

Sirop de cerises.—Retirez les noyaux et les 
queues à quatre livres de cerises bien mûres 
et bien saines; mettez sur le feu avec deux 
verres d’eau; faites jeter quelques bouillons 
et passez au tamis; ajoutez alors deux livres 
de sucre par chaque livre de liquide, mettez 
sur le feu, faites bouillir, écumez, termine 
en faisant refroidir et mettez en bouteilles. 

Vin de Champagne de cidre.—Prenez de bon- 
nes pommes d'automne bien mûres, pressez- 
les, et faites bouillir le jus en sortant de la 
presse dans une casserole de cuivre pendant 
dix minutes; écumez-le bien durant l’ébulli- 
tion, et ensuite mettez-le en quart, en ayant 
soin que le quart soit bien plein. Vers la 
fin de l’hiver et avant que la seconde fermen- 
tation ait eu lieu, procurez-vous assez de bou- 
teilles fortes pour mettre le tout en bouteïlles. 
Il faut faire attention de ne pas emplir les 
bouteilles trop pleines. Il faut laisser un 
espace entre le contenu et le bouchon. Les 
bouteilles ainsi pleines doivent être rangées 
sur une tablette dans une bonne cave. 

Vin de gadelles.—Les gadelles rouges sont 
meilleures que les gadelles blanches, elles 


donnent plus de jus et le vin a le goût plus k 


fin. On procède de la même manière que 
pour faire du cidre. En sortant de la presse, 
on ajoute | chaque gallon de ce jus trois 
ou quatre livres de sucre; on le laisse ensuite 


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_CANADIENKXE. 237 


fermenter jusqu’à ce qu’il soit devenu parfai- 


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nplir les huit heures. Au bout de ce temps, appliquez 
18887 WMA ]a bonde, sans toutefois la fermer trop juste; 
on. Les D ji] faut y laisser une petite ouverture pour l’air 

TANg€S D tant que la fermentation durera. Lorsque la 
e. | fermentation aura entièrement cessé, mettez 
ges sont la bonde bien serrée. Ce vin n’est bon qu’au 


je du | bout d’un an, et il ne faut pas qu'il soit remué. 


ère que 
a presse, 
jus trois 
e ensuite 


viter de D tementlimpide. Il est ansuite transvasé dans 
| des quarts bien nets que l’on bondonne bien 

x eb les serré. Il ne faut pas faire usage de ce vin: | | 
n mûres avant un certain temps qu’il faut lui donner | "| 
ec deux D pour le mûrir et l’affermir. dl 
ouillons Vin de gadelles d'une autre façon.—Dans une {in 
ix livres pinte de jus de gadelles, mettez deux pintes fl 
>, mette D d’eau, trois de cassonade. Mettez ce riélatt & ll | 
erminez dans un quart bien net, et laissez la bonde | (fl || 
jeilles. ouverte durant six semaines: au bout de ce Li! 
z de bon- temps, bondonnez-le bien serré. AR 
pressez- Vin pur de pommes.—Prenez 15 gallons de pi 
nt de la cidre de bonnes pommes mûres et saines en il: 
pendant sortant de la presse, auxquelles vousajouterez || | | 
l’ébulli- EE soixante livres de bonne cassonade que vous Al 
en ayant laisserez dissoudre dedans; mettez ensuite (l 
Vers la ce mélange dans un quart bien net que vous fi | 
) fermen- remplirez moins deux gallons, puis mettez ce || | 
z de bou- quart dans un endroit froid, en ayant soin de l'A 
puteilles. Ê jui laisser la bonde ouverte pendant quarante- 4 


ee Pete — 


CUISINIÈRE 


CHAPITRE XIX. 


RECETTES DIVERSES. 


BEURRE. 


Fabrication.—La bonté du beurre dépend 
beaucoup de la qualité de la crème, et la qua- 
lité de celle-ci dépend non-seulement de la 
nature des aliments avec lesquels les vaches 


ont été nourries, mais aussi de la manière | 


dont la crème a été séparée du lait. Le meil- 
leur beurre se fait avec de la crème levée sur 
du lait doux, trait seulement depuis dix ou 
douze heures. Lorsqu'on lève la crèmeaprès 
ce court espace de temps, le lait n’est point 


aigre ; il peut être Tr . nee 
- 5 n 


auxquels on emploie 
effet, toute la crème n’est pas encore montée 
à la surface du laït; la partie qui contient le 
plus de beurre y est seule arrivée. $Si on ne 
veut pas écrémer le lait avant qu’il soit caillé, 
il faut le faire au moins aussitôt que la crème 
est montée et forme une espèce de peau à la 
gnrface du lait. On ne doit jamais attendre 
ue le lait soit assez caïllé pour qu'il se trouve 
séparé de la crème par du petit-lait, on n’ob- 
tiendrait ainsi que du beurre de médiocre 

ualité, la crème étant déjà plus ou moins 
altérée. Quand ïl fait chaud, le mieux est 
de faire le beurre tous les jours ou tous les 
deux jours; si le temps est frais ou froid, il 


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CANADIENNE. 239 


y a peu d’inconvénient à ne faire le beurre 
que deux fois par semaine, et même une seule 
fois, pourvu qu’on ait le soin de conserver la 
crème dans un endroit bien frais. 

Pour séparer la crème du lait, on se sert d’une 
cuillère, et mieux encore d’un écumoire ; car, 
s’il arrive que quelques portions de caïllé ou 
de lait se trouvent au-dessous de la crème, 
elle s'échappe par les trous de l’écumoire et 
la crèmeen est plus pure. Lelaiït doit être con- 
servé dans des terrines de grès non-vernissées 
et très-évasées : la crème ayant moins de tra- 
jet à parcourir pour arriver à la surface du 
it, la séparation est plus prompte et plus 
parfaite, tandis que, si le lait est conservé 
dans des pots hauts et étroits, il arrive soue 
vent que la crème n’a pas le temps de mon- 
ter avant que le lait ne se caïlle—On peut 
encore séparer la crème en mettant le lait 
dans des vases de zinc ou de verre de 34 à 4 
pouces de hauteur et d’une très-grande sur- 
face, percés à leur base d’un petit trou qu’on 
ferme avec un bouchon : dix ou douze heures 
après que le lait est trait, selon la tempéra- 
ture, on débouche le vase et Le lait s'échappe ; 
aussitôt qu'on est arrivé à la crème, on remet 
le bouchon. 

Lorsqu'on a séparé la crème du lait, on la 
réunit dans un vase appelé crémière. Les 
meilleures crémières sont en terre non-vernis- 
sée, hautes et étroites d'entrée; on les tient 
varfaitement bouchées. On place les crémiè- 


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240 CUISINIÈRE 


res dans un endroit frais et exempt de toute 
mauvaise odeur. Au moment de faire le 
beurre, on verse la crème dans la baratte. On 
doit préférer les barattes de forme cylindri- 
que (ronde), placées horizontalement sur 
deux supports et garnies à l’intérieur de vo- 
lants de bois percés de trous ou faits en pei- 
gne, et mis en mouvement au moyen d’une 
manivelle. Ces barattes se nomment aussi 
moulins à beurre. 

Le battage doit être fait dans des conditions 
atmosphériques, en dehors desquelles on 
n’obtiendrait qu'un produit plus ou moins 
défectueux. Fil fait froid, il est prudent de 
faire séjourner pendant dix ou quinze minu- 
tes de l’eau bouillante dans la baratte et de 
l’agiter de temps en temps ; s’il fait chaud, on 
doit au contraire y passer de l’eau aussi fraî- 
che que possible. Pour que le beurre se fasse 
bien, il faut que la crème ait de 120 à 150: 
si la crème était plus froide, on pourrait en 
élever la température en y versant peu à peu 
du lait très-chaud mais non bouilli, ou mieux 
encore en plaçant la crémière dans un vase 
plein d’éau bouillante : on agite la crème pour 
qu’elle touche aux parois (bords) et ne s’é- 
chauffe pas de manière à tourner en huile: 
s’il fait très-chaud, on peut mettre un peu de 
glace dans la crème, ou placer la crémière 

endant une demi-heure dans de l’eau froide. 
i la chaleur de la crème est à un degré con- 
venable, vingt-cinq à trente minutes, .et quel- 


CANADIENNE. 241 


quefois quinze à vingt suffisent pour faire le 
beurre. Si la température n’est pas conve- 
nable, le travail peut durer jusqu’à douze 
heures; alors le beurre perd une grande par- 
tie de sa qualité et de sa couleur. Quand la 
crème est dans la baratte, on tourne avec 
égalité, ni trop vite, ni trop doucement ; au 
bout de quelques instants, la crème s’épaissit, 
et la manivelle est dure à tourner; bientôt la 
crème se ramollit, et on entend un bruit de 
liquide agité qui annonce que le beurre se 
fait. Il est d’abord en globules presque im- 
perceptibles ; ceux-cis’agglomèrent et deviez 
nent gros comme des pois; enfin ils forment 
une masse. On ne doit point attendre que 
cette réunion soit trop complète pour séparer 
le lait du beurre ; on le fait écouleren ouvrant 
la porte de la baratte seulement assez pour 
lui livrer passage; on retient le beurre soit 
avec un petit grillage, soit avec l’écumoire. 
Lorsque le lait de beurre est écoulé, on le 
remplace par de l’eau fraîche ; on ferme la 
baratte et on tourne de nouveau. Après quel- 
ques instants, on extrait l’eau et on la renou- 
velle ; si elle est fortement chargée de lait, 
1 on la fait écouler et on sort le beurre pour le 
travailler avec une cuillère de bois, dans une 
sébile (vaisseau de bois rond et creux), une 
terrine non-vernissée, ou sur une table mouil- 
lées à l'avance. En général, c’est un mauvais 
procédé que de laver de nouveau le beurre, 
qui perd ainsi une partie de sa saveur et de 


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249 CUISINIÈRE 


sa couleur: ce travail n’est utile qu’autant 
qu’il a pour objet d'enlever le mauvais goût 
à une crème qui n’est pas très-fraîche. 
On travaille le beurre en le prenant par 
ee portions et en le pressunt avec la cuil- 
ère pour en faire sortir tout ce qui lui est 
étranger, puis on le réunit soit en mottes, soit 
en quarterons ; on peut aussi le mettre en pot 
ou le saler, selon l’usage auquel on le destine. 
—1]l arrive quelquefois, surtout en hiver, que 
le beurre ne se réunit pas et reste en gru- 
meaux ; si l’on parvient à le mettre en forme, 
il est cassant et tombe en miettes ; cela tient 
à ce qu'il n’est pas assez travaillé, et qu'il 
renferme encore de l’eau ou du lait. On tra- 
vaillera donc de nouveau dans un lieu chaud, 
ou devant le feu clair d’une cheminée; avec 
de la patience on réussit, maïs malgré tous 
les soins, cette longue manipulation fait per- 
dre au beurre une partie de ses bonnes qua- 
lités. “ous les vases, tous les ustensiles qui 
servent à la confection du beurre doivent être 
tenus avec une minutieuse propreté, lavés 
souvent dans de l’eau chaude et rincés dans 
de l’eau fraîche, égouttés et même essuyés ; 
il convient même de laver le tout de temps 
en temps avec de l’eau de lessive ou de po- 
tasse. Il faut aussi écarter du lait et de 1a 
crème tout ce qui a une odeu te, parce 
que la crème contracterait in 4lliblemeut 
cette odeur. 
N. B.—Indépendamment du procédé de 


CANADIENNE. 243 


fabrication qui vient d’être décrit, il en existe 
un autre qui est très-simple et qui ne diffère 
de l’autre que par l’emploi direct du lait. 
Ainsi, au lieu de faire reposer le lait pour 
enlever la crème, c’est le lait lui-même qu’on 
introduit dans la baratte et qu’on soumet à 
son action. L’extraction du beurre est tout 
aussi facile qu'avec la crème, si l’on observe 
exactement les conditions de température 
indiquées ci-dessus. On conçoit du reste 
facilement que par l’emploi direct du lait, on 
évite tous les inconvénients et tous les em- 
barras qu’entraîne sa conservation ; le beurre 
jouit toujours de ses qualités naturelles ; il 
n’est jamais altéré soit par l’acidification de 
la crème ou du caillé, soit par la rancidité de 
la crème, soit enfin par les odeurs étrangères 
qui peuvent affecter celle-ci. Seulement, ce 
procédé exige des barattes plus grandes. 
Beurrefrais.-Pour pu er la conservation 
du beurre frais pendant plusieurs jours, on 
fait usage des procédés suivants: Le be 
au sortir de la baratte, est mis dans de l’eau 


à très-fraîche, qui doit le recouvrir entièrement. 


L'eau soumise préalablement à l’ébullition 
puis refroidie est la meilleure, parce qu’elle 
ne contient pas d’air. En renouvelant l’eau 
tous les jours, si le beurre est de bonne qua- 
lité, il peut se conserver pendant une ou deux 
semaines, surtout en hiver, en le tenant dans 
un endroit frais, 


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244 CUISINIÈRE 


Beurre salé— Le beurre qu» l'on sale au 
printemps pour la vente d'été, ek eu automne 
our la provision, doit subir cette opération 
orsqu’il est encore frais. La salaïison se fait 
de la manière suivante: On jette de l’eau 
fraîche sur une table bien unie ettrès-propre, 
et on y étend, au moyen «un rouleau £e bois, 
une portion de beurre (une couple de livres 
à la fois), à laquelle où donne la forme d’un 
gâteau ayant environ 4 lignes d'épaisseur. On 
en saupoudre la surface avec du sel bien sec 
et finement pulvérisé, dans la proportion 
d'environ 1 once par livre de beurre. Pour le 
beurre dit demi-sel, on n’emploiïe que # once de 
gel. Chaque portion de beurre suffisamment 
travaillée est déposée dans un vase rempli 
d’eau fraîche; puis, quand le beurre doit être 
repris pour être placé dans les vases où on 
doit le conserver, il faut préalablement l’es- 
suyer avec un linge à peire humide. Les pots 
de grès sont généralement préférés aux barils 
et aux tinettes de bois pour conserver le beur- 
re. Avant de s’en servir, il faut les laver plu- 
sieurs fois avec de l’eau bouillante, légère- 
ment salée. On place au fond du pot une Le 
tite quantité de bonne eau-de-vie (brandy) 
ou quelques feuilles de laurier, puis le beurre, 
que l’on coule exactement de tous len côtés 
et par couches successives jusqu’à 14 ou 18 
lignes des bords du vase. Si le beurre doit 
être immédiatement transporté, on en égalise 
Ja surface qu’on recouvre d’ure couchs desel 


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CA+ADIENNE. 245 


de 1 pouce environ d’épaisseur. Dans le cas 
contraire, on couvre la masse du beurre d’une 
saumure préparée avec dusel dissous dans une 
eau très-pure : au buut de quelques jours, on 
découle, on verse la saumure, on presse et on 
foule de nouveau le beurre qui a diminué de 
volume, puis on remplit le vase, en l’agitant 
lentement, d’une nouvelle saumure qui doit 
être assez concentrée pour qu’elle supporte 
facilement un œuf frais. Le beurre doit être 
conservé dans cet état jusqu’au moment où 
Ü sera transporté. Alors on remplace la sau- 
mure par une couché de gros sel, tenue entre 
deux linges bien secs; mais quand le beurre . 
est arrivé à sa destination, on rétablit la sau- 
mure. 


FROMAG_E. 


Pour faire des fromages, il convient d’avoir 
à sa disposition des formes ou cercles en bois 
de hêtre; des plancheaux, petites planches en 
boïs blanc carrées, proportionnées à la gran- 
deur des formes qu’elles doivent recevoir ; des 
cajots, espèces de claies; des clayetites, petites 
claies rondes faites en osier blanc et très- 
claires ; et des éclisses, petits cercles en zinc, 
ouverts, de 14 pouce de hauteur environ, fer- 
mant au moyen d’un bouton et de trous pra- 
tiqués à l’autre bout, ce qui permet de donner 
au cercle plus ou moins de grandeur; il faut 
encore des terrines pour mettre le lait, etenfin 
de la présure. 


215 CUISINIÈRE 


Fabrication.—Lorsque le lait est trait, encore 
chaud et placé dans les terrines, on le met en 
présure. Pour 2 gallons de lait, il faut un pe- 
tit morceau de présure, du volume d’une 
noisette: on le délaye dans une petite quan- 
tité d’eau chaude et l’on v.rse cette prépara- 
tion dans le lait qu’on agite pour bien opérer 
le mélange. Il est préférable de mettre le lait 
en présure avec une caillette ou mulette de veau ; 
c’est l’estomac du veau préparé dans ce but. 
On frotte une petite sébile (vaisseau de bois 
rond et creux) de buis avec une caiïllette et 
on remue le lait avec la sébile. Cette mulette 
se remet ensuite dans la saumure dans la- 
quelle on la conserve; elle peut durer un 
mois et plus, et peut servir de 6 à 8 gallons 
de lait par jour. Si la présure ou la caillette 
sont bonnes, le lait doit être pris en moins 
d’une heure. Si la quantité de présure indi- 
quée ne suflisait pas, on l’augmenterait; si, 
au contraire, le caillé, après avoir été égoutté, 
paraissait sec, on diminuerait la quantité de 
présure. 

Lorsque le lait est bien ferme, on le prend 
avec une sébile, et on le met dans les formes. Il 
faut deux formes l’une sur l’autre, posées sur 
un cajot, qui, lui-même, se met sur un plan- 
cheau; le tout est placé sur l’égouttoir. Si le 
lait est bien ferme, le petit-lait s'échappe avec 
pe. et cinq ou six heures après, on peut 
enlever une des formes. Le fromage s’égoutte 
encore toute la nuit, et le lendemain il peut 


encore 
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peut 


CANADIENNE. 247 


être retourne. Pour cela on place dessus un 
cajot et un plancheau:; on saisit le tout et on 
retourne vivement. On enlève le cajot et le 
plancheau qui étaient dessous. On laisse 
égoutter encore quelques heures; le fromage 
doit être assez ferme pour qu’on puisse enle- 
ver la seconde forme et la remplacer par l’é- 
clisse de zinc. Le soir, on place dessus un 
cajot et un plancheau, et on le retourne. Le 
fromage alors doit être en état d’être salé 
d'un côté. On emploie du sel parfaitement 
broyé et sec, qu’on étend en petite quantité, 
avec la main, sur toute la surface. Le lende- 
main, on retourne le fromage; on enlève l’é- 
clisse et on le sale de l’autre côté. Pour saler 
le pourtour, on humecte ses doigts ; on les 
pose sur le sel, puis sur le fromage. Le fro- 
mage est fait, mais n’est pas encore en état 
d’être mangé. On continue à le retourner soir 
et matin, et on remplace le plancheau par la 
clayette. Bientôt, si la fromagerie est assez 
humide, le fromage prend le bleu, c’est-à-dire 
se couvre d’une petite moisissure bleue, en sé- 
chant doucement ; on continue à Le retourner 
une fois par jour, et, lorsque le fromage com- 
mence à passer du bleu à la couleur rouille, 
on le sort de la fromagerie pour le mettre dans 
un endroit plus sec, toujours sur des cajots 
et des clayettes. Ordinairement on place les 
fromages dans une cave bien aérée et sur un 
lit de paille ou de foin: quand ils arrivent à 
la perfection, ils se ramollissent un peu et de- 


ts eme ptet mentir gene nement errééeanrenitrntetetementteren, 


mettre mers ssmemqtrsame mm st ae ne 


D VRP NPA = % 


ER RE EE 


248 CUISINIÈRE. 


viennent gras et crémeux. La plus minutieuse 
propreté doit régner dans la fromagerie et 
s'appliquer à tous les ustensiles qu’on y em- 
ploie. Chaque fois qu’on retourne les froma- 
ges, qu'on enlève des formes ou des éclisses, 
des cajots, des clayettes, des plancheaux, ils 
doivent être lavés avec le plus grand soin 
dans de l’eau fraîche et souvent renouvelée. 
et de temps en temps dans de l’eau chaude, 
et frottés avec une brosse. Il importe d’em- 


pêcher les mouches de pénétrer dans la fro- | 


magerie : on ne doit y donner de l'air que 
momentanément et veiller cependant à ce 
qu’il n’y règne aucune mauvaise odeur; les 
fromages en ont très-peu jusqu’au moment 
où on les retire de la fromagerie. 
Conservation des fromages.—Pour conserver 
les fromages, en général, il faut les garantir 
des attaques des insectes et du contact de l’air. 
Les fromages gras et demi-gras doivent être 
renfermés daus un endroit frais et peu éclairé, 
où ne puissent pénétrer les mouches et les 
autres insectes. Les fromages maigres, durs 
et demi-durs, au contraire, doivent être con- 
servés dans un magasin spécial, bien aéré, où 
règne une température modérée, en ayant 
soin de ne pas placer près d’eux des fromages 
encore mous, et gras, qui les corrompraient 
infaillihlement. Si l’on s'aperçoit que les fro- 
mage) gras ou demi-gras commencent à se 
gâter, on pratique au milieu un trou dans 
lequel on introduit de la craie pulvérisée et 


iutieuse 
serie et 
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> froma- 
éclisses, 
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risée et 


CANADIENNE. 449 


bien sèche, qui abs2rbe l’humidité, cause de 
la fermentation putride; on arrête ainsi leur 
décomposition. Pourtant, il faudra se hâter 
de les livrer immédiatement à la consomma- 
tion.—Pour garantir les fromages du contact 
des mouches et éviter les ravages des vers, 
les os de boucherie calcinés au feu et réduits 
en poudre sont d’un effet certain. Les froma- 
ges sont saupoudrés de cette poudre innoffen- 
sive ; il vaut encore mieux y plonger entière- 
ment les fromages placés dans une caisse de 
bois, sans couvercle ; les mouches ne pour- 
ront les atteindre et y déposer leurs œufs qui 
engendrent les vers. Lorsque les mites ap- 

araissent sur les fromages, on applique sur 
a partie qu'elles ont envahie de l’huile ou de 
la cendre de bois de chêne; elles meurent 
immédiatement. Cette précaution est excei- 
lente, dans tous les cas, pour écarter les mou- 
ches. 

Colle pour papier.—Pour deux grandes cuil- 
lorées de fleur, mettez autant de résine pilée 
qu’il en tiendrait sur le bout d’un couteau; 
démêlez le tout avec de la bière, et faites-la 
bouillir pendant une demi-heure. 

Encre ineffaçable pour marquer le linge.—Pre- 
nez pour cinq cents d’acide NE be auquel 
vous ajoutez une cuillerée d’eau de pluie et 
une goutte de bon vinaigre. 

Essence de citron.—Grattez dans un vaisseau 
l'écorce de plusieurs citrons avec un morceau 
de sucre blanc jusqu’à ce qu’elle soit enlevée: 


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es - apr RE = se u e Es 
< 2 32 RE CFT ET — RER 
on + — : 


ag > 5 = 
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4. - 


250 CUISINIÈRE 


ajoutez un peu d’eau, couvrez bien votre 
vaisseau et faites réduire. L’on peut suivre 
le même procédé pour l'essence d’orange. Ces 
essences peuvent servir pour les biscuits, tar- 
tes et poudings. 

Peinture à bon marché.—Délayez de la chaux 
dans du lait écrémé au lieu d’eau, et servez- 
vous-en pour blanchir de la manière ordi- 
naire: la couleur sera d’un beau drab. 

Manière prompte d’éteindre le feu.—Lorsqu’on 
s'aperçoit que le feu a pris dans un conduit 
de cheminée, on doit aussitôt étendre sur 
l’âtre le bois allumé ainsi que la braiïse et 
ieter trois ou quatre poignées de fleur de 
soufre dessus; on bouche immédiatement 
après le devant de la cheminée au moyen 
du:e boisure, d’une table renversée, d’une 
pcrte ou d’un drap trempé d’eau que l’on 
applique sur cette ouverture aussi juste que 
possible, et La flambe cesse aussitôt, quelle que 
soit la violence du feu. Si Le feu prend dans 
un tuyau de poêle, on jette une poignée de 


soufre dans le poêle, puis on ferme la petite 


porte ; le feu s'arrête au même instant. 
Méthode pour,rendre le saindoux suffisamment 
dur pour en faire de la chandelle.—Pour douze 
livres de saindoux, prenez une livre d’alun 
et une livre de salpêtre. Faites dissoudre 
l’alun et le salpêtre ensemble dans un peu 
d’eau; mettez le saindoux dans cette eau et 
faites-la bouillir jusqu’à ce qu’elle soit évapo- 
rée. Ayez soin de brasser cette eau tout le 


Om he 50,9 mm Oo Ste, 


ervez- 


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CANADIENNE. 251 


teni1ps qu’ellesera en ébullition, afin que l’alun 
et le salpêtre soïent bien mélés au saindoux. 
Lorsque l’eau sera entièrement évaporée, il 
restera un sédiment au fond du vaisseau. 

Poudre à laver—Prenez un quarteron de 
bore (borax) auquel vous joindrez un gallon 
de potasse de savon dissoute dans un gallon 
d’eau. Dans cette solution vous ferez tremper 
votre linge pendant au moins deux heures 
avant de le laver. Le linge ainsi trempé est 
plus facile à laver et devient bien plus beau 
qu’à l'ordinaire. 

Préparation pour laver le linge.—Prenez un 
morceau de chaux vive, du poids d’une demi- 
livre, que vous mettrez dans un demi-gallon 
d’eau bouillante, que vous laisserez reposer. 
Faites ensuite dissoudre une live de soude 
dans un autre démi-gallon d’eau bouillante. 
Mettez dans un vaisseau assez grand pour 
contenir au moins deux gallons, un demi- 
gallon de potasse de savon, et dans ce vais- 
seau vous décanterez l’eau de votre chaux en 
ayant soin de ne pas laisser tomber de chaux 
dedans, et puis ajoutez l’eau de soude. Vous 
brasserez bien le tout ensemble en le trans- 
vidant. On se sert de cette composition pour 
faire bouillir le linge. Le linge ainsi bouilli 
n’exige que peu de frottement pour le dé- 
crasser. 


Re tératernperrté- mer 3 
ans: SERGE EEE 


TABLE DES MATIERES. 


PAGr. 


TRACTION. coco 
Vocubulaire des termes de cuisine.........00000: 
Apherismes sur la science de bien vivre.. ....0... 
Du choix des Viandes..........osossoooooooosee 
Land des VOIRIE ss croco cocon sses ete 
— des Poissons. .....sooooooeooeoooesseee 


RE 


CHAPITRE PREMIER. 


Des Bouillons, Consommés, Panades, Potages, 
Purées, Ragoûts, Roux, Salmis et Soupes. 


3 Bouillon — de poulet............ss0000veseee 
DO ROR  do euen so docator dodo tédec 
Court-bouillon gras — maigre. . .sssoososoonsoseee 
Croûte au pot ..... sono ee 
Pan Boon 
Potage au pain — aux choux......./........00 
aux carottes — aux navets. .... ss. 
à la citrouille au lait — à la julienne........ 
à la julienne maigre — printanier....,...., 
aux poireaux — à la jardinière doute 
aux herbes — aux petits pois... ..........e 
à la fécule de pommes de terre. .. ss... 
au macaroni et au fromage... oo ie 
aux pâtes d'Italie. ...............0000 
à la semoule — au re sets 

à l’ea .006000000000.e e 

à la française — à la purée 

à la purée de navets. 

à la purée de lentilles, au gras...... 800 
À la purée de lentilles, au maigre .......6ee 
à la purée de pois nouveaux..........cevee 


D AE 


[hi 
V 


4 
3 
4 
$ 


© © D GO =J «3 =] M 


a) TABLE DES MATIÈRES. 


Potage à la purée de marrons. ......,...0000.v. 
— à la Condée, au gras et au maigre........., 
Purée d’oseille 
— de pommes de terre — maigre aux légumes. 
Ragoût de bœuf — de pattes de cochon......,,.... 
— de crêtes de cogs — de foix gras.......,.. 
de farce au gras... .....sessoooosousouece 
.0000000000000000000000090000e 
Soupe au chou grasse — au chou maigre.....,.,.. 
— à l'oignon— à l'oignon et au lait......,.... 
aux petits oignons blancs........000000: 
à l'orge pelée (barley) ......,............. 
au lait lié — au riz — à la tortue 
au vermicelle grasse --au vermicelle maigre 
-- Préparation du vermicelle ue 
aux FÈVES, .,. 000500 conne es. 
au poisson — à la purée aux pois. ....e.oeee 
aux lentilles — aux ART RE RE 


_ CHAPITRE Il. 
Du Bœuf en général:—Bouilli, Bifteck, Filets, etc. 


Aloyau à la broche.........,..,..........ssosuee 
Bœuf bouilli............ APN QE RO 
__— à la mode — à la canadienne — rôti. oh te 
Bifteck de filet de bœuf RS Re En 
Pres à la canadienne ee 000000000000 000 
Cervelles de bœuf en matelote.. ....s..o.sessooee 
Dumplings au bœuf salé ORAN Es de 
Entre-côte au jus ...0... 
Filet de bœuf piqué, à la broche......,.,.,.....0e. 


Fricassée de langue de bœuf 

Langue de bœuf aux cornichons.........,.. ….. 
Langue brisée — salée — fraîche bouillie. . . ASP 
Manière de saler le bœuf... .....eessoseoseue 


etc. 


253 


PAGE. 

Palais de bwæuf à la bourgeoise. .....eososossese 30 
Rognon de bœuf à Ja bourgeoise . .. 0000000 31 
Ronde de bœuf salée.......... sono sscsoseossee 91 | 
Rosbif à l'anglaise... ...........e.sessoovesossse 31, { 
19} 

| 


TABLE DES MATIÈRES. 


mme 


CHAPITRE III. 


Des différentes manières d'accommoder le veau. 


Carré de veau à la broche aux fines herbes, .,.,..... 


— manière de le découper........ ss voeu: 38 
Cervelles de veau frites — en matelote........... 33 
—  àdla poulette............... cosssocoseee 33 
Côtelettes de veau aux fiñes herbes. .,........00. 34 
— — grillées et panées........ see se. 34 
— — au naturel — en papillotes — à la mode.. 34 
Joulis de veau....,..,........ RE ae una etes 
Epaule de veau — idem rôtie.............esosse 36 
Fesse de veau à la daube................. ses 36 


Foie de veau à la bourgeoise — à l’italienne.... .. 37 
— à la broche — à la poêle...,.....,.....0000e 37 
Fraise de veau à la française ...........0p0000e 39 
Fricandeau de veau... ....sssosoosooosonoseres 38 
CUIR O8 NOR dd dos dei dede code de ot 39 
Grillades 06 veatt ... so occoooscossosoccosotese D9 
Mou de veau à la poulette — en roux......sesess. 39 
Oreilles de veau frites — à l'italienne. .......soe 40 
Pieds de veau à la sainte-menehould . 00000 41 

Lasrné np à la poulette — frits.......s.eosoosses A 
Poitrine de veau aux petits pois. ...scsosessessvee 42 


bel ArCIO, soso 000000000000. 43 
Ris de veau. .........e 000000000000. 42 
— piqué — aux fines herbes. 00000 000..000.0. 43 
Tête de veau à la vinaigrette. Nbratatast 0 


—  — à la poulette — bouillie - — manière de 
1a-dÉCOURER 5 à es scu en 0 + are e entosesses ane ot: 
Tranches de veau aux RS nr 2 &4 
e 


TABLE DES MATIÈRES. 


Pacs. 
CHAPITRE IV. 


De l'Agneau et du Mouton. 


Agneau aux pois verts — quartier d’......0000000e 
Blanquette. ..... 000000000000 60% 
Cervelles de mouton..........s.00s0o00e 
Carré de mouton à la poivrade — à la servante.... 
Côtelettes d'agneau panées et grillées 
— — de mouton au naturel......,..,..,..... 
— — de mouton aux légumes — en papillotes.. 
— TT, à la canadienne. ... oo 
Emincées de MOUTON, soso 
Epaule de mouton..........s.ssosossooooosee 
— en ballon —"manière de la découper. ....... 
Fesse de mouton bouillie. .... 
dilets de mouton grillés aux pommes de terre..... 
— de mouton en chevreuil.....,...........,. 
Gigot à la broche...... so 00 0.0 0 0 sn dnies Dué duo de 
— à l’eau ou braisé — manière de le découper... 
. Haricot de mouton — à la canadienne....... 
Pieds de mouton à la poulette....,.....0000000e + 
Poitrine de mouton braisée 000000000000: 
Rognons de mouton à la brochette. ....0000000 
Selle d'agneau. .sssssoosoosososoooovmo00o0ese 


CHAPITRE V. 
Du Cochon de lait et du Porc en général. 


Boulettes au porc frais. ....s.vossososoosoococes 
Cochon dE: sons soc oo do ve660 0.66 6 d:0 0 
Lac a rôti — farci à la POCHE 4 0 sado eds 0 
er rôti à la canadienne..........s..oo0see 
Côtelettes de porc à la canadienne. ........0000 
— eme de porc frais grillées. . ...ossos0000ee 
Fe Lars de porc frais en rAgOÛt. 000000000000 
Filets de cochon. . soso 


e. 4 


TABLE DES MATIÈRES. 


Filets de cochon à la sauce robert..... 00 
Fressare de cochon............o0000000000e: 
Hure de cochon..........ocsoesoooresoouece 
Jambon au naturel.........ssssssssossssoososes 

oi à la broche. ........00.0. 000000... 

mnt braisé....... 00.0... 0... 
Oreilles de cochon panées et grillées à la purée. . 
Tête de cochon en fromage. ...........000000000 


CHAPITRE VI. 
Des Volailles en général. 


Abatis de dindon à la bourgeoise. ..,.....00000e 
— enharicot....... 
— de dindon à la canadienne — de e poulet 
Ailerons de dindon à la chicorée.. RARE 
— à la purée .....: ... 000000000000. 
Chuasd di Diddhe + 2UE ON nai sado cer 
Lonurri aux navets à la bourgeoise ......,.,,,,... 
”» aux petits pois — gras. 000000000000. 
ses manière de le découper. . « . « «  « » » o » o » o +  e 
Chapon rôti— au ML de io cecde 000000600000 
Lcd au gros 801. . osseuses 
Dinde — aut truffes... 4... soso 
— à la daube, à la canadienne — bouilli — rôti. 
— manière de la découper............eessee 
Dindon à la broche — à la bourgeoise.......,.,.., 
ban x à la daube...... . 
Fricassée de poulets à la sauce blanche - — de poulets 
Farce de débris de volailles. ............0000%000 
..— de patates — d’une autre façon. 0000000 0 
Hachis de OR ss ccon os ..00000e 
Oie à la broche — farcie et rôtie à l'anglaise. reves 
Oie farcie aux marrdns et rôtie — à la daube..,.... 
Oie rôtie à la canadienne. . ..ssoooosoooosooeooe 


258 TABLE DES MATIÈRES. 
LA 


Pigeons à la broche..........ssosoosseoososee 
be 2 à la bourgeoise ... 000000000000 000e 73 
—  encompote — en marinade.....soooosoes 74 


7? à la canadienne... 00. 000... 75 
Poularde et chapon, manière de les découper....... 75 
POP NR die curs enr en der enr ton SET 75 


rôtis à la canadienne—à la marengo—sautés. 76 
— manière de les découper......seevessesse 76 


CHAPITRE VII. 
Du gros et du petit gibier. 


Alouettes à la ininute........ revoir v eee D 
Alouettes en salmis à la bourgeoise. csssoooscoscs 77 
Bécasses rôties.......sssssssesees nd ondée er s 20 
— (salmis de) — aux truffes... ee cseocesce 78 
— au chasseur en salmis...., série eo TS 
= Ou bécassines à la canadienne. .....eocoe 78 
— manière de les découper...... ventes : 79 
Bécassines à la minute......... ss oesssooees 79 


Cailles à la broche — aux choux — aux petits pois. 79 
Canards sauvages maigres aux épices. ............ 79 
Chevreui! (quartier de) à la broche... .........0.. 80 
‘ PR PEL ET côtelèttes de) Fe (civet de). 0000000000 80 
— — (épaule de) — (gigot, nee socsossossvss 81 
Faisan rôti — farci à la broche?.................. 81 
eee (salmis de). 00000. .000000000000e 82 
Grives à la broche — à la flamande, sososoovesoses 82 
LEAVA de diverses façons. ....,.,.....oevoo0oee 82 
ein dj à la canadienne... ee 0.000000 82 
Lapin en fricassée de poulet — en gibelotte. cos 83 


— manière de le découper........,... SP PE | 
Lapereaux en gibelotte.......,.,...,.,.... soso. 84 
— — aux petits pois — en papillotes......+.. 8% 


Lièvre, civet à la bourgeoise. ...........ssosseve 84 
Fran en civet à la Canadienne. «soso. 83 


TABLE DES MATI} ES. 259 
PAGE. 


Lièvre à la broche — (gâteau de).... sou e 


— manière de le découper...........00000 « 0 « 
ANOUE cent ere ot e 6 d'aié do cie d'a diié 
— à la broche — sauté à la MINS, dos dé ete 
— cuisses en papillotes............0000+0: 
Oiseaux blancs. . ce cos s ose oese dos ove ee: 
Perdrix et perdreaux, à la broche ....,......,...., 
— farcies et rôties...... esse 
— aux choux—aux choux à la canadienne-—aux 
FOnEIIO ss, sonrosvrene es she édode de osé 
Perdreaux PT ES RS PE OR 
run at CRIMINEL. vod ss ele sde 
Pluviers. 0.000000. 000000000000 00090000e 
Tourtes (vieilles) — à la danbe... on 00000000 0 
— (jeunes) — à la crapaudine. .. s sessseseu se 


CHAPITRE VII. 
Du Poisson, Coquillages, etc. 


Avchigan vert, et autres POISSONS... 0000000 
Alose au court-bouillon. ....sss.essse.ssosooesee 
— grillée ou bouillie, à l& sauce blanche... .... 
Lurd à la purée d’oseille. . ...sosessssssesosoose 
MAC HO Mi oise ste nant di ave 
Anguille à la tartare... ...,.,..,..........000 
Bar au court-bouillon — grillé à diverses sauces. 
Mere et maskinongé. . ..ssoosooconcsccssoseses ee 
Barbillo:: sur le QT. soc sonossoosoccesessoese 
— de diverses façons. .sososvsoueccc0seee 
Batna ti css coco Cds si tes és 
Brochet au court-bouillon — au bleu... ....sssocee 
— manière de le découper.......,......000 
Cabillaud à la sauce blanche —- à la hollandaise. ... 
Carpe frite — au bleu................s000009.0 
— grillée, à la sauce aux Càpres. . ..soso00 00e 
nd (laitances de) TR nd loto des 
= et autres poissons en n'telote. ., 0 0 » o 0 o 0 » 0 e 


260 TABLE DES MATIÈRES. 


Pacs. 

Carpe (matelote à la marinière).........s.esvee 98 
— manière de la découper.......ss..sssoess.s 99 
Carrelets sur le gril —- de différentes manières, .... 99 


CR nue Ode s NT TU .....e ......0e 99 
OP ON ne ee nt eee do da did tie ln +. 100 
Doré bouilli — ju achigan vert à l’ huile d'olive.... 100 
Ecrevisses en buissons... ......ssssessoouee + 100 

— en matelote........, PONT: | 


Eperlans frits — sur le plat — à l'anglaise. soosooce 101 
pe AIR CANATIENNÉ. coco sono de scéc:6.v0/e 402 
Esturgeon au court-bouillon. . .....sesesssooossee 102 
cé re ON FAO se 0 0.00 010 10-0.0-v:028:0:6.6.66:6:6:0:0:0 40 102 
PRPr ve CDN OS ncsdoccne ss dée da eude 103 
Escargot.........,.. sossssonsosssossossese 103 
Grenouilles en fricassée de poulet. ...soossoscoose 103 
Goujons —- frits — étuvée de........e0s0000e0 104% 
Harengs frais à la someone 104 
Harengs salé ou fumé.......... sssocsscssocos 104 
né en caisse (laitances DB sn sevesaecsesese 104 

be Hi saurs au Pr il dos. ému doses 10* 
Homards à la remoulade.......o0o0o0oseooovee 105 
Huîtres crues — à la poulette... .....0000000°+ 106 
” CD EU es 0070.00 àvvi6:8n 0010 6 à 0:88. 00 0 0.610 106 
Lamproies à la poulette... ...,.,.......e00.ove0e 107 

| —  — à la tartare — en matelote.....,....,.,. 107 
Limandes et flayes sur le plat, à la bourgeoise. ..., 107 
Maquereaux à la sauce blanche...........,,,,.., 108 
—  — à la maître-d'hôtel — au beurre noir.. 108 
+” Lan. d PO nid date oies Utd 660 00 00 108 
OS PR ton do # Ven s oo e à 0 5.020000 RO 
— à l'italienne — à la sauce tomate — grillés. 109 
— sur le plat à la bourgeoise... ...,...,...... 110 
Morue à la maître-d'hôtel..............eo000v0: 410 
— à la sauce blanche aux câpres...,........+ 110 
— à la hollandaise — au beurre NOÏlessserevec 4140 
— à la provençale. 000000000000 a11 
nd fraîche r'Ôtie fraîche bouillie. . soso: 4111 


Morue sèc 
— en 
Poissons D 
Raie à la I 
— au be 
— àlas 
Rouget de 
Sardines € 
Baumon 


e 
Soles or 


Tanche g gi 
Thon frai 

— àla 
Truite — 
Turbot a 


D 


Bagatelle 
Chérlotte 


Cossetard 
Moules a 
plumpou 
Pouding 


TABLE DES MATIÈRES. 


264 


PAGE: 


Morue sèche.......,..... RS PA EC DT LE ET PRE 
— en fricassée — salée bouillie... ss. 
POMONR DIS ele nlorsoroisieroinitieresescie-nie0e.6 6 dde 
Raie à la bourgeoise... ...s.soososooosssossoseeee 
ed au beurre noir .00000000000000000000000600e 
7 à la sauce blanche... ...o.ossssosssosseee 
Rouget de diverses façons. .....s.sosessooovoosse 
Sardines à la bourgeoise... ... soso 
Baumon grillé à la sauce blanche.......... 
— à l'italienne—au bleu — au court-bouilloni. 
— en salade — frais — mariné. ......sesces 
dd 
__” Len gs: OP Dune somennenndosesus 
Tanche grillée — à l’étuvée..........sssossos x» oo 
Thon frais de diverses façons — mariné en salade... 
ans à la provençale. ......ss.sssessosooesee 
Truite — WrOBBE . .... , 0 0.0.0:0 01010 dia 0. 001058.0180 20.6 0 4e 0 
Turbot au court-bouillon. ....ss.sssssssesesece 


CHAPITRE IX. 
Des Cossetardes, Charlottes, Poudings, etc. 


Bagatelle. . .....sssoosooooosorvosesososcsscee 


Charlotte 000000000000 000000 000000000000 00 
ont rUSSe . 0006000000 0, 
Cossetardes — aux amandes amères — économiques. 
Moules au naturel....................sessse 
Plumpouding.......0.e 0.0 » ».e 0-0.0.0.0-.0.0.0-0.0.0 00:00 0 5 o 0.010. 0 
Pouding cuit au four — bouilli rsémnéti bei 
aux raisins — AUX POMMES. . ose 

aux confitures — au pain... ..s.ssssssee 

au pain d’une autre façon. .......00 0 

au suif et aux raisins.........sesoeessee 

aux grilllades de bœuf che a nina aidé pt 

au riz rôti — à la farine de blé-d’Inde...., 


111 
112 
112 
412 
113 
113 
113 
113 
113 
114 
114 
115 
115 
115 
116 
116 
116 
417 


262 TABLE DÉS MATIÈRES, 


PAGE. 


CHAPITRE X, Pain de 
De la Pâtisserie en général. 
PORN OUR dodo ta onondenhesce dé lé dur 1926 Pâte bri 


ARTICLE PREMIER.—DES PATES FERMES. 

Delgnets.. serre ere vos rc sde soscce 120 
—. d'uneautre façon — d'une autre manière. ... 126 
Biscuits, de composition — au fromage......,.... 127 
écossais — à l’anglaise.,....,..... . 127 
à la cuisinière — au sucre — à la française. 198 
cuits dans la graisse. ........... doses 129 
à la madeleine — aux raisins....... ds 129 
d’une autre façon — à la crémne....,.,.,. 130 
à la canadienne — du Palais-Royal...,.,.... 130 
LAVE EAU PENAAOAARE EC ARRPENR OR SRE déve + 181 
à la bonne femme.............. ser tes o A 
de mesure — aux amandes amères...,..... 132 
brancock — aux épices. ........,........ 132 


| 


RARE, 


\ d’une autre façon ...................... 139 
de farine d'avoine — d'une autre espèce — 
QD MINDOMLE sondes oserssnsenconne ste ve . 133 
— de farine d'avoine d'une autre façon...... 134 
ck LEE RE ER en 45 AS ee 
Crackers à la soude .......csooosoresososooooes 134 Me 
MARIO code do co 6e d 0 00 0600 000000000000: 134 te 
Gâteau d'amandes ... soso seooososessoosee 134 — Al 
—  d'argent—dor.......ssssorssssesvesses 135 — at 
— de mesure —de montagne — d'Ohio—de gin- fartelett 
gembre ................ Son oonsanseens e seos ns de 136 l'ourtes. 
ri de riz — de Portugal... o see 0 o o810:5 0 0 e0.0 s3 137 { 

HAINE Éadio-oneid de do cm Lib hate de 137 { 
Macarons en cannellon......,...,................ 137 |  Fourtes 
- à la canadienne — d’une autre façon... 138 | pri 
Massepains et Macarons...............,......... 138 1 æ 

- aux confitures.......... ARAEM RL FS RS 139 
_ au chocolat -- aux différents fruits. . . 139 
Pain de:Savoie commun ...…........ LH Si over. DD 


— -. ape re de) -- d'une autre façon .. 140 geignets 


la fleur de patates.....,..... ......, 440 


TABLE DES MATIÈRES. 263 


PAGE. 
Pain de Savoie à la Fournier -- à la farine d'avoine. 441 
end mm d'une AULPE ERDÈC® «eee... A41 
a41 
feuilletée à la manière de Fournier le cuisinier. 441 
feuiletée À la manière de Marcelais 142 
feuilletée à la manière de Madame Tulloch. ... 142 
ferme -- feuilletée — brisée. . 143 
croustillante — croquante — pour les brioches. 144 
pour les pAtés. . ses soosesoesesseesonsose se 145 
chau 000000000000 0000000000000060009000ve 4145 
froid —de patates 0000000000 0000000000000e 146 
de poulets — de mouton 000000000000 9000e 446 
de veau — de porc frais. ....ssesosssosecce 147 
aux oiseaux blancs. ........oooooosoooesce 141 
aux grillades de bœuf... ....essooosvosoeesee 148 
de D a ser ll cer oncle 447 
gras aux huftres.....,,.........,......00000. 148 
— maigre aux huîtres —- de pieds de veau... 149 
— - de mouton — d'escargot. 00000 000000000000 149 
Rd en forme de MR lil dates sd seuts 450 
Pâté royal appelé pâté au chou . eee. 150 
Petits DATOS css ones eee 4151 
ed sun AUX AMANT és coco css dosvé coude té 152 
Cartes — au rognon de Veau . secs souee 152 
Lu jé beurrées — à Lafayette ........sosocoseee 153 
” aux POMMES. . cesse ecesseseese 154 
— aux divers fruits — aux confitures .....os0. 154 
ÉRPOMENIG  éccsésdesrinr russes. #0 
[ourtes.—Manière de former, de faire cuire, de 
dresser toutes sortes de tourtes grasses 
et MAÏLTES. . . + 0 0.0.0 0.0.0:0 0 0 0.0 0 9 .0-0:0.0 0.0 6-0 154 
Fourtes de volaille 000000000000 060000000060 6e 155 
— de gibier--de godiveau — grasses de poisson, 166 
sed maigres de poisson, . s.ssrssssessssssssuee 456 


D 
e11ITII 


ARTICLE DEUXIÈME.-—-DES PATES LIQUIDES. 
deignets aux patates. . .so000es0000000es00000800 167 


264 TABLE DES MATIÈRES. 


Pace. 

Beignets de pommes et autres fruits... s.ssosssesse 191 
— à la crème — aux ne PC 157 
Crêpes — communes...... A D PO 
— d'uneautre façon—sans beut rre et sans graisse. 149 
Gaufres — blanches — brunes....,..,......... 0 169 
US ne 4 ca nthte Cobalt dd en ale Lou 
Pâte pour les flans. ..,.....seoscoosoosscococce JU 
— pour toute espèce de beignets. ....scosvosse 461 


CHAPITRE XI. 
Des différentes manières d'accommoder les Œufs. 


Conservation des œufs. ....s.ssossossososvoovcss 161 
Œufs à la coque — mollets...,,.,.,.,........... 162 

— pochés —au beurre noir — sur le plat....... 163 
frits — frits d'une autre manière .....e00e 10% 
à la tripe — brouillés.........,...000000 164 
brouillés aux pointes d’asperges.....,....... 165 
brouillés aux petits pois, aux choux-fleurs, etc. 165 
brouillés au jambon--au gratin. ........esss.s 165 
farcis -- à la neige... ..s.sssossoseosoueee 166 
à la tripe à la canadienne — en salade... 167 
au lait — à la neige à la canadienne ....e00e 167 
Omelette au naturel.......,, 0000000. 165 
‘battue — aux fines herbes. . .....eosoooee 169 
au rognon de Veau. .....soseseseosesse 169 
d'une autre manière... ...seesooccseeve 169 
aux champignons — au lard.cosoccssevee 170 
à la FL NRA 170 
RL cn vue 4170 
au sucre — au rhum — aux confitures .... 471 


CHAPITRE XII 
Des Fritures, Jus, suuces, en. 


Béchamelie ...... ........ .... 0.000060 
Beurre fondu -- moir.... 00.000000 0000 


: 139 
nv... 159 
es. LuU 
yes. 100 
ee 401 


Eufs. 


1. 161 
1... 162 
... 163 
.. 164 
.. 164 
. 165 
etc. 165 
0. 165 
.. 166 
0e 167 
CI 167 
.. 1656 
oo. 169 
ss. 169 
re 169 
pos 170 
boe 170 
.e 170 
«. 171 


265 


PAGE. 
M oué da ed els LOGO NRA ETES Le 173 
Huile de rose... 
Jus gras — maigre. . ....s.osooosossesssssossese 173 
Liaisons....... doses etaoe noce seessénnnececs T1 {| 
Pauce espagnole... ; see venons eos eo see à Â78 
DIQUANIS ice ete ours et ere ne ee e RAS | 
tomate — blanche — blanche aux câpres.... 175 | 


TABLE DES MATIÈRES. 


000000000000 00000000000000e 173 


POI be deu shio es ute PT REA ses L10 
au maître-d'hôtel liée...................., 176 
tartare — italienne...............s....e.s 176 
au céleri pour poulets, perdrix, dindes, rôtis, etc. 176 
OR ad a nn  an enno tes ane és DRE 


000000002000 000000e 477 


à l’échalote......... 
aux truffes...,........ 
pour les poudings........ sossssosoecooose 177 
aux pommes pour manger avec les viandes.. 178 


000000000000 177 


PTITTTIITII 


CHAPITRE XII. 


Des Marinades. 


+000... 000009000000 178 


AUS 00: | 
0060000000 %0000e 178 | 
| 


Cornichou:, {censervation des)... 
capstines, etc.. 
Petits GIGNONS. . screens sese 180 


0000000000 000000 179 


CHAPITRE XIV. | il 
Des Comyotes, Confitures, ete. | 


Ro hhhnndonrs dns floor cut cdi au tu 1w0 
Compote — de pommes, ,,.,.... 
de pommes à la portugaise. 
blanche de poires, ..,... 


0.000000 00.e 180 


....00...00 181 


0000200. 181 


— — rouge de poires....,.,,,,, sosnsouesso.e 181 | 
— +" (de cerises — de groseilles, .,sss8ne0400. 183 fl 


266 TABLE DES MATIÈRES. 


PAGE. 


Compotes de fraises et framboises — de prunes... 
— — d’abricots — de pêches..............s.e 
Confitures aux groseilles.....,.,........osveeee 
aux cerises. ,..,.. 0000000000 0060 
de prunes de mirabelle .,.,..,.,006. 
de prunes de reine-claude. 00000000. 
Fi 1131 4 5211 | 7 CORRENS NARNIA RON EUR 
de poires de rousselet. .. soso 
aux poMMEs prises. ... sors 
aux pommes sèches.........0.ssesee 
aux poires et aux pêches..........,.. 
aux fraises et aux framboises. ,.....,.... 
aux grappes de raisins ou de gadelles.... 
AUX ALOCAS. . . osseuses 
aux grosellles...,.........sseeeoosee 
aux prunes rouges ordinaires. .......... 
aux QUEUE AE RER 
aux melons français ou minorques.. 
aux grosses prunes blanches ou bleues... 
aux cotons de rhubarbe . ss... 
Chartreuse de pommes. . .....ssssssooneooseers 
Croquettes de pommes. ......os soosovooooooeese 
OA AT ob sondes d00 01e 0 02 010 0.0 010 0.0.0 2e 
Mauière de couvrir les pots de CONFLUES. cerseecee 
POMEMES AU se se noce dote vo 0 0.0 0 00 880 0 0:6.0.0. 01e 
er maringuées — au beurre. 0000000000. 
Prudes confites... mo sevcrco soccer 6000 


a 


CHAPITRE XV. 
Des Gelées et des Glaces. 


Gelée FA à 0e CPR D EPA I Or RS 
de poisson — de raisin — de verjus......,. 


de pOMMES. ... soso 


de Fa CT MOT NO ND NO EE APS LES 
de groseilles à froid... .....sv.ososoooooee 


187 
183 


. + 187 
.. 188 
.…. 188 

. 188 


491 


191 
192 


. 193 
. 193 


193 


267 


PAGE” 
Gelée de pommes à la canadienne .....sovooosee 194 
-- de vin de Madère... 


TABLE DES MATIÈRES. 


0000600: 060060000000e.e 19% 


dir < d'orange. ...........ssoscssoososeoseses 1495 
"+ de citron...... .... CORRE ENEEEERERE 495 
Glaces. 0000000000... 000000000000 195 


_— à la groseille -- à la vanille. ..sssssosssose 195 
Nougat. .. ses sscscssoscssocsesoosese 196 


———— —— 


CHAPITRE XVI. 
Des Crèmes, Blancs-Mangés, etc. 


Diahormangéees. 0000.00. 0.006000. 196 
= délicieux -- de deux autres façons...., 197 
Crème à Ià glace. .....e 00000000 6000000000000 197 


+) fouettée -- jaune...........soesoo000eee 198 
wars brûlée -- à la portugaise. . ...sssosooosesee 199 
ER au jus de Ode rec oder add cé de 199 
Codes Manet Es dé ce 199 
-- aux amandes pralinées -- au chocolat...,... 200 
- àla française. ...............ssssoeecce 200 
- au café à la canadienne -- au café -- au thé. 204 
à la fleur d'oranger, au citron, à la vanille.. 201 
te à: le ITANDIDANG... score asso ssccss ooie sie e 202 
Did At CPAM eu soda de de de oder ts 202 
 fouettée à la française... ,....oso0000oee 202 
Jaune-mangé. . soso 203 


—— 


CHAPITRE XVII. 
Des différentes manières d'accommoder les Légumes. 


Artichauts à la poivrade............ ANNEE PRES 0 
— à la sauce blanche -- frits ...., soso. 208 
Asperges à l’huile.............,.......,.. soso. 204 


-- à la sauce blanche --e:, petits pois.....,,. 205 
cotonniers, épinards, @tC........se00vs0e 205 


9268 TABLE DES MATIÈRES. 


PAGE: 

Aubergines grillées... ..s.ssssssssssssssosvouess 205 
Bettôraves .. oo 000000600000 000060e 0 206 
Cardons d'Espagne à l'espagnole..........,..,.... 20 
Carottes, navets, poireaux, etc..., ss. 207 
Céleri en salade -- à la bourgeoise... .,.,...,........ 207 
-- en entier en ragoût........s...ssssosssses 207 
Choux au petit lard................s.sssosousss 208 


Choux à la bourgeoise.....,.....,.., sovoscoesese 208 
-— au lait-- farcis -- de Bruxelles... soso... 209 
COUCOU ss deco se 526806 0 0 0 érnote si) R00 
Choux-fleurs à la sauce blanche ou brune......,... 209 
_— en PATMESAN......sssssosoososseoss 21Ù 


Citrouille ou potiron en fricassée. .......3essessee 210 
Concombres au jus -- farcis .............,0.,., 211 
Epinards au lait -- au jus..,....., evo. 211 
Fèves à la bourgeoise — dérobées........0000.: 212 
-- vertes et tendres ... .....sseooosoooooecsse 213 
Haricots verts à la bourgeoise. ..,.,........0+.. 213 
— verts au beurre noir — au rOUX.....+0:+ 213 
en. . VOPAU TOUS déve s 06 move docs de cie e "218 
— blancs nouveaux à la bourgeoise. .....,,. 214 
— nouveaux à la bretonne. ........e.0oovse 214 
Lund à la provençale. ......000000000000: 214 
Herbes salées. . .... ...ooosoo0o0oooveccosocose 215 
Laitue pommée en salade... ...seoovosoososovsse 215 
— CD AMAPOION, cc00.0 00.0 0.0 06 0 sobres oissise se +216 
— hachée au jus — hachée au lait.....,,...,.. 215 
—  chicorée, céleri, concombres, cresson, etc... 216 
Lentilles à la maître-d'hôtel — au roux ........... 216 
— au lard, à la paysanne. ......o.eosoo0c 216 
Navets au blanc — au TOUX ceoneseneceeceeesese 917 
piaté pour garniture... essor 217 
Oignons en salade — glacés. . ...sosoovoo00o. ose. 217 
Oseille au jus... sv. 000000000500 218 
\enii:crS maigre au Mliiutnerese sono ere 219 
Pois au MR ae di tetes Naud ee da 219 
— (petits) à la bourgeoise. .............. oo. 220 


PAGE: 
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LC... 216 
less. 216 


TABLE DES MATIÈRES. 


Pacs. 
Pois (petits) à l'anglaise. . 0000000000 220 
nee goulus verts, ..,........00000000000000: 220 
Pommes de terre à la sauce blanche. ......ssssses 220 
au blanc — à la crème... scores 221 
à la hollandaise... 00.000: 221 
à la barigoule................. 221 
au lard—à la maître-d'hôtel—-frites 222 
à la Nanette.. uses sese 293 
à l’allemande -- à la polonaise.... 223 
au beurre noir — à la duchess:... 22% 
à la poêle. .....ssssssssssssooc. 224 
à la maîtresse de maison........ 224 
en haricot — aux oignons.......,. 228 
(gâteau de) — pour garniture..... 22% |: 
PR conducted di ete de ent ee ous ser: DU 
riéed à la sauce blanche -- dass séde dé blod:e à 3 226 
Topinambours....s.sssssssoosesssssosesesesse 226 
Trultes au naturel. . soso osiec cos scccososde se. PU | 
Thym, marjolaine, sarriette, persil, etc......,,... 227 | 


CHAPITRE XVIII. 


Recettes pour faire différents breuvages, tels que 
Bières, Liqueurs, Vins, etc. 


DR ls sd ddonutese cesse Ro nds Éd 297 
Bière de gingembre -- à la mélasse. . ..s...soooooce 228 
dns RE as cc ut see dre et ha tt a ee 228 
Breuvage de récolte... ..ssosoopossossonosscce 228 | 
Café au lait -- à l’eau... soso 229 [A 
| 


Cerises à l’eau-de-vie. .. soso 229 
Cidre, manière de le conserver doux. . ..s..osococe 229 
Curagçao. . soso. .00000000000000000e 230 
Eau UA R N V 230 
Frêne piquant pour réchauffer. . ....sesvsssoosees 230 
Limonade -- de citron. .....sssoososorssocecsoe 230 


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3 À. : 


2710 TABLE DES MATIÈRES. 


Liqueur d'anisette......,....,..,...... .0006000e 231 

de vespète -- de menthe (peppermint)...... 231 

- de cerises, framboises, fraises, cassis, etc.. 233 

— de citron recommandable. ..,.......::... 232 
CA RE IE LP SE 233 
Petite bière commune. .......sosossoscoossooce 233 
PROS DEN rentals coctée on ove sde 8 68 dec 233 

— de noyau ou d'amandes amères... 0060. 233 
Sagou........ 0.000000 000 200000 0e 000000 233 
Sirop de vinaigre à la canadienne. .......scooose 234 
.. — de vinaigre à la f'ançaise -- de mûres ...,... 234 
— d’orgeat -- de groseilles. . 00000000 0 » » 235 
Lcrg de cerises. ....... 000000000000: 236 
Vin de Pr ya 000000000006 236 
dd de gadelles. 0000... 000000000000... . 236 
— de gadelles d’une autre façon — de pommes... 


CHAPITRE XIX. 


Recettes diverses. 
Beurre, fabrication Also obossoosocsooccocoocee 288 


Fromage. .. soso 00000000000000000000 0e 245 
Colle pour papier. ......sossssosesossssccseese 249 
Encre ineffaçable pour marquer le linge. ss... 249 
Essence de citron........000 000000000000 -000e 249 
Peinture à bon marché. ...,.........siooovcccoe 25Ù 
Manière prompte d'éteindre le feu....... cos. 350 
Méthode pour rendre le saindoux suffisamment dur 
pour en faire de la chandelle... ............. 280 
PO RE Ronde cocon ovonsoescoseces 251 
Préparation pour le linge. . .scoooooscssoscscec 


FIN DE LA TABLS.